GAY
égale-
nfènie doi^ré do chalour fera doubler ment le volume de toiil autre gaz. Il en est, à «et égard, des substances réduites en vaiieur , et notamment de la va[)eur d'eau , eiactement connue du gaz; non-seulement tous les gaz se trouvent ainsi dans la même condition, mais ils ont encore ce rapport, (|ui leur est commun avec les corps solides, ("est que le môme gaz, c(uelle que soit la température, se dilate de la même quantité pour la même augmentation de chaleur.
Ainsi, pour un môme degré du tiiermomètre, tous les gaz se dilatent uniformément d'une quantité égale à peu près aux trois millièmes du volume qu'ils occupaient à la température de 0. On peut donc tout de suite déterminer quel volume un litre de gaz à 0" occupera à 100° : c'est un litre augmenté de trois millièmes, ou plus exactement de trente-sept centièmes. On conq)rend que le calcul et le perfectionnement des machines à vapeur ont dû faire appel plus d'une fois à la simple et si remar- ((uable théorie de Gay-Lussac; et, bien ({ue des études plus minutieuses, faites depuis lors, aient montré que, jiour les températures élevées, les chitlres déduits de la loi trop uniforme de M. Gay-Lussac devaient être corrigés , cette loi n'en demeure pas moins approximativement vraie entre 0 et 100", et constitue le premier pas vers l'acheminement de cette théorie difficile.
Les travaux do 1808 sur la loi de saturation des gaz sont d'un ortlre moins supérieur, et tous les travaux de la chimie n'ont abouti ipi'à lesconllrmer de i)lus en plus. Toutes les fois (pie deux gaz se combinent ensemble, l'union de ces gaz se fait suivant des rap- ])ortssim|iles, c'est-à-dire qu'unlitre de gazse combine toujours ave;; un litre, deux litres, ti'ois litres d'un autre gaz, mais non pas avec une proportion indéterminée, et dans le cas (jù la quantité de gaz qui résulte de la combinaison occupe moins de place que les deux gaz comp(Jsants n'en occupaient à eux deux, ce nouveau volume demeure dans un rapport simple avec le volume de chacun des composants; c'est-à-dire qu'il en est la moitié ou le tiers, etc. Ces expériences si belles et si simples resteront àjamaisdansla science comme une des bases les plus essentielles delà théorie des proportions définies, qui a, de nos jours, renouvelé la chimie de fond en comble.
Un de ses mémoires les plus intéressants, et demeurés les plus célèbres, même dans le public, est celui de 1815 sur l'acide prussiipie, ce redoutable poison connu aujourd'hui (le tout le mijiide, dont une seule goutte suflit pour foudroyer un iiomme, et qui, à l'état (le combinaison, joue dans l'industrie, et jnêmo dans la médecine, un r(jle si usuel. Les expéricnices de M. Gay-Lussac sur cet agent prodigieux n'eurent j)as seulement pour résultat d'en faire ai)ercevoir plus complètement les propriétés utiles, tout en le rendant plus sûrement maniable ; elles eurent encore, au |)oint de vue théorique le plus élevé, un résultat fra[>pant et qui projette sa jumière sur tout le système de la composi-
tion des corps. M. Gay-Lussac fit voir en effet que le radical de cet acide, de l'acide du bleu de Prusse, radical qu'il nomme cyanogène (du grec je produis le bleu], bien que composé de deux éléments distincts, l'azote et le carbone , se conqioite dans toutes ses combinaisons de la même manière que les corps que la chimie nomme les cor|)S simples ; d'où il suit, par analogie, que les corps (jue l'on nomme simples, l'or, le fer, le carbone , etc., ne sont peut-ôtie eux-mêmes que des corps composés, dont la science n'a lias su trouver le secret ; mais si de l'analogie de leur conduite avec celle du cyanogène, il est permis de déduire l'analogie de leur nature, il est évident qu'il n'y aurait aucune impossibilité à ce cju'un jour cette fameuse transmutation