‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 215 sur 354 · NOI · texte numérisé non relu

NOI

Li^ noir (le vigne esl olitonii on cnrhnnisnnt les s.'iriiu'nts; li- noir de pétUf csl le chai hou des noya i\ de cf huit; h' noir (l'UsjXKinv s{i propore en (■.•irbonisaiit hîs rogimivs du ht^c.

On nhtiunt h' noir d'Allcintigne en carbonisant un mélange «les rafles (h) raisin avec de la lie de vin desséchée , des noyaux de poche et des wlpures d'os ou d'ivoiio en proportions variées , suivant qu'on désire donner au noir un retlet lileuAtre, si les substances vé,:;étales donnnent,(ni jaiinAtre , si la matière osseuse est plus aboiidante. Ce noir, qu'on eni|iloie dans l'imprimerie en taille-douce, renf: rme des sels solubles ([)roveMant surtout de la lie de vin) que l'on extrait [) ir des lavages.

Le noir de fumée, dont on fait la plus grande eonsonunation , se prépare avec des débris résineux, des matières grasses ou de la houille. On soumet ce^ matières , particllemt'nl vaporisées , à une combustion imparfaite ; le cha-bon se dépose en flocons légers.

L'appareil qu'on emploie pour produire et recueillir ce noir esl très-simple quand on se sert de résine ou de goudron : il se compose d'une chambre cylindrique dans laquelle peut se mouvoir un cône en tôle, percé d'un trou à son sommet , et servant de cheminée pendant la combustion , et de racloir lorsque l'opération est terminée. La base du cône ayant presque le diamètre de la chambre . ses bords , quand on le fait descendre, rasent les murs et détaciient le noir de fumée qui s'y trouve déposé et qu'on ramasse ensuite sur le sol. Les murs de la chambre sont tapissés de peaux de moutons ou de toiles grossières , pour garantir le noir de tout mélange des débi is ou ponssièics de la maçonnerie. La combuslion a lieu dans un fourneau latéral extérieur, dans le foyer duquel se place une marmile en fonte, qui contient la résine ou le goudron destiné à fournir le noir de fumée. On chauffe la marmite, on enflamme les vapeurs, et la fumée, entraînée dans la chambre , y dépose de volumineux flocons de carbone échappés à la coujbustion.

Dans les environs de Sarrebruck , on fabrique le noir de fumée au moyen de la combustion imparfaite de la houUle. Ce noir est employé pour la marine , et en général pour toutes les peintures qui n'exigent pas une couleur fine.

L'appareil se compose d'un long canal en briques incliné qui sert de foyer, d'une vaste chambre voûté ■ où se déposent d'abor i les premières portions du noir de fumée , d'une chambre plus petite où s'achève le dépôt, et dont les ouvertures règlent le tirage , enQn d'une dernière chambre [ilacée au-dessus de la précédente et que surmonte une cheminée. On renouvelle, dans le foyer, la houille dès qu'elle ne donne plus de fumée , c'est-àdire dès qu'elle est réduite en coke;; loisqu'onafaitun nombre d'opérations suflisant pour charger les chambres , on procède à la récolte du noir en fractionnant les produits,'

NOM (v.6^2

dont les plus pin-s se trouvent dans la cbambri' la plus éloignée du loytu'.

On tamise le noii' de fumée; on en remplit des sacs qui ont <^ peu près 130 centimètres de hauteur et 28 c(;ntimètres de diamètre. Alin de bien tasser c. tle sub>lanco légèi'e , on ne jette d'abord que jusqu'à une hauteur do '.il centimèli'es, du noir, que l'on foule en entrant pieds nus dans le sac, puis on ajoute successivt'ment du noir en foulant toujours , jusqu'à ce que le sac soit plein; alors on couvre l'ouvertiu'e le plus serré possible.

Pour empêcher le noir de fumée de sortir par le tissu du sac, on délaye 'ians l'eau de la terre argileuse bien dôme, et on le frotte de celte substance avec une brosse à longs poils.

Un sac rempli de noir de fumée pèse de 4-4 à 56 kilogrammes ; 1000 kilogrammes de houille donnent environ 3.'] kilogrammes de noir de fumée, et de 400 à oOO kilogrammes de cokf

Le noir de fumée commercial n'est |)as du charbon pur. M. Braconncjt a fait l'analyse d'un noir de fumée provenant sans doute de la houille et de débris résineux ; il y a trouvé les matières suivantes :

Carbone 79,1

Matière résinoide 5,5

Matière bitumineuse .... 1,7

Ulinlne 0,5

Siilfalu (i'aniinoniaque. . . . 3,5

Sulf.ite (le polasse 0,4

Sidfaie lie cliaux 0,8

Pliospliale tle cliaux très-ferru-

giaeux 0,5

Cblonire île potassium . . . trace

Saille quarizeux 0,6

Eau 8,0

On épure le noir (k fumée de foules ces matières, sauf le sable, en ie calcinant, fortement tassé dans des cylindres en tôle empilés dans un four, et (]ui s'ouvrent en deux au moyen de charnières , pour qu'on puisse r(>tirer le noir après la cahination; on le lave ensuite à l'acide chlorhydrique étendu, et enfin avec de l'eau pure.

NOiSETÏli. Voy. Huiles.

"NOIX. Voij. HuiLEi et Corps gras.

NOIX DE MUSCADE. Voy. Huiles et Corps gras.

NOMENCLATURE CHIMIQUE. — La nomenclature chimique a pour but de faciliter l'élude de la science en indiquant la nature des corps composés, et ceitaines piO| riétés ou proportions de leurs combinaisons. Quant aux cor-ps simjdes, leurs noms se raj^portent souvent à ([uelque propriété spéciale, ce q.ii est sans véritable impoi'tance.

On a ra! gé les cor|)s simples en deux classes : les métalloïdes ou non métalliques, au nombre de 15, et 1 s 46 métaux , en tout 61 corps simjdes ou éléments.

Oxygi'ne , — du grec i;iJ», aigre, et de ytwiia,

engendrer. C'est ce gaz qui produit les

acides.

NOM

NOM

Azote , — de « priv. et ?«« , vivre , ou Cm,!,

vie; gaz impropre à la vie.

Bore , — solide extrait , en 1808 , de l'acide borique , lequel se tire lui-même d'un sel apporté de l'Inde , et connu depuis longtemps sous le nom de borax.

Brome, — de ppwuo,-, puanteur.

Carbone, — charbon pur. Le charbon du foyer contient de l'hydrogène et de la cendre : en le chautlant très-fortement dans un creuset ouvert, on ciiasse les matières étrangères et l'on obtient du charbon pur appi'lé carbone.

