‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 207 sur 354 · MOR · texte numérisé non relu

MOR

MUC

iOU

alcali du suc épaissi du pavot {papaver somniferum), qui croît en Asie et (-n Turquie. Quoique ce produit ait occupé successivement plusieurs chimistes, sa composition est encore loin d'ôtre définitivcsnent connue. Les dernières analyses y ont signalé quatorze principes, savoir : la morphine, la codéine, la marcéiiie, la méconhie, la narcotine, l'acide méconiqw, un acide brun, une huile grasse, une résine particulière, du caoutchouc, de la gomme, de \abassorinc, du ligneux et une petite quantité d'un principe volatil.

La morphine, à l'état de pureté, est en petites aiguilles blanches, pnsmati:(ues, t -èslégères; elle est inodore, sa saveur est légèremeut amère. Exposée à l'.iction du feu , elle fond et prend , en refroidissant, une forme oristalli;ie ra.vonnée; à ime température plus élevée, elle se décompose, et fournit un charbon léger et bOMi-souIflé qui bri\le h l'air sans résidu. Elle est très-peu soluble dans l'eau; car ce liquide, à + 100°, n'en disso it que^ de son pi)ils, qu'il laisse précipiter en partie parle refroidissement; l'alcool, au contraire, la diss ait avec facilité, surlou* à chaud, et la laisse cris'alliser par le refroidissement. Toutes les solutions de morphine verdissent le sirop de violettes, et ramènent au bleu le tournesol rougi. Les acides s'unissent facdement à la morphine, et forment avec elle lies sels neutres solubles et cristaiiisables; l'acide nitrique concentré la décompose en la dissolvant, et la transforme en une matière rouge de sang qui devient ensuite jaune-orangé. Les sels de peroxyde de fer, mis en co .tact avec la moi'phine, lui communiquent sur-le-champ une couleur bien foncée. [Ce caractère particulier et distinctif a été remarqué pai- AL Robinet.) Entiu la solution dacide iodique est décomposée par cet alcali, etfet que l'on peut constater directement en versant de l'acide iodique sur un mélange de morphine et d'amidon, qui devient bleu, foncé sur-lechamp.

Action sur l'économie- animale. — La morhiue ingéi'ée dans l'estomai? produit à petite ose tous les elfets de l'oijium, mais son action est plus en Tgique quand elle est combinée aux acides avec lesquels elle forme des sels sohibles, dont les pro[)riétés sont celles de l'opium, et qui peuvent remplacer ce pioduit dans la thérapeutique.

Sels de morphine. — Tous les sels de morphine se préparent dir.'ctement en saturant les acides étendus d'eau par la morphine. Deux de ceux-ci sont particulièrement employés, ce sont l'ac'tatede morphine elle sulfate de morphine.

Sulfate de morphine.^ Obtenu en saturant l'acide sulfuriijue iaible par ia morphine, et faisant concentrer la dissolution. Ce sel cristallise en prismes ou en aiguilf's déliées qui se groupent en bo.ippes layonnées; il est inaltérable à l'air, et suluble dans deux fois son poids d'eau; sa composition est de moipliine 100, acide suliurique, 12,46. On l'emploie à la dose d'un quart de grain.

Acétate de morphine. — Cette combinaison s'obtient en faisant dissoudre la morphine dans le vinaigre distillé ou dans l'aci le acétique étendu de son ]ioids d'eau, et évaporant en consistance siiu'ieuse la dissolution. L'acétate cristallise, mais difficilement, au bout de quelques jours, en une masse confuse mamelonnée; mais pour l'usage médical, on évapore à siccité la dissolution, et l'on recueille le résidu grisâtre qui en provient.

Ce sel attire un peu l'humidité de l'air; il se dissout dans son propre poids d'eau distillée à la température ordinaire

Los sels de morphine administrés à petites doses agissent comme l'extrait aqueux d'opium h h'iute dose; ils déterminent de graves accidents auxquels succède, dans le plus grand nombre de cas, la morl^ la suite de tous les symptômes qui accompagnent l'administration de rojdura.

MOKTIiîRS. Voj). Chacx hydrauliques.

m )UJE. Vog. Corps GRâs.

MOJf'SACHE. Voy. Arrow-root.

MOUTARDE. Voy. Huiles.

