‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 124 sur 354 · CS · texte numérisé non relu

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forces physiques, ce qu'il no l'oit pas loiijours, car il lio voit souvent .que des plirnouiônos phvsiolo:4i(iuivs, (lus seulement ?i dos forées vityles, lîi pn^ciséaient où existent des cil'ets i\ la produrction desquels ooneourent toutes les forces dont la nature dispose pour ré.^ir les eorps organisés. Cette observai ion doit être prise en considération par tous ceux qui se livrent à l'art de guérir; car, en général, on attribue à des causes occultes ce (jui n'est quelquefois qu'un elfet naturel des forces connues, dardons-nous surtout, pour expliquer des faits complexes, de faire intervenir des forces nouvelles sans nousôtre assurés que celles que nous connaissons sont insulfisantes. On ne doit jamais perdre de vue que la nature ne dispose qne de peu de principes, et qu'en lui en attribuant un grand nombre, ou l'amoindrit en lui faisant perdre son unité, en môme temps que l'on s'éloigne du point de vue |>hilosopliique sous lequel on doit cultiver la science.

Nous ne quitterons pas ce qui concerne le pliénomène d'imbibition dans lequel intervient l'endosmose, chez les animaux vivants, sans [larler de la propriété que possèdent les os d'absorber le principe colorant de la garance.

De Vabsorplion du principe colorant de la aarance par les os. — Prise à l'inléiicur par les animaux, la garance pénètre leurs os et les colore en rouge. Ce phénomène a été observé pour la première f(jis, vers le milieu du xvi" siècle, par Miseau, médecin ii Paris; mais il n'a été bien étudié qu'un siècle et demi après par Pelchier et Duhamel. Lepremier, à la suite d'une observation due au hasard, mêla de la racine de garance en poudre à la nourriture qu'il destinait à un coq; au bout de seize jours, l'animal étant mort, ses os avaient pris une teinte rouge, tandis que toutes les autres parties, les muscles, les membranes, les cartilages, avaient conservé leur couleur.

Duhamel Dumonceau confirma cette expérience sur des poulets, des pigeons, des cochons, et prouva que la garance avait la propriété de ne rougir que les os : ainsi les plumes, le bec, la corne, les ongles n'éprouvaient aucun changement. Suivant le même obs;-rvateur, lorsijue des os ont été rougis j)ar la garance, si on interrompt le régime aUmentuire, la couleur rouge ne disparaît pas ; seulement les couches rouges sont recouvertes par des couches blanches provenant du travail incessant des os, de sorte que, en soumettant un animal alternativement au régime de la garance et au régime ordinaire, on a des couches alternatives, blanches et rouges.

M. Flourens , qui a repris le travail de Duhamel , a eu l'occasion d'observer des faits intéressants , mais qui ne sont pas de notre compétence. Nous citerons seulement une observai ion qui prouve que le phénomène d'imbibition s'opère quelquefois dans l'espace de cinq heures, quand ou soumet à l'expérience des oiseaux, tels ([ue des pigeons de deux à trois semaines au plus ;

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les résultats les plus prompts ont été obtenus sur des sujets qui n'avaient que quinze à seize jours. H paraît que l'absorption est d'autant plus fiiblo ijue l'aniiual est plus vii'ux. lùitin, M. Flourens a montré, comme Duhamel l'avait déjà observé, que les dents se eoloiaiont par li garance; mais Hunter et Pelchier ont reconnu que cette faculté appartenait à la partie osseuse et non à l'émail.

llobiquet, auquel on doit un beau travail sur le principe colorant de la garance, a cherché la nature de la substance qui colorait en rouge les os des animaux, et a reconnu que des deux matières colorantes de la garance , c'était plutôt la pur|iurine que l'alizarine qui se fix^iit sur les (larlies.

Le pouvoir aUsorbanl des os à l'égard du principe colorant de la garance est Irès-important à étudier, en raison des conséquences que l'on peut en tirer en physiologie; d'un autre côte, il nous porte à croire que d'autres substances non colorées peuvent également se répandre par imbibition dans le système osseux, seulement les elfets de couleur manquent pour nous accuser leur présence ; l'analyse chimique, dans ce cas, doit y supi<léer. 11 serait donc à désirer que des physiologistes, de concert avec des chimistes, fissent à cet égard des expériences qui ne pourraient manquer d'avoir un grand intérêt.

Des phénomènes d'imbibition, d'absorption, cVhygroscopictté dans les végétaux. — Tous ces phénomènes sont des effets d'imbibition résultant de la capillarité et de l'endosmose.

