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Jeur finesse, au moins en parlie, qu on parvient aie détruire complètement et îi donner aux toiles de coton l'aspect des toiles de lin. Cette sorte de torréfaction superficielle s'appelle grillage ou flambage, et plus vulgairement roussi.
On l'exécute en faisant passer rapidement les toiles au-dessus d'une plaque de fonte chauffée au rouge, ou sur une flamme suffisamment chaude et pure, comme celle de l'hydrogène bicarboné, ou celle de l'esprit-de-vin.
Le grillage à la plaque offre plusieurs inconvénients qui l'ont fait abandonner généralement. La première idée du grillage au moyen de la flamme du gaz appartient à Moiard, ancien directeur du Conservatoire des Arts-et-Métiers ; mais il n'a été mis en exécution qu'en 1817, par Samuel Hall, mécanicien anglais. Son appareil consiste essentiellement en deux tubes de cuivre, percés d'une multitude de petits trous sur leur partie supérieure. Ces tubes placés horizontalemeat, à peu de distance 1 un de l'autre, sous une hotte faisant fonction d'aspirateur, reçoivent le gaz d'un réservoir. Le gaz s'échappe par les trous des tubes, et, lorsqu'on y met le feu, il y a alors deux lignes de feu sur lesquelles on fait passer rapidement les toiles qu'il s'agit de roussir. L'appareil de Hall fonctionne avec une rare perfection ; malheureusement il est d'un prix assez élevé. Il est employée Rouen, chez MM. Cotté frères. Scheibier, de Creveld, avait imaginé, avant Hall, une lampe à huile pour griller les toiles, mais cette lampe avait plusieurs inconvénients inséparables de l'emploi de l'huile et des mèches. Dezcroizilles fils a pris, en 1826, un brevet pour la substitution de l'esprit-de-vin au gaz de la houille, et ce , mode de grillage a été adopté dans beaucoup de fabriques, comme plus commode et moins coAteux.
Uien no surprend davantage les personnes étrangères à l'industrie que de voir des tissus aussi légers que nos calicots, nos mousselines, traverser une ligne de flamme sans être brûlés. Cet étonnement cesse dès qu'on sait que la fibre ligneuse est un très-mauvais conducteur de la chaleur. En effet, qu'on présente un til de coton à la flamme d'une bougie, il y a aussitôt une scission nette, et l'inflammation qui a lieu d'abord, loin de se propager dans la longueur du fil, ne tarde pas à s'étei.ndre. C'est en raison de cette propriété non conductrice de la fibre végétale, qu'une toile qu'on grille n'éprouve aucune altération dans ses fils, tandis que le duvet seul, qui recouvrait sa surface, est entièrement consumé par la flamme.
Depuis quelques années, les fabricants d'indiennes ont abandonné le roussi pour le reiujjlacer par l'emploi de tondeuses peu différentes de celles qui servent à tondre les draps. Ces machines enlèvent très-bien le duvet des toiles et fonctionnent avec plus d'économie que les appareils précédents.
FLAMME. — Tout le monde sait que le suif, la cire, le bois et l'huile fournissent de 3a lumière lorsqu'on les expose à une cer-
taine température. C'est que, par l'effet de la chaleur, une parlie de ces substances, dans lesquelles l'hydrogène et le carbone dominent, se décompose et se transforme en gaz combustibles qui s'unissent avec l'oxygène de l'air ; dans tous les cas, ces gaz ne peuvent devenir lumineux qu'autant qu'ils rencontrent la quantité d'air nécessaire pour opérer leur combustion complète, et que la température arrive au moins à -f- 600".
Les mèches dont les chandelles, les bougies, les lampes, sont pourvues, favorisent cette élévation de température par leur combustion. Elles agissent, en outre, comme des tubes capillaires, en déterminant l'ascension continuelle des matières grasses jusque dans la partie où la combustion s'effectue.
Le manque d'air produit une combustion incomplète, et par suite une température peu élevée, ce qui nuit à l'éclat de la flamme et donne de la fumée. Un excès d'air nuit également, soit parce que la flamme en est refroidie, soit parce que la combustion totale est trop prompte.
Avec de mauvaises mèches, une partie du combustible se vaporise en pure perte sans prendre feu, et en donnant de la fumée et une odeur de matière grasse à demi décomposée. C est ce qui arrive dans les lampes mal construites, et dans les chandelles qu'on oublie de moucher. Il y a consommation plus grande de combustible, et un plus faible pouvoir éclairant.