MUCILAGE VÉGÉTAL. — Pendant longtemps les pharmaciens ont confondu cette substance avec la gomme, parce qu'ils n'ont eu é^ard qu'à sa pro iriété de devenir mucilagineuse quand ou l'humecte avec de l'eau. Vauquelin fut le premier qui dirigea l'altention sur vme substance qui re^te sous firme d'une gelée gonflée lorsqu'on tra te la gomme bassora par l'eau, et à la |uelle ce chimiste don la le nom de bassorine. Plus tard cette substance fut trouvée dans plusieurs autres matières végétales, savoir, par lîucholz, dans la gomme adragante, par J-ohn dans la gomme àe cerisier, par Bostock dans la graine de li'i, les pépins de coing, la racine de plusieurs espèces de jacinthe, la racnie d'allée, plusieurs espèces de fucus, et enfin par Caventou dans le salep, d"oi!i elle reçut les noms de cerasîjie, prunine, dragantine, etc.

Le procédé qui fournit le plis de mucilage, et qui est le plus facile à exécuter, consiste à trader la graine de lin par l'eau froide ou l'eau bouillante , et à l'exprimer ensuite.

Gomir)e adragante. — Cette gomme exsude spontanément à travers l'écorcede Vastragalus creticus et de Vnstragatus tragacantha ; elle se présente en lanières blanches contournées sur elles-mêmes, se gonflant considérablement dans l'eau, et formant avec elle un inucilag^^ épais qui ne se dissout qu'en partie dans l'eau. Cette gommi? est composée, suivant Bucholz, de 0,57 d'une matière soluble dans l'eau froide arabine, et de 0,43 d'une matière insoluble cjui forme avec l'eau une gelée très-voiumineuse, bassorine, dans laque le la teinture d'iode indique la présence d'une petite quanlit>5 d'amidon.

La gomme gui s'écoule des prunes et du tronc du prunus aviam, se compose ordinairement de T «^ iV de mucilage végétal.

Mucilage de graine de lin. — !.a graine de lin, plongée dans l'eau iVoide, se cojvrei

MUC

au bout (1(1 pou do t('mi)s, d'une couelio do iiuicilaL;(', (|ui aiiniucntc do plus on i»1us. L'o.Hu sinnaij;eanto doviciit p'ns ou moins miuihi^inouso. l,ors(iir(in t'ait bouillir lo ni(MaMî<c, et qu'on i'oxpiimo ensuite, on obtient une masse niucilai; nouse, jaune-yrisAtre, (]ui rt^pand la ii!6in(^ odeur (pie les ponuncs de terre rAp(''es. Après la dessiecation elle donne iiii(Mnas-i(^ de couleur l'oncée, qui se sonlle dans l'eau. 1 partie de giaine de lin ot l(i parties d'(^au donnent un luiu'ilage irî'S-lilant. (!(Mnucilage est eoaguh' par l'alcool , [lar l'acétate plomb que neutre ot basi(pie, et par le cldorure stanneux. En revanelie, le cl lore, l'iode, le silicate p(>tas^ique, le borax, le sulfate ferrique et l'inl'usio'i de no x do gall(^ n'agissent pas sur lui. Avec l'acide nitrique H donne beaucoup d'acide mncique.

Maeilugr de coing. — Lorsqu'on met tremper dans l'eau les pépins de coiny ( /^yrws cydonia), ceux-ci se couvrent de mucilage, comme la graine de lin; mais ce mucilage est limpide, incolore, et 1 partie de pe]iins suffit pour conveitir kO parties d'eau en un mucilage de la consistaVco du blanc d'Tuf. Lo nmcilage est coigul(5 par les acides; l'alcool le pr(5cipite en flocons, qui, recueillis sur un filtre et S(^ch6>, forment une masse incolore, dont un g ain suffit iiour transformer •}• à 1 once d'eau en un nmcilage épds. Lo mucilage de coi-ig esl'tioublé par l'acétate plombique, les chlorures stannique et aurique, lesidfate IVrrique et le nitrate mercureux; le sousacétate plombiipieet le chlorure stanneux le coagulent complètement.

Le silicate potassique ell'infusion de noix de galle sont sans action sur lui.