des métaux, si longtemps et si ardemment poursuivie, fût réalisée; car une fois c(ue l'on aurait décomposé For ou le for, comme Gay-Lussac a décomposé le cyanogène, il n'y aurait \>\us qu'à trouver le moyen d'opérer la combinaison directe des éléments naturels de ces métaux. On peut donc dire, sans exagération, que par ces belles recherches M. Gay-Lussac a pleinement surpassé les alchimistes, sinon dans leur méthode, du moins dans leur tendance, a La découverte du cyanogène, dit M. Dumas dans son Traité de chimie, fait époque dans l'histoire de la chimie moderne. Le cyanogène est peut-ôlre le corps le plus instructif que la chimie ait fait connaître. Ce n'est point un corps simple, on ne peut en douter, et néanmoins dans le plus grand nombre de ses réactions, il joue le rôle d'un corps simple. 11 joue si bien ce rôle même, qu'il autorise vraiment des doutes sur la simplicité de ces sortes de corps (le chlore, le brome, l'iode avec lesquels il a le plus d'analogie.) »
Le mémoire sur l'iode est également un des titres principaux de M. Gay-Lussac. Si la découverte de ce corps simple, dont les applications dans la médecine et dans l'industrie sont déjà si brillantes et si multipliées, ne lui appartient pas matériellement, tout le inonde conviendra qu'il lui appartient moralement. Un salpétrier avait remarqué dans sa chaudière un sédiment d'une substance particulière dont il ne pouvait comprendre la nature : M. Gay-Lussac, qui en entendit parler, se rendit chez lui, se fit expliquer les circonstances du dépôt, et sur une petite quantité qu'il reçut des mains du fabricant, il fit une étude complète de ce corps remarquable dont la connaissance est une des conquêtes essentielles de la chimie. « L'iode, dit .M. Dumas, intéresse à un haut degré le chimiste par son caractère net et remarquable ; le médecin, par les ellets merveilleux qu'il produit dans le traitement du goitre ; enfin le fabricant, en raison des couleurs brillantes de qnelques-'ins de ses composés... Le travail de M. Gay-Lussac servira longtemps de ino.ièle jiour cette réunion remarquable de précision dans his détails, et de philosophie dans l'ensemble, qui caractérise tous ses écrits. »
Nous regrettons d'être réduits a mention-
ner aussi bi'iiVomont U'S tid'osdii M. Gay- Lussar; mais il snIVil (1(^ cilcr lo nom de sos travaux sur la caiiillai'iliS sur i'liyij;rouu''li'i(', sur If mélange des ^az cl di's vapeurs, sur l'analyse (les sulislaiices aniniaie.s, sut' les HuMaiix alcalins cl rélectidcliimie, sur Tisonior'|iliisme , sur les acides lhinlHii'i(iue, lludi'liydrii]ue, t'uhniiii([ue, liy|)nsiill'urii|ne, elc, iiour l'aire comiireudre (jue nous ne pourridus end'cr dans un exposé coni|)]et, sans ( nirepi'cndre , en (nudque sorte, l'iiistoire lie la [iliysique et de la ciiimie depuis cin- (luante ans.
AI. (îay-l.ussac , précisément parce qu'il donunait la S(ùenceau haut, n'élail pas tellement absorbé dans la théorie, qu'il ne comprit qu'un des avantages essentiels de la science est de descendre incessamment à la pratique, et de contribuer ainsi à l'amélioi-afion des conditions physiques de l'existence de riionmie sur la terre.
Presque toutes les ap[)lications qu'il fit do ses études à l'industrie jiortent le caractère de la mesure précise : c'était aussi le caractère de son esjii'it, la justesse, la concision et la netteté ; c'est à lui que l'on doit la nouvelle méthode pour l'analyse des alliages d'argent, méthode consacrée par une loi, aussi bien qu'une méthode pour mesurer les quantités d'alcool contenues dans les spiriteux au moyen de l'alcoolimètre. On lui doit aussi les instruments devenus aujourd'hui tout à fait pratiques pour mesurer les quantités réelles d'alcali et de chlore contenues dans les mélanges qui ont cours dans le commerce.
