‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 125 sur 354 · COI · texte numérisé non relu

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per; il sort de la plaie un liquide laiteux. Suivant cette manière de voir, l'ascension de la sève dépendrait de deux actions : 1° d'une impulsion ; 2° d'une attraction.

L'impidsion est mise en évidence au printemps par l'émission de la sève àrextrémité tronquée des branches de la vigne; l'ascension, par l'attraction qui a lieu lorsque l'on plonge dans l'eau l'extrémité inférieure d'une ' tige coupée. Voyons, d'après M. Dutrochft, ' quelle est la cause de l'impulsion de la sève et de quel lieu die part. Ce physiologiste avait choisi une branche de vigne longue de 2 mètres; il en coupa l'extrémité, et vit la sève s'écouler goutte à goutte d'une manière continue. Il coupa ensuite la tige d'un seul coup, près du sol ; aussitôt l'écoulement de la sève par l'extrémité supérieure cessa. Dès lors la force d'impulsion n'avait pas son siège dans les organes de la tige, puisque, par l'efTet de la pesanteur, la sève s'écoulait par le bas, la portion de la tige adhérant au sol continuant à verser de la sève. La terre ayant été enlevée ainsi par la racine, et celleci coupée transversalement, la sève s'écoula lentement de lapartie inférieure de laracine restée dans le sol. En continuant ainsi ses sections, il trouva que la cause impulsive de l'ascension de la sève avait son siège dans les extrémités des racines ou dans le chevelu. Ayant pris ensuite un filament de chevelu dont laspongiole était assez développée pour pouvoir facilement être observée, il mit la spongiole dans l'eau, et vit aussitôt la sève suiiiter par l'extrémité supérieure du chevelu et sortir par ceite môme ouverture : la cause d'impulsion existait donc dans les spongioles. Or la sponginle du chevelu, examinée au microsco|)e, paraissait entièrement composée de tissus cellulaires ; la partie centrale, formée de cellules articulées en séries longitudinales, était contiguë avec le système cortical de la radicelle. A l'aide d'une goutte d'acide nitrique, M. Dutrochet reconnut que le tissu cellulaire qui composait toute l'organisation de la spongiole renfermait dans ses cellules un liquide très-dense, coagulable par cet acide. Au moyen de ces données, il put ex|)liquer l'ascension de la sève de la manière suivante : l'eau dont la terre est imbibée est introduite par un effet d'endosmose dans les cellules remplies d'un liquide dense, et cette eau ou sève lymphatique qui pénètre sans cesse estchassée dans les organes de la tige par lesquels s'opère son ascension. Les expériences faites avec rendosmomèlre prouvent que l'ascension du liquide dans le tube est capable de 3upt)0rter le poids do plus d'une atmosphère, ce qui rend compte de la force par laquelle la sève est poussée de bas en haut dans la vigne. Donnons |ilus de dévelopi)ement à cette théorie, et pour cela commençons par examiner comment s'opère l'ascension de la sève dans une tige privée de ses racines par une troncature , et dont l'extrémité coupée plonge dans l'eau. Haies ayant remarqué que les végétaux aspirent d'autant plus de sève qu'ils ont plus de feuilles, en avait conclu aus-

sitôt que la cause résidait dans les feuilles, lesquelles exerçaient une succion du liquide qu'elles Hvraient ensuite à l'évaporation.

M. Dulrochet combattit cette explication, en disant que si la vacuité des cellules des feuilles était la cause de l'ascension de la sève, l'ascension devrait être d'autant plus rapide et d'autant plus abondante, que la vacuité des cellules serait plus considérable. Or, l'expérience lui a prouvé qu'il n'en était pas toujours ainsi. Une série d'expériences que nous ne pouvons rapporter l'ont conduit aux conséquences suivantes :

1° Que la vacuité des cellules de la plante n'est point la cause de l'ascension de la sève ;

2° Que cette ascension n'a lieu que lorsqu'il existepréalablement une quantité d'eau sulTisante dans le tissu de la plante ;

3° Que la diminution peu considérable de la quantité de celte eau, préalablement existante dans le tissu de la plante, augmente considérablement l'ascension de lasévejiarattraction;

