II. 11 peut y avoir de l'injustice dans le
premier contrat, si celui qui fournit les mille écus prend trop par rapport au péril où il s'expose de perdre le principal et les intére ts. C'est aux marchands à décider s'il y a de l'excès dans le gain qu'il exige en mettant son argent à la grosse aventure. Mais il peut en conscience prendre les voies permises, pour ne pas perdre autant qu'il ferait s'il ne prenait pas un assureur qui lui garantit une partie de son argent, moyennant un profit qu'il lui accorde sur une partie du gain qu'il espère de son vaisseau. Au reste on ne peut jamais dire que ce marchand se délivre entièrement du risque, puisque son assureur peut lui manquer , auquel cas il perdrait les mille écus qu'il met sur le vaisseau. Toute la difficulté se réduit donc à savoir en quoi consisle l'excès du profit. Car s'iLy a excès, celui qui a fourni l'argent serait obligé à le restituer. Mais cette injustice ne serait pas une usure, puisque le prêt n'entre point dans ce commerce, supposé, comme on l'a dit, que celui qui a pris l'argent en premier ire soit point obligea en rendre ni le principal ni l'intérêt, en cas que le vaisseau vienne à périr; d'où il esi clair qu'il uc peut y avoir d'usure.
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