ORGANIQUE
MOLYBDÈNE. —Ce ui<5tal a otc' découvert en 1778, par Seheele, dans un minéral (jui resseml)le .'i la plombagine, avec laquelle on l'avait roni'onilu jus(|u'alops ; il lui donna lu nom delà plombagine, lio^ûg^atva, mvlybdœna. Le.minéi-.d dans leiiuel il l'avait trouvé se com|iosc de soufre et de molybdène ; en outre, on a rencontré ce métal à l'état de molybdate ploudiique. Cependant la réduction do l'acide mol.ybdiipie à l'état métallique n'appartient pas à Scheele, mais h un autre rhimistesuéuois, nommé Hjehn, qui titbe lucoup d'ex|)ériences à ce sujet. Après Hjelm, le molybdène a été examiné par Bucliholz, dont les travaux sur ce métal ont enrichi la science de la découverte des oxydes brun et bleu, et de diti'érenles oliservations é/arses qui prouvaient qu'il restait encore plusieurs points à éclaircir, que Berzclius a approfondis d'une manière satisfaisante.
Les composés n'ont pas d'intérêt.
MOMIES ou MUMIES. — Grâce à Guillaume Rouelle et aux savants français de rinslitui d'Egypte, on connaît parfaitement le procédé des Egyptiens pour embauinerles cadavres. Les momies égyptiennes, qui ont plus de3 à 4 raille ans d'existence, attestent que l'art des embaumements était parvenu, chez ce peuple instruit, à un grand degré de perfection.
Suivant Hérodote, la méthode la moins dispendieuse» pratiquée par les Egyptiens, consistait à injecter, dans les intestins, une liqueur caustique qui les dissolvait, et à tenir le corps plongé, pendant 70 jours, dans une solution saturée de natron, carbonate de soude impur , fourni par des lacs salés. Ou vidait ensuite le cadavre, on le lavait et on le faisait sécher. Souvent, après cette dessiccati'in, on plongeait le corps dans du pissasphalte fondu, qui en pénétrait toutes les parties et les rendait noires, pesantes, et d'une odeur peu agréable. Ce sont ces momies que les Arabes vendaient autrefois aux Européens, pour l'usage de la médecine et de la peinture. listes retiraient des caveaux nombreux de la plaine de Sagaïah ou Saqqarah ou pi liiie des Momies, tombeaux des liabitants de la célèbre Memphis.
Pour les corps des personnes riches, on prenait plus de précautions encore. Après les avoir vidés et lavés avec du vin de palmier, on y introduisait des poudres aromatiques, de rasphalte,et on les recouvrait de natron. Au bout de 70 jours, on les lavait, on les séchait, puis on les enveloppait dans des bandelettes de toile de lin imprégnées d'une résine appelée cotnmi. Le tout était recouvert d'un enduit peint, chargé d'hiéroglyplies, et
enlui renfermé dans plusieurs étuis en bois, (11' t'iirmc humain(\
ALiis ces divers procédés, outre leur longueur,avaient encore rmconvénient d'altérer les foriiU's du corps (;t les traits du visage. Les découv(!rtes de la chimie moderne ont fourni les moyens d'abréger la durée du travail de l'endiaumement et de conserver la l'orme du corps sans le secours des bandelettes. MM. Capron et Boniface ont présenté en 1832, à l'Institut, une momie bien supérieure h celles ipii sont conservées dans les cabMiets d'antiquités, et [lour la préjiaration de laquelle il n'a fallu que quelques jours.
