‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 140 sur 354 · FOR · texte numérisé non relu

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int-rél. Mais la nueslion n'est pas là : il s'agit uiiiiiuomeiit de savoir leiiuol de ees deux agents moteurs est le plus écdiiomique.

Pour comprendre cette question et sa signification exacte, il faut d'abord se rappeler ce que les chimistes entendent par 6quivalenîs. Ce sont certains rapports invariables d'effets qui sont proportionnés entre eux, et qui paf conséquent peuvents'exprimerpardes nombres. Ainsi, par exemple, si nous avons besoin de huit livres d'oxygène pourproduiro un certain etfet, et que nous préférions, au lieu d'oxygène, nous servir de chlore pour obtenir le même effet, nous savons qu'il nous faudra trente-cinq livres et demie de chlore, ni plus ni moins. De même six livres de carbone sont un équivalent de trente-deux livres de zinc. Les nombres qui représentent les équivalents chimiques, expriment les rapports généraux d'effets qui comprennent toutes les actions que les corps sont capables de produire. Lorsque nous prenons du zinc déjà uni d'une certaine manière à un autre métal, et que nous le mettons en contact avec de l'acide sulfurique étendu, il se dissout sous forme d'oxyde de zinc : il y a combustion du zinc aux dépens de l'oxygène que lui cède le liquide. Cette action chimique a pour résultat la formation d'un courant électrique, qui, si on le conduit au moyen d'un iil, fait passer ce fd à l'état magnétique.

Ainsi donc, en faisant dissoudre une livre de zinc comme je viens de le dire, nous obtenons une certaine quantité de force capable, par exemple, de soulever à un pouce de hauteur un poids donné de fer, et de le tenir suspendu. Plus le zinc se dissoudra rapidement, plus le poids qu'il soulèvera et tiendra suspendu, pourra être considérable. En interrompant et rétablissant alternativement le contact du zinc avec le liquide acide, nous avons la faculté d'imprimer à la pièce de fer, sur laquelle agit la force motrice, un mouvement de va et vient vertical ou horizontal : par conséquent, nous possédons là un agent capaJjle de faii'C mouvoir une machine quelconque.

Jamais une force ne naît de rien. Dans l'exemple que nous venons de citer, nous savons que la puissance motrice est produite par la dissolution, par l'oxydation du zinc. Mais si nous faisons abstraction du nom que l'on donne à la force motrice qui se développe dans ce cas-ci, nous savons que nous pouvons également la produire au moyen d'un appareil tout différent. Ainsi, lorsque nous faisons brûler du zinc sous la ciiaudière d'une machine à vapeur, c'est-à-dire dans l'oxygène de l'air au lieu de l'oxygène de la pile galvanique, nous produisons de la vapeur d'eau, et, par le moyen de cette vapeur, une certaine quantité de force motrice. Si maintenant nous admettons (ce qui du reste n'est nullement prouvé] que la quantité de force obtenue soit inégale dans les deux cas de-«;ombustion du zinc, c'est-à-dire que nous >, obtenions deux ou trois fois iilus de force, ; feu bien, si l'on veut, que la déperdition de

force soit beaucoup moins considérablo quand nous employons la pile galvanique, nous ne devons i)as perdre de vue que le zinc peut être représenté par certains équivalents de charbon , et nous devons les prendre iiouféléments de notre calcul. D'après les expériences do Despretz, six livres de zinc, en se combinant avec l'oxygène, ne développent pas plus de chaleur que la combustion d'une seule livre de charbon : par conséquent, toutes choses étant égales d'ailleurs, une livre de charbon produira six fois plus de force motrice qu'une livre de zinc. 11 est évident qu'en supposant la perte de force égale de chaque côté, il serait beaucoup plus avantageux de se servir de charbon au lieu de zinc, alors même que ce métal brûlé dans la pile galvanique produirait quatre fois autant de chaleur qu un poids égal de charbon brûlant sous la chaudière d'une machine à vapeur. En un mot, il est extrêmement probable que, si nous brûlions, sous la chaudière d'une machine à vapeur, la quantité de charbon nécessaire pour fondre du minerai de zinc, nous obtiendrions une somme de force de beaucoup supérieure à celle que pourrait produire le zinc, sous quelque forme et dans quelque appareil que ce métal fût employé.

