‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 172 sur 354 · IND · texte numérisé non relu

IND

9li

gers dont on ne peut le débarrasser qu'en le traitant successivement par l'eau, l'alcool, et ensuiteparracidebydrochlorique;ceprincipe colorant existe dans les feuilles d'un certain nombre de plantes indigènes aux Indes et au Mexique, du gcnve indigo fera ; telles sont ïindigofera argentea, Vinaigofera disperma, Yindigofera anil, Vindigofera tinctoria, de la famille des légumineuses; d'autres plantes en contiennent aussi, mais en petite quantité, telles sontle nerium tinctorum et l isatis tinctoria (pastel).

Dans l'Inde, après avoir recueilli, à l'époque de la maturité, les feuilles des espèces jirécitées, on les lave bien et on les plonge dans une cuve contenant de l'eau, en les maintenant sous une couche de ce liquide, à l'aide de planches et de poids; il s'établit bientôt une fermentation qui donne à la liqueui une couleur verdûtre irisée et une saveur acide; alors ftn la décante et on l'agite avec une certaine quantité d'hydrate de chaux délayé dans l'eau, qui détermine aussitôt la séparation d'un dépôt bleuAtre qu'on lave et qu'on sèche ensuite à l'abri de la lumière. C'est ce dépôt bleu plus ou moins foncé qui constitue l'indigo du commerce.

Suivant le mode d'extraction et les soins apportés à sa préparation, l'indigo varie dans quelques-unes de ses propriétés physiques ; on en connaît trois sortes dans le connnerce : 1° Vindigo flore ou guatimala ; il est h; plus pur et le plus léger ; 2° Vindigo cuivré, ainsi nommé i)ar l'aspect cuivré qu'il prend par le frottement ; 3° Vindigo de la Caroline, le plus impur des trois.

L'indigo est généralement solide, d'une couleur bleue plus ou moins foncée, insipide, inodore, décomposé et volatilisé en partie par le. feu, inaltérable à l'air, insoluble dans l'eau, un peu solubledans l'alcool bouillant, soluble dans l'acide sulfurique concentré, décomposé à chaud par l'acide nitrique et transformé en une matière jaune amère et en un acide particulier. Mis en contact avec les alcalis et un corps avilie d'oxygène, l'indigo est désoxydé en partie et transformé en une matière jaune solubledans l'eau alcaline, qui, au contact de l'air, redevient bleue en absorbant l'oxygène de l'air. Ces propriétés démontrent que le principe colorant de l'indigo peut existera deux états différents d'oxydation. M. Chevreul, qui a soumis à l'analyse l'uidigo de première qualité, a reconnu que celui-ci renfermait 0,45 de principe colorant pur, et que les 0,55 autres parties étaient un mélange d'indigo désoxydé, d'ammoniaque, de matière verte et de gomme, de résine rouge, de carbonate de chaux, d'alumine, d'oxyde de fer et de silice. Toutes ces substances, à l'exception de la dernière, peuvent être extraites successivement par l'eau, l'alcool et l'acide hydrochlorique.

Indigotine. — Ce nom a été donné au principe colorant pur de l'indigo. On peut l'obtenir en purifiant l'indigo du commerce comme nous l'avons dit, ou plus simplement en le chaull'ant doucement dans un creuset de platine recouvert de son couvercle. L'in-

INU

(Ii,i;olino, (|iii fait jiaHio constituniilo 'de l'indigo, so volalilisi', et vient s'attaclieraii couvciclo sous forme de petites aiguilles bleues |iouriiri^fs.

Propriétés. — L'iiulii^otino ainsi obtenue jouit au plus haut dem'é de toutes les propriélés (pii cai'aclérisent rindiu;o d'où on la retire, elle sn présente en petites aif^uilles bleues très-foncées, ayant un asjiecl iiiélalliipie; Klle est insi|)ide, inodore; exposée à l'action de la elialeur, elle se sublime en partie, le reste se décom|iose à la manière des substances azotées; elle se compurte avec l'eau, l'alcool et l'acide sulfurique comme l'indij^o iriéme. La solution sulfurique d'indiyotine, faite dans les proportions d'une partie; d'indit;otine et de neuf parties d'acitle sulfuri- (pie, est connue dans le commerce sous le iKim de bleu en liqueur. On la {)répare ordinairement en cliaulfant au b-iin-marie l'indigo en l'oudre avec l'acide sulfurique concentré.

