FULMINANTE DE MERCURE
FUMARIQUE (acide). Yoy. Malique.
FUMÉE et SUIE. — Quand on brûle des matières végétales telles que du bois , dans des foyers ordinaires , leur surface seule est frappée par l'oxygène de l'air ; par suite de la combustion particulière qui a lii'U , les parties intérieures de la matière végétale so trouvent échaulfées , eljl s'établit imnu'dia^ tement, au-dessous de la surface en combustion , une espèce de distillation sèche , pendant laquelle toutes les substances i)roduites par cette opération prennent naissance , se dégagent sous forme gazeuse, s'enflamment au contact de l'air et brûlent avec flamme. Lorsque le tirage est fort, l'air se renouvelle rapidement, et la combustion s'opère à un© température si élevée, qu'il ne se forme que de l'eau et du gaz acide carbonique. Dans cette circonstance, les parties constituantes fixes du bois sont presque toutes mécaniquement entraniées par le courant d'air. Mais, par le procédé qui sert à brûler le bois dans nos cheminées et dans nos poêles ordinaires, le courant d'air n'est point si rapide, et c'est pour cela qu'on voit se former, au-dessus de la pointe de la flamme, ce que nous appelons la fumée. Celle-ci ne consiste qu'en parties non brûlées des produits de la distillation, chassées de l'intérieur du bois ; ces parties ne peuvent pas s'oxyder au milieu de la
(i) Puisse l'cinecdote suivante servir d'exemple à nos lecteurs. Un oplicien en voyage, qui se servait probablement de l'argent fulminant pour préparer le papier fulminant dont on a parlé, avait fait venir une petite boîte de cette poudre à l'endroit où il s'était arrêté. A la poste on voulut voir ce que contenait cette boite, et quand l'opticien y remit le couvercle, la poudre fit explosion, probablement parce qu'il en était resté une petite quantité entre le couvercle et la boite. La main de l'opticien fut presque totalement enlevée, et ou trouva des fragments d'os sous la table, dont le dessus, quoique épais de plusieurs pouces, fut percé. Des fragments de la boite paraissaient en plusieurs endroits avoir pénétré dans la poitrine du malheureux, qui mourut au bout de onze jours. Aucun des employés de la poste ne fut atteint, et malgré la violence de la détonation, qui les priva de l'ouïe pendant quelque temps, il n'y eut point de vitre brisée, ettét qu'aurait infailliblement produit une explosion bien plus faible causée par de la poudre ordinaire.
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