4° Que l'ascension de la sève n'a lieu que lorsque les cellules ou les autres organes qui la contiennent et composent le tissu végétal, sont susceptibles de posséder leur état turgide naturel, ou de le reprendre lorsqu'ils l'ont perdu. Or, cette faculté de prendre ou de conserver cet état n'est autre que le pouvoir de produire l'endosmose, qui dès lors devient la cause de l'ascension de la sève par attraction. M. Dutrochet pense que la fixation de l'oxygène respiré dans le tissu végétal intervient d'une manière puissante pour occasionner l'état turgide des cellules, et produire l'ascension de la sève par attraction.

Cela posé, examinons comment on peut expliquer, au moyen de l'endosmose qui produit la turgescence des cellules, l'ascension de la sève lymphatique par ingestion : les cellules des feuilles qui ne renferment pas d'air sont remplies d'un liquide organique dense, et quand elles sont en contact avec les organes qui contiennent la sève lymphatique, elles deviennent turgescentes par un effet d'endosmose ; de là introduction de l'eau, son è vaporation dansl'air ; production d'endosmose d'une manière continue. L'eau pénétrant sans interruption dans les cellules, la sève doit montersans interruption, comme l'eau dans les endosmomètres ordinaires.

Ainsi, en admettautquedans les spongioles des racines, il existe une force impulsive qui chasse la sève lymphatique vers le sommet du végétal, tandis que dans les feuilles et les autres organes delà tige, il y a une force attractive qui attire la sève, on rend compte des phénomènes de son ascension. Il est facile d'expliquer plusieurs effets observés par M. Dulrochet dans diverses expéri'ences sur des mercuriales qui avaient perdu par l'évaporation une quantité plus ou moins considérable de leur liquides intérieurs. Lorsque les feuilles de la mercuriale ont perdu, par l'évaporation, une plus ou moins grande quantité de leurs parties aqueuses, la densité des liquides cellulaires se trouve augmentée ; l'endosmose devient plus forte, et l'ascension augmente d'autant. Lorsque,

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jiar l'olTot do la <lossieoalioti, los foiiillos ont jionlii iiiiu (luantiti' assoz coiisidérahlo do loiii'S partios aquciisos, los li(|uidos «rgani- <[iios roiilonus dans los collidosirayant plus leur li(|iiidit(^ preniiôro, no sont plus nptos ensuite à dt^iorniiner l'endosmose; par suite, la s(^vo lymphatique n'existe plus dans les organes qui la eontioiinent ortlinairemont. On voit par Ih ])our(iuoi l'ascension cesse d'avoir lieu; et pourquoi, lorsque le tissu dos feuilles a été complétinient dessocti(5, il n'est plus apte h reprendre son état turgido vital par l'immersion dans l'eau ; alors le tissu de la feuille s'imbibe d'eau et devient flasque. La théorie do l'endosmose rend si bien compte des phénomènes d'ascension do la sévo dans les végétaux, qu'elle semble avoir été créée à cette fin.

Dr la manière dont agit la diastase pour déterminer la rupture des téguments de la fécule. — M. Dutrochet a employé l'endosmose pour expliquer ce qui se passe dans la réaction de la diastase pour opérer la rupture des téguments de la fécule.

On sait que l'enveloppe tégumentaire des grains de fécule est rompue par l'action de divers agents qui mettont en liberté en même temps la substance qu'elle renferme.

Parmi ces agents, on doit compter l'eau à la température de l'ébullition. Lorsque la quantité de liquide est peu considérable , alors la substance se prend on gelée par le refroiclissement, parce que la substance intérieure de la fécule est Irès-soluble dans l'eau chaude et peu dans l'eau froide. Or, l'eau bouillante peut déterminer la rupture des téguments en les ramollissant; mais on ne peut s'empêcher défaire intervenir l'endosmose, qui doit être très-énergique, en raison de la grande densité de la substance liquéfiée renfermée dans les grains de fécule; dès lors il y a une distension en même temps qu'il passe dans l'eau de la matière intérieure. On conçoit ainsi comment l'endosmose, aidée de l'action de la chaleur, peut produire la rupture des téguments.