Ber^elius , qui a examiné il y a quelques années cette solution d'indi|j;otine dans l'acide sulfurique, la regarde coujuie une ctunbinaison dans laquelle l'indigotine unie à l'acide sulfurique et à l'acide liy[)osulfurique formé constdue deux nouveaux acides qu'il a désignés l'un sous le nom d'acide sulfo-indigotique, l'autre sous celui d'acide hyposulfo-indigotique. Ces deux acides, qui sont bleus, s'unissent aux oxydes pour donner naissance à des sels particuliers également colorés en beau bleu.

De toutes les propriétés de l'indigotiue, la plus lomaniuable est sa désoxydation par les corps avides d'oxygène, tels que le protoxyde de fer, la solution de sulfure d'arsenic dans la potasse, les hydrosulfates, etc. C'est dans l'emploi de ces muyens, (jui rendent l'indigo réduit soluble dans l'eau à la faveur des alcalis, que l'art de la teinture a trouvé le procédé de fixer solidement l'nidigiitine sur les tissus de laine.

INDLOTINE. Voy. Indigo.

INFUSION. — Opération qui consiste à verser de l'eau ou toute autre liqueur bouillante sur une matière organique quelconque, et à abandonner le mélange quelque temps au repos. La liqueur se trouve chargée de tous les principes qu'elle a pu dissoudre. Cette liqueur devrait s'appeler infusum et non pas infmion, nom qu'on lui donne ordinairement. Beaucoup de principes qui s'étaient dissous à chaud se déposent par le refroidissement. On obtient ordinairement des produits différents, suivant qu'on a traitéune matière par infusion ou par décoction. Voy. Décoction.

INFUSOIKES, leur phosphorescence. Voy.

l'uoSPHOBESCliNCE.

INQUx\KTATION. Voy. Or, alliages.

INSOLATION. Voy. Puosphohescence.

INULiNE. — Ce principe a été d'abord trouvé par Rose dans la racine d'année {inula helenium) ; on l'a rencontré dans plusieurs autres racines (la racine de pyrèthre, Ivs tubcH'ules des dahlias).

L'inuline s'extrait de la décoction de racine d'aunée.

lODM. — La lielle couleur violette de la \a|ieiu' (l(j ce corps simple lui lit <lornier le nom qu'il porto («-..ô^f, violet). L'iode fut découvert en 1812 par Courtois, fabricant de soude à Par, s, (jui l'a Injuvé dans les eaux inertes (le la soude (jlilenue par la condiustion do idusieurs varechs, et connue dans le commerce sous le nom de soude de varech. Ses liropriétés cliinu(ptes ont été étudiées d'abord par Humpliry Davy, et ensuite duiK! manière bien plus complète par Cay- Lussac.

Jusqu'à ])résent on n'a rencontré liude que dans le règne organique. Il fait partie constituante de diverses [dantes marines, notamment de |)lusieurs espèces de fucus et d'ulves, comme aussi de l'éponge, dans laquelle il est contenu, du moins en partie, à l'état d'iodurc de soude, et dont la cemlre ne l'oll're que combiné avec le sodium. Pendani longtemps on l'a cherché en vain dans l'eau de la mer, mais on a fini par reconnaître qu'une [letite quantité d'iodure de soude accompagne le chlorure de soude, et cela, non-seulement dans l'eau de mer, mais encore dans les salines du continent, ainsi que dans l'eau de plusieurs sources. On l'a même rencontré dans le règne minéral combiné avec l'argent, à Albaradon, près de Zacatecas au Mexique.

L'iode est solide à la température ordinaire; il atlecte la forme lamelleuse rhomboidale ou octaédrique; il olfre un aspect métallique, une couleur noiiAtre; son opacité est telle, que les lamelles cristallines aigués qui se forment sous le microscope avec une épaisseur moindre qu'un demi-millième de millimètre, n'ont aucune translucidité. A la température de -f 17° l'iode pèse 4,9i8, l'eau {lesant 1,000 sous un égal volume; il se fond h 4- 107° et bout à -f 175"; il a une tension telle, cependant, à la température ordinaire, que son oiJeur est forle et que sa vapeur attaque fortement les membranes (vessies) dont on recouvre parfois les flacons qui le contiennent. L'eau en ébullition entraîne une grande quantité d'iode dans sa vapeur. Sa saveur est ikre et forte, bien que sa solubilité soit faible au point (jue l'eau pure n'en dissolve que la sept-millième partie de son poids. La densité de la vapeur . d'iode est très-grande; d'après les calculs de Gay-Lussac elle serait égale à 8, 618, et d'après les expériences directes (le M. Dumas elle s'élèverait à 8,710. On comprend que cette vapeur doive se précipiter rapidement dans l'air, puisqu'elle est [ilus de 8 fois J- plus lourde que lui. Son ailinité, trèsfaible pour l'oxygène, est très-grande pour l'hydrogène (moindre cependant que celle du briîiue, et à plus forte raison qu(; celle du chlore). Une des propriétés caractéristiques les [dus remarquables de l'iode, (hkouverte par MM. ColHn et (Jauthier de Claubry, est la coloraiion bleu-indigo que ses solutions ac[ueuses ou alcooliques dévelo|i|ient sur l'amidon liydrat(', et qui font de ce |)rincipo immédiat et du corps simpb; deux réactifs réciproques d'un fréquent usage dans les.la-

