‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 191 sur 354 · LI.M · texte numérisé non relu

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ce mot est dt-iivûde y.i'oç (pierre), parce qu'il a été rencontré li'nbord dans une pierre parliculii^re, et ensuite dans d'autres espèces minérales.

En soiunctlant à l'anlion de la pile galvanique riiydrate de cet oxyde, Davy en a séparé ce métal, qui, par ses caractères physiques, ressemble b aucoiip au sodium. Peutêtre l'cbtiendrait-on aussi par les procédés qui fournissent le p.oîassiura et le so iium. L'oxyde de ce métal a été découvert, en 1818, par M. Arfwedson, chimiste suédois, en faisant l'analyse d'une pierre trouvée à Uto, en Suède, et nommée pc'îo/i^e. 11 se trouve, dans 03 minéral, uni à la silice et à l'alumine? on l'a depuis rencontré dans un autre minéral , connu sous le nom de triphane.

La composition de l'oxyde de lithium a été déduite par M. Arfwedson et Vauquelin de l'analyse d^) i-on suiiate. Berzélias le regarde comnie formé de :

Lil!ii;jiii.

Oxygène.

li3

1 alonic.

1 atome.

Ce nouveau résultat démontre que cet oxyde contient i)lus d'oxygène que toutes les autres bases salitiabK-s.

LUCRÈCE. Voij. Atomes.

LU.MIÈRE. — Le globe terrestre serait obscur et froid s'il n'était éclairé et chauffé par le soleil.

Le soleil est un gros corps lumineux, situé au contre do notre système planétaire, d'oii émanent conlinuelleraent et avec une grande rapidité do la lumière et de la chaleur, qui constituent ce qu'on appelle les rayons solaires. La nature de cet astre ne nous est point connue.

En n'ayant égarl qu'à la propriété dont il jouit d'éclairer et tl'échaulîer, on jiourrait le comparer à un globe de fer rougi jusqu'au Manc et sortant de la forge; cependant la comparaison ne serait pas juste, parce que le fer incandescent ne tarde point à perdre celle propriété, tandis qu'elle persiste dans le soleil, sans y éprouver de diminution. On a prétendu, dans ces derniers temps, que la source des rayons solaires était une sorte d'atmosphère cnveloppantle corps, d'ailleurs O; aque. de l'astre, et l'on a été conduit à ceiie idée par celle qu'on s'est faite des taches du soleil, en les considérant comme des ouycrlures pratiquées dans l'atmosphère lumineuse, et à travers lesquelles on aperçoit le no au opaque. Mais ce n'est là qu'une simple conjecture.

Lt^s rayons solaires émanent do l'astre avec une telle rapidité, qu'ils n'emploient que huit minutes et demie à parcourir l'espace immense qui séj'iare la terre du soleil. Ils marchent continuellement en ligne droite, et se dilatent on même temps, de manière que leur densité diminue en raison direct' du carré lie leur éhjignement du soleil; c'est-h-dire que si la tei re était à une dislance de cet astre double de celle qui l'on si-pare, il faudrait quatre soleils pour l'éclairer et l'éi^haulfer autant qu'elle l'est aujourd'hui ; que si la liistance étnil triple, il faudrait neuf soleils ;

qu'il en faudrait seize, si elle était quadruple, etc.

Lorsque les rayons solaires tombent sur un corps, celui-ci devient visible en les réfléchissant de sa surface, suivant les lois que la physique enseigne.

Divers corps ont la propriété de se «aisser traverser par les rayons solaires sans leur faire subir d'altération. Ou les appelle conditcteurs de la lumière, et, dans le langage commun, on dit qu'ils sont transparents ou diaphanes.

Mais en pénétrant dans l'intérieurdes corps transparents, les rayons solaires se dévient do la ligne droite, et subissent une inflexion qui varie suivant les dilï'rences que les corps présentent sous le rapport de leur densité, de leur combustibilité ou de l'état de leur surface.

Si les rayons passent u'iin milieu moins dense dans un autre qui le soit davantage, par exemple de l'air dans l'eau, ils se rapprochent de la perpendicula re au point d'immersion. L'inverse a lieu lorsqu'ils passent d'un milieu plus dense dans un autre qui l'est moins. C'est sur cette propriété que se fonde une expérience bien connue, qui consiste à mettre une pièce de monnaie dans un plat, et à s'éloigner assez de celui-ci pour que son rebord la dérobe à la vue; elle redevient visible aussitôt qu'on remplit le plat d'eau.