D'un autre côté, on sait qu'il se produit dans l'acte de la germination des céréales une substance particulière à laquelle MM. Persoz et Payen ont donné le nom de diastase. Cette substance opère avec une grande rapidité la dissolution de la fécule. Or, on a vu que la fécule était très-peu soluble dans leau froide; l'addition d'une petite quantité de diastase, 0,0003 par exemple, donne rapidement à cette substance une extrême solubilité dans l'eau froide, et tend en même temps à la convertir en sucre. M. Dutrochet attribue à celte augmentation de solubilité de la substance intérieure de la fécule, la rupture des téguments qui la renferment. Dans ce cas, la substance forme avec l'eau un liquide très-dense ; il résulte aussitôt une endosmose énergique qui fait crever trèsrapidement les téguments des grains de fécule. Pour vérifier cette théorie, M. Dutrochet a soumis à l'expérience comparativement la force d'endosmose de l'eau froide aussi chargée de substances solubles de la

fécnlo, qu'elle peut l'être par l'arlion préalable! d(î l'ébullition, et la force de l'endosmose do l'eau froide chargée d'une certaine (juantilédo cotte substance, modifiée ou rendue soluble par la diastase. Le premier de ces li(|uidos, dont la densité était 1,002, ne jirodMisit point d'endosmose ; le second , dont la densité était l,00(i, produisit une endosmose qui, comparée à celle de l'eau sucrée de la môme densité, était dans le rapport de 7 à 9.

On peut rapporter aux causes précédentes ce qui se passe dans les graines des végé taux pondant l'acte de la végétation. La diastase qui se forme rend soluble dans l'eau froid(! la substance intérieure des- grains de fécule, et peu à peu la transforme en sucre, d'où résulte un gonflement de la graine par suite de l'endosmose.

ENGRAIS (fumier). — Les principes inorganiques, dit M. Hoefer, l'eau, l'acide carbonicjue, l'ammoniaque, les sels minéraux , serventd'aliments aux végétaux, de mêmeque les principes organiques servent d'aliments aux animaux. Les excréments que ceux-ci rejettent se composent en grande partie de principes inorganiques; ils servent d'en^raw. C'est ainsi que l'existence des végétaux est; en quelque sorte indispensable à celle des animaux. La vie parcourt ici un cercle qui vient merveilleusement à l'appui de certaines théories spéculatives des philosophes anciens.

Tous les engrais sont des matières excrémentitielles, ou le résultat de la décomposition lente (putréfaction) et de la combustion de substances organiques (cendres). L'opinion sur la partie vraiment active lies engrais était autrefois partagée : les uns soutenaient que les engrais ne doivent leur action de hâter l'accroissement des végétaux qu'aux matières organiques qui s'y trouvent mélangées; selon les autres, cette actioi; n'est due qu'à la présence des principes inorganiques. C'est cette dernière opinion qui prévaut aujourd'hui généralement. Le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, tels sont en eflet les éléments qui jiaraissent être essentiellement destinés à l'acroissement et au dévelop[)ement des plantes. Mais, pour cela, ces éléments ne deivent pas être employés à l'état isolé; il faut qu'ils soient à l'état de combinaison ; l'acide carbonique, l'eau, l'ammoniaque, représentent la forme sous laquelle le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, doivent être ollerts aux végétaux comme aliments. Les principes de la terre végétale, les acides géique, ulmique, humique, crénique etapocrénique, sont susceptibles d'absorber de l'ammoniaque, et de fournir, par leur décomposition, les éléments indispensables à la végétation. Avec des éléments si peu nombreux, la nature forme les produits les plus variés. Sous l'influence de l'engrais , l'embryon rompt les langes qui l'emprisonnent, se détache des cotylédons comme le fétus de ses enveloppes; et, se développant librement , selon son espèce, il devient, lui, imperceptible point albumineux, un assemblage gigantesque d'écorc».

