‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 202 sur 354 · centigrades · texte numérisé non relu

centigrades

130» du pvrométre et 1500

centigrades d'après

M. Pouillet.

230° centigrades.

Plus fusible que le zinc.

Infusible ii la température

qui fond la fonte.

Presque infusible.

432° cent. Pouillet.

256° cent. Pouillet.

125'' du pyromèlre.

334° cent. Pouillet.

27° du pyrométre et près de

1150° cent.

160» du pyromètre.

39° au-dessous de zéro.

20° du pyromètre et 1000°

cent. Pouillet.

32° du pyromètre et 12S0»

ceni. Pouillet.

Presque infusible.

Id.

Infusible.

Presque infusible.

découvrir des différences sensibles entre eux. Ils surpassent sous ce rapport tellement les auiros corps, que, par exemple, un cylindre d'eau long d'un pouce oppose, suivant Cavendish, autant do résistance à l'électricité qu'un cylindre en fer do mémo épaisseur, ayant quatre cent millions de pouces de longueur. Le charbon lui-même , d'après Davy, résiste plusieurs milliers de fois plus au passage do l'électricité que le fer et le platine, qui de tous les métaux sont cepen ■ dnnt les moins bons conducteurs de ce fluidei

MET

Childroii a conclu do quelques expériences laites avec une très-granile pile électri- ((ue, que la pn»()riélé eonduelrice de l'électricilé secoinporle ^ |)eii piès, dans les métaux, connue leur l'acuité conductrice du calorique. L'électricité, en se déchargeant, no protluit de la lumière et de la chaleur ipie ipiand la masse du corps conducteur est tro[) |)eu considérable, ce corps mettant ainsi obstacle à son passaj^ie. Par conséquent, si deux lils de métaux ditl'érents, mais d'égale grosseur, sont échaullés c^ des degrés ditl'érents par la décharge d'une même quantité d'électricité, il semble résulter de là que le métal qui s'échautle le plus est moins bon conducteur que l'autre. Children croit avoir trouvé que les métaux suivants doivent être classés ainsi, par rapport à leur faculté conductrice de l'électricité : argent, zinc, or et cuivre. H. Davya remarqué que cette faculté change avec la température , dont l'élévation la diminue et l'abaissement l'augmente. Lorsque, par exemple, un (il métallique rougit à l'air par la décharge d'une forte pile électrique, il ne peut plus décharger toute la masse d'électricité conteime dans cette pile ; si on le fait ensuite passer à travers de l'huile, de l'alcool, de l'eau, en un mot à travers un milieu capable de le refroidir, il cesse d'être rouge, et décharge alors complètement la pile. Davy explique par \h une expérience fort intéressante qu'il a faite : on place dans un circuit électrique un til do platnie long de quatre à six pouces, et assez mince pour que l'électricité qui lo traverse le fasse rougir dans toute sa longueur ; on en expose alors une partie à la (lamme d'une lampe à espritde-vin, de manière à la porter au rouge blanc : à l'instant même, le reste du fil se refroidit jusqu'au-dessous de la température du rouge visible. Si, au contraire, on applique un morceau de glace sur un point cjuelconque du fil rouge, ou qu'on y dirige uu courant d'air froid, toutes les autres parties de ce fil deviennent instantanément beaucoup plus chaudes, et passent du rouge incandescent au rouge blanc. Pour déterminer la ditïérence de faculté conductrice de quelques métaux, Davy prit des fils de mêmes dimensions, et chercha combiende paires d'une forte pile électrique ils pouvaient décharger, de manière à ne produire aucun ellet sensible dans un appareil propre à décomposer l'eau. 11 trouva que le fer en pouvait décharger complètement six, le platine onze, l'étain doize, le cuivre et leplomb cinquantesix, et l'argent soixante-cinq; ce qui jiermet d'établir l'ordre dans lequel ils comluisent l'électricité. Mais la chaleur excitée dans les mauvais condui;teurs ne permet pas de calculer exactement la faculté conductrice relative. Davy a trouvé, en outre, que, dans chaque métal, cette litculté est proportionnelle à la masse du métal , mais qu'elle ne l'est point à sa surface, et qu'elle est en raison inverse de la longueur du morceau servant de conducteur. Ainsi , par exem[ile, lorsqu'un fil de platine , épais de yf^ de pouce et long de six pouces, déchargeait