Quant aux modifications que la nature des corps apporte à la réfraction des rayons solaires, les combustibles sont, en général, ceux qui [lossèdeiit cette propriété au degré le plus éminent. Voilà pourquoi le diamant, le naphte, le gaz hydrogène, etc., réfractent les rayons solaires avec beaucoup plus de force qu'ils ne le feraient si ce résultat tenait uniquement à leur densité.

Enlln, l'on peut, en changeant la surface des corps, modifier la réfraction des rayons solaires, tant à leur immersion qu'à leur émergence. C'est là-dessus que repose l'art de construire les lunettes, les miroirs ardenls, etc., ou la dioptrique.

Les lo's delà réfraction delà lumière sont purement mathématiques, et rentrent dans le domaine de la ph\sique; mais les effets qui en résultent sont aussi un objet du ressort de la chimie.

Quand on fait pénétrer les rayons solaires, par un petit trou, dans une chambre parfaitement obscure, et qu'on les reçoit sur un m-isme de verre ou sur un verre taillé angulairement, derrière lequel se trouve un p.apier blanc tendu à une certaine distance, on obtient une figure allongée , arrondie aux deux extrémités, et composée de sept couleurs des [ilus belles, qui se fondent les unes dans les autres par des nuances insensibles. Cette image porte le nom de spectre solaire, (specti'um pnsmaticum). Elle tombe sur un papier un peu au-dessous de la ligne droite qu'auraient décrite les rayons solaires abandonnés à eux-mêmes, parce que ceux-ci ont éprouvé une réfraction en traversant le verre. Si l'on dirige un des angles du prisme ea

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haut, le sijei;lre offre successivement, de haut en bas, le rouge, Vorantji!, le jaune, le vert, le bleu, Vindiyo et le violet.

FrauenhotVr a remarque^ dans le spectre solaire, ([iielques lignes obscures, qui se retrouvent conslaunnent dans la m(^nie ospôce Je hnuiôre, et dont je ne dirais rien ici, leur histoire tUant, ?i |)rofirenient jiarler, ihi ressort de la physique, si elles n'étaient sujettes à varier suivant les sources dont la kuniùre émane. Ainsi, par exemple, dans le spectre fourni par les rayons du soleil, de la lune et des planètes, le jaune a une double ligne noire, tandis (ju'au même endroit, dans celui qui |irovient de la lumière du l'eu, on aperçoit une double lis^ne plus claire (1).

Si l'on dispose une table de manière à ce que le spectre so déplo e en entier et d'une manière bien distinct;' à sa surl'ace, qu'on place un thermomètre dans chacune des sept couleurs principales, et qu'enlin on établisse deux autres thermomètres hors du spectre, près des extrémités arrondies de l'image, on remarque les phénomènes suivants. Les thermomètres placés tant dans le rayon violet qu'à côté de lui, en dehors du spectre, ne s'échauffent pas ; celui qui plonge dans le rayon bleu monte un [)en, et celui qui reçoit le rayon vert, davantage encore ; l'échautlemeat va toujours en augmentant dans l'orangé et le rouge, jusqu'à ce qu'enfin, hors de l'image, à une cert-iine distance de son extrémité rouge, la température s'élève plus que oartout ailleurs, de manière cependant que la plus grande chaleur se développe à une faible distance de l'extrémité rouge du spectre.

Ce piiénomène prouve manifestement que los rayons solaires, dans leur passage h travers le prisme, se partagent en rayons lumiurtix colorés et en rayons calorifiques non lumineux. Il démontre en outre que ces deux sortes de rayons ne se réfractent pas de la même manière. C'est cette dernière circonstance qui les empêche de correspondre au même point, ( t qui leur fait produire deux spectres différents, dont le calorifique est le plus allongé. Les plus denses d'entre les rayons calorifiques, étant ceux qui éprouvent le moins de réiraction, tombent un peu en dehors des rouges ; et les rayons colorés qui subissent la plus grande réfraction, tombent au même endroit que les rayons calorifiques les moins concentrés.

La décomposition de la lumière solaire en rayons lumineux et rayons calorifiques a été découverte par Herschell. Cependant Rochon

(\) Frauenhofer ayant examiné comparativement ce piiénomène dans les spectres proitiiils par les ijyons (le diverses étoiles (ixes, a trouvé que celui de Sirius et de Castor n'olïie pas de lignes noires dans le jaune, mais qu'il y en a une dans le vert et deux dans le bleu. Pollux, au eonlraire, produit le nième effet que la lumière solaire. Il ne serait pas i.iip'jssilile que ces observations qui , au premier a!){iid, promènent si peu, nous conduisissent un jour .n d'importantes conclusions sur le mode de développemenl de la lumière (i.ins les corps cèlcsles lumi- \yu\ i>.ir I im lucmcs.