Chlore. — y\l>p'>q, jaunâtre. On a cru lon;^-

temps que ce corps était composé , et on

lui donnait le nom d'acide muriatique

oxygéné.

Fluor. — On n'a pas encore pu l'obtenir

isolé.

Hydrogène , — de •û5«p , eau , et yvj-JVM , engendrer. Ce gaz entre dans la composition de l'eau.

Iode , — découvert en 1813. 11 est bleuâtre, piesque violet; son nom vient d'îwou;, violet.

Phosphore , — de fôiç , lum'ère, et fépu, porter, parce qu'il brille dans l'obscurité.

Soufre , — connu de toute antiquité.

Sélénium, — découvert jiar lierzelius , chimiste suédois. « Je lui ai donné, dit-il , le nom de sélénium , dérivé de aelrivn , lune , pour rappeler son analogie avec le tellure. »

Silicium , — de silex, silice, pierre dont il est le radical.

Aluminium , — du latin alumen, alun. L'alun est un sulfate double d'alumine et d'ammoniaque, ou de protoxyde de | o.assimu et (leau. On appelle a/wm(ne l'oxyde d'aluminium.

Antimoine , — du grec àv-l, contraire, et du mot français moine. Voy. le mot Antimoine.

Argent , — connu de toute antiquité.

Arsenic, — de xpinii , mâle ou homme , et de vr/.îii, vaincre, tuer; poison redoutable.

Barium ou Baryum , — base de la baryte, de ^xp-jç, ])esant, à cause de sa grande pesanteur spécitique. Découvert par Scheele (1774.).

Bismuth.

Cadmium, — de •/.aopria, nom donné par les Grecs à la calamine, espèce de carbonate de zinc d'où on le retire.

Calcium , — de calx , chaux.

Cerium , — extrait de la cérite par Berzelius, en 180i.

Chrome , — de x/>'''f« . couleur. Ce métal forme avec presque tous les corps des composés colorés, dont quelques-uns sont employés en peinture.

Cobalt.

Cuivre.

Didyme , — SiS^no;, jumeau, parce qu'il était uni au lanthane qu.tnd ou l'a découvert, ea

Erbium , — les mots erbium et lerbium ont été formés d'ytterby, parce que c'est dans l'vttria que Al. Mosander les a découverts.

en 1843. Voy. plus bas Terbium et Yttrium.

Étain , — connu de toute antiquité.

Fer, — connu de toute antiquité.

Glucinium , — de vX-Jzuj, doux. Extrait de la glucine par Wohler-. Cette dernière substance est un oxyde de glucinium f|u'on trouve dans les émeraudes et les euclases. On l'a appelée glucine, parce que les sels solubles qu'elle forme sont doux et sucrés.

Iridium, — de iris , arc-en-ciel , parce q''e ses dissolutions en [)résentent les culeurs.

Lanthane, — de W9«vm, caché , ainsi nommé, parce que , uni à l'oxyde de cérium dans la proportion de 2 à 3, il n'en change pns sensibl.ment les propriétés, de sorte qu'il s'y tient pour ainsi dire caché.

Lithium , — de >t9;io? , lapideus ; c'est le radical de la lithine; ainsi nommé parce qu'on le trouva d'abord dans le règne mi- . néral.

Magnésium. — Les mots magnésie, lapis maynesius, viennent peut-être, dit un auteur, de ce que le minerai, appe'é autrefois magnésie, happe la langue et semble l'attirer comme l'aimant attire le fer.

Manganèse. — Le peroxyde de manganèse naturel est appelé magnésie noire. Quand on eut isolé le métal , vers 1774 , ou le nomma d'abord magnésium , ensuite manganium, et enlin manganesium.

Mercure , — nom donné par les alchimistes. Ils l'appelaient aussi vif-argent ou hydrar- (jyrum , [)arce que, selon eux, ce n'était que de l'argent li'|uide.

Molybdène, — de piolûSSaiva, plombagine, parce que, combiné avec le soufre, il ressemble à la mine de plondî.

Nickel , — extrait du minéral que les Allemands appellent kupfer-nickel ou faux cuivre. Il a été découvert parCronstcdt, en 1754, et le nom de 7iickel lui est resté. Or, — connu du toute antiquité.

Osmium, — découvert, en 1803, par Tcnnant. L'acide osmique, en se vapori-ant avec l'eiu, lui donne une odeur si forte et si désagréable, qu'il est impossible de la supporter ; c'est probablement ce qui a valu au métal le nom d'osmium , d'ôo-pij, odeur. -

Palladium , — découvert, en 1803, parWol-

laston. Nom arbitraire.

Platine , — de l'espagnol platina ou plata, ai'gent , ainsi nommé à cause de sa couleur. Découvert par don Antonio de Ulloa, vers 1733.

Plomb , — connu de toute antiquité.

Potassium, —radical de la potasse.

Rhodium , — nom arbitraire donné par ^yollaston, qui a découvert ce métal en 1803. Sodium, — radical de la soude.

Strontium , — découvert dans un minéral

venu de Strontian, en Ecosse.

Tantale ou Colombium , — découvert , en 1801 , dans un minéral venu d'Amérique, et ajjpelé colombium, pour rappi'Ier le nom do Christophe Colomb. Un chimiste suédois , l'ayant découveit presque en même

, !065 NOM

trmps , lui donna le nom de tantale , qui panut avoir jnévalu.

Tcrtiiuiii.

Tetlitrc , — nom arbitraire imaginé par Kla-

priilli.

Thorium ou Thorinium , — de l'hor , ancienne divinité Scandinave.

Titane, — nom arbitraire donn(^ parKIaprotli. Tutxjstène, — nom qui signilie terre pesante. Urane, — nom arbitraire donné par Klaproth. Vanadium, — du nom de Vanadès, ancienne

divinité des Scandinaves.

Yttrium. — En 179i , Gadolin trouva près d'Ytterby, en Suùde, une substance particulière qu'il ai>pela yttria, du nom môme de l'endroit où il l'avait rencontrée. En 1827, Wohlera reconnu que ce corps était un conqiosé d'oxygène et d'un certain métal qu'on a appelé yttrium.

Zinc, — de l'allemand zinn. Les Grecs lui avaient doiuié le nom de cadmia, en mémoire de Gadmus , qui leur avait appris à s'en servir pour faire le laiton. Zirconium , — radical de la zircone , oxyde qu'on a trouvé dans la pierre appelée zaryon ou zircon de Geylan.

On doit ajouter à celte liste le niobium, Vilmenium , le pelopium et le ruthénium, métaux récemment découverts et encore peu étudiés.