Tels étaient les inconvénients des lampes anciennes. Avant 1789, Argant eut l'idée trèsheureuse de former les mèches cylindriques, vers le haut desquelles l'huile monte par l'effet d'un siphon ou seulement par la capillarité de la mèche; de plus, l'air atmosphérique peut s'élever sans cesse le long de la mèche, par deux courants, l'un intérieur et l'autre extérieur ; enfin les deux courants sont rendus beaucoup plus rapides par une cheminée de verre dont le cylindre entoure concentriquement la mèche.
Un ouvrier d'Argant, le nommé Quinquet, déroba la découverte de son maître, et le frivole public honora du nom de Quinquet le vol scandaleux de l'invention d'Argant.
Un dernier perfectionnement restait à produire , c'était d'épargner à la main de l'homme le soin fastidieux d'amener fréquemment à la hauteur convenable, en pompant, l'huile qui doit alimenter la lampe. Carcel y parvint au moyen d'un mouvement d'horlogerie caché dans l'intérieur de la lampe. En 1803, Carcel obtint h l'exposition des produits de l'industrie une médaille de bronze pour sa précieuse invention. Les frères Girard, depuis, sont arrivés au même résultat que Carcel, par une application ingénieuse de la fontaine hydrostatique.
FLEURS DE SOUFRE. Voy. Soufre.
FLINT-GLASS. Voy. Verre et Plcmb, st^teate.
FLUATE DE CHAUX. Voy. Spath-fluor.
FLUIDES DES SÉCRÉTIONS. — On appelle ainsi les différents fluides qui sont formés dans les organes aux dépens du sang.
Ces fluui(>s ont dilTt'ronts usages dans V6co- Mouiif aniinah^ : iiiiolciues-uns sont destinés h eertaiiiesl'onetions, couiaie lasalive, la bile, le suc paiieréatiime ; d'autnvs sont rejetés au dehiirs, eomnie la sueur, l'urine et le lait, et ne pourraient demeurer longtemps dans l'économie sans y apporter plus ou moins do trouble.
Ces li*iuides sécrétés ont une composition variable : les uns sont, pour ainsi dire, exhalés h la surface des membranes d'oià ils sortent ; tels sont le mu(;us, l'humeur de la transpiration et les licpieurs séreuses; les autres, comme la salive, le suc pancréatique, sont l'assemblés dans des canaux particuliers qui les versent au besoin; d'autres, ontln, sont immédiatement déposés, après leur sécrétion, dans des réservoirs particuliers, tels sont la bile, l'urine, etc.
Une remarque curieuse qu'offrent ces fluides sécrétés, c'est de jouir de propriétés alcalines ou acides ; ce qui a fait supposer que leur formation était due dans l'économie à une force électro-chimique, et que tous ces
fdiénomènes se passaient principalement dans es organes sécréteurs ; mais de nouvelles expériences, dues aux recherches de MM. Prévost, Dumas, Vauquelin et Ségalas, ont démontré que quelques-uns des principes qu'on rencontre dans les sécrétions étaient tout formés dans le sang, ce qui ferait supposer que lesorganes ne fabriquent point les fluides sécrétés, comme on le pensait généralement, mais qu'ils ne font que les éliminer du sang, où ils ne pourraient rester longtemps sans troubler toutes les fonctions animales. De nouvelles expériences seraient encore nécessaires pour appuyer cette opinion ; il faudrait, si cela était possible, examiner le sang artériel avant son entrée dans l'organe et après sa sortie, afin de reconnaître les modifîcacations qu'il a éprouvées en passant dans celui-ci.
^ FLUOBOIIIQUE (acide). — Si l'on met de l'acide borique en présence de l'acide sulfurique et du fluorure de calcium, on produira un gaz incolore, fumant, très-acide, éteignant même promptement les corps encombustion : c'est le gaz fluoborique. L'eau en dissout 600 fois son volume. C'est le plus fumant des gaz : voilà pourquoi les chimistes l'emploient dans leurs laboratoires, lorsqu'ils veulent reconnaître si un gaz contient de l'humidité. Il agit d'une manière singulière sur les papiers, les bois, et en général sur tous les corps ligneux ; car si l'on plonge, seulement pendant quelques instants, un de ces corps dans une éprouvette qui renferme ce gaz, on le retire charbonné. Ce phénomène s'explique très-bien par l'avidité de l'acide pour l'eau que pourraient contenir ces corps; car le papier, le bois, les ligneux, peuvent être considérés comme formés de charbon et d'eau, ainsi que lo constate la chimie organique.