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dix paires do j)laquos, vingt paires l'étaionl par un fil long de trois pouces et ayant la même épaisseur. Si une certaine longueur d'un fil métalli(]ue décharge un certain nombre de paires d'une pile électrique, un fil de même longueur, mais six fois plus pesant, ou, ce qui revient au même, six de ces fils en décnargeront un nombre six fois plus considérable. Davy a essayé de baser sur ces faits une autr(! méthode de découvrir les différences dans la faculté conductrice do l'électricité de divers métaux : il a pris pour cola des fils métalliques de même épaisseur, et mesuré la longueur de chacun qui était strictement nécessaire pour décharger complètement la même nile électrique. De cette manière, il a trouvé les longueurs proportionnelles suivantes :

Argent. ..<..<>< 60

Cuivre 55

Or . . ( . 6 40

Plomb ......... 38

Plaline. . i 10

Palladium. ....... 9

nombres qui expriment par conséquent la faculté conductrice relative des métaux.

Becquerel a découvert depuis, par des expériences dans lesquelles il s'est servi, pour mesurer la faculté conductrice de dilférents corps , d'une aiguille aimantée renfermée dans un multiplicateur électromagnétique , qu'il faut, pour que des fils d'un même métal aient la même faculté conductrice, que le rapport de la longueur au diamètre soit le même dans tous : ce qui est précisément, quant au fond , le résultat auquel était arrivé Davy. Mais pour ce qui concerne l'inégalité de faculté conductrice, à grosseur égale des fils de métaux différents, il a olitenu des résultats qui diffèrent de ceux de Davy, savoir :

Cuivre 100

Or 95,60

Argent 75,60

Zinc 28,50

Plaline 16,40

Fer 15,80

Etain 15,50

Plomb 8,50

Mercure 5,45

Potassium 1,53

La faculté conductrice du calorique ne présente pas moins de différences parmi les métaux. L'argent est celui qui la possède au jilus haut degré ; viennent ensuite le cuivre et l'or. Le fer et surtout le platine sont les plus mauvais conducteurs de tous. On démontre cette différence par une expérience fort simple : on prend des fils de différents métaux, mais passés h travers le mômtf trou de filière , afin qu'ils aient exactement le même diamètre; on les trempe dans de la cire fondue, et lorsqu'ils sont refroidis on tient l'une des extrémités de chacun horizontalement dans la flamme d'une bougie, jusqu'à ce cju'il paraisse ne voulou' plus fondre de cire; on mesure ensuite quelle est l'étendue du fil dans laquelle il s'en est fondu, en comptant depuis le bord extrême

de la flamme. Plus la ciré â*ëst fondue îoifi, fet pins la faculté conductrice du métal est considérable. Cette exjiérience procure un tésultat plus certain encore lorsqu'on visse les fils métallieiues autour d'une boule en cuivre [ileine, que l'on chaulfe à la flamme tranquille d'une lampe à l'huile ; on mesure ensuite à combien de distance du bord de la lioule la cire s'est fondue. On peut aussi, au lieu de l'enduit de cire, fixer de petits morceaux de phosphore sur chaque fil, à une égale distance de la boule, et noter ensuite le ti'mps nécessaire pour échauffer chaque métal au degré que le phospho e exige pour prendre feu. Mais ces méthodes ne procurent que des résultats approximatifs. Despietz a essayé de mesurer exactement la différence de faculté conductrice du calorique dont jouissent quelques métaux : pour y parvenir, il a fftit construire avec ces métaux des prismes d'égale grandeur, présentant à des distances déterminées des enfoncements qu'il rem;)lissait de mercure, pour y plonger des boutes de thermomètre. L'une des extrémités de chaque prisme était chauffi'e, sur une lampe d'Argant, avec une telle uniformité, c[\iG le thermomètre le plus voisin de cette extrémité marquait le même degré dans tous les prismes ; et l'application de la chaleur fut continuée jusqu'à ce qu'on cessât. de remarquer un accroissement de température à l'autre extrémité : il devint alors possible dévaluer la différence de la faculté conductrice, d'après l'état différent des thermomètres à des distances données du premier. Pour rendre l'effet de la rad.ation uniforme dans cette expérience , tous les prismes avaient été recouverts d'une couche également épaisse d'un même vernis. On trouva de cette manière que tel était l'ordre dans lequel les cinq métaux suivants devaient être rangés , par rapport à leur faiulté conductrice du calorique : cuivre, fer, zinc, étain et plomb. La faculté conductrice du cuivre était à celle du fer comme J'2 : 5. Dans le fer et le zinc , elle est à peu près la mùme; lUiiis le ploujb n'a que la moitié de celle du fer, ou un cinquième de celle du cuivre.