Les corps simples sont divisés en deux grandes séries : la première comprend l'oxygène , l'hydrogène , le carbone , le bore , le silicium , le phosphore , le soufre , le sélénium , le chlore , le Itrome , l'iode , le fluor, l'azote. Ces corps ont pour caractères communs de conduire mal la chaleur et l'électricité ; on les désigne sous le nom de métalloïdes. Tous les autres, au contraire, conduisent bien la chaleur et l'électricité; on les appelle métaux. On remarque que généralement les métalloïdes s'unissent bien aux métaux , et qu'ils sont électro-négatifs par rapport îi ces derniers.

La nomenclature chimique actuellement adoptée est une œuvre admirable qui ne date que de la fin du xvm" siècle. Les noms anciennement employés pour désigner les produits chimiques étaient enfantés par le caprice : chacun donnait au composé qu'il découvrait le nom que son imagination lui suggérait , et très-peu d'entre eux avaient une signification appropriée à la nature des corps qu'ils devaient faire connaître; les apparences physiques les plus légères suffisaient pour légitimer le choix des noms. Ainsi il y avait des fleurs d'antimoine , de zinc, de benjoin ; des beurres d'antimoine, d'étain ; des huiles de vitriol , de tartre par défaillance ; et rien ne ressemble moins à des fleurs , à des beurres ou des huiles que ces divers produits. Outre la bizarrerie de ces noms, un inconvénient beaucoup plus grave était le nombre considérable des synonymies, qui s'accroissait continuellement, et qui ])roduisait une vérilable confusion des langues. Ainsi le produit que nous coimaissons sous le nom de sjdfatc de potasse se nommait tantôt arcanum duplicatum , et tan-

DlCTIONN. DE GUIMIE.

NOM

iOCG

tAt sel duobus, tantôt enfin sel poh/chreste de (ilaser. On p(Mit jug(>r, par la singularité do ces divers noms, de ce (pi'éfait rancien langag(! chimi{iue, et des difficultés (jue devaient épiDuver les élèves et les professcui's [)Our retenir une synonymie aussi compli(]uée. La iKHnenclature actuelle est un chef-d'oîuvro de clarté; elle repose sur un [lefit nomfjre de règles bien |)réeises. Son ado|)ti(jn a certainement contribué aux progrès que la chimie a faits de[iuis un demi-siècle. On conçoit sans peine qu'un langage analytique aussi précis , qui n'admet rien d'arbitraire , qui non-seulement s'adapte aux faits connus, mais prévoit , pour ainsi dire, les découvertes à venir, a dû, en servant de lien commun aux savants de tous les pays , contribuer à rendre plus faciles leurs rapports mutuels. L'idée première de la nomenclature a))partient h Guyton deMorveau, qui présenta son projet à l'Académie des sciences. Getfe société désigna Lavoisicr, Berthollet et Fourcroy, pour l'examiner. La nomenclature méthodique , qui parut en 1787 , fut l'œuvre commune de ces quatre illustres chimistes : elle fut bientôt adoptée par les savants de tous les pays.

Avant de terminer ce précis historique, rappelons quelques-unes des paroles mémorables de Lavoisier sur la nomenclature chimique. « G'est , dit-il , en m'occupant de ce travail que j'ai mieux senti que je ne l'avais encore fait jusqu'alors , l'évidence des principes qui ont été posés par Condillac dans sa Logique et dans quehjues autres do ses ouvrages. Il y établit que nous ne pensons qu'avec le secours des mots; que les langues sont de véritables méthodes analytiques ; que l'ai-gèbre étant la plus simple, la plus exacte et la mieux adaptée à soti objet de toutes les manières de s énoncer, est à la fois une langue et une méthode analytique ; enfin, que Curt de raisonner se réduit à une langue bien faite.

« L'impossibilité d'isoler la nomenclature de la science, et la science de la nomenclature, tient à ce que toute science physique est nécessairement formée de trois choses : la série des faits qui constituent la science, les idées qui les rappellent, les mots qui les expriment. Le mot doit faire naître l'idée, l'idée doit peindre le fait : ce sont trois empreintes d'un même cachet; et comme ce sont les mots qui conservent les idées et qui les transmettent, il en résulte qu'on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner ta science, ni la science sans Je langage, et que, quelque certains que fussent les faits, quelque justes que fussent les idées qu'ils auiviient fait naître, ils ne transmettraient encore que des impressions fausses, si nous n'avions pas des expressions exactes pour les rendre. »

Exposons maintenant les principes de la nomenclature chimique actuelle. Pour les corps simples, les noms sont indépendants de toute règle; ils doivent seulement se prêter facilement à la composilion de noms plus complexes; c'est pour les corps composés que la nomenclature méthodique est

NOM

NOM

admirnblo : son usage a rendu à la science diiunienses services et en facilite singulièrement l'étude.

11 est une loi générale des combinaisons avec laquelle la nomenclature actuellement en usage est presque toujours d'accoid, et qu'il serait convenable d'observer toujours, que nous allons développer avant d'entrer dans les détails. Deux, trois, quatre corps simples ou éléments, et très-rarement plus, entrent dans la com|)Osition des corps composés; mais, quel que soit le nombre des éléments, il paraît généralement vrai que les corps simples sont unis seulement par deux forces antagonistes qui se neutralisent. Les analyses que nous pouvons facilement effectuer au moyen de la pile voltaique nous otfrent une représentation aussi simple qu'élégante de cette manière de voir. Les deux |)èles d'une pile en activité peuvent nous représenter deux fnrces antagonistes. Quand un composé binaire est pLicé dans la sphère d'activité de cette pile, un des éléments de ce composé se rend à un pôle, l'autre gagne le pôle op()Osé. Quand un composé ternaire est soumis à la m?me influence et que l'action est convenablement modérée, à chaque pôle se rend une combinaison binaire ayant des propriétés antagonistes. 11 en est de même jiour un composé quaternaire, et successivement. Ainsi nous pouvons considi'rer un composé, quel que soit le nombre de ses éléments, comme formé de deux corps simples ou de deux composés antagonistes. On forme la nomenclature du composé en lorm. nt le nom du genre avec le nom de l'élément électro-négatif ou celui qui se rend au pôle positif de la pile, et le nom spéciûque avec l'élément électro-positif.

Le principeesseiitiel de la nomenclature des corps composés est de donner une idée exacte de la nature d'un corps en énonçant son nom.