FLUOU, syn. : Pltthor{de fBdpcù,}e détruis). — Ce corps, non encore isolé, mais admis aujourd'hui d'après l'analogie que présentent plusieurs de ses composés avec ceux du
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chlore et de l'iode, n'a encore été rencontré que coinl)iné .'i certains métaux et piitici|)al(Mnent au calcium, (^ctte dernièro combinaison constitue uiuiiinéi'al assezc()nnnun([u'on a d'aborildistingué enminéralogiepar lenora (l(î spath fluor, à cause île sa fusibilité, et ensuite \rdrcc\uid(ichaux fluatéc, piiatedechaux. Ce dernier nom lui a été donné, en 1771, par Scheele, qui, après en avoir fait un examen attentif, en retira, par l'action de l'acide sulfurique, un acide particulier qu'il désigna sous le nom d'nciae fluorique. 11 démontra alors que cet acide était uni dans ce minéral à la cnaux, et qu'il avait été déplacé de Sd combinaison par l'acide sulfurique.
Les nouvelles expériences qui ont été faites depuis tendent à démontrer que cet acide no contient pas d'oxygène, mais se comporte connue un acide formé par l'hydrogène et une base inconnue, analogue aux acides hydrochlorique et hydriodiciue ; du moins les expériences de sir Humpnry Davy donnent beaucoup de probabilité à cette dernière hypothèse, qui avait déjà été adoptée par M. Ampère.
D'après les considérations que nous Tenons d'exposer, l'acide fluorique serait un composé d'hydrogène et de fluor (acide hydrotluoriqutô, et le minéral d'oii on le retire, un compose de fluor et de calcium. L'on voit que l'action de l'acide sulfurique sur ce composé doit être analogue à celle qu'il exerce sur le chlorure de sodium; que, clans cette réaction, l'eau de l'acide sulfurique doit être décomposée : son oxygène s'unit au calcium et son hydrogène au fluor pour (troduire l'acide hydrotluorique. Quanta l'acide sulfurique, il se combine avec l'oxyde de calcium formé et produit du protosulfate de calcium (sulfate de chaux). Ce qui donne une nouvelle force à cette hypothèse , c'est la non-décomposition du fluorure de calcium par l'acide sulfurique anhydre, comme l'a observé M. Kulmann.
FLUOR {min.) — Ce minéral est employé avec succès pour des vases, des ornements de fantaisie, qui sont extrêmement agréables. On choisit les variétés qui ont des couleurs vives, et particulièrement diverses teintes de violet, de rosùtre, disposées par zones , en zigzags, imitant des fortifications. Il en est qui, sur un fond violàtre, présentent de grandes taches rosàtres , d'un éclat nacré, îformées par une agrégation de carrés, résultant de la section des octaèdres ou des cubes dont la masse est composée, et qui sont du plus bel etfet. On se sert aussi de quelques variétés jaunâtres relevées par des zigzags violets. On a aussi employé les mômes variétés en incrustations, ainsi que celles d'une teinte verte plus ou moins décidée, qui sont fréquemment mélangées de quartz.
FLUORHYDRIQUR (acide). Syn. : acide hydro fluorique , acide fluorique , acide hy^ drophthorique. — Le fluor, en se combinant avec l'hydrogène, ne forme qu'une seule combinaison, l'acide fluorhydrique, dont la découverte, due à Scheele, remonte à l'an-
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née 1771. Mais l'acide qu'il a décrit sous le nom d'acide fluorique n'était point pur ; il contenait beaucoup d'acide sihcique. De là vinrent un grand nombre de discussions sur sa véritable nature, jusqu'à ce que Wenzel démontra, en 1783, qu'on obtient de Tacide iluorique exempt de silice et fumant, en le préparant dans un appareil métallique convenable. Gay-Lussac et Thénard ont donné, en 1810, des préceptes plus précis rolative- Uient à la préparation de l'acide pur, dont ils ont décrit aussi les propriétés jusqu'alors presque inconnues.
Pour obtenir l'acide hydrofluorique concentrée et anhj'dre, on réduit du spalh-tluor choisi, pur et sans silice, en poudre trèsfine, puis on le mêle avec le double de son poids d'acide sulfui'ique concentré , dans une cornue de plomb, dont le long col aboutit dans un petit récipient.
Cet acide est très-volatil et répanu des fumées épaisses à l'air. Son point d"ébullition, qu'on ne connaît point d'une manière précise, ne dépasse pas de beaucoup -f 13 degrés, ce qui ne permet pas de le conserver à ce degré de concentration. Il ne se solidifie point à un froid de — 20 degrés. Une de ses propriétés les plus remarquables est d'attaquer le verre. Lorsqu'on place le vase métallique contenant l'acide concentré sous une cloche de verre, on trouve au bout < de quelque temps celle-ci tellement corrodée qu'elle a perdu sa transparence. Si l'on fait tomber une goutte d'acide sur du verre, il s'échaulfe, entre de suite enébullition, se volatilise sous la forme d'une fumée épaisse, et laisse l'endroit avec lequel il était en contact corrodé et couvert d'une poudre blanche, qui est composée des éléments de l'acide et du verre. Tous ces etfets dépendent de son aftinilé puissante pour l'acide silicique, avec le radical duquel il donne lieu à une combinaison gazeuse particulière.