G° La mallMUité et la ténacité. — Ces propriétés n'appartiennent |ioint à tous les métaux. Qiieliiues-uus se brisent sous le marteau et se réduisent en poudre ; d'autres sont malléables jusciu'à un certain degré; mais lorsque l'on continue à les forger, ils se fendillent ; si alors on les fait rougir, on peut ensuite les forger encore. On attribue ce phénomène à ce que les molécules étaient sur 1(! point d'être détachées les unes des autres par l'action du marteau, et s'agglutinent de nouveau sous l'influence de la chaleur. Pendant qu'on forge un métal, il accfuiert plus de densité, de la chaleur se dévelo|)pe, et sa pesanteur spécifique augmente. Ou peut, par certains procédés, forger un clou de fer de manière à le faire rougir. Autri'fois on partageait les métaux, d'a(irès leur malléabilité, en métaux parfaits, qui se laissent forger, et demi-métaux, qui se brisent sous le marteau; mais on a abandoiuié ces

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ox[pressions, pour les épithètes de malléables et cussunls. Les métaux malléables se font remarquer par leur ténacité, qui fait qu'une force très-considérable est nécessaire pour séparer, en les tirant en sens inverse, leurs molécules. A l'égard de la ténacité , ils se rangent dans l'ordre suivant : fer, cuivre, platine, argent, or, étain, zinc, plomb.

7° La mollesse. — La plupart des métaux sont mous jusqu'à un cerlain point. Cette propriété, jointe à leur ténacité, explique comment on parvient à les tirer en fils. C'est à elle aussi qu'ils doivent la faculté de recevoir les impressions d'autres corps plus durs. Cependant il est des composés métalliques qui ne le cèdent à nul corps en dureté : tels sont, par exemple, le carbure de fer (acier, fonte blanche) et le phosphure de cuivre.

Les propriétés chimiques qui appartiennent à tous les métaux sont : 1" de pouvoir se combiner avec l'oxygène ; 2° de pouvoir entrer en combinaison avec les corps combustibles non métalliques, ou les métalloïdes; 3" de pouvoir se combiner les uns avec les autres; k" enfin, de ne pouvoir s'unir avec des corps oxydés sans être eux-mêmes combinés auparavant avec de l'oxygène. C'est ce défaut d'affinité entre les métaux et les corps oxydés qui fait que, quand on fond les premiers dans des creusets d'argile , avec des flux terreux ou avec du verre, ils prennent une surface convexe , ou forment des grains ronds lorsqu'ils sont en petite quantité.

La classification des métaux est une chose très-importante, capable de simplifier l'étude de la chimie. Nous allons donner celle de M. Thénard, qui est généralement adoptée par les savauls. Ce célèbre chimiste a classé les métaux d'ajirès leur affinité pour l'oxygène et l'action qu'ils exercent sur l'eau, soit à froid, soit à chaud. Voici le tableau de cette classification, un peu modifiée d'après les expériences ehtreprises, dans ces dernières années, par un jeune et habile chiunste, dont nous citerons plusieurs fois le nom.

i" SECTION.

Potas-sium.

Sodium.

Lilhiiim.

Baiiiini.

Snontium.

Calcium.

Magni'sium.

\lliiuiii.

Atiiiniiiium.

Fer.

Zinc.

Etain.

Catlmium.

Coliaft.

Nicfief.

i' SECTION.

Cérium.

Bisnmth.

Cuivre.

PlomI).

Osmium.

Glucynium.

Molylidèiie.

(;iinirne.

Vana.lium.

Tuiigiène.

Colonibium.

Anlinioiiie.

Titane.

Urane.

Mercure.

Rhodium.

Iridium.

Argent.

Or.

Platine. • Palladium.

Manganèse.

La première section comprend les métaux qui absorbent l'oxygène à toutes les températures et décomposent l'eau subitement à la température ordinaire, en s'emparant de l'oxygène et dégageant l'hydrogène avec effervescence. On leur donne généralement le nom de métaux alcalins , parce que leurs

MET

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oxydes sont îippolt^s nlr(ttis; ces oxydes sont inéikictihlcs [i;ii- le clinihuii.