Quoique leur type soit le môme, les tissus des plantes varient d'une plante à l'autre, en raison de la dureté, de la porosité, de la nature du liquide et de celle des matières déposées, etc. Outre ces propriétés, les tissus en ont d'autres dépendant de leur organisation , et dont on doit tenir compte : 1° l'extensibilité, qui varie suivant que les substances absorbées sont plus ou moins liquides; elle a une limite; elle est nécessaire à la croissance de la plante; quand elle cesse, celle-ci meurt; 2° l'élasticité, propriété dépendant de la précédente ; elle en dilfère en ce qu'elle permet aux molécules de revenir à leur position primitive; 3° l'Iiygroscopicité, qui, suivant M. de Candolle, a la faculté d'absorber l'eau, laquelle dépend des causes physiques, chimiques et vitales. Dans les corps inorganiques, il y a dissolution , saturation avec suintement ; dans les corps organisés, il peut y avoir distension, allongement des parties, comme les cheveux, les fanons de baleine, les divers tissus végétaux qui nous en offrent de nombreux exemples. Les tissus végétaux ayant pour base un réseau formant un tissu lAche, doivent absorber d'autant plus d'eau qu'ils renferment moins do matières étrangères, comme les dépôts en extensions scarieuses privées de nourriture en sont des exemples.

L'hygroscopicité produit allongement des

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tissus. Si des parties filiformes se tordent en spirale, l'eau absorbée les détord ; la sécheresse produit UH effet contraire. L'hygroscojiicité dépiMidde plusieurs causes physiqui's'([ui ne tiennent pas à la vitalité, mais qu il faut rapporter à la capillarité et à l'endosmose. Cependant, il y a une différence entre l'hygroscopicité et la capillarité proprement dite. Cette dernière s'exerce dans des corps dont les interstices sont visibles, tandis que la première ne se munisfeste que lorsque le microscope ne laisse point apercevoir de jiores; mais on peut se demander où commence l'endosmose et où finit l'hygroscopicité. Ce qu'il j^ a de plus probable, c'est que i'hvgroscopicité dépend tantôt de la capillarité, tantôt de cette cause et de l'endosmose.

Voici un tableau qui renferme le degré d'allongement de divers tissus dans une même circonstance :

Pour un allongement d'un cheveu de 8 ""»

Celui d'uue lanière de (ucus teiido était de 50

— digilulus 78

— taureus 90

— saccharinus 170

On a remarqué que la force hvgroscopique de certaines parties du tissu végétal offre assez de régularité pour qu'on puisse les employer comme hygromètre.

Les plantes, ainsi que les autres corps organisés, quand elles ne sont pas saturées d'eau, en prennent aux corps qui le sont, et avec lesquels on les met en contact. L'examen de l'aptitude plus ou moins grande des plantes à absorber l'eau, et le détail des instruments qui servent à mesurer celte absorption, constituent l'hygroscopicité ou l'hygrométrie , dont nous n'avons pas k nous occuper. L'on a vu plus haut que, lors de l'absorption \\ y a mutation dans la forme , contraction et dilatation , suivant le tissu et la distension des libres, une corde, faite de libres tendues, éprouve un renflement, puis un raccourcissement. Des tuiies fabriquées avec des ii:s lois éprouvent un rétrécisst'ment après avoir été mouillées. 11 n'en est pas de môme du papier, composé de tilainents très-déliés, très-courts, disposés irrégulièrement dans toutes sortes de directions.

Des effets produits dans les végétaux par VimbiOtlion de substances vénéneuses et montrant l'influence de l'endosmose. — Cette (|uestion, qui est du ressort de la physique végétale, doit né.inmoins attirer noire attention, puisque nous exam nous de quelle manière les liquides de diverses natures sont absorbés par les végétaux. Elle a été traitée par Jaeger, Séguin, ivlarcati et Macaire. Le mode d'expérmieutHtion employé par ces savants est tres-siinple : il sufùt d'arruser des plantes en végétation avec les solutions d'essai; elles |)érisseiit quand on arrose avec des solut ons arséniatées. Toutes les familles des plantes participent aux effets de l'empoisonnement ; l'aLisorption d'eau renfermant de l'arsenic change la couleur des pétales, qui devient brune , jaunâtre ou blan-

châtre. La rose à cent feuilles devient pourpre ou parsemée de taches pourpres.