Il existe entre la chaleur, l'électricité et le magnétisme, un rapport analogue à celui que l'on observe entre les équivalents chimiques du charbon, du zinc et de l'oxygène. Avec une quantité doilaée d'électricité, nous produisons une proportion correspondante de chaleur ou de force magnétique : la chaleur et la force obtenues sont réciproquement équivalentes. Je me procure cette quantité déterminée d'électricité au moyen de l'affinité chimique qui, sous une forme, me donne de la clialeur, et, sous une autre, de l'électricité ou du magnétisme. Avec une certaine somme d'affinité, nous produisons un équivalent d'électricité; de même, en sens inverse, avec une somme déterminée d'électricité, nous décomposons des équivalents de combinaisons chimiques. Ainsi donc, la dépense de force magnétique correspond rigoureusement à la dépense d'affinité chimique du zinc et de l'acide sulfurique qui produit la force motrice; dans la machine à vapeur, c'est l'airmité du charbon et de l'oxygène du courant d'air.

11 est vrai qu'avec une très-faible dépense de zinc, l'on peut convertir une barre de fer en un aimant assez fort pour soutenir une masse de fer pesant un millier de livres. Mais il ne faut pas nou^ laisser abuser par ces apparences illusoires. En effet, même avec l'aide de cet aimant, nous sommes incapables délever à deux pouces de hauteur une seule livie de fer, et, jiar conséquent, nous ne pouvons lui communiquer le moindre mouvem<:'nt. L'aimant agit comme un rocher qui reste immobile, et qui presse sur une base avec un poitls de mille livres; c'est un lac clis de toutes parts, sans issue et sans ch-ute. Mais, pourra-t-on nous objecter, l'on a su lui créer un écoulement et une

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clmto; cela osl vrai, cl je rogartlo co succès coiniiu' un \^vt\\\d trioiuplic de la nu'catiiciuc. On arrivera luOuic, nous l'es|iéi()ns, h lui donner plus de cluite et plus de l'orce (pi'il n'eu possède acluelleuieut; mais cependant il n'eu demeure [las moins certain ipu', mcMue en laissant de ccMè la machine à vapeur, la jilus faible de nos machines lui est supéiieure, et ([u'au point de vue de la génération de la force motrice, une seule livre d(^ charbon brillée sous la chaudièio de la machine à vapeur mettra en mouvement une masse plusieurs centaines do fois plus pesante que celle que iieut mouvoir une livre de zuic brûlé dans la pile galvanique.

Toutefois nos expériences au sujet de l'emploi de rélectro-magnétisme comme force motrice, sont encore trop récentes pour que nous puissons prévoir les résultats des recherches qui se feront dans cette direction. Que les lionnnes de science, qui se sont proliosé la solution de ce problème, ne se laissent pas décourager; car si Ton arrivait à écarter tous les dangers qu'entraînent avec elles les machines .\ va]ieur, les frais dussent-ils s'élever au double, ce serait déjà, à notre avis, un très-grand bénétice. Il y aurait peut-être encore uni! autre manière d'utiliser le magnétisme sur nos chemins de fer, et d'apfiliquer cette force à rendre leur établissement moins dispendieux. Si l'on pouvait découvrir un appareil au mojen duquel on pût à volonté transformer les roues des locomotives en aimant doué d'une grande puissance, il serait alors assez facile de gravir des pentes assez fortes. Cette idée a été mise en avant par le professeur Weber de Gottingue; elle portera ses fruits.

Quant à la pile galvanique considérée comme agent moteur, il en sera peut-être, dans quelque temps, comme de la fabrication du sucre indigène par rapport au sucre de canne, et de l'éclairage au gaz extrait de l'huile par rapport au gaz que l'on tire du charbon de terre.

fORMIQUE (acide). — Targus, Lungham et d'autres observateurs avaient déjà vu que les fourmis rougissent les couleurs bleues végétales humides (tleurs de chicorée sauvage, de bourrache, etc.) avec lesquelles on les met en contact. Wray constata, en 1670, que les fourmis soumises à la distillation, seules ou humectées d'eau, donnent un es|)iit acide semblable à l'esiirit de vinaigre. Mais c'est Marggratf qui, en 17i9, mit hors de doute l'existence d'un acide particulier dans les fourmis.