La (Ifiixiriiic sfMtion ii'iitcrinc les inrlaiix qui absoi-bcnl roxvj^i'iic h la lciii|i(''i(iliii'r l.i plus ('levée, mais (pii ne (Iccdiiiposciit l'ciii qu'il la tiTiipératiirt' ilc 100". On lc< .ippcllu métaux terreur, parce qui' leurs ovuli's, (jui sont clilliiùles h l'éduire, sont eotuius sous le nom tie terres.

Dans la li-oisiènie section, on place les métaux qui peuvent absoiber l'oxygène h une température élevée, mais qui ne (lécoriq)Osent l'eau (lU'au degré de la chaleur rouge. Leurs oxydes sont irrédudibh'S par la cluileur seule, et réduciibles par le charbon.

La qiuitrième section est formée des métaux qui peuvent absorber l'oxygène à la température la plus élevée, mais ([ui ne décompi)Si>nt l'eau ni à chaud ni h l'roid. Les sept premiers corps , après le gluciuium , peuvent former des acides en se combinant à l'iixygène.

Dans la cinquième section, on range les mélaux qui ne [)euvent décom{)Oser l'eau <i aucune tempéra(m\^, et qui ne peuvent absorber l'oxygèiH» (|u à un ccriain degré de chaleur, au-dessus duquel leurs oxydes se réduisent.

Enfin, la sixième et dernière section comprend les métaux qui ne peuvent absorber le gaz oxygène et décomposer l'eau à aucune température, et dont les oxydes, que l'on ne peut former qu'indirectement, se décomposent au-dessous de la chaleur rouge.

Comlnnaisons des mélaux avec V oxygène. — Les métaux s'éloigneni beaucoup les uns des auties, sous le ra.iport de leur affniité pour l'oxygène ; ils en absorbent tles quantiti'-s très-ditl'érentes, et exigent, pour Sf combiner avec lui, des températur-s c[ui ne sont pas les mômes. Quelques-uns s'oxydent de suite à l'air libre, même ])ar un froid rigoureux : tels sont, par exemple, le potassium et le manganèse ; d'autres le font avant de commencer à rougir, coamie le plomb, le zinc et l'étain; d'autres encoie, tels que l'or, l'argent et le platine, ne peuvent ])oiul s'oxyder aux dépens de l'air. Mais tous, à uu très-peiit nombre d'exceptions près, sont oxydables, par la voie Iniudde, au moyen de l'acide nitrique et de l'eau régale. Quelques-ans s'oxydent aux dépens de l'eau, lorsqu'on verse un acide dessus : tels sont le zinc et le fei'. Le rhodium et l'iiidium ne sont |ioint oxydables par la voie humide, ml^is ils s'oxydent trèsfacilement lorsqu'on les chaulfe avec de l'hydrate potassique et avec du nitre. Le chrome, le tantale, le titane et le zirconium, donrt aucun n'est oxydable par l'eau régale, se dissolvent, par la voie humide, dans l'acide hydrolluorique, soit seul, soit avec l'intermède de l'acide nitrique. Par la voie sèche , ils s'oxydent lorsqu'on les fait fondre avec du nitre ou de la [)otasse caustique.

Les oxydes de quelques métaux sont décomposés par la chaleur rouge ; l'oxygène s'échappe sous forme de gaz, et le 'métal reste pur. On ap[)oile les métaux qui sont dans ce cas métaux nobles, parce qu'ils n'é-

prouvent aucune porte quand on les travaille au feu. De ce nondire sont l'or, le |)lalMH', l'ai'gent et l'iridiiuu. D'autres s'(jxydent à une cerlaiiie lemnérahire , et dégagent de l'oxyi-'ène fi une lemi)ér.itin'0 plus élevée, connue le ;>alladium, le [liudium, le mercure, le nickel et le plond). Ou dit que les nv'laux nobles pcuveni élre oxydés par de fortes décharges électricpies. Van-Mannn a fait des expériences h ce sujet avec la machine électrique de Teyler. Il a trouvé ({ue des fils déliés de platine, d'or, d'argent e( de plusieurs autres métaux, étaient réduits en poussière et volatilisés par des commotions électriques très-violentes. La fine poussière que l'air laissa déposer ensuite fut considérée comme un oxyde. Quoi(ju'on no |)uisse pas nier que la [lOussière métallique n'ait pu, pendant le refroidissement, acquérir une température favorable à l'oxydation, et se convertir, dans cet élat de division extrême, en oxyde, cependant les mômes phénomènes ont lieu lorsque le métal , réduit en |)0ussière [lar l'électi'icité, est entouré de gaz hydrogène. Au reste, l'or et le platine ont si [leu d'affinité pour l'oxygène , qu'ils ne s'oxydent même pas au pôle positif de la pie électrique, et qu'ils ne se dissolvent dans la liqueur qu'autant qu'ils sont entourés d'un liquide contenant de l'acide hydrochloiùque.

