TU.I.O-ATOMIQUE
C.AY-LUSSAC. — M. Gay-Lussac est né à Saint-Léonard, dans la Haute-Vienne, le 6 décembre 1778. On peut dire de lui, comme de presque tous les savants : il fut le fils de ses œuvres. Il est mort le 9 mai 1850, âgé de près de soixante-douze ans, et jouissant depuis un demi-siècle d'un nom européen.
C'est à Berthollet qu'appartient la gloire d'avoir découvert M. Gay-Lussac. Chargé, au retour de l'expédition d'Egypte, du cours de chimie de l'Ecole polyteclanique , il demanda h l'administration quatre aides pour le service de sou laboratoire , et le jeune Gay-Lussac, qui venait de sortir le premier de sa promotion dans le corps des ponts-etchaussées, fut un des quatre. La manière dont il s'attira tout de suite l'estime et la bienveillance du professeur fait honneur à tous deux. Berthollet avait conçu une idée il laquelle il attachait beaucoup d'importance, et qu'il fallait vérifier; il s'adressa pour ce travail à son jeune aide, après lui avoir communiqué ses vues générales, et esquissé la marche à suivre; mais celui-ci, s'étant mis à étudier la question à sa manière, ne tarda pas à s'apercevoir que l'expérience, au lieu de justifier la déduction nasardée du professeur, lui donnait un démenti complet. Plus d'un élève aurait craint de mécontenter son maître, plus d'un maître aurait éprouvé quelque secret froissement. "1 Berthollet répondit à la lettre de son jeune contradicteur : « Votre destinée, jeune liomnit>, est de faire de la science. » H se mit (\ussit(M en mesure de le faire sortir déliai- DicTioNiN. Diî Chimie,
tivemenl des ponls-cl-chaussdes, tout en lui conservant ses appoinlemenls, apiiointeluents bien modestes, (](• 800 francs jiaran, mais nécessaires, et il l'attacha à son propre laboratoire. L'illustri" juiteur de la slati- (pn- cliimi(iue ne s'était pas trompé en signalant à l'élève des ponts-cl-chnussées, qui s'ignorait encore lui-même, sa vi-aie vocilion, et c'était achever le bienfait que de lui donner les moyens de la suivre.
M. (îay-Lussac eut la singulière fortune de rencontrer, dès le début de sa carrière^ une. de ces occasions qui suffisent |iour [lopulnriser innnédiatement ini nom scicntilicpie. En 180V, l'illustre chimiste Chajital, appelé par Na[)oléon au nnnistère de l'intérieur, qui comprenait alors celui de l'instruction publique, eut l'idée de faire exécuter, au nom du gouvernement, un voyage d'exploration d'un nouveau genre, un voyage aérien. Les navigateurs devaient avoir pour programme de s'élever aussi haut que |)ossibio dans l'atmosphère avec les instruments de physique nécessaires pour s'y livrer h diverses expériences sur la variation de la force magnétique, de l'électricité, de la température, de l'humidité, et de la composition de l'atmosphère suivant la hauteur. Quels que fussent les périls de l'expédition, il ny avait pas h craindre que les concurrents fissent défaut. MM. Gay-Lussac et Biot furent choisis. Ils ])arlirent du Conservatoire des Arts-et-Métiers le 2'i- août ISOV, et s'élevèrent à la hauteur de 4,000. mètres. Une seconde ascension, exécutée par M. Gay-Lussac tout seul, eut lieu le 1" septembre suivant, et l'appareil perfectionné dans sa construction, et ne portant plus qu'une seule personne, s'éleva jusqu'à 7,000 mètres environ. C'était une fois et demie la hauteur de la cime supérieure du Mont-Blanc. Aucun homme ne s'était encore élevé aussi haut. Nous avons souvent entendu raconter à Gay-Lussac , avec cette simplicité pleine d'esprit qui le caractérisait, les aventuresde ce voyagequi, par quelques-unes de ses péripéties, aurait pu rappeler celui d'Icare. Dans un moment des plus critiques, ayant épuisé tout son lest, le sublime habitant des nuages se vit réduit à rejeter ici-bas la chaise sur laquelle il trônait là-haut dans le royaume de Jupiter. Une bonne villageoise passait dans ce moment sur une grande route en rase campagne : une chaise, une vraie chaise traverse les airs, et tombe en se fracassant à quelques pas devant elle... Que croire? sinon ([ue c'était là une chaise du ciel. La bonne femme, dans sa {)iété naïve, la ramassa, et crut la restituer en la portant à l'église prochaine.
La première loi physique mise au jour par M. Gay-Lusssac, et il suffit de l'examen pour en faire comprendre rim|)orlance, c'est que tous les gaz, quelle que soit leur nature, air atmosphérique , hydrogène , azote , acide carbonique, éprouvent une môme augmentation de volume pour une même augmentation de température. Ainsi, qu'un certain degré de chaleur fasse doubler le volume de l'air contenu dans une vessie, CQ
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