MONNAIES. — Quelles que soient les variations qu'ils lui aient fait sub r, tous les peuples ont eu recours Ji la monnaie pdur la conunodité de leurs échanges. Les Lacédémoniens, les Clazoméniens, les Byzantins, les anciens habitants de la Grande-Bretagne, avaient des monnaies oe fer; les Romains des premiers temps de la République, de la monnaie de cuivre, et Denys, tyran de Siracuse, fit iiattie de la monnaie d'éiain. On a vu employer à cet usage , dans diverses contrées, des coquilles, des clous, des grains de cacao, des morce.nux de cuir; mais, dès la plus haute antiquité, l'or et l'argent ont joui du privilège presque exclusif de servir de matière première aux monnaies. Hérodote attribue la fabrication des pièces métalliques portant des empreii:t<'s ou signes convenus, et représentant une valeur uétermiuée, aux Lydiens, sans préciser aucune époque. Mais comme les plus anciennes pièces monnayées portaient des figures d'animaux , particulièrement de vache et de taureau (divinités égyptiennes), il est plus rationnel d'en attribuer la découverte et l'usage aux Egyptiens. Le caractèiC inaltérable et homogène de l'or et de l'argent, leur divisibilité extrême, leur pureté native égale en tous lieux , leur résistance au frottemenî, moyennant quelques particules d'alliage , peut-être aussi leur beauté naturelle, expliquent suffisamment le suffrage universel qu'ils ont obtenu daus tous les temps et dans tous les jiays. Aussi, dès qu'on parle généralement de monnaie, il est convenu que c'est de la monnaie d'or et d'argent.
Sous la première race de nos rois, on moula les monnaies ou on les frappa avee des coins gravés au touret. A dater du siècle de Charlemagne, les coins furent gravés au burin, comme ils l'étaient à Constantinople depuis le fondateur de celte ville, et les monnaies ourt'Ut aussi fort peu d'épaisseur. Les expéditions de Louis XII en Italie firent connaître aux Français les procédés des arts de la gravure et du monnayage que les artistes grecs, fuyant le joug des Ottomans, avaient apportés en Itali,; ; ce roi les employa pour des monnaies d'argent sur lesquelles il fit g aver son portrait ou sa tête, u'où leur vint le nom de testons, du mnt italien testonc, grosse tôle. François I" plaça le sien sur les monnaies d'or. Le règne de Heuri 11 est celui qui apporta à la fabrication des monnaies les plus heureux change
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menls. C'est de cette époque qu'on grave le millésime (l'année courante) et lo quantième des rois qui portent le uièuie nom. C'est au commencement du règne de Louis XIV que Nicolas Briot inventa le balancier qui marque du même coup les deux, faces des jnèces de monnaie, et, en 1685, Custaing imagina la machine qui sert à marquer la tranche. Dans les premières années du xix.' siècle, Gengembre a fait faire d'immenses progrès à l'art monétaire, en simpliliant les anciennes machines, et en en créant de nouvelles qui ne laissent presque rien à désirer pour la perfection du travail.
On distingue les monnaies d'argent et les monnaies d'or. Les monnaies d'argent de France contiennent^ de cuivre; en d'autres termes, elles sont au titre légal de iVtV- Comme il est difficile de tomber exactement sur les proportions exigées par la loi, la loi a accordé une tolérance de ^w au-dessus et de -jviô" au-dessous du titre. Les monnaies d'argent, d'un tilre très-bas, sont faites avec un mauvais alliage; car lorsque le cuivre y entre en [iroportion trop grande, l'alliage n'est point uniforme; les pièces fabriquées avec ces alliages sont rougeâlres dans les points les plus saillants.
Analyse des monnaies d'argent. — Il existe deux procédés pour analyser les monnaies d'argent, l'un par la voie sèche, l'autre par la voie humide ; ce dernier est beaucoup plus récent.