Un m(Hal combiné avec de l'oxygène a perdu son éclat méiallicjue; il est converti en un corps terreux, blanc, ou parfois coloré. Dans cet état, il ressemble à une terre : aussi les anciens chimistes lui donnaient-ils le nom de cfutux métallique, par une sorte de pressentiment de l'idenrité de com'position entre les terres el les oxydes métalliques.

11 est quelques m^t-ux auxquels nous ne connaissons qu'un seul degré d'oxydation ; mais la plupart en ont deux, et quelquesuns en ont davantage. Quelquefois, tous les degrés d'oxydation sont suscejitibles de se combiner avec les acides, et de former des sels. C'est ce qui arrive, par exemple, au fer et à l'étain. Souvent d n'y a que le plus bas degré de tous qui possède cette propriété, et les autres peuvent se combiner avec les bases salifiables : le chrome et l'antimoine sont dans ce cas. Eniin, il en est do:.t tous les degrés d'oxydation du métal ont les caractères , des acides : l'ai-senic en fournit un exemple.

Les oxydes métalliques se combinent ensemble. Les combinaisons des oxydes éiecti'Ol)0sitifs, ou des oxybases, avec les oxydes éloctronégatifs, ou les oxacides, constituent des oxyscls. Mais des oxydes qui sont manifestement électr'opositifs tous deux peuvent aussi se coiubiner, comme, par exemple, l'oxyde plombique avec la chaux, l'oxyde cuivrique avec la potasse, par la fusion, etc. Nous ne rangeons pas ces composés-là au noml)re des sels proprement dits, quoique leur existence repose sur la môme opposition, plus faible seulement.

L'eau se combine aussi avec les oxydes métadiques.C^es combinaisons portent le nom i\lu/drates. L'eaM est retenue avec un; telle force par les bases salifiables les plus fortes,

^IIC

mE

qu'elle ne so sépare pas même au feu. D'autres la laissent échapper à une chaleur médiocre, et quelques-unes la perdent môme quand on les fait bouillir dans l'eau. Plusieurs ne se combinent point avec l'eau. Les hydrates s'unissent bien plus facilement avec d autres corps que les bases salifiables anhydres. Ordinairement l'eau se combuie avec les oxydes dans une proportion telle, que tous les deux contiennent une égale quantité d'oxygène ; cependant on rencontre aussi, quoique plus rarement, d'autres proportions.

MÉTAUX , leur réduction ou désoxydation. Voy. Réduction, etc. — Leur extraction. Voy. Extraction des métaux.

IVIÉTÉORISATION , maladie des bestiaux, remède. Voy. Ammoniaque.

MÉTÉORITES. Voy. Pierres météoriques.

MLVSME. — On donne ce nom à toute émanation nuisible aux êtres vivants. La nature intime des miasmes est encore un problème. En thèse générale, on peut admettre qu'un miasme délétère est un gaz quelconque tenant en suspension des particules de matières putrescibles, et qui, introduites dans l'intérieur du corps par la voie de la respiration , agissent comme un ferment désorganisateur. Voy. Chlore.

MICA. — Le mica est très-abondamment répandu dans la nature, et se présente sous les formes les plus variées; il est une des parties constituantes de plusieurs montagnes; il accompagne le feldspath et le quartz dans le feldspath et le gneiss; il torme quelquefois des lits peu étendus dans du granit et autres roches primitives; il est parfois aussi en paillettes dans les schistes, le sable, etc. C'est de la Sibérie qu'on extrait la majeure partie de celui qu'on trouve dans le commerce. On y rencontre des feuilles qui ont jusqu'à trois mètres de dimension Les caractères génériques des micas sont d'être feuilletés, se divisant aisément en feuilles minces, transparentes, brillantes, élastiques et tlexibles, fusibles au chalumeau; la seule chaleur d'une bougie suffit quelquefois. La composition du mica varie à l'infini; il y a des groupes qui comptent tous la magnésie i)armi leurs principes constituants, et d'autres qui n'en ont pas un atome. La forme primitive des cristaux et de leurs molécules intégrantes est un prisme droit, dont les bases sont des rhombes ayant leurs angles de 120° et de 60° ; il est aussi en prismes droits, dont les bases sont des rectangles, en hexaèdres réguliers, mais le plus souvent en lames ou en écailles de figure et de dimension très-variées. Les minéralogistes ont divisé le mica en lamellaire et compacte.