Gay-Lussac et Thénard recommandent de se préserver de l'action que l'acide hydrofluorique exerce sur la peau , action qui, même lorsqu'on emploie cet acide en petite quantité, est extrêmement violente, occasionne des douleurs insupportables, et détermine des ulcères diftîciles à guérir. Il suffit de toucher la peau avec la pointe d'une aiguille trempée dans l'acide, pour s'attirer une nuit sans sommeil, et parfois même un accès de lièvre. Quelques jeunes chimistes, qui les avaient aidés dans leurs expériences, et qui s'étaient imprudemment tenus les doigts exposés pendant quelques secondes aux vapeurs de l'acide, furent atteints de maux graves, qui ne guérirent qn:m bout de plusieurs semaines. L'effet ordinaire do l'acille est de causer d'abord une violente douleur dans la partie qu'il touche ; puis celles qui l'entourent deviennent blanches et douloureuses, et il se forme dessus une ampoule, avec une pellicule épaisse et blanehe, qui contient du pus. L'acide se combine tellement avec la peau, qu'il ne peut même point être enlevé par le moyen de la potasse, quoique le lavage avec cet alcali apaise le
mal ; la douleur diminue aussi, lorsqu'on ouvre l'amjjoule le plus tôt possible. Quand l'acide est étendu, ou qu'il contient du silicium, la présence de l'eau ou du silicium s'oppose à cet elîet de sa part.
L'acide hydrofluorique sert dans les arts, où on l'emploie pour graver sur le verre. On couvre le l'erré d'une cire ou d'un vernis propre à cette opération, et l'on dessine sur cet enduit, de manière à pénétrer jusqu'au verre ; on expose ensuite la pièce à l'action de l'acide, soit aqueux, soit gazeux. Dans le premier cas, on forme un rebord de ciro tout autour du verre, sur lequel on verse de l'acide hydrofluorique étendu d'eau ; dans l'autre, on môle ensemble du spathfluor en poudre et de l'acide sulfurique, dans un creuset de platine ou un vase de plomb, que l'on couvre ensuite avec le verre qu'on veut graver ; après quoi on chauffe le vase assez doucement pour que la cire ne puisse pas se fondre. Quand on emploie de l'acide liquide et étendu, le dessin est poli, tandis que lorsqu'on s'est servi d'acide concentré ou gazeux, il est mat et plus apparent. Cette différence tient à ce qu'il se ûxe, dans les traits, du fluorure silicique et potassique, produit par l'action de l'acide sur les éléments du verre, et qui, lorsqu'on opère avec de l'acide liquide, est enlevé par l'eau de ce dernier, sans pouvoir se fixer. On profite de cette propriété qu'a l'acide hydrofluorique pour découvrir la présence cla fluor dans des corps qu'on veut analyser. On détermine la réaction en chaufi'ant un morceau de verre assez pour que, lorsqu'on le frotte avec de la cire, il se couvre d'une couche légère de cette substance : après le refroidissement de la cire, on y dessine avec la pointe d'une épingle de cuivre jaune, ou mieux avec une tige pointue de plomb ou d'étain. La sutstance qu'on veut examiner est réduite en poudre fine, et mêlée avec de l'acide sulfurique, dans un creuset de platine, que l'on couvre avec le verre gravé, et qu'on chauffe, en ayant soin que la cire nu fonde pas. Au bout d'une demi-heure, ou retire le verre et on le chauffe doucement pour fondre la cire, qu'on essuie avec un linge. Si le corps rais à l'épreuve contenait du fluor, le dessin s'aperçoit sur le verre ; si la quantité de fluor était peu considérable, la gravure ne paraît pas immédiatement, mais elle devient visible en passant l'haleine sur le verre (1). Cependant, si l'on avait dessiné sur la cire avec un cor[)sdur, tel qu'une pointe d'acier, le dessin pourrait être rendu apparent par l'haleine, sans qu'il eût y eu action d'acide hydrofluorique. Sou-
(1) Ce pliénomène tient à ce que la surf;ice du verre condense des q\ianiités inégales d'eau dans les endroits où elle est polie et dans ceux où elle l'est moins, prohaUenient à cause du rayonnement inéiï'il de la chaleur, qui tait que les parties mattes s'écliaufTenl moins vile que les autres, h suHit, par exemple, d'écrire sur un carreau de vitre avec de ragalmatoliilie, minéral mou, et de bien essuyer ensuite; récriture, qui n'était pas visible, le devient en passant l'iialeine sur le verre.