DE CALCIUM
MUSC. — Le musc est une sécrétion d'odeur toute particulière du moschus rnoschifcrus, ruminant semblable au chevreuil, mais dépourvu de cornes, qui vit dans les montagnes de l'Asie centrale, depuis le Thibet jusqu'à la Chine. Le musc est sécrété chez les mules, dans une poche située près de l'aine et qui se compose de plusieurs membranes superposées, extérieurement recouvertes par la peau et des poils. L'intérieur de cette poche est partagée en cellules, dans lesquelles s'opère la sécrétion du musc. Celui-ci est mou et peu dense chez l'animal vivant; mais, tel qu'on le trouve dans le commerce, après avoir subi la dessiccation, il est solide et grenu. Il a une odeur particulière , permanente , et généralement con- Due. 11 y en a de plusieurs sortes, qui dili'èrent suivant l'âge des animaux et de la latitude plus ou moins septentrionale des chaînes des montagnes qu'ils habitent.
Lemeilleur musc a les caractères extérieurs suivants: il se compose, pour la plus grande partie, de grains ronds ou ovales, un peu aplatis, parfois aussi irréguliers, dont la grosseur varie depuis celle d'une tète d'épingle jusqu'à celle d'un pois, et qui sont mêlés avec une masse plus ou moins cohérente. Ces grains ont une couleur foncée, brune-noiràtre, presque noire. Us ont un faible éclat gras. On peut aisément les écraser entre les doigts, et leur masse est homogène à l'intérieur. Quand on les frotte sur du papier, ils y laissent un trait brun, mais peu lié. Le reste de la masse est cassant et parsemé de minces membranes brunes. L'odeur du musc, au moment où on le tire de la poche, est forte et. accompagnée d'une certaine odeur accessoire, qui disparaît par la suite.
Le musc, tel qu'on le trouve dans le commerce, renfermé dans la bourse même de l'animal, contient des proportions variables de substances volatiles , dont une petite quantité consiste en carbonate ammoniaque, et le reste en eau. Tluémanii en a trouvé 15 pour cent, Guibourt et Blondeau, 47; Buchner, 17,6; Geiger et Reimann, 41. Ce qui se volatilise consiste principalement en eau, mais contient environ ^ pour cent du poids du musc d'ammoniaque, avec une trace impondérable de matièie odorante. La forte odeur du umsc, qui dure si longtemps, et qui se distingue de toutes les autres matières odorantes, parce que c'est celle qui, sous le plus petit volume appréciable, sd'-
fecte le plus vivement l'organe olfactif, n'appartient point aux. principes volatils de cette substance. Tous ceux qui ont fait des expériences à ce sujet s'accor.lent à dire que la matière odorante du musc ne dépend point d'Imiles volatiles, ou d'un arôme, comme les odeurs des plantes. On ne peut point l'enlever par la distillation : le produit de l'opération en exhale bien l'odeur, mais ce qui reste dans la cornue a conservé la même odeur. Nul dissolvant ne parvient à la séparer des autres matii-res , qu'elle suit constamment. Lorsqu'on fait sécher du musc, par exemple, sur de l'acide sulfurique, de manière à en dégager toute l'eau, l'odeur disparait : mais elle reparait aussitôt que le musc a repris son humidité naturelle par l'exposition à l'air, ou dès qu'on l'humecte avec de l'eau. Geiger et Reimann ont desséch;'^ et ramolli du musc trente fois l'une après l'autre, et cpendant il était encore odorant. Us conclurent de là que la meilleure manière dont nous puissions présentement expliquer ce phénomène consiste à admettre que l'odeur du musc provient d'une décomposition que la substance éprouve peu à pt^u, et dont l'effet est de produire continuellement de petites quantités d'une matière fortement odorante qui se volatilise, de même que les substances organiques en putréfaction émettent des matières odorantes, mais dont l'odeur esi d. sagréable et dégoûtante. Robiquet a cherché pendant longtemps à soutenir l'opinion que plusieurs substances odorantes doivent leur odeur à une certaine quantité d'ammoniaque qui s'en dégage et qui entraîne avec elle des matières, autrement non volatiles, dont l'odi'ur masque la sienne. Ce qui prouve qu'il se passe ici quelque chose de semblable , c'est qu'on trouve de l'ammoniaque dans l'eau qui se dégage du musc par la dessiccation, et dans celle avec laquelle on le distille, et l'on peut toujours se figurer que l'ammoniaque et la matière odorante sont constamment formés ensemble. Mais si l'on peut admettre comme un fait avéré , que l'ammoniaciue favorise le développement de l'odeur et la rend plus sensible, il n est pas aussi constant que cet alcali soit une condition indispensable pour les odeurs de ce genre. Sans doute une grande partie des odeurs animales sont de la môme nature que celle du musc, seulement notre organe de l'odorat est moins apte à en recevoir l'impression. Mais cette faculté existe à un bien plus haut degré chez les animaux, qui le prouvent, par exemple, en suivant à la piste ceux dont ils font leur nourriture. On pourrait cher, comme exemple frappant d'une autre odeur musquée, celle de la bile, qui , à une certaine période de sa décomposition, en exhale une parfaitement analogue à celle du musc.
On ne sait point encore par laquelle des substances solides du musc la matière odorante est produite.
On croit que la destination physiologique du musc est de rendre la recherche du uiùlo