1° Le mica lamellaire est toujours à lames distinctes continues, à surfaces sensiblement planes, de couleurs variables, depuis le blanc argenté jusqu'au verd;\tre et noirâtre, passant au jaune doré, au gris de cendre, au brun, etc. 11 est a|)pelé conclioidc quand ses lames sont recourbées en sphère; laminaire, quand il est en paillettes disséminées dans Tes schistes, les sables, etc. — 2° Le mica

compacte; il se présente en masses plus ou moins compactes, quelquefois offrant encore des traces de lamelles aux parties qui se rapprochent de l'extérieur. Les couleurs sont le rouge-pêche, le jaunAtre et le verdâtre; il n'appartient qu'aux terrains les plus anciens en grandes masses; naguère on ne le connaissait en cailloux roulés qu'à Limoges; maintenant on le rencontre dans plusieurs autres localités.

Beudant a établi une division très-ingénieuse de micas suivant leurs propriétés optiques, indiquant un axe, ou deux axes de double réfraction, et, par conséquent, au moins deux systèmes de formes incompatibles.

Les micas en grandes feuilles servent en Russie pour vitrer les bâtiments de guerre; ils y ont l'avantage de ne pas se briser dans les explosions de l'artillerie ; on s'en sertaussi pour le vitrage des maisons, pour les lanternes, etc., et cette substance est, sous ces rapports, l'objet d'exploitation assez considérable en Sibérie. Les sables micacés, et surtout les variétés nommées lépidolites, sont employés comme poudre pour l'écriture. Ce sont des lames de mica qu'on emploie dans le colorigrade pour obtenir les diverses couleurs, suivant leur plus |ou moins d'épaisseur et leur degré d'inclinaison sur le rayon lumineux.

MIEL. — Quoique ce produit soit le résultat du travail des abeilles, on pense qu'il est tout formé dans les nectaires des fleurs où ces animaux vont le chercher, et qu'il ne subit qu'une légère élaboration dans leur estomac avant de le déposer dans les alvéoles de leurs gâteaux. Celte opinion est d'autant plus vraisemijlable, que le suc que l'on trouve au fond du calice de ceitaines fleurs ressemble beaucoup par ses propriétés au miel récolté par les abeilles.

Le miel se retire facilement des alvéoles de cire qui le contiennent, en les exposant d'abord sur les clai'es d'osier à une douce chaleur, et ensuite en les brisant et les soumettant à une douce pression, à une température plus élevée. Le mid qui a découlé spontanément des gâteaux est le plus pur; on le connaît sous le nom de miel vierge; celui qui a été recueilli en second lieu est moins pur; il contient des débris d'alvéoles brisées, et une petite quantité de couvain, qu'on sépare par le repos et la décantation.

Beaucoup de causes peuvent modifier les qualités du miel, savoir : le mode de son extraction, le climat, et les plantes sur lesquelles la récolte en a été faite. On a observé que le miel recueilli sur certaines plant.es participait souvent de quelques-unes de leurs propriétés. C'est ainsi que celui ncolté sur des plantes aromatiques de la famille des labiées est agréable au goût et à l'odorat, tandis que celui qui a été pris sur des plantes douées de propriétés narcotiques ou purgatives, est nauséeux et possède plus ou moins de ces propriétés.

La consistance et la couleur du miel sont variables : tautùl il est liquide et à l'asoecl

MIN

MIN

(l'un sirop traiisii.ircMit ; tantôt il est dcmisolidy, ^leim, blanc ou jaiiiiAti'c, tels sont les miels de Nai bonne et tlii (i;Uinais; d'autres fois il est coloria en rouge brun;\tre, a une saveur et une odeur désagréables, tels sont les miels de Bretagin».

Les miels, à p.irt les principes étrangers qu'ils peuvent renl'eruier, sont formés de deux espèces de sucre : l'une soluhle et cristallisable, analogue au sucre do raisin; l'autre inciistallisable, sous la forme d'un sirop épais; ces deux espèces constituent toutes les qualités de miel qu'on trouve dans le conmierce.