La vapeur du mercure peut être absorbée par les plantes, qui alors languissent , se dessèchent et meurent. Le mercure introduit dans un arbre n'est nullement absorbé, comme M. de Saussure l'a reconnu par une expérience de trente ans. Les solutions métalliques sont également absorbées par les plantes, ainsi que le prouve une expérience de Philipps sur un jeune peuplier arrosé avec une solution cuivreuse; il ne tarda pas à mourir, en commençant par les brancnes inférieures; le bois était tout imprégné de solution cuivreuse. Les plantes absorbent également la fumée de bois, composée d'eau, d'huiles en vapeurs et de matières carbonacées ; les jeunes végétaux périssent proniptement; les jeunes pousses paraissent brûlées, et les feuilles désarticulées de leurs tiges.

M. Boucherie a fait une application trèsheureuse de la propriété absorbante des végétaux et des arbres pour les préserver des variations de volume, diminuer leur combustibilité, augmenter leur densité, leur ténacité, et leurdonner des couleurs durables plus ou moins vives et plus ou moins variées. A cet effet, on les coupe en pleine sève et on les plonge dins une cuve renfermant la solution que l'on veut leur faire aspirer. En quelques jours, les liquides sont transportés jusque dans les feuilles, à l'exception du cœur. Pour les sujets âgés, il suflit que l'arbre n'ait qu'un bouquet de feuilles . l'etî'et est le même, que l'arbre soit couché ou debout; il n'est pas même nécessaire de couper l'arbre en eitier; il suffit de pratiquer une cavité au fond. Les pyrolignites qui renferment de la créosote durcissent le bois et le garantissent des piqûres des insectes. Les chlorures terreux et les eaux-mères des marais salants donnent au bois de la souplesse et de l'élasticité. Ainsi préparé, le bois peut être divisé en feuilles, tordu en spirale, sans perdre de son élasticité ; il ne se f nd pas dans l'. sécheresse et ne peut propager l'incendie.

L'ébénisterie pourra tirer parti des nuances variées dont on peut colorer les bois. Le pyrolignite de fer leur donne une teinte brune qui se marie bien avec le ton du bois non imbibé. En faisimt absorber ensuite luie matière tannante, le bois prend une t'dnte noire; si, au l,eu de tannate, on prend du prussiate de potasse, il se forme du bleu de Prusse. En employant successivement de l'rtcétate de ploml) et du chromate de potasse, on a du chromate de plomb ; et, par l'absorption successive de chacune des substances précitées , on peut produire des nuances bleues, jaunes et brunes assez variées.

La sève portant continuellement dans les végétaux, par l'elfet de l'endosmose, diverses espèces minérales qui sont dé[)0sées par l'effet de l'évaporation , ou même décomposées par l'action vitale, il est possible de produire différentes réactions , en faisant absorber successivement diverses substances salines. Rappelons succinctement quelques-

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unos (les sulist.uico.s qiio l'on roucontrc ordin.iiic.iuMU dans los nlanlos , et (}u'oii |ioiin'a cssaviT du rei)r(iiliiir(i ixvr ce moyini. l'anui li's tciios que l'on Iroiivo dans los vt'^iHatix, |Hii-es ou coiidiinc^os, on doit citer lacliaiix. la magnésie, la silice et raluuiinc. La chaux existe dans tons les végétaux, excepté ilans 'Itî salsola soda. On a avancé qu'elle se trouve à l'état de chaux vive, dans la liulhe de l'ail, l'écorce de liège, et se présente sou>la forme d'eiUori'Sci'nci's blanciies .*> la surface du chara exposé h l'air. Klle existe îi l'état de carbonate dans presque toutes les plantes, particulièrement dans les pailles de graminées. On la trouve h l'état de sulfate dans le bois de campêche, l'écorce du bouleau, la racine d'aconitum bjcoctonum, de rhubarbe ; h l'état de phosphate ou de sous-phosphate dans les feuilles d'aconit napel, les racines do pivoine, de réglisse, etc.; à l'état de nitrate dans la bourrache, l'ortie, l'hélianthe, la pariétaire : à l'état de chlorure dans la racine d'aconitum lycortonum, le suc des feuilles de tabac. I.a magnésie est moins abondante que la chaux dans les végétaux; on la rencontre, dit-on, à l'état de terre dans le liège et dans les graines et pailles des graminées.

La silice pénètre également dans les végétaux par voie de suspension ou de solution. On la trouve eu quantité considérable dans la partie extérieure et les concrétions des monocotylédones, dans les feuilles, dans plusieurs grains , etc. Suivant Davy, l'èpiderme du rothan en contient une quantité suffisante pour faire feu au biiquet , ou même en frottant deux morceaux l'un contre l'autre.