Combinaisons binaires de l'oxygène. — Le nombre, l'importance des combinaisons de l'oxygène, et l'esiièce de prépondérance exclusive que lui ont accordée les fondateurs de la nomenclature, nous engagent à commencer par exposer la nomenclature des combinaisons binaires de l'oxygène. Pour former le nom du composé, voici les diti'érentes conditions auxquelles on a eu égard : 1° l'acidité ou la non-;.cidilé du composé ; les composés oxygénés, qui rougissent la teinture du tournesol, sont considérés comme acides et nommés oxacides ; les composés oxygénés, qui n'ont point d'action sur celte couleur, sont nommés oxydes; 2° la nature du cor[is qui est uni à l'oxygène; 3" les ditl'érentes proportions suivant^ lesquelles ces corps sont susceptibh'S de s'unir entre eux. Ainsi, lorsqu'on veut désigner une combinaison binau-e de l'oxygène qui est acide, on emphiie d'abord le nom généri((ue d'oxacide, ou, iiar abréviation, simiilement le nom d'«c;dc. Le nom si)écilique est lo nié par le nom du corps suuple qui est uni à l'oxygène; ce nom est ordi- Uuu'emeut latinisé. "En terminant ce mot uar

les désinences ique ou eux, ou le ûiisani précéder par la préposition hijpo (1), on indique les diverses proportions suivant lesquelles ce cot ps simple est uni à l'oxygène. On est convenu que la terminaison ique indique plus d'oxygène que la terminaison eux, et enlin, que la préposition hypo exprime toujours une pioportion d'oxygène plus faible que le mot spécifique terminé en ique ou en eux. Pour éclaircir rette explication, citons un corps qui peut former avec l'oxygène quatre combinaisons qui peuvent être distinguées par les désinences et la préposition.

Le soufre forme avec l'oxygène quatre acides : inscrivons d'abord pour les quatre le nom acide; en prenant le nom sulfur et en y ajoutant la terminaison ique, nous avouai le nom acide sull'urique; il indique la combinaison de l'oxygène qui contient le plus de soufre. En joignant la préposition liypo au mot sulfuriqite, nous formons le nom (ïacide hyposulfarique, et nous désignons ainsi l'oxacide le jilus oxygéné du soufie après le précédent. En changeant la terminaison ique par la terminaison eux, no s formons le nom d'acî'rfe sulfureux, qui désigne l'oxacide qui contient le plus d'oxygène ajiiès le précédent. Enlin, en joignant la préposition hypo h sulfureux , nous formons le nom d'acide hyposutfureux, qui indique l'oxacide du soufre le moins oxygéné.

Pour quelques acides dtint le degré d'oxygénation s'élève, on ajoute la préposition hyper (2) ; ainsi on dit acide hyperchlorique.

Dans ces exemples, que ion pourrait beaucoup multiplier, l'oxygène est le corps aciditiant : de là vient son nom. Mais depuis que l'on sait qu'il existe des acides exempts d'oxygène, on a formé leur nom de leurs composants en y joignant la terminaison ique : on dit donc acides cliloriiydrique, bromhydnque, iodhydrique, pour désigner les acides formés de chlore, ou de brome, ou d'iode et d'hydrogène.

Nomenclature des acides binaires noti arides. — Lorsqu'un coriis ne forme qu'une seule conuiinaison avec l'oxygène, ou la désigne en énonçant le nom générique d'oxyde , puis le nom du corjis qui est uni à l'oxygène : par exemiile, on dit oxyde daluminiuui pour désigner l'unique coujbinaison de ce métal avec l'oxygène; dans le cas où un corps s'unit en plusieurs propoitions avec l'oxygène, ou lait précéder le mot oxyde des particules dérivées du grec prolo pour le premier degré, deuto pour le second degré, trito pour le troisième, et eiitin tetr pour le quatrième degré d'oxydation ; on désigne (luelquefôis l'oxyde le plus oxygéné par lo mot de peroxyde. Berzelius, considérant que, d'après cette méthode, oa assigne des noms qui ne sont exacts qu'eu égard à nos connaissances du moment, et que ces noms sont peu maniables dans la nomeuclutun es combinaisons plus com-

(1) Du grec ., sous.

(2) Du giec uTTc/), sur, au-dessus.

NOM

NOM

ploxes, ompldio hi itkMiio piinoipo qno nous avons iiiiliiiiu' inair il('sij^iii'i' les divers diîgrcVs d'dwtliliiin dans les acides; il désigne par la leriiiiiiaisou en eux l'oxyde eoiitoiiaut le luoiiis d'oxygène; ainsi oxyde i\\vreux indiiiue l'oxytle i[ni contient lo moins d'oxygène, et oxyde l'erricpie celui cpii eu contient 1(! |)lns."l''n faisant (irécéder U' mot oxyde d(!S pi't^[)ositions sus, sous et sur, on peiit inditpii'i' un grand nombre de combinaisons diirérenles.

Nomenclature des composés binaires non oxygénés. — Quand ces coui|)osés sont acides, on énonce d'abord le mot aciile, puis un nom cpii ra|ipelle l'élénieiit électro-négatil'; ainsi pi)ur chlore chloro, biome bromo, etc. ; puis le nom ((ui rap[telle le nom du corps éleclro-positil'. Ainsi ou dira, pour dési^Auer la comoinaison acide du chlore avec le phospiiore, acide chlorophosphorique, etc. Bei'zeluis, |iour désigiuM- une pareille condjinaison, lait suivre de la terminaison i(te le nom du corps électro-négatif ou comburant ; ainsi il dit sultide, chloride, etc.

Four les composés binaires non oxygénés, non acides, le nom géuéi'ique est formé du nom du comburant, ou de l'élément électroné'galif, auquel on adjoint la terminaison en ure; ainsi on dit clilorure, sulfure, ioduie, etc. Quand ils forment plusieurs composés, ou bien on les fait précéder des prépositions proto, deuto, irito, etc., ou bien, en suivant la marche indiquée par Berzelius, on termine le nom spécitique par les désinences (V/ffP, eux. A'usi, pour désigner les combiriaisons du chlore avec le fer, on dit prolochlorure de 1er, deutochlorure do fer, ou bien chlorure ferreux, chloruie fenique. L'usage a consacré plusieurs exceptions à ces règles générales; nous les ferons connaître eu traitant des coi'ps auxquels elles se rapportent.

Nomenclature des sels. — Nous allons terminer cet exposé rapide des bases de la nomenclature en indiquant de ciuelle manière sont établis les noms des sels. Les sels sont formés jjar l'union de deux principes antagonistes, dont l'un jouit de propriétés acides et l'autre de propriétés alcalines. Par leur union, en de certaines limites, ces propriétés contraires sont neutralisées. Quand aucun des principes antagonistes ne prédomine, les sels sont dits neutres; quand l'acide prédomine, ils sont dits acides; ou les nomme basiques cpiand la base ou le principe alcalin se trouve dominant.