On sépare facilement ces deux espèces de sucre en délayant îi froid le miel dans trois îi quatre foisson volume d'alcool, et llltrantceli- (|uide; le sucre cristallisable se précipite, et l'alcool fournit par son évaiioration le sucre incristallisable.

Le miel est très-employé, soit comme aliment, soit comme médicament ; il jouit de propriétés adoucissantes et légèrement laxatives ; on en forme en pharmacie des sirojis composes, désignés sous le nom de mellites. 11 sert aussi comme excipient d'un grand nombre de médicaments.

MINE DE PLOMH. Voij. Graphite.

MINE D'ÉTAIN. Yoij. Cassitérite.

MINERAL Voy. Extraction des métatjx.

MINÉRAL (minerai). — On doiuie ce nom à toute combinaison de substances métalliques formées au sein de la nature. Les corps qui se trouvent le plus souvent unis aux métaux dans la nature sont l'oxygène et le soufre. Aussi les appelle-t-on corps minéralisatcurs ; ils enlèvent aux métaux l'éclat > t les propriétés qui les caractérisent, en leur donnant l'aspect de masses pierreuses plus ou moins compactes. La science qui traite plus spécialement de la connaissance des minéraux porte le nom de minéralogie.

MINÉRALOGIE. — La minéralogie a pour objet l'étude des corps qui se forment constamment, ou se sont formés, sans aucune participation des forces vitales : telles sont les combinaisons salines, pierreuses', métalliques, etc., que nous trouvons dans le sein de la terre, ou dont nous pouvons former un grand nombre à volonté, et auxquelles on a donné le nom de minéraux. Toutefois on a pris l'habitude d'y joindre l'étude de diverses substances d'origine organique, enfouies jadis dans le sein de la terre, où elles ont pu subir diverses modifications. On y ajoute môme les corps liquides et gazeux qui se trouvent à la surface du globe ; car si le nom de minéraux parait peu leur convenir, ce ne sont pas moins des corps bruts ciu'on ne peut pas toujours ranger parmi ceux qui se forment à l'aide des fonctions vitales.

11 n'y a qu'une seule manière d'étudier les corps : c'est de les examiner individuellement, et de tenir note de toutes les propriétés qu'ils peuvent jirésenter. C'est la méthode analytique, la seule que le naturaliste puisse employer pour arriver aux connaissances qu'il doit posséder. Mais, lorsque les recher- DicTiONN. i)E Chimie

(lies spéciales se sontsuffisamment étendues, il 011 résulte un (uisemble de faits généraux que l'on peut |irésenler synthétiquement, et qui deviennent l'expression de ce qu'il y a cîe plus important il connaître. C'est alors qu'on peut comjiarer rigoureusement tous les corps, établir leurs analogies ou leurs dilférenc^es, et parvenir à les classer de manièr(! qu'un jietit nombre d'enti'e eux puisse donner une idée suftisante de tous les autres. Nous sommes arrivés à ce point pour les cor[)S bruts, aussi bien que jiour les coi-ps vivants, et nous pouvons en traiter d'une manière générale, qui devient indispensable à toute bonne éducation.

Les faits d'organisation et les fonctions de chaque organe, comparés dans tous les êtres, constituent ce qu'il y a de plus général et de plus important dans l'étude des corps vivants, et les propriétés physiques et cliiiui([ues ollrent alorspeu de valeur. C'est le contraire pour les corps bruts : il n'y a ni organisation ni fonctions, mais les caractères pliysiques ou chimiques prennent alors une grande! im])ortance par l'étonnante variété de faits qu'ils présentent. D'un côté, les formes, les structures, l'élaslicité, les propriétés optiques, la composition, nous offrent une multitude de faits ii recueillir ; de l'autre, les relations de ces diverses propriétés, et des circonstances qui les font naitre ou les modifient, n'ont pas moins d'importance que les phénomènes physiologiques dos corps vivants : ce sont là autant d'objets à traiter dans la minéralogie proprement dite.

La minéralogie emprunte ses principaux secours de la physique et de la chimie ; car, dit Beudant, si les découvertes successives de la cristallographie ont fait sortir la minéralogie de l'empirisme auquel elle était livrée, les progrès de la chimie l'ont réellement élevée au rang des sciences exactes ; elle se trouve maintenant dans une telle liaison avec ces deux sciences, qu'il est impossible d'y faire aucun progrès positif, sans y apiiliquer les moyens puissants qu'elles nous fournissent.