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(le bois, de feuilles renfermant les substances si diverses, aux formes si variées, dont la chimie a fait son héritage. Ces substances représentent touleslesclasses des produitsdela chimie : les unes sont acides (acuies malique, citrique, oxalique, etc.),. les autres alcalines (morphine, quinine, phloridzine, etc.), d'autres enfin neutres (albumine, huiles essentielles, etc.). Tout cela est l'œuvre de la végétation activée par les engrais, sous l'intluence d'une puissance mystérieuse, cachée, ayant pour auxiliaires l'air atmosphérique et une température appropriée. Parmi les divers principes des végétaux, ceux qui sont acides se combinent naturellement avec les alcaloïdes qu'ils rencontrent. C'est pourquoi ces derniers se trouvent toujours à l'état de sels au sein de la végétation. Très-souvent aussi les acides végétaux sont combinés avec des b'ses minérales, la potasse ou la soude. Ces bases, les végétaux les crapruntent au terrain où ils croissent. Les roches feldspathiques les plus dures ne résistent pas a l'action toute vitale des racines : ces roches, réfractaires au feu le plus violent, se décomposent sous l'influence végétative des spongioles, qui absorbent li potasse dont la plante a besoin pour saturer les acides. Par l'incinération du végétal, l'acide se détruit, se change en a- ide carbonique; et la potasse, h l'état de carbonate, retourne au sol fécondé par les C'n.ires.

L'usage de l'engrais pour fertiliser le sol remonte à la plus haute antiquité. Ainsi, nous voyons dans Homère le vieillard LHërle f..mer lui-même son champ. Tuut fumier n'étiit pas indifférent, ^'arron donne la préférence à celui provenant de la lienle de pigeon, qu'il vante beaucoup pour les pâturages des bêtes cl cornes. Selon Théophrasie, l'ur ne de l'homme, mêlée de poils de peaux tannes, est un en.;rais [)ropre h transformer ce' ta mes plaiites sauvages en plantes domestiq^i s. Les excréments humains , les fumiers de chèvre, de mouton, de bœuf, de cheval, la fougère et même le plâtre, étaient é.^alemei.t cm. loyés comme engrais par les Gr es et les Komains (Voy. Hoefer, Histoire de la chimie, tome l, pag. 180).

L s engrais ont été, de notre temps, l'objet (le nombreuses recherches. M. Mulder(/oitrnal fur prakt. Chemie, etc., année 184i) a été conduit, ])ar une si'Tie d'expériences, à établir les principes suivants : 1° L'eau de pluie et l'air atmos|)hérique donnent aux végétaux une nourriture insullisante. La présence de l'acide ulmiquu favorise la végétation; l'acide numi(}ue li favorise encore davantage. 2° Le charbon et les cendres de bois ne sont pas aussi favorables à la végétation que la terre végétale proprement dite. 3° Sous l'influence de l'eau et de l'air atmosphérique, les corps uon azotés peuvent absorber une certaine quantité d'azole, et donner, par la distillation sèche, des produiis ammoniacaux. L'hydrogène à l'état naissant, qui se dégage des nialièies organiques, se combine, avec l'azote pour former de l'ammoniaque.^ absolument comme l'hydrogène qui jirov'ient de la dé-

composition de l'eau par la limaille de fer. MM. Boussingault , Kuhlmann, Schattenmann ont reconnu, par l'expérience, l'eflicacité de l'emploi des sels ammoniacaux comme engrais. Dans un mémoire lu à l'Académie le 11 septembre 18i3, M. Boussingault a démontre :