Satep. — Ou appelle ainsi les racines de pluieurs espèces d'orchis {mnsciila, rnorio, pyramidalis et d'autres), que l'on lave dans l'rau froide, après les avoir débarrassées des fibres, et que l'on fait ensuite bouillir pendant '20 à 30 minutes dans beaucoup d'eau, qui extrait une matière dont la saveur est très-désagréal)le. Les racines sont ensuite scellées, et forment alors des tubercules oblongs, durs et translucides, d'un blanc j lunàtre. Ces racines contiennent très-peu de gomme et d'amidon, et beaucoup de mucilage. Par une ébullilion prolongée, elles se dissolvent en un mucilage transparent; et lorsqu'on les déiaye h l'état de poudro dans l'eau, elles se transforment, sans le secours de la chaleur, en un semblable mucilage, se gonflent et absorbent une grande quantité d'eau. L'acide hydrochlorique dissout le mucilage en un lii!juide très-tluide; l'acide nitrique le convertit en acide oxalique.

•Mucilage des fleurs de souci, calenduline. — Celte substance paraît appartenir îi la classe des mucilages végétaux; cependant elle en di-fîère par sa solubilité dans l'espritde-yin. Klle a été décrite par Geiger. On traite les Heurs et les feuilbis de calendula officinaiis par l'alcool, o;i évapore la solution j'isipi'à co'isistasice (i'extrait; on traite ce dernier d'abord par l'étlier, qui dissout une matière verte analogue à la cire, puis par

MUC 1046

l'eau. Celle-ci laisse une substance nnicilagiueuse.gontlée, presque insnlubh! dans l'eau tant froidi' ipuï bouillante. Klle jaunit par la dessiccation, devient cassante et trnns!u(;ido. Humectée avec do l'eau, elle se gOTillo et se transforme (1(! nouveau en mucilage. A l'état im.nur, tel qu'on le trouve dans la plante, ce mucilage se dissout 'dans l'eau ctiaudi-', mais pendant le refroidissement la liqueur se prend en gelée. H est iosobibb» dans les acides étendus, soluble dans l'acide acéti{p]e concentré. Les alcalis causti(pies, en dissolution ét(^ndue, le dissolvent ; mais il est insoluble dans les carbonates alo-ilins et dans l'eau de chaux. 11 se dissout ai-ément dans l'alcool anhydre et dans l'alcool qui contient peu d'(;au, et se dépose du premier sous forme de pellicule sèche, du second, à l'état de gelée. L'infusion de noix de galle ne le précipite pas. Il est insoluble dans l'éther, ainsi que dans les huiles grasses et volatiles.

Le mucilage végétal a le môme usage que la gomme. Kn m(5decine, il est même plus souvent employé que cette dernière. 11 remplace le mucus animal naturel dans les maladies des membranes nuniueuses d'une manière d'aulant plus étoniiante, qu'il doit souvent passer dans le sang pour arriver à ces membranes, cas qui se présente dans les catarrhes de la vessie urinairo. La graine de lin, les pépins de coing sont [irincipalement employés pour olitonir des dissolutions mucilagincuses. Le salep sert, comme l'amidon de lichen, de nourriture aux phthis ques. Dans les arts, la gomme adragantea les mêmes usages que la gomme or dnaire.

MUCUS. — On a doniié ce nom à la substance animale particulière qui, unie à l'eau, constitue le fluide plus ou moins visqueux qui lu iréfie la surface de toutes les membranes muqueuses où il est continuellement sécrété.

Sous cet état, le mucus existe à la surface des fosses nasales, de la bouche, de l'estomac, des inteslin-s, d" la vessie, de la vésicule du fiel, etc. 11 est transpaient, visqueux, filant, inodore, insi[)ide. Exposé à l'action du calorique, il ne se coagule point, mais se dessèche peu à peu et se transforme en une matière demi-transnarente analogue à la corne ; il est peu soluble dans l'eau froide et chaude, soluble dans les acides aflaiblis et les a calis. Lorsqu'il a été desséché, il se gonfle dans l'eau, s'y ramollit sans s'y dissoudre ainsi qu^- dans les acides. Le mucus, tel qu'il est sécrété à la surface des muqueuses, contient une petite quantité de soude libre, de chlorure de potassium et de sodium, et un peu de phosphate de chaux.

Son analyse n'a pas encore été faite ; on admet que plusieurs partie^ solides, telles que l'épiderme, les ongles, les coi s, les durillons, les cheveux, la corne, la laine, les plumes, etc., sont formées pre.^aue entièrement de mucus solidifié.

D'après Berzelius, le mucus présente des différences dans ses propriétés, suivant les j)arties qui l'ont sécrété. C'est ainsi que le mucus des narines est identique avec celui

Page 1