Autant on compte d'acides, autant on compte de genres de sels. Pour nommer un sel, on a égard à trois choses : 1° à la nature de l'acide ; 2° à la base salitiable ; 3° aux proportions suivant lesquelles l'acide et la base sont susceptibles de se combiner: le nom générique rappelle le nom de l'acide, le nom spéciliqne Celui de la base.

Première règle. — Tout acide dont la terminaison est en ique donne un nom dont la terminaison est en ate ; tout acide dont la terminaison est en eux donne un nom dout

la terminaison est en ftc. Ex : acide sulfiiri- (pii' donne sulfite ; sulfureux, sullite; liyposull'iiiique, hyposulfate ; hyposulfureux, liyposullile.

Deii.vième règle. — On forme lo nom spécitique eu désignant la base avec laquella l'acide est uni ; ainsi, pour nommer la co?n binaison de l'acide sulfurique avec le pro-^ (oxyde de fer, on dit sulfate de protoxyde do fer, ou plus simplement, d'après JJerzelius, sulfate fi'rri^ux.

.Troisième règle. — Quand la combinaison est aussi voisine ({ue possible de l'étal neutre, larègle est d'éiioiiciT simplement le nom du genre de sel qu'il s'agit de nommer, et ensuite celui de la base de ce môme sel ; si la proportion de l'acide excède celle qui constitue le sel neutre, on joint au mot générique la pré[iosition sur; si la proportion de la base excède celle qui constitue le sel neutre, on joint au nom génériqise la préposition so»s ; mais l'expérience nous ayant appris que les diverses proportions d'acide qui s'unissent à une base, ou réciproquement, sont entre elles comme les nombres 1, 1 ^, "2, 3, 4, etc., on exprime dans la nomenclature ces rapports avec exactitude ; pour les sur-sels, la cjuantité étant supposée égale à 1 dans le sel neutre, on remplacera la préposition sur par les mots sesqui, bi, tri, quadri, etc., suivant que les proportions correspondront à 1 4. 2, 3, k ; et ces mots précéderont le nom générique ; pour les sous-sels, ils précéderont au contraire le nom spécifique. Ainsi, bisulfate de potasse s'ap[)lique à la combinaison d'acide sulfurique et de potasse dans laquelle il y a deux fois plus d'acide que dans le sel neutre. Acétate tri|ilombique s'applique à la combinaison d'acide acétique et d'oxyde de plomb, dans laquelle il y a trois fois plus d'oxyde plombique ou de base que dans le sel neutre.

Au moyen de cette nomenclature, la mémoire la moins heureuse peut retenir les noms qui désignent un nombre considérable décomposés; cette langue chimique possède encore le précieux avantage d'indiquer la nature des corps qui entrent dans le composé, et les proportions dans lesquelles ils sont unis.

Ammoniaque et bases organiques. — L'ammoniaque, azoture d'hydrogène, composée d'hydrogène et d'azote, ainsi que diverses substances organiques formées de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote, peuvent saturer les acides et former des sels ; ce sont donc aussi des bases salifiables comme les oxydes des divers métaux.

Oxydes qui jouent le rôle d'acides. — Un certain nombre d'oxydes, basés avec la plupart des acides, peuvent remplir, vis-à-vis des bases énergiques, les fonctions d'acide. Ces combinaisons se désignent comme les autres sels : ainsi les oxydes d'étain,de zinc, d'aluminium, qui s'unissent aux oxydes de l)0tassiuni et de sodium, forment des stannatcs, des zincates et des aluminates de prOtoxy-des do potassium ou de sodium.

Hydrates. — L'eau peut former, avec plU-

NUT

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sieurs oxyiles, des combinaisons plus ou moins énergiques que l'on nomme hydrates; tels sont les hydrates de chaux, de potasse, de soude (ou d'oxydes de calcium, de potassium, do sodium).

Combinaisons des métaux entre eux. — On les appelle nlHayes, et le nom de chaque métal, entrant dans la combinaison, est indiqué : on dit donc alliage de plomb et d'étain, alliage d'or , d'argent et de cuivre. Ces combinaisons peuvent être fort complexes et se former en diverses ])roportions. Certains alliages ont reçu des noms abrégés : ainsi, les alliages de° cuivre et d'étain, auxquels peuvent se joindre en jjIus faibles doses |ilusieurs autres métaux (zinc, ar:;ent, plomb, fer), sont appelés 6ro/!:es, l'alliage de cuivre 75 à 80 avec 25 à 20 de zinc se nomme laiton. Enfln, lorsque le mercure fait partie d'un alliage, on peut supprimer le nom de ce métal en désignant le composé par le nom d'amalgame, ai si on dit amalgame d'or, amalgame d'argent, etc., pour indiquer les composés de mercure et d'or ou de mercure et d'argent.

Oxydes unis aux combinaisons des métalloïdes arec les métaux. — On les désigne en ajoutant le mot oxy au nom de ces dernières combinaisons : ainsi la chaux (oxyde de calcium) unie au sulfure de calcium est un oxysulfure de calcium ; l'oxyde de mercure uni au chlorure de mercure "est Voxychlorure de mercure.

Combinaisons doubles entre les composés d'un métalloïde et d'un métal. — L'addition du mot double suflit pour les caractériser: ainsi, l'on dit chlorure double de platine et de potassium, sulfure double d'antimoine et de potassium.

Composés organiques. — Les principes immédiats des deux règnes sont formés d'oxygène, d'hydro-,ène, de carbone, d'azote, unis au nombre de deux, de trois ou de quatre de ces éléments. Celles de ces combinaisons qui jouent le rôle d'acides ont en général des noms terminés en ique : acides oxalitme, acétique, tartrique, etc.; les sels qu'ils forment en s'unissant aux bases inorganiques (minérales) ou organiques se désignent en changeant en ate la terminaison de l'acide, et ajoutant le nom de l'oxyde ou seulement du métal, ou de la base quelconque ; ainsi, on désigne les combinaisons des trois acides ci-dessus avec la potasse ou l'oxyde de plomb par les noms suivants : oxalates, acétates, tartrates de potasse ou de plomb.

NUAGES. Voy. Eau.