avait déjà observé, quelques années auparavant, que les rayons diversement colorés n'ont pas tous la faculté déchautrer au mémo degré. Les expériences de Herschell ont été répétées dojiuis par d'autres physiciens, qui les ont trouvées exactes. Mais on a reconnu que la matière dont le prisme est formé inilue sur les résultats, .\insi, d'après Seebeck, le point le jdus chaud tombe hors du ravon rouge quand le [)rism ; est de fiint-glass "anglais, et dans le rayo i rouge lui-même, lorsque cet instrument est de crown-glass ou de verre blanc ordinaire ; tandis ipie, si l'on substitue au prisme |)lein un prisme composé de |)la(iues d(! verre et rempli d'alcool, d'eau, d'essence de térébenthine, c'est dans le rayon jaune que se l'ad sentir la plus forte chaleur.

11 arrive quelquefois aux rayons solaires de subir encore un autre genre de décomposition dans le prisme. Scheele a découvert, en ell'et, que si, après avoir enduit un [lapier de chlorure argentique (corps d'un blanc de neige, qui a la propriété de noircu- par l'action du soleil), on fait tomber dessus le spectre solaire à travers un prisme, ce papier no change point de teinte dans le ravon rouge, tandis qu'il noircit beaucoup à l'extrémité externe du rayon violet. Celle expérience a été répétée depuis, avec le plus grand soin, par Rittcr, WoUaston, Beckmann, Seebeck et Bérard. Tous s'accordent à dire que, comme l'extrémité rouge est la plus chaude, de môme l'extrémité violette est celle qui possède au plus haut degré la propriété de noircir le chlorure argentique. Bérard a trouvé qu'une inoitié des rayons du spectre , à partir do l'extrémité rouge, se réunit, quand on la reçoit sur un verre biconvexe, en un foyer incolore excessivement brillant, qui n'exerce pas la moindre action sur le chlorure argentique; tandis que le foyer moins éclatant produit par la réunion de l'autre moitié à partir du rayon violet noircit complètement ce corps dans l'espace de quelques minutes. Seebeck a reconnu ijue le chlorure argentique prend une teinte rosée pâle lorsqu'on le laisse pendant longtemps exjsosé au rayon rouge, et que quand le prisme est fait do flint-giass , le point où ce même chlorure rougit le plus correspond immédiatement au dehors du rayon rouge, là o\i tombe la f)lus forte clialeur. Le cidorure argentique éprouve le môme changement dans sa couleur lorsqu'on le chaulie jusqu'à un certain degré , et qu'on le tient pendant quelque temps à cette température dans un endroit obscur.

Les rayons solaires qui traversent un verre de couleur produisent des effets semblables à ceux que font naitre les rayons pareillement colorés du spectre. Ainsi le chlorure arge .tique acquiert une teinte noire derrière un verre bleu ou violet, et ne noircit point derrière \m verre rouge ou orangé. Au contraire, il devient rouge derrière un verre rouge, et beaucoup plus promptemenl même que dans le spectre solaire. Seebeck a fait en outre les observations suivantes sur la di^solulioti d'or, liijueur de laquelle

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Il luuiiire sépare l'orà l'élat niélallique; £1 lreaii>aiit du })a|iicr duis la dissolAilioi Djutre et mt'diocrcmpnt concentrée, faisant de ce papier, lorsqu'il est sec, d<Hix parts diiit on conserve l'une dans l'obscurité, tandis qu'on soumet l'autre pendant quelques instants à l'inlkience de la lumière solaire, avec la précaution toutcfuis de l'y soustraire avant qu'aucune action apjiarente ait été exercéi% et plaçant ensuite cette seconde portion de papier dans un endroit obscur, elle y subit peu à peu, par la réduction de l'or, le même cliangenienl de couleur qu'elle aurait éprouvé en demeurant toujouis exposée h la lumière du jour; l'autre portion, au contraire, ne s'altère pas le moins du monde.