l'Que le sulfate et le chlorhydrate d'ammoniaque ne pénètrent pas en nature dans les plantes, et n'agissent comme engrais qu'après leur conversion en carbonate d'ammoniaque ; 2° que les sels ammoniacaux fixes, mêlés avec de la craie lavée et du sable humecté, de manière à donner au mélange la consistance d'une terre meuble et convenablement humide, émettent à l'instant même, à la température ordinaire et à l'ombre , des vapeurs de carbonate d'ammoniaque qu'il est possible de doser; en quelques jours la décomposi tion des sels ammoniacaux est complète; 3° que le chlore renfermé dans les cendres des plantes qui croissent sur les bords de la mer n'est nullement en rapport avec la forte proportion d'alcalis qu'elles contiennent, et que par conséquent la totalité du sodium n'entre pas dans le végétal sous forme de chlorure, mais très-probablement à l'état de carbonate de soude, et cela jiar suite d'une réaction analogue à celle que fait éprouver le carbonate calcaire aux sels ammoniacaux. ENGRAIS COM.MEKCIAUX. — Durant les premières années de l'application, dans les raliineries, du noir fin et du sang de bœuf pour la décoloration et la clarification des sirops, le résidu de cette opération, mélange de charbon et de sang coagulé, était entassé dans les usines et transporté aux décharges publiques. En 1822, à la suite d'un concours où M. Payen avait indiqué l'application nouvelle qui déjà lui avait réussi, l'on essaya ces résidus comme engrais des terres en culture ; les résultats obtenus furent tellement heureux que les rafUneurs purent bientôt commencer à vendre cette matière, dont le cours, graduellement élevé, dépassa aujourd'hui le prix du noir d'os en poudre fine : ainsi le résidu de la décoloration se vend plus cher que le produit fabriqué exprès pour opérer cette décoloration.

Le noir animal, résidu des clarifications, employé principalement dans les départements'de l'ouest approvisionnés par la Loire, est transporté à .Nantes non-seulement des villes de France qui comptent des raftineries- (Marseille, le Havre, Paris, etc.), mais encore des raffineries d'Angleterre, ne Hambourg,. d'Amsterdam, de Russie, etc. La quantité de ce noir consommé comme engrais , dans l'ouest de la France, sélève annuellement au delà de 10 millions de kilogr.

On a cru pouvoir attribuer exclusivement le pouvoir fertilisant du noir K la présence du phosphate de chaux ; mais des expériences directes, faites avec du phosphate de chaux provenant des os calcinés ou des résidus de colle d'os, ont démontré que ce produit demeure sans action fertilisante sur la plupart des sols qui recèlent des proportions suflisantcs do phosphate de chaux. Le charbon

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animal (neuf), employé sans mélange, n est efticaco qu'aiilaiU qu'il a retiMiu liesauantilés nolalilos do matiùros azotées après la calc.ination. Do semblahlos résultats ont conduit natuii'lloiiieiil h recoimaitre quo le saivj; est la priucij aie cause des otrets trôs-remaniuables produits par les résidus charbonneui. Ces résultats ont dû ramener vers l'opiuioa

Êrimitiveiiient émise, quo les résidus cliaronneux des ratlineries doivent leur principale action nutritive, dans la végétation, au sang qu'ils contiennent.

En comparant l'ell'et obtenu du noir qui renferme 15 à 20 centièmes de sang avec les résultats d'une quantité équivalente de sang employé seul, on a constaté que le noir produit env ron quatre fois plus d'eti'et que le sang qu'il renlermo. Cette sorte d'anomalie app.irenle est facile à comprendre en se rappelant que le charbon a la propriété de retarder la putréfaction et, de plus, d'absorber les gaz que celle-ci développe. Le sang mélangé avec du charbon se décompose donc assez lentement pour que la plante ait le temps d'absorber et de s'assimiler les produits de sa fermenlalion; tandis que le sang, employé seul , se putréfie tellement vite qu'une grande partie des produits de cette aécouiposition se répand dans ratnrosphèro sans agir sur les plantes du champ ainsi fumé. Dès que les utiles elfets du noir des raffineries furent admis dans la pratique, son emploi prit une telle extension que la production devint insuftisanle. Alors d'habiles manufacturiers imaginèrent do fabiiquer un engrais semblable ou fort analogue.

11 s'agissait d'abord de préparer uncharbon poreux en poudre et bien désinfectant, puis de le mélanger avec une quantité de substances organiques azotées en rapport avec les proportions de sang contenues dans le noir des raftineries. On obtient des noirs désinfectants qui remplissent ces conditions en calcinant de la terre végétale contenant assez de débris organiques pour que le charbon divisé donne au produit une nuance brun foncé ; il est d'ailleurs facile d'y ajouter des matières carburantes à bas prix , telles que les goudrons provenant de la distillation des houilles et du bois.