Liebig a obtenu cet acide combiné à un seul atome d'eau, en décomposant le formiate de plomb sec par le gaz hydrosulfuririque. Ainsi concentré , c'est un des plus puissants corrosifs : il surpasse l'acide sulfurique, au point que les plus petites gouttes de cet acide appliquées sur la peau y produisent, d'après ce chimiste, la même impression que ferait un fer rouge; il se forme ensuite une vésicule ou une plaie profonde, fort longue et diftlcile à guérir.

FOUKCUOY 'Antoine-François ue), chi-

miste, né à Paris on 1755, remplaça, en 1784, Mac(pi(i- dans la chaire di^ chimie du jardin (k's Plantes, et st\ lit bientôt une grande r('vputalion par le talent avec leipiel il professait, il l'ut nonuué, en 17'J2, député de Paris à la Convention, et entra ensuite au conseil des Cin(|-Ccnls. Il fut ajipelé, en 1799, au conseil d'Ktat , devint, en 1801, directeur général de l'Instruction publique, et déjiloya dans ces fonctions une grande a(;tivité. On lui doit l'organisation des écoles dv médecine de Paris, Montpellier, Strasbourg, ainsi que celle des écoles de droit, et d'un grand nombre de lycées. Toutefois , ses vues ne s'accordant pas entièrement avec celles de Napoléon , il se vit éloigné lors do l'établissement délinitif de l'Université. 11 fut très-sensible à cette disgrâce , et mourut peu ajjrès d'apoplexie, en 1809. On a de lui plusieurs ouvrages, dont les plus importants sont : Système des connaissances chimiques, et de leur appliccUiov, 1801, G vol. in-V°, et 11 vol. in-8°; Philosophie chimique, 1792 et 1806; il a en outre laissé un grand nombre de mémoires particuliers. Fourcroy a découvert plusieurs composés qui détonent par la percussion, a. perfectionné l'analyse des eaux minérales, clés substances animales, etc.

FOURNEAUX (HAUTS). Voy. Fer.

FROID ARTIFICIEL. Voy. Calorique.

FROMAGE. Voy. Caséum.

■ FROTTEMENT développe l'électricité, Voy. Electricité.

FULMINATE D'ARGENT. —On le prépare comme le fulminate mercureux , en dissolvant 1 partie d'argent dans 20 parties d'acide nitrique, d'une densité de 1,36 à 1,38, et prenant d'ailleurs toutes les précautions que l'on prend pour la préparation du sel mercureux. On l'obtient aussi par le moyen suivant : 50 grains de nitrate argentique fondu et réduit en poudre fine sont introduits dans un vase de verre spacieux, et mêlés avec une demi-once d'alcool tiède. On y ajoute ensuite une demi-once d'acide nitrique fumant, qu'on met en une seule fois. La masse entre dans une espèce d'ébullition, et dès que la poudre noire, qui se trouve au fond du verre, est devenue blanche, on verse dessus de l'eau froide, qui arrête subitement toute réaction. L'opération entière exige seulement ciuelques minutes. Quand on sort la poudre pour la mettre sur le tiltre, il faut se garder d'employer à cet effet un corps dur, môme une plume ; car on a des exemples que la masse mouillée a fait explosion, et tué la personne qui y introduisait un tube de verre. Il faut donc simplement jeter un peu d'eau sur la masse, pour l'enlever du vase et la verser sur le filtre. On la lave bien à l'eau et on la conserve sous l'eau, jusqu'au moment de s'en servir; on en prend alors de petites portions, tout au plus un demi-grain ou un grain à la fois; on les met sur ilu papier gris, et on les sèche avec beaucoup de précaution et à une douce chaleur. Le fulminate argentiquc forme une

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