Tous les minéralogistes modernes en ont tellement senti la nécessité qu'ils ont divisé l'examen des minéraux en physique et chimique ;Be\idanl même a été si loin qu'il a pris pour base de sa classification les rapports chimiques de composition des substances minérales dont Haiiy avait commencé à faire usage, et nous devons convenir que l'application de la nouvelle nomenclature chimique à la minéralogie est une des plus belles conquêtes que cette science ait faites.

MINES. — L'industrie des mines n'a commencé à se développer que sous la domination des Romains. Toutes les contrées qui reçurent de leur part une organisation puissante furent appelées h concourir au luxe de métaux qui caractérisait cette époque, riine et Strabon signalent 1 Es agne et les Gaules comme les sources principal. 's des métaux. Ainsi, la Galice el les Asturies produisaient seules jusqu'à 40,000 marcs

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d'or par année; l'étain était fourni par les

montagnes de Casis ; les mines de mercure étaient eu grande activili'' dans le pays de Cordoue. Les Gaules, ainsi que la Galice, envoyaient en abondance le plomb et l'urgent. Déjà, d'aprt's Tacite, des mines de cuivre et d'étain avaient été ouvertes sur les côtes d'Angleterre; on connaissait aussi quelques mines d'or en Transylvanie, mais la plus grande quanli'.é venait d'Asie. L'^ fer était fourni jiar la Silésie et par l'ilo d'Elbe. Enfin, l'Italie elle-même produisait abondamment le cuivre, si précieux, alors qu'on ne connaissait pas encore l'usage de la fonte.

La plupart des exploitations créées par la dominalion romaine périrent successivement aux époques d'invasion des barbares. Ce n'est plus que vers le vu' siècle qu'on retrouve dans l'histoire quelques données sur la reprise des tiavaux des mines, reprise imposée par les besoins d'une civilisation nouvelle. Au vni' siècle, les grandes ex- ])loitalions se trouvent transportées dans le Tyrol, la Moravie, la Bohême et la Hongrie; les mines du Haitz turent découvertes en 965, et, dans le courant du xi' siècle, celles de Saxe lurent attaquées. Le domaine de l'exploitation continua à s'agrandir par la découverle des mines d'argent en Suède, des raines de cuivre du pays de Mansfeld, en 1200 ; et ce fut en l'iiO que les premières mines de houille furent exploitées à Newcastle.

Ce développement des mines d;ins l'ancien continent fut })rofondémeiJt troublé par la découverte de l'Amérique en IVJ'2, et l'avihssement des métaux précieux qui en fut la suite. Toutefois, ce fut à partir du \v' siècle que l'Angleterre commença à établir la prépondérance de ses mines. Les exploitations du Cornwall pour le cuivre et l'étain, celles du Derbyshire et du Cumberl.uid pour le plomb, cefles du Staflordshire et du pays de Galles pour le fer; enlin l'exploitation de la houille, ont placé cette contrée privilégiée en tête de la production. Ce fut dans les xvi' et xvu' siècles que les mines de l'Allemagne et de la Hongrie arrivèi'cnt à leur développement, par suite des progrès remarquables qu'éprouva l'art de l'exploUalion, et qu'elles purent soutenir la concurrence américaine. La France eut, dans le courant du xvur siècle, une période de grande activité. A cette époque, les gîtes des environs de Sainte-Marie-aux-Mines , ceux de Giromagny et de Planclier-aux-Mines, ceux de la Breta,.;ne, de l'Oisans, les filons si nombreux de l'Auvergne et des Cévennes, donnèrent lieu à des extractions importantes. Mais bientôt ces mines furent successivement abandonnées, et il ne reste plus guère en activité que celles de Villefort, do Poullaouen et de Pontgibaud.

Le xvni' et le xix' siècle ont été marqués par l'extension prodigieuse de la fabrication du fer en Angleterre, en France et en Belgique, ainsi que par l'exploitation gi'Dérale des mines de houille. L'activité remar-

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quable des mines de plomb, en Espagne, des mines do zinc df Silésie et du Limbourg, est également un des traits les pîuscaractérisliijues de la production de celte époque. Enfin, la Russie, par ses extractions d'of, de platine et de cuivre, s'est élevée rapidement a ' premier rang de l'exploitation.

Les Etats de l'Europe ont été classés ainsi qu'il suit, d'après l'évaluation de leurs produits en métaux bruts.

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