Les terres que l'on veut carboniser ainsi doivent être argileuses et contenir un peu de carborlate de chaux. L'argile pure pourrait même être employée et serait très-absorbante, pourvu qu'on la chauffât seulement h la temiiérature de la carbonisation des matières organiques (260° environ) ; car ello éprouve, par I effet dune forte calcination, un retrait qui diminue sa porosité. Les terres trop légères ou sableuses ne sont pas douées d'une faculté d'absorption assez grande pour former la base de cette fabrication.

Ces terres carbonisées, en raison de leur artion antiseptique et absorbante, sont employées avec succès dans la préparation des engrais de matières fécales qu'on appelle noirs animalisés ; la désinfection produite par la twie sera d'ailleurs plus efficace et plus complète si l'on a préalablement mé-

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langé aux matières storcorales une faible proportion d'un sol mélnllicpie, tel que du sultiito de fer ou du eliloruie do manganèse : en ell'ct ces sels'transl'ormeiit en composés inodoriîs, par voie do double décomj)Osition, les produits volatils, causes ou véhicules do l'odeur infecte, le carbonate et le sulftiydrale d'ammoniaquo , et donnent lieu ?i la formation de sulfures métalli(|ues et do sels ammoniacaux lixos.

il sertit sans doute fort désirable de voir s'introduire dans les fermes l'usage de désinfecter les matières fécales pour les convertir en engrais faciles à doser et à répandre sur les sols cultivés ; mais c'est dans les énormes dépôts do ces matières, à Montfaucon, par exem[)le, que l'emploi d'un pareil procédé serait surtout d'une haute utilité. Aujourd'hui, pour fabriquer dans de pareilles voiries l'engrais appelé poudrettc, on soumet les matières fécales h une dessiccation spontanée qui, plus ou moins retardée par les pluies, dure en moyenne cinq années, pendant lesquelles les matières étendues sur le sol perdent, par la fermentation et le lavage, environ les \ de leur valeur, et répan lent sans cesse dans l'atmophère des exhalaisons qui infectent l'air à de grandes distances.

En Flandre, les matières fécales sont depuis des siècles recueillies avec soin et employées en agriculture sous le nom d'engrais flamand. Ou les enferme dans des citernes voûtées et bien closes, d'où les gaz ne s'échappent que par une issue Irès-retrécie; l'air n'y pouvant avoir accès sensiblement, la fermentation est suspendue, et l'on évite de cette manière les déperditions. Les matières ainsi conservées s'emploient à l'état liquide. Ou les conduit sur le sol dans des tonneaux, et on les fait écouler par une bonde de fond, d'oij elles tombent sur une planche inclinée qui les divise en les répandant sur les terres. Quelquefois on les fait distribuer aux plantes sarclées par des enfants ou des femmes, qui les puisent dans des baquets et les versent par grandes cuillerées près de chaque touffe des plantes sarclées.

L'emploi de ces engrais infects présente gueliiues inconvénients, lorsque les parties foliacées des plantes ainsi fumées (certains légumes, par exemple) doivent servir de nourriture aux hommes , ou lorsque ces plantes sont destinées à la nourriture des vaches laitières : car l'excès île matière infecte qu'elles retiennent dans leurs pores, les cavités de leurs stomates, communiquentà ces substances alimentaires un goût desagréable qui peut môme se transmettre à la sécrétion lactée.

Les déjections animales employées comme engrais rendent au sol les sels minéraux et une grande partie de la matière azotée utile à la nutrition des végétaux. Dans beaucoup de localités où on les néglige, elles jiourraient, convenablement employées, doubler les engrais dont l'agriculture dispose, et accroître dans la môme proportion les produits nets du sol.

Les débris d'animaux, tels que le sang des

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abattoirs, dont une partie seulement est utilisée comme engrais après avoir servi dans les clarifications des raffineries, le sang et la chair musculaire tles chevaux morts ou abattus, constituent de très-riches engrais. On prépare en grand le sang coagulé et desséché et la chair musculaire sèche, qui sont expédiés dans les colonies et servent à fertiliser les champs de cannes. On comprend sans peine que nous expédiions à de grandes distances un des engrais les plus puissants ; mais il est remarquable que la valeur fertilisante du sang soit mieux appréciée dans nos colonies qu'en France, tandis qu'un engrais à peu près équivalent, le guano, est transporté des côtes du Pérou jusqu'à Paris, c'est-à-dire au lieu même d'où le sang est expédié, de telle sorte que les deux engrais se croisent en route. On avait appris, parles relations de M. de Humboldt, que le guano était employé depuis des siècles pour fertiliser les sables arides du Pérou, mais il n'a été importé chez nous que depuis la publication des données théoriques et pratiques sur la composition et la nutrition des végétaux ; cet engrais, très-recherché maintenant, est formé par les excréments accumulés , depuis un temps immémorial , d'oiseaux aquatiques très-nombreux dans les parages des îles du Sud.