Le procédé par la voie sèche, connu sous le nom de coupellation, est assez ancien. Son origine remonte au neuvième siècle. {Voy. Coupellation.) Ce procédé est fondé sur la proprit'té que possède le plomb d'entraîner, en s'oxydant, l'oxyde de cuivre dans la substance de la coupelle faite avec la poudre d'os calcinés (phosphate de chaux). L'argent reste intact aans la coupelle, sous forme de boulon (bouton de retour). La coupellation n'indique le titre de l'argent qu'à ^tfô près, le plus ordinairement -j-^ au-dessous du titre réel. Ainsi, en mettant à la coupelle de l'argent au titre de 900, on aura un bouton de retour qui ne pèse que 896 ou 8i)7. L'opé.ation , qui dure environ un quart d'heure, se fait dans de petits fours appelés vioufles. Les monnaies frappées en France antérieurement à 1829, sont au titre de 903 , à 90i, conséquemment .3 ou 4- millièmes au- ' dessus du titre légal; car pour que la monnaie sortit à la coupelle au titre légal de 900, on était obligé de la fabriquer réellement au titre de 903. Ce fut là un sujet de vives réclamations de la part des d.recteuis des monnaies. C'est alors sac fit connaître le procédé mide , procédé beaucoup plus expéditif que l'ancien, pellation , l'opérateur n'est juge de la température à liquelle il f dt son essai. S'il chauffe trop (au rouge blanc très- Yif ), une partie de l'argent se volatdise, et il y a conséquemment perte. S'il ne chauffe pas assez, le bouton de retour peut contenir une certaine quantité de plomb. Il est donc
que Cay-Lus-
par la voie hu-
plus exact et
Dans la cou-
ni maître ni
très-difficile de se maintenir dans les limites de la température nécessaire. Du reste, « un homme de ruauvaise foi peut toujours frauder avec la coupellation. » (Gay-Lussac.) Il serait à désirer que la cnupellation fût abandonnée dans toutes les monnaies de l'Europe, comme elle a déjà été abandonnée dans les monnaies de Paris et de Londres. Essai par la voie humide. — Ce jjrocédé repose sur le fait suivant : La même quantité d'argent pur ou allié exige pour sa précipitation tme quantité constante de dissolution de sel marin. Un équivalent d'azotate d'argent est exactement précipité par un équivalent de chlorure de sodium : Ag 0, NO» 4- Na Cl = Ag CI -f Na O, NO»; en d'autres termes, 1 gramme d'argent pur est exactement précipité par 0, gr. 5i274 de chlorure de sodium. Les conditions propres et indispensables pour faire un essai parla voie humide, sont : 1° une liqueur dite normale, faite avec 0, gr. 5i274. de chlurure de sodium pur, dans un décilitre d'eau distillée. Cette dissolution, à la température de 20° centigr., précipite exactement 1 grammed'argent pur; 2° une liqueur dite décime, c'està-dire dix fois plus faible que la liqueur normale ; de telle sorte qu'un décilitre de cette liqueur ne précipite que -^ grain, d'argent pur, et (ju'iî faut 10 décilitres ou un litre de liqueur décime pour précipiter 1 gram. d'argent pur; 3° une liqueur décime d'argent ( azotate d'argent) , qui doit être telle qu'un litre neutrahse exactement 1 litre de dissolution décime de sel marin; k° de l'argent pur. ( 'Voyez, quant aux détails et à l'exécution de cet admirable procédé, le mémoire de Gay-Lussac : Instruction sur l'essai des matières d'argent par la voie humide; 1832. Paris, Imprimerie royale, in-4° (88 pages avec 6 planches.)
En France , les monnaies d'or contiennent -jV d'alliage (cuivre) et -^ d'or pur; en d'autres termes, le titre monétaire légal est, sans la tolérance, de -^^ [loi du 1 germinal an XI, ou 28 mars 1603). C'est la proportion d'alliage qui y entre qui rend la monnaie plus propre à résister à l'action du frai, c'est-à-dire à la diminution du poids par l'elfet du frottement et de la circulation. La loi accorde 2 millièmes de tolérance au-dessus, et 2 millièmes au-dessous. Ainsi, une monnaie d'or (française) peut être au titre de 898 millièmes ou de 902 millièmes, sans cesser d'être légale. Au-dessous commv? audessus de ce titre, elle est déclarée fausse. La tolérance pour les monnaies d'or est d'un mdlième de moins que pour les monnaies d'argent, parce que l'or offre, dans les essais par la voie sèche, moins de chances de perte que l'argent.
Le titre de l'or des bijoutiers (en France) est moins élevé que cilui des monnaies d'or. Il est de 0,750, avec 3 millièmes de tolérance. Pour les médailles d'or le litre est de 0,916, conséquemment plus élevé que pour l'or monnayé.
Les alliages d'or et de cuivre ne s'analysent que par la coupellation. L'analyse par
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