lOD

iRi

9ie

boraloires et dans plusieurs des industries qui s'exercent sur les fécules amjlacées et diins les npjtlii'atinns de leurs produits.

De l'action de l'iode sur les matières organiques. — L'iode à une grande affinité pour diverses matières organiques, avec lesquelles il se combine sans les décomposer.

, Tels sont, par exemple, le sucre, la gomme, l'amidon, les builes essentielles, surtout celle de térébenthine, etc. L'iode teint la peau en brun, mais cette couleur ne tarde pas à s'effacer. Il brunit aussi le papier, le linge et le bois; mais ici la teinte est permanente, et, de plus, le papier et le linge deviennent cassants. L'alcool et l'éther lo dissolvent.

1 Parmi ses combinaisons avec des matières or;,'aniques, il s'en trouve une teUement caractéristique , qu'elle sert pour découvrir l'iode quand il est en si petite quantité qu'on ne saurait constater sa présence par d'autres moyens. C'est celle qu'il forme avec l'amidon. Si l'on môle de l'amidon avec un li- ([uide contenant de l'iode à l'état de liberté, l'amidon s'unit avec ce dernier, et acquiert ainsi une teinte rougeàlre, brun-rougeAtre ou même noire, suivant la quantité d'iode qu'il a absorbée. Lorsque ensuite on dissout ce composé dans un alcali, et qu'on le précipite par un acide, il devient bleu.

11 y a trois manières d'employer l'amidon comme réactif :

1° On môle de l'amidon avec la liqueur qu'on a rendue acide par l'addition d'un peu d'acide nitrique , afin de dégager l'iode de toute combinaison dans laquelle il pourrait se trouver, et on laisse le mélange tranquille dans un vase clos ; peu à peu l'amidon se colore. Stromeyer, qui nous a le premier appris à nous" servir de l'amidon comme réactif capable do faire reconnaître l'iode, prétend qu'on peut, par ce procédé, découvrir sa présence dans un liquide qui n'en co'itient que tgaam,- en dissolution.

2° On nn?le le liquide avec de l'acide nitrique, dans un flacon, où l'on suspend, audessus de la surfice du liquide, un papier liumide saujjoudré d'un peu d'amidon ; après quQi on bouche le flacon, et on le laisse en repos pendant quelques heures. Si la liqueur contient de l'iode, l'amidon s'en trouve coloré. Baup, qui a le premier indicpié cette épreuve, a reconnu qu'elle met l'iode en évidence, dans une liqueur qui n'en contient que Ir millionième partie de son poids. Celte seconde méthode a un autre avantage, c'est que l'amidon ne peut être coloré que par l'iode, tandis que, quand on le môle avec la liiiueur, il peut l'être aussi par d'autres matières que l'acide précipite ; ainsi, par esem- ])Ie, l'acide nitrique versé dansl'eau-mère de diverses espèces de soude, en précipite au bc;it de quelque temps du bleu de Prusse, qui, mêlé avec l'amidon, peut induire en erreur.

.3" Comme le chlore, quand il existe, donne très-facilement naissance à du chlorure d'iode , Balard conseille, en pareil cas, de

Verser un peu d'acide sulfurique dans la liqueur qu'on veut examiner, et d'y faire dissoudre de l'amidon par l'ébullition. On la renferme ensuite dans un flacon, et l'on verso dessus de l'eau de chlore, avec la précaution que les limieurs ne se mêlent point ensemble. Si la liqueur chargée d'amidon contient de l'iode, au bout de quelques instants elle prend une teinte bleuâtre à la surface de contact avec l'eau de chlore.