NUTRITION DES PLANTES. —Une plante provient toujours d'une semence qui a été fécondée et enfouie dans la terre plus ou moins profondément. Pour que cette semence, qui renferme une petite plante emprisonnée dans des envelopi)es, jiuisse se développer, germer, il faut qu'elle se trouve dans des conditions favorables, c'est-à-dire qu'elle ait été fécondée, qu'elle soit arrivée à une maturité complet.', qu'elle ne soit pas trop desséchée, qu'elle soit débarrassée des animalcules qui gourraieut la ronger dans la terre et l'em-

pêcher do germer ; il faut ensuite qu'elle soit exposée à une douce température qui varie de 10° à 30° ; il faut qu'elle soit en contact avec de l'eau ; enfln, quelle soit soustraite k l'action d'une trop vive lumière et au contact de l'air. L'oxygène, en agissant sur la semence, produit de l'acide acétique et de l'acide carbonique. La production du premier de ces acides peut être jirouvée en faisant germer des graines de froment, de clianvre, de lentilles, dans un milieu composé de carbonate de chaux bien lavé ; à la fin de l'expérience, on trouve que ce sel est passé en partie à l'état d'acétate de chaux. On peut se convaincre de la formation de l'acide carbonique dans la germination. On trouve, à la fin de l'expérience, qu'une partie de l'oxygène a disparu et a été remplacée par un volume égal d'acide carbonique.

Quand, par l'etfet de la germination, la plante a pris naissance, elle continue toujours à croître, en s'assimilant de nouveaux aliments qu'elle puise dans les milieux avec lesquels elle se trouve en rapport. La masse principale de tous les végétaux se compose de combinaisons qui renferment du carbone et les éléments de l'eau , et cela dans les proportions pour faire de l'eau : tels sont le ligneux, la fécule, le sucre, la garance. Dans une autre classe de composés carbonés, constituant certaines parties des plantes , on trouve , outre le carbone, les éléments de l'eau, plus une certaine quantité d'oxygène; elle comprend, à peu d'exceptions près, les nombreux acides organiques que l'on rencontre dans les végétaux.

Enfin, une troisième classe embrasse des combinaisons de carbone et d'hydrogène qui tantôt ne renferment pas d'oxygène, tantôt ne contiennent qu'une quantité d'oxygène moindre que celle qu'il faudrait pour former de l'eau avec de l'hydrogène. Les huiles volatiles et les huiles grasses, la cire et les résines, appartiennent h celte classe de combinaisons. Plusieurs d'entre elles jouent le rôle d'acides. Les acides organiques proprement dits ne manquent dans aucune plante ; ils constituent une (lartie des sucs végétaux et s'y trouvent presque toujours, à peu d'exceptions près, combinés à des oxydes métalliques. Ces derniers se rencontrent dans presque tous les végétaux et restent, après leur incinération , dans les cendres où ils peuvent être retrouvés.

L'azote est un constituant deValbitmine végétale et du gluten. Dans les végétaux, on le rencontre encore engagé dans certains acides, dans certains corps indifférents, et dans plusieurs combinaisons qui présentent toutesles propriétés des oxydes métalliques et qui portent le nom de bases végétales ou d'alcaloïdes.

Sous le rapport du }ioids, l'azote forme la plus petite porlion de la masse des |)lantes ; cependant cet élément ne manque dans aucune plante et se rencontre dans tous les organes. S'il ne fait pas précisément partie de la constitution des organes, il se trouve néanmoins, en toutes circonstances, dans la sévc dont ces organes sont imprégués.

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Le développement d'dne plaiito (k''peiul, d'après cela, soit de la pcoseiicc il'iiiu^ coiiil>iiiaison (■arhoiii''o (lui louriiisse le carlxiiu!, soit de la |iri''soiU'o (l'une coinhiiiaisoii azotée qui otlVe l'azote ; outi'e cela, les végétaux exigent pour se développer la j)réseuce de l'eau et de ses élément'*, et d'un terrain ([ui renferme les matières inorf^anlipies sans lesquelles les niantes ne sauraient l'xister.

l.a première question que l'on puisse se proposer sur la nutiition des plantes, c'est la détermination du mode d'assimilation du carbone dans les plantes. Cette question , (lui, au premier abord , paraît très-simple, a été cependant très-controversée.

Un ii,rand nombre de physiologistes considèrent l'humus, qui est une [larlie du terreau, comme le [)rincipal aliment des plantes, connue la matière que la plante doit s'assimiler et dont la présence est la t'ondition essentielle de la propagation de l'espèce et de la pro[)agation des races. Cet humus est le produit de la putréfaction et de la combustion lente des végétaux et de leurs diverses jiarties. Cette matière, qui est brune, pcusoiuble dans l'eau, plus soluble dans les alcalis, a recni, h cause de la diversité de ses caractères extérieurs et do ses réactions chimiques, plusieursdénominations, telles que : acide uhniquc, humine, géine, acide géiijue, etc. On l'obtient en traitant la tourbe, la libre ligneuse, la suie, les lignites, etc.. par des alcalis; ou en décomposant le sucre, la fécule, la lactine, etc., par (les acides ; ou bien encore en mettant au contact de l'air des solutions alcalines d'acide gaUique ou de tannin. Les modifications solubles dans les alcalis portent de préférence le nom d'acide ulmique, et celles quiy sontinsolubless'appellentsimplement ulmine. Toutes ces matières, obtenues par les procédés que nous venons d'indiquer, sont loin d'ètreidentiques. Ainsi l'acide ulmique, retiré de la sciure de bois' par la potasse, contient '72 pour 100 de carbone d'après M. Péligot ; celui qu'on retire'de la tourbe et du lignite en contient 58 pour 100 d'après Sprengel ; suivant M. Malagutti, celui qu'on produit avec le sucre et l'acide sulfurique étendu en contient 57 pour 100; enfin, d après M. Stein, celui qu'on prépare avec le sucre et l'amidon, par l'action de l'acide chlorhydricjue, contient Gi pour 100 de carbone. Ces résultats ont été vérifiés avec soin par d'autres chimistes. D'après les mêmes travaux, les proportions d'oxygène et d'hydrogène ne sont pas les mêmes dans ces difl'érentes variétés d'acide ulmique.

11 faut donc conclure de là que les chimistes ont confondu sous un mémo nom tous les produits de la décomposition des matières organiques qui présentent une couleur brune ou brun noir, et qu'ils les ont appelés acide ulmique ou ulmine, suivant qu'ils étaient solubles ou insolublcsdans les alcalis.