On a cru remarquer aussi que les deux extrémités du s|>ectre solaire déterminaient des effets chimiques opposés, c'est-à-dire que le côté violet npérait ou favorisait la réduction, tandis que le rouge facilitait l'oxydation. D'après cela, on a voulu trouver une analogie parfaite, quant aux effi'ts, entre la luraièi-e décomposée et les deux électricités séj-arées l'une de l'autre. Uitter prétendait avoir observé que le chloriire argenti(|ue noirci s'oxyde et devient blanc sous l'iniluence des rayons rouges, ce qui contredit cependant le témoignage de tous les autres expérimentateurs. Au contraire, Wollaston a reco'inu que la résine de gayac verdit dans le rayon violet, en absorbant du gaz oxygène, et Bérard a observé qu'un mélange de gaz hydrogène et de gaz chlore s'enflamme quand on l'expose aux rayons violets, elTet qu'aucune autre portion du spectre ne produit. Seebeck a fait voir que -■'e phénomène a lieu aussi derrière \in verre violet, mais qu'il ne se manifeste point derrière un verre rouge ou jaune. D'un autre côté, Wollaston est parvenu à constater qu'il y a véritablement opposition entre les deux extrémités du spectre, sous le rap|>ort de l'action chimique; après avoir fait verdir, en l'exjiosant aux rayons concentrés de l'extrémité violette, du papier coloré en jaune par la teinture de gayac, il lui rendit sa nuance primitive, eu le reportant au milieu des rayons concentrés de l'extrémité rouge. Mais, plus tard, il reconnut que la teinte verte repasse au jaune par le seul fait de l'application de la chaleur au papier, de manière qu'on peut considérer le rétablissement de la couleur primitive, à l'extrémité ^ rouge, comme un simiile etfet des rayons calorihipies; d'autant plus surtout qu'on sait que plusieurs couleurs végétales pAlissent tout aussi bien sous l'influence d'une chaleur sèche de -f- 100 à -f 1-20 degrés, que sous celle de la lumière du soleil.

On s'ait, d'im autre côté, que plusieurs GOr^is, par exemple le sulfure barylique, le sullurc strontianique, le sulfure calcique, certains diamants, tiiverscs variété'S de spith fluor et autres semblables, sunt lumineux pendant quidque temps dans l'obsruri é, lorsqu'on les a laissés quelques instants e\oosés à la lumière du s<jlcil. Wilson et Uit-

ter se sont assuré que ce phénomène est produit j»rincipaleraent par l'extrémité violette du spectre, et que les corps gui sont lumineux dans l'obscurité perdent instantanément cette propriété lorsqu'on les expose à l'action de l'extrémité rouge de ''image.

Ces faits divers attestent manitesteraent que les rayons qui tombent aux extrémités du spectre solaire ne sont point de même nature. Cependant, tout en convenant qu'on ne doit pas mettr' de précipitation flans ses jugements, surtout lorsqu'il s'agit d'objets généraux et d'une liante portée, on ne peut disconvenir que les particularités dont il vient d'èlre f;ut menlinn, n'auinrisent point encore à admettre que l'opposition consiste on ce que l'oxydation s'opère à l'une des extrémit '5 et la réduction <i l'autre, quelque fondé qu'on puisse être d'ailleurs ii croire que des investigatinns plus approfoTidies élèveront un jour cette conjecture au rang de vérité. Les deux électricités, à l'égard desquelles on sait par expérience f|u'il en est une qui favorise l'oxydation et l'autre la réduction, se manifestent sous la forme de lumière rayonnante et de chaleur dès qu'elles viennent a se réunir et à disparaître comme électricités. Quelle imposante découverte ne serait-ce pas, si l'on parvenait à déduire de la lumière rayonnanle les propriétés par lesquelles les électricités neutralisées se signalent ?

Nous n'examinerons pointici la question de savoir si , comme le pensait Newton, la lumière blanch > est composée de sept couleurs princijiales, ou si ces couleurs proviennent de la réunion de la lumière avec des quantités ditîérentes de calorique, ainsi qu'on l'a prétendu dans ces derniers temps. Les couleurs des corps sont dues à la décomposition des rayons solaires, la surface de ces cor|is réfléchissant certains rayons, tandis qu'elle retient les autres. Ainsi on dit qu'un corps est lileu , lorsque sa surface renvoie les rayons bleus et absorbe tous les autres. Les combinaisons infiniment variées des rayons réfléchis donnent lieu aux innombrables nuances des couleurs des corps. Les objets noirs absorbent tous les rayons lumineux ; les blancs, au contraire, renvoient tous ces rayons.

A chai|ue décomposition des rayons lumineux en couleurs, il se dégage une plus ou moins grande quantité de lumière et de chaleur, suivant que les rayons réfléchis admettent plus ou moins de calorique dans leur composition. C'est ce qui fait qu'un corps noir s'échaulfe au soleil, parce qu'il absorbe toute ou presque toute la lumière ; d'où il suit que le calorique des rayons solaires devient libre en lui, et se communique aux objets voisins. Les corps qui viennent après, sous le raf)port du degré auquel ils s'échauffent, sont les violets, les bleus, les verts, les jaunes et les rouges. Les corps blancs sont ceux de tous qui s'échauffent le moins, et les miroirs parfaitement polis, surtout ceux de métal, n'acquièrent point du tout de chaleur, |iarce qu'ils réfléchissent

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