Applications de Viodc. — Depuis la découverte faite par Coindet , qui prouva que le principe actif des éponges incinérées et de certaines eaux qui guérissent les goitres, est dû à la présence de l'iode ou des iodures, la plus grande partie de ces produits s'employa pour cette application et dans le traitement de quelques maladies; on en fit aussi une certaine consommation en Angleterre, pour préparer la belle couleur rouge (iodure de mercure) qui résulte do la décomposition de l'induré de potassium par le bichlorure de mercure. Mais, depuis quelques années, la jilus grande partie de la consommation de j'iode tient à l'usage fréquent que l'on en fait dans l'ait nouveau de la photographie, aussi son jirix s'est-il élevé de 26 fr. le kilogr. jusqu'à li5 fr.; il s'est abaissé ensuite àSOfr. par suite d'une concurrence nouvelle.

On emploie une certaine quantité d'iode pour préparer l'iodure de potassium ; cette jiré|iaration n'exige d'autre soin qu'une saturation très-exacte, car un léger excès de potasse rend le sel hygroscopique, et un petit excès d'iode lui fait contracter une nuance orangée sensible.

L'iode est d'un usage journalier dans les laboratoires pour découvrir la présence delà fécule amylacée, pour constater la présence et la pureté de la cellulose, distinguer cette substance pure, mélangée ou injectée de matières azotées dans les plantes.

L'iode pur est vénéneux à la dose de 4 à 5 grammes (Orlilaj; il agit en ulcérant la membrane muqueuse.

Acide iodique et acide hypériodique.

Acide hjjpc'riodiquc oa périodique.

Acide hydriodiquc.

Chlorures d'iode.

Bromures d'iode.

Iodures de carbone.

Hydrocarbure d'iode ou iodure d'hydrogène hi-carboné.

Ce sont des composés de peu d'intérêt.

IODE, son extraction. Voy. Varechs.

IODURE DE POTASSIUM. Voy. Pot.4Sse.

IRIDIUM. —Le nom d'iridium vient d'Iris (arc-en-ciel), par allusion aux couleurs diverses que les dissolutions de ce corps peuvent revêtir. L'iridium, préparé par la réduction de sou oxyde au moyen de l'hydrogène, ressemble à l'éponge de platine. Il est de couleur grisâtre, et susceptible de prendre le poli par le frottement. Quant au poids spécifique de l'iridium, les auteurs varient singulièrement : suivant les uns, il est de 15,083, suivant d'autres, de 18,G8. H. Rose, en analysant un échantillon d'iridium natif, provenant de la mine de Ncwiansk (au pied

917 ISO

(11- l'Oural), trouva le poids sp(^('irii|uo do Viridiinu i^t;al h ±1,H\). D'apix's ccUo ovahiatioii, c'est l'iriiliuin ipii l'st lo plus posant do tous los nuMaux. L'iritliuui n'est ni uiallôablo ni ihhliblo. 11 ost int'usiblo ol lixo. 11 uo se rat mollit uifnie pas A la clialour blanche la plus l'oi'to. L'iridium ou niasse couipacto est iualleialdo, tiuelles que soient les circonstances dans les(pielles il se trouve : les acides et l'eau n^gale ne l'attaquent point. Ce n'est i]n'h l'iHat pulvL^ruleut que l'iridium s'oxydo ;\ la chaleur rout;e, et que l'eau régale, i'àtlaq\u' sensiblement. 11 s'oxyde quand on lo chauire, soit au contact de l'air, soit avec du nitre ou avec un alcali neutre. Le meilleur moyen d'attaquer l'iridium consiste à h; minier intimement avec du chlorure de sodium, ot h faire arriver sur ce mélange, exposé à une légère élévation de température, un courant de chlore : il se forme un chloro-iridate (le sodnim soluble dans l'eau. L'iridium a une si grande aflinité pour l'osmium, qu'il est diflicile d'obtenir le premier parfaitement pur. L'iridium est isomorphe avec l'osmium, le platine et le palladium (Erdmann). 11 existe dans le minerai de platine, et particuliôrenient dans le résidu pulvérulent noir que donne ce minerai quand on le traite par l'eau régale. M. Swanberg a trouvé dans un échantillon de minerai de Newiansk, 76,85 d'iridium, 19,61 de platine, 0,89 de palladium, 178 de cuivre, puis des traces d'une substance analogue au titane. M. Glocker regarde cette espèce d'alliage comme un minéral particulier, auquel il propose de donner le nom de platiniridium. Ce minéral est tout à fait semblable, par ses propriétés physiques, h l'iridium natif de Nischney-Tagilsk. M. Charles Lane a le premier fait mention du platiniridium d'Ava(royaume de Birman). Ce minéral est assez cassant, et renferme, proportion gardée, plus d'iridium que de ])latiiie: environ 60 p. 0/0 d'iridium et 20 p. 0/0 de platine.On le rencontre danslesrivièresd'A va, où il est accompagné d'augite, de quartz, d'émeraudc, d'or, et d'oxyde de fer magnétique. La préparation de l'iridium est la mémo que celledu platine (Foy. Platine). L'iridium a été découvert en 1803 presque en môme temps jiar ïennant et par Collet-Descotil, dans le résidu noir qu'on obtient en traitant le minerai do platine par l'eau régale. Formule : Ir = 1223,499.