Les physiologistes sii;i|osent donc que l'humus (lu ternau est absorbé par les racines des pl.intes, et que le carbone de cet humus sert d'aliment à ces plantes. Ce qui les portait à adoi^ter immédiatement une pareille

(ipumm, c'est la dissemblance qu'ils remarqnauMil dans la prospérité des mêmes |ilantes cultivées dans des terrains (pn; l'on savait diiréi'cr, sous h? rapport de la richesse, en iuimus. Ce|)eii(lanl, p;n- un examen rigoureux, on rei'onnaîl,de la manière la |)lus évidente, ((ue l'acide ulnii((ne, dans la forme sous la(iuelle il est conteim dans le sol, ne contribue en rien l'i la nutrition des plantes.

Pour réfuter rojiinion d(>s plusiologistes, nous lemanpierons d'abord (prils s'accordent îi dire i|ue l'humus aci|niert, par rintermédiaire de l'eau, la faculté d'être al)sorbr> par les racines. Or les chimistes ont trouvé que l'acide ulmique n'est soluble dans l'eau ([u'autant ([u'il n'a pas encore été se dié, et p(M'd entièrement sa solubilité une fois qu'il a été desséché à l'air. Il devient également insoluble lorsque l'eau qu'il renfeiuK; so congèle. Ainsi, le froid de l'hiver et les chaleurs de l'été privent nécessairement l'acide ulmique de sa solubilité et le rendent par conséquent impropre à l'assimilation. L'liy|)otlièse no peut alors se soutenir qu'en admettant que la chaux, et en général les alcalis que l'on rencontre dans les plantes, soient les médiateurs de sa solubilité, et, partant, de son assimilation. Comme les divers terrains renferment des alcalis et des terres alcalines en quantité suflisante, il faut examiner cette nouvelle phase de la question et démontrer qu'elle est aussi erronée.

En effet, on a trouvé que 2500 mètres carrés de forêt donnent par an, terme moyen, 1325 kilogrammes de bois tie sapin, contenant en tout 2kil. 8 d'oxydes métalliques basiques. Mais cette quantité d'oxydes peut se combiner avec un poids de 30 kil. 5 d'acide ulmique; or la quantité de carbone de cet acide ulmique diffère énormément du carbone contenu dans le bois que la même terre a donné, savoir 1325 kilogrammes.

D'autres considérations d'un ordre plus élevé réfutent la théorie ordinaire de l'inlluence de l'acide ulmique dans la végétation d'une manière tellement décisive, qu'on a de la jieine, à la vérité, à comprendre comment une pareille opinion a pu être soutenue avec ardeur.

Les diverses plantes que l'on cultive dans les champs et que nous recueillons, connue les bois, les blés, le foin, etc., présentent des différences énormes sous le rapport de leur masse, mais non sous celui du carbone qu'elles contiennent, comme nous allons le voir.

1° Pour 2500 mètres carrés de forêts plantées dans un terrain moyen, il croit par an, terme moyen, 1325 kilogr.de chênes, de pins, de bouleaux séchés à l'air. 2° Une prairie de la môme étendue fournit environ 1250 kilogrammes de foin. 3° Un chanq) de la même étendue donne 900 à 1000 kilogrammes do betteraves. Le même fom'iiit '•■OO kilogram mes do seigle et 890 kilogrammes de en tout 1290 kilogrammes. , -'

Or, si l'on cherche combien c,es ^divérs^ poids de bois, de foin, de betterav^ gle et de paille ccii^eniicnt de ca

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trouveralerésultat extrêmement remarquable qui est consigné dans le tableau suivant :

2500 m. carrés de forêt produisent 503 kil. de carb.

Id. — de prairie . . . 504

Id. — de terres à betteraves (feuilles comprises) . . /t68

Id. — de terres à céréales. 510

De ces faits irrécusables il faut conclure que des surfaces égales de terres propres à la culture produisent une quantité égale de carbone; cependant quelles différences énornies se présentent dans les conditions de raccroissement des plantes que l'on y cultive! En jiartnnt do ces faits, on peut se demander où les prairies, les bois des forêts puisent leur carbone , puisqu'on ne leur amène jtas d'engrais, et se demander encore comment il peut arriver que ces terrains, au lieu de s'apaurrir en carbone, s'amélinrent, s'enrichissent, au contraire, de cette substance d'année en année. Tous les ans on enlève aux forêts et aux prairies une certaine quantité de carljone sous forme de bois ou de foin, et malgré cela on tioiive que le sol devient plus riche eu carbone et que la quantiié d'alumine y augmente. Ou dit ordinairement que, dans les tenues oii l'on a cultivé dos céréales, on remplace par Tengrais le carbone qui leur a été enlevé à l'état d'herbe, de paille ou de graines; et pourtant ces terres ne produisent pas plus de carbone que les prairies et les forêts où on ne le remplace jamais. On peut diuic poser en principe que Vcngrais ne concourt pas à la production du carbone dans les plantes, et qu'il n'y exerce aucune action directe. Ce résultat ne peut en rien infirmer l'action de l'engrais sur les plantes, action dont nous nous occuperons plus tard.

Lorsqu'on a voulu résoudre le problème de l'origine du carbone dans les végétaux, on ne s'est pas aperçu , dit Liebig , que cette question embrasse également celle de l'origine de l'humus. D'après ce que nous savons, l'humus est un produit de la ])utiéfaclion et delà combustion lente des plantes ou des I arties des plantes; il ne peut donc pas exister d' lumus originel, de terreau primitif; c;ir avant l'humus il y avait des piaules. Oii ces plantes ont-elles puisé leur carbone ? et si c'est dans l'atmosplière, sous quelle forme le carbone est-il contenu dans 1 atmosphère. On sait que l'air est toujours constant dans sa composition, c'est-à-dire que dans toutes les saisons et dans tous les cliuiats, on y a trouvé toujours 21 volumes d'oxygène pour 100, avec des dill'érences si peu sensibles, qu'il faut nécessairement les attribuer à des erreurs d'obseivation. On sait aussi que l'air ordinaire renferme toujours une petite ])ropor(ion d'acide carbonique qui s"élève à xî'jp. Cette quantité varie suivant les saisons, mais reste constante pour des années différentes. Si les quantités énormes d'acide carbonique qui s'écoulent tous les nus dans l'atmosphère ne disparaissent pas, ■ iiur un effet quelconque, il faudrait uécessai- *~-v rement que la nroportion en augmentât de

plus en plus, ce qui serait contraire à tou tes les observations qui ont été faites.

On conçoit aisément que les quantités d'acide carbonique et d'oxygène qui, durant des siècles, sont ainsi demeurées constantes, doivent avoir une certaine relation entre elles, c'est-à-dire qu'il doit exister deux causes, l'une qui empêche l'accumulation de l'acide carbonique en éloignant, en déiruisant constamment celui qui est engendré, et l'autre qui remplace continuellement l'oxygène que l'air perd par les idiénomènes de combustion, de putrôtactidn et de respiration. Or ces deux causes se trouvent réunies dans l'acte vital des plantes.