Terminons enfin en rappelant aux nombreux élèves de M. Gay-Lussac, aujourd'hui disséminés dans toutes les professions et dans toutes les parties de la science, le souvenir de ses leçons de l'Ecole polytechnique, de l'Ecole normale, de la Faculté des sciences, du Muséum. M. Becquerel, son collègue à l'académie des sciences et au Muséum, a tracé de sa personne le portrait suivant, dont tous ceux qui ont connu de près M. Gay- Lussac admireront l'exactitude. « M. Gay- Lussac otlrait le rare assemblage des plus hautes facultés intellectuelles et des vertus les plus solides. Simple, modeste, bienveillant, excellent ami, son caractère offrait à la fois la plus aimable douceur et la plus grande fermeté ; sa probité scientifique se retrouvait dans toutes les affaires de la vie ; ennemi de l'intrigue, il prenait part à tout ce qui pouvait accroître la fortune de la France, et les honneurs, les titres, les distinctions de tout genre qui lui furent prodigués, n'altérèrent* jamais la noble simplicité de son esprit. Homme d'un caractère antique, plein de Iranchise et de droiture, d'une constance inébranlable en amitié, il restera comme le vrai type du savant qui comprend sa mission ici-bas, trfivaillc avec audace aux progrès de la philosophie naturelle, agrandit le cercle de nos connaissances, enriclut le iiatrimoine de l'humanité, et laisse dans la mémoire du peuple un souvenir impérissable d'estime et de reconnaissance. »
G.VY-HL<;SAr,, sa méthode d'essai d'alcaliméliie. >'«//. Ai,c.ai.ii«étriis.
GAYAC (résine). — On l'extrait à la JanuuqiH', à Hispaniola et d'ins d'autres îles des Indes occidentales, du (juajacum officinale. A cet ell'et on pialitpie dans cet arbre des incisions d'où elle (l(''coulc, on eu re(ir« la résine par la fusion, en chauffant des pallies d'arbre qui en contiennent beauc(uip. La plus grande (piaiilité de la lésinedegayat déconlesponlanénu'iU de l'arbre. Elle réiiànC' sur les charbons ardents des vajieurs aroiiia tiques.
La résine de gayac est un médicament trèsefficace et fréquemment employé. Souven' elle est falsifiée avec de la colophane qu'on fait fondre avec elle. Pour découvrir cette fraude il suffit de dissoudre la résine dans la l)Otasse caustique ; la dissolution du gayac pur est limpide, tandis que celle qui renferme de la colophane est tiouble, tant que la liqueur contient de l'alcali libre.
GAZ HILARANT [occydc azoteux ou protoûcyde d'azote). — Il n'a ni couleur ni odeur; ses effets sur l'iionime sont très-variés. Suivant H. Davy, qui le itremier a res[)iré ce gaz en assez grande quantité, on éprouve, après la première inspiration, une sorte de vertige qui diminue à mesure qu'on le respire en plus grande quantité. On sent une légère pression aux muscles, un chatouillement aux extrémités, un frémissement trèsagréable, particulièrement dans la poitrine; en un mot une espèce d'ivresse qui dure une ou deux minutes. Vers la fin de la respiration, l'agitation augmente, les facultés du pouvoir musculaire s'exaltent; on éprouve une propension irrésistible au mouvement. Ces effets cessent dès qu'on arrête l'inspiration du gaz, et en moins de dix minutes on est entièrement rétabli.
Beaucoup de personnes, Tennant, Dnderwood, le docteur Ure , etc., disent avoir éprouvé les mêmes sensations agréables Cliez quelques expérimentateurs, il survint un rire involontaire et une gaieté folle; de là le nom de gaz hilarant imposé à ce fluide élastique.
11 s'en faut cependant que tous ceux qui ont voulu constater cette propriété du profoxyde d'azote aient joui du bonheur extatique décrit par les chimistes anglais. Proust, Wurzer, Vauquelin, Thénard, et plusieurs élèves de ces deux derniers chimistes, n'ont éprouvé que des sensations douloureuses el même une perte de connaissance qui a duri; pendant plusieurs minutes. ApeineVauquelin eut-il respiré ce gaz, qu'il tomba presque sans force; son pouls était extrêmement agité ; lui bourdonnement considérable avait lieu dans ses oreilles; ses yeux étaient hagards et roulaient dans leurs orbites; sa ligure était décomposée; sa voix ne pouvait se faire entendre, et sa soullVance était extrême ; il resta dans cet état pendant environ deux minutes. i Davy ex[ilique cette différence par l'impureté du gaz, qui peut être mêlé quelquelois de chlore ou de deutoxyde d'azote, La