ISAIE, mentionne le fard, rouge d'antimoine. Voy. Antimoine, sulfure.

ISOMÉRISME (i'ffoj, égal, et pÉocf, partie).— Un corps A peut se combiner en diverses proportions avec un autre corps B, et donner naissance à des composés diiïérents par le\irs propriétés; ainsi un corps qui résultera de l'union d'une partie de A et d'une partie de B pourra être très-difïérent de celui (pii sera formé par une partie de A et deux ou trois parties de B. Mais il peut arriver que deux corps A et B se combinent ■ dans les mêmes proportions pour former des composés qui, cependant, ne se ressemblent pas. On donne le nom d'isomères h ces corps sur lesquels l'attention des savants s'est ar-

ISO 018

l'Méo depuis ouelques années. Joicitcrni cdinnie exeiupm de corps isomériijues les acides tartriquo et paralartrique qui ont la même composition et ([ui dill'ôrent cependant beaucoup l'un de l'autre; il en est do même du gaz oléliaiit, du nuHliylône, de l'hydrogèno ([uadiicarboné et du cétène; ces (jualre corps , très-dill'érents par leurs prol)riétés, ont été reconnus avoir la mCmo composition.

ISOMORPHISME (r<Tor, égal, ct;/opyn forme).

— Toutes lesformesd'une substance appartenant au même système cristallin, peuvent être rapportées à une même forme type, quo l'on considère comme la forme primitive. Mais, dans quelques circonstances, une substance peut avoir deux systèmes cristallins différents; on en compte huit ou dix qui jouissent de cette propriété. 11 suit de là que la, loi de Haiiy a lieu, sauf quelques exceptions.

M. Mitscherlich est le premier qui ait appelé l'attenlion des physiciens sur ce fait. On avait avant lui remarqué que le s\ ath d'Islande et l'arragonite, quoique ayant la même composition chimique, n'avaient pas la même forme primitive; onattribuait cette ditférence à des principes qui échappaient dans l'analyse de l'arragonite. Aussi raultiplia-t-on les expériences, atin de découvrir quels pouvaient être ces principes ; mais on cessa de e'enoccuper aussitôt que M. Mitscherlich eut découvert le dimorphisme, propriété en vertu de laquelle les mêmes éléments chimiques peuvent se combiner de manière h donner des cristaux qui dérivent de deux formes primitives, et î'isomorphisme, autre propriété d'après laquelle deux combinaisons composées d'éléments ditîérents affectent la même forme cristalline. Commençons par celle-ci. Depuis longtemps on savait que les sulfates simples et doubles de potasse, d'ammoniaque, de magnésie, de protoxyde de fer et de manganèse, etc., affectaient la même forme. M. Mitscherlich chercha s'il n'en serait pas de même des combinaisons de la même base avec d'autres acides renfermant le môme nombre'd'atomes; on savait aussi , d'après les recherches do Berzelius, que les acides obtenus avec le phosphore et l'arsenic ont une composition analogue, et que leurs combinaisons avec les bases suivent une môme loi : par exemple, quo les quantités d'oxygène avec lesquelles le phosphore se combine pour former l'acide phosphoricjue et l'acide phosphoreux sont précisément les mêmes que celles qui entrent dans la composition des acides arsénique et arsénieux. 11 suit de là que, dans les combinaisons de ces acides avec les bases, chaque arséniale a son phosphate qui lui correspond, composé d'après les mêmes proportions, combiné avec les mômes atomes d'eau de cristallisation, et qui a les mêmes qualités physiques. Il y a donc identité dans ces deux groupes, SI ce n'est quo le radical de l'acide de l'un d'eux est du phosphore, tandis que celui de l'autre est de l'arsenic. Ainsi, en ajoutant aux deux acides dont on vient de

ISO

Page 1