Les concrétions du bambou appelé tabachir sont formées de silice presque pure.

Dans les dicotylédones, la siice est ordinairement rare, si ce n'est dans les feuilles. Suivant M- de Saussure, elle varie dans les esjièces qu'il a essayées de 3 à ik.

L'alumnie est la terre qui se trouve en moins grande quantité dans les végétaux. Suivant M. de Saussure, elle existe à peine pour un centième dans leur cendre.

Passons maintenant aux alcalis.

On Sdit que la potasse existe dans presque tous les végétaux ; elle s'y trouve à l'état de potasse hydratée ou de sous-carbonate, particulièrement à ce dernier état. On trouve aussi du chlore de potass uni dans la graine de lin, le céleri, l'ahsinihe, les feuilles de tabic, la paille de froment, etc. Le sultale de potasse existe dans beaucoup de plantes, dans la paille de froment, la bulbe de l'ail, les plantes maritimes, etc.

Le phosphate se trouve dans le fruit du raarronnii'r d'Inde, la graine de lin, la fève, etc., le nitrate de jiotasse dans les racines de j)lusieurs plantes, et en particulier dans les fanes de la betterave.

La soud ^e rencontre ordinairement dans les plantes qui végètent dans le voisinage des eaux salées. Suivant M. Chevreul, elle y est à l'état d'oxalate.

Parmi los métaux ([ui existent dans les

plantes, on cite s|ii''cidement le for, le manganèse , puis le cuivre, qu'on no trouva (pi'en (piantité très -minime. Q)uanl aux corps non métalliques , nous citerons lo chlore, l'iode, le soufre, ijui est h l'état pur dans los crucifères, particulièrement dans les graines di' moulard(>, dans les Heurs d'oranger, dans le céleii ; entin le pliosphoi'e se montre à l'état d'acide phosphorique dans le suc de l'ognon, l'ergot des céréales, etc. Une discussion s'est élevée entre les physiologistes pour savoir si ces substances étaient formées dans l'acte de végétation ou bien si elles étaient tirées du sol sans avoir éprouvé de décomposition. Ceux qui pensent que leur présence est due à l'absorption disen' que toutes ces substances se trouvent dans lesterrainsoii croissent lesvégétaux; que la quantité en est d'autant plus grande, qu'il s'en trouve davantage dans le sol, et que les mêmes esiièces de végétaux présentent des produits ditférenis, lorsqu'elles croissent dans d'autres terres. C'est ainsi que, dans le voisinage de la mer, la soude est substituée h la potasse. Davy^ ayant cultivé de l'avoine dans un sol composé de carbonate de chaux, la plante y vécut mal, et donna moins de silice que dans des terrains où on la cultive ordinairement. Lamjiadius émit une opinion o|>posée, en assurant que du seigle qu'il avait cultivé dans de la silice, de l'alumine, de la chaux, de la magnésie, a donné les mômes résultats à l'analyse; mais on a élevé des doutes si»r l'exactitude de cette assertion.

Nous ne citons uniquement ces faits que pour faire sentir la nécessité d'étudier avec soin les phénomènes d'absorption; cette question, quoique du domaine de la physiologie végétale, appartient aussi aux sciences physico-chimiques , attendu qu'il est indispensable, pour faire végéierdes plantes dans des mntièics pulvérulentes de diverse naure, de les arroser avec des solutions également diverses, de favoriserles phénomènes d'absorption, d'étudier les tissus à diverses époques de la végétation et de les analyser. Il faut, en outre , connaître tout ce qui concerne la capillarité et l'endosmose. Ce sont tous ces motifs qui nous ont eng gé h entrer dans les détails que nous venons de présenter. Voyons comment on peut expliquer l'ascension de la sève dans les végétaux à l'aide des phénomènes de l'endosmose.

Explication de différents phénomènes dépendant de l'endosmose. De l ascension de la sève dans les végétaux. — L'état de réplétioii dans les végétaux peut être considéré comme résultat de l'endosmose, dès l'instant qu'il se trouve dans les organes un liquida plus dense que la sève qui doit s'inlilirer à travers lesiiarois.Laséve lymphatique étant introduite avec excès dans le liquide laiteux, distend les organes qui contiennent ce dernier; leurs parois distendues réagissent par leur élasticité sur ce liquide, qu'elles expulsent en se resserrant comme s'il y avait une contractilité ; c'est ce qu'on observe dans lo jeune bois de figuier que l'on vient de cou-

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