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d'autei, qui s'était trouvée dans un coin de cette chapelle; mais n'y ayant pu remarquer ni croix gravées, ni reliques, ni aucun autre signe de consécration, il n'a pas osé s'en servir. Peut-il le faire à l'avenir sans scrupule?
R. Sainte-Beuve et Pontas pensent qu'il le peut. Je crois qu'il fera mieux de n'en rien faire. En effet, le droit veut, can. 18, de Cotisée, dist. 1, qvCecclesiœ vel altaria, quœ ambigua sunt de consecratione, consecrentur. Or on a, ce semble, très-grand lieu de douter de la consécration d'une pierre qu'on trouve dans un coin d'une chapelle et non sur l'autel, et qui, contre l'usage constamment observé depuis plusieurs siècles, n'a ni croix ni reliques.
Cas IV. Gemenius a célébré dans une chapelle domestique, dont l'autel n'était que de bois. L'a-t-il pu faire sans péché?
R. 11 ne l'a pu sans pécher grièvement, puisque, selon une très-ancienne loi de l'Eglise, il est défendu de consacrer, ni de bénir aucun autel, et par conséquent d'y célébrer, s'il n'est de pierre. Altaria, si non fuerint lapidea, chrisma lis unctione non consecrentur, dil le concile d'Epaone, tenu en 517, dont le décret est observé partout.
Cas V. L'église de N. ayant été démolie, le curé, pour faire l'office de la Pentecôte, a érigé un autel dans le cimeïière, et y a célébré. Un de ses voisins lui a dit qu'il avait mal fait et qu'il était même tombé dans l'irrégularité, parce que l'église étant devenue pollue par sa démolition, le cimetière était aussi pollu,suivant cette règle de droit : Accessorium naturam sequi conyruit principalis. Ce sentiment est-il bien fondé?
R. Ce curé est condamnable, 1° pour avoir démoli son église sans l'aveu de son évêque; 2° pour avoir, sans l'autorité du même, érigé un autel hors de l'église, ce qu'il n'aurait même pas pu faire de son propre chef dans l'église. Mais il n'a pas pour cela encouru l'irrégularité, parce qu'il n'y a aucun canon qui la décerne en pareil cas. D'ailleurs, il est faux, 1° qu'une église soit pollue par sa démolition; 2° qu'on devienne irrégulier pour célébrer dans un lieu poilu. Voyez le ch. 18 de Sent, excomm. in 6.
Cas VI. Une grande pierre d'autel ayant été séparée de sa base, et l'autel ayant été rétabli, le curé y a célébré sans que celte pierre ail été consacrée de nouveau. On demande 1° si cet aulel a perdu sa consécration; 2° si, supposé qu'il l'ait perdue, il ne doit pas être censé consacré à cause de la messe que le curé y a célébrée, comme le serait un calice non consacré avec lequel on aurait célébré?
R. Cet aulel a perdu sa consécration , comme le dit saint Charles, part. h, Act. Eccl. Mediol., et il ne la recouvre pas , comme fait un calice, qui l'aurait perdue et avec lequel on aurait célébré.
— Nous dirons au mot Calice, qu'un calice ne devient pas consacré par l'usage qu'on en fait. Nous disons ici qu'un aulel, comme celui dont il s'agit , perd sa consécration, parce que ce n'est pas la table seule qu'on consacre, mais la table en tant qu'appuyée sur sa base, comme il paraît en ce que l'évêque fait les onctions sur les quatre jointures qui unissent ces deux parties. Si la table n'était pas attachée à demeure aux pieds qui la soutiennent, ou pourrait l'en séparer, sans qu'elle perdît sa bénédiction, parce que ce ne serait alors qu'un autel portatif, plus grand qu'on n'a coutume de les faire.
Cas VII. Le sépulcre d'une pierre d'autel ayant été rompu, et les reliques perdues , peut-on encore y célébrer?
R. Non : parce qu'il est aujourd'hui d'un usage très-rigoureux de ne célébrer que sur un autel où il y ait des reliques.
— Si ce malheur arrivait la veille d'une grande solennité, je n'oserais, à cause des autorités contraires, condamner un curé qui célébrerait en pareil cas, et moins encore s'il le faisait avec la permission de l'évêque. Le meilleur serait d'en mettre d'autres, si on en avait d'authentiques. L'auteur dit qu'il y a plusieurs théologiens qui croient qu'une pierre d'autel perd sa consécration par la rupture du sceau. Il aurait pu ajouter que cette opinion n'est fondée ni sur le droit, ni sur un usage certain. J'en conclus qu'en ce cas il faudrait mettre un nouveau sceau, de peur que les reliques ne se perdissent , et célébrer à l'ordinaire, si la discipline constante du lieu ne s'y opposait pas.
Cas VIII. Patrice n'ayant en son église qu'une seule pierre d'autel qui est écornée, en sorte qu'une des croix qui étaient aux quatre coins est rompue, demande s'il peut s'en servir pour célébrer?
R. 11 le peut, .pourvu que cette fracture ne soit pas énorme; et on ne la regarde comme (elle que quand elle ne peut contenir l'hostie et le calice. Dans le doute il faut consulter l'évêque : mais il ne faut pas oublier ce mot de Nugno in 3 part. S. Thomie, q. 83 : Si frangatur lapis per médium, etiamsi quœcumqne pars ad hoc esset suffteiens, ut in illa possit calix et hostia consecrari, nulla manet consecrata, etc.
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