Un grand nombre de résidus des industries qui s'exercent sur les matières animales sont employés comme engrais, soit seuls, soit mélangés avec divers produits. Malheureusement la fraude ne pouvait manquer de s'introduire dans ce commerce, comme elle s'est interposée déjà entre les rafiineries et les consommateurs des résidus charbonneux de ces usines ; on comprendra donc combien il est im])ortant de pouvoir déterminer d'une manière précise la richesse d'un engrais , puisque c'est un moyen sûr de moraliser ces sortes de transactions, d'introduire dans ce commerce l'habitude d'acheter et de vendre les marchandises suivant leur titre, d'activer le perfectionnement des engrais, et d'accroître ses débouchés en offrant aux 'jonsoramateurs des garanties sur leur valeur réelle ou leur pureté.

Les agriculteurs admettent maintenant que les débris animaux sont les meilleurs engrais. Ces substances diffèrent des matières d'origine végétale, surtout par Ii-s proportions des produits azotés facilement putrescibles et décomposables en gaz ou matières solubles propres à la nourriture

des plantes; or, les plantes ne peuvent s'assimiler que des produits solubles ou gazeux, et la nécessité de matières azotées dans leurs aliments se trouve démontrée par la décomposition môme des plantes et de la sève. Nous avons effectivement fait remarquer que la sève, les jeunes organes des végétaux et les parties où les fonctions vitales s'exercent avec le plus d'énergie , contiennent dans leurs principes organiques une grande quantité de substance azotée analogue aux matières animales; ils peuvent donc être alimentés par les substances congénères qui entrent dans la composition des débris animaux.

Les matières organiques azotées étant indispensables à la nutrition des plantes, et presque toujours insuffisantes dans le sol, où elles ne sont d'ailleurs jamais en excès, doivent surtout être recherchées dans les engrais : en déterminant donc la quantité d'azote renfermée dans un engrais et la comparant à celle que contient un autre engrais pris pour unité, on peut en conclure, sous ce rapport, leur valeur relative, et ces résultats seront d'autant plus concluants, que les débris organiques azotés renferment, en général , les sels et oxydes qui complètent les matériaux de la nutrition végétale.

Sans 'doute les matières inorganiques qui manqueraient dans le sol devraient d'ailleurs y être ajoutées, mais généralement: ces substances minérales se rencontrent à bas prix- dans les produits ou résidus, désignés sous les noms d'amendements ou stimulants (marnes, chaux, plâtre, cendres, neuves et lessivées, etc.).

Dans un travail analytique sur les engrais, M. Boussingault et AI. Payen ont pris f)our unité le fumier de ferme ordinaire, qui donne à l'analyse 4 d'azote pour 1000, et en supposant une fumure annuelle moyenne de 10,000 kilogr. de ce fumier pour 1 hectare, ils ont trouvé que, dans la quantité de l'engrais normal employé, il y avait 40 kilogr. d'azote ; on comprend donc qu'un engrais aura, à poids égal, une valeur d'autant plus grande qu'il en faudra une quantité moindre pour représenter 40 kilogr. d'azote : cette quantité de la matière organique équivalente à 40 kilogr. d'azote est celle qu'ils appellent ïéqtiivuloit de l'engrais. La notion positive qui découle de cette donnée ne dis))ense pas de tenir compte des composants minéraux qui peuvent, suivant les sols et les cultures, augmenter la valeur de l'engrais.

Tableau des équivalents des principaux engrais.

ENGRAIS

Excréments.

Fumier de ferme .

Fumier d'auberge du

Midi

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