L'air atmosphérique est le seul gaz qui soit réellement apte à la nutrition et à Faccroissement des planies. L'acide carbonique renfermé dans cet air joue d^ns cette adion un rôle extrêmement actif et important ; car tout le monde jieut s'assurer, par des moyens très-simples, que les feuilles et les parties vertes de toutes les plantes décomposent, sous l'influence des rayons solaires, l'acide carbonique de l'air, s'emparent du carbone et exhalent un volume d'oxyyène égal à celui de l'acide carbonique décomposé. Pour vérilier ce fait important, il suffira d'exposer aux rayons solaires une cloche renfermant un volume donné d'acide carbonique et des parties vertes d'une ou de plusieurs plantes. La coche repose sur une cuve à mercure ou à eau ; cette disposition permet, pendant le cours de l'expérience, de se convaincre que le volume du gaz de la cloche ne varie pas du tout. On reconnaît aussi que l'acide carbonique de la cloche et de la dissolution a disparu complètement, et se trouve remplacé par de l'oxygène pur. Dans une eau' exempte d'aciile carbonique, ou qui renferme un alcali |)réservant cet acide de l'assimilation, les plantes n'émettent pas de gaz.

Il résulte d'expériences rigoureuses de Théodore de Saussure, que la plante ;îugmente de j oidsà mesurequ'elle dégage del'oxygène et qu'elle décomposel'acidecai bonique.Cetle augmentation de poids est plus forte que celle qui étjuivaudrait seulement à la quantité de carbone absorbée, ce qui prouve clairement que la plante s'assimile en môme temps les éléments de l'eau. Les plantes sont donc une source intarissable de l'oxygène le plus pur; elles réparent incessamment les pertes que l'acte respiratoiie fait éprouver à l'atmosphère. Ainsi les animaux expirent' du caiboue, et les végétaux l'aspirent; donc le milieu dans lequel le phénomène s'accomplit, c'est-à-dire l'air, ne peut changei' de composition.

Lorsque les plantes sont plongées dans l'obscurité , les parties vertes ne continuent plus à décomposer l'acide carbonique de l'air et à s'assimiler le carbone.; elles exhalent, au contraire, de l'acide carbonique, et absorbent l'oxygène de l'air. Ces résultats ont été confiimés par un grand nombre d'observateurs. L'air, qui entouie la plante i)lungée dans l'obscurité, diminue de volume : il est clair alors que la quantité d'oxygène ab'^

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siirbée est phisgrandoque lo volume d'acitio riirb(Mii([iu' i|vii est rcjcti^ car, siins cela, il n'aurait pas pu y avoir iliuiinulioii dans 1(^ volume (If l'air. L'oxviiôno, qui est un dos [)lus éni'rgirjuos agents d(! la naturo, \m devra pas rester inactif et j(UU!r un rolo i)assif, fn arrivant sur la plante au niouiont où le plii'iniiuiC'ne d'assimilation, c'est-î>-dire la vio V(5g(Malo, acosst^sur cette plante. Une action chimique s'établit alors, par suite de l'influence de l'oxysèno de l'air sur les parties constituantes îles touilles, des floiu's et des fruits. Cotte action n'a rien de commun avec la vie dos plantes, car dans la plante morte elle se |)résoiiti' absolument sous lu mûme forme que d:uis la plante vivante. On peut se convaincre de ce dernier fait en prenant du bois vert, lo réduisant en copeaux tenus et le plagant sous une cloche avec de l'oxygène; on trouve toujours avi conniioncomcnt que le volume de ce gaz diminue.

Le gaz oxygène qui a été absorbé par la plante pendant la nuit reste en partie dans le végétal sans éprouver d'altération ; mais la plus grande partie de cet oxygène se combine avec une quantité proportionnelle du carbone de la plante, et donne naissance à de l'acide caiiboni(iue. Une portion de cet acide reste en solution dans l'eau de végétation de la plante, tandis que la plus grande partie, indécomj)Osable par l'absence de la lumière, est rendue à l'air par une espèce do transpiration qui a lieu par l'intermédiaire des spongioles. Ainsi une paitie du carbone, peut-être tout le carbone, qui s'était lixé pendant tout lejour dans le végétal, en soitira pendant la nuit sous forme d'acidb carbo lique, par une transpiration des feuilles. Des expériences ont démontré que la quantité de carbone rendue ainsi j)endant la nuit n'est qu'une partie de celle qui a été assimilée à la plante pendant lejour, sous l'intluence de la lumière solaire. L'air tendrait donc à se purifier de gaz acide carbonique, si une autre cause sans cesse agissante ne venait rétablir l'équilibre. Ce sont les animaux que la nature a ciiargés de ce soin important, car ces êtres n'expirent pas l'air tel qu'il l'ont aspiré, et ils le rendent à l'atmosphère chargé d'une forte proportion d'acide carbonique.

Les végétaux et toutes leurs parties, dès qu'ils cessent de vivre, sont sujets à deux espèces de décompositions : l'une porte le nom de fermenUUion ou de putréfaction, et l'autre celui de combustion lente ou de pourriture sèche. Par la pourriture sèche, les parties condjusiiblos du corps se combinent avec l'oxygène de l'air. Par la partie essentielle des végétaux, c'est-à-dire par le ligneux, la pourriture sèche convertit l'oxygène en un volume égal d'acide carbonique; dès que l'oxygène disparait, la pourriture s'arrête. L'accomplissement de ce phénomène de combustion exige un temps fort long: la présence de l'eau en est également une condition indispensable. Les alcalis en favorisent le piogrès, les acides l'entravent. Le ligneux, dans cet état progressif Ue pourriture ou de com-

bustion lente, est précisément ce que nous appellerons Yhuinuscin Vufinùne.

haiis un sol perméable h l'air, l'humus so comporle absolument connue (fans l'air luimênu', (''ost-à-dire. qu'il présiinfii une source lente et continue d'acide caiboni(}ue. Autour de chatpu! particule de l'humus i'w pourriture il se form(f, aux dépens d(! l'oxygèno de l'air, une atmosphèr(! d'acid(! carbonique, l'ai' l'amoublissement du sol, on favorise l'accès do l'air h l'humus, et l'on l'onferme dans le sol humide ainsi préparé une almosphère d'acide carl)oni(pio; de cette manière, on y place lo premier et lopins important aliment de la jeune plante t(ui doit s'y dévelop|ier.

Pendant toute la durée de la végétation il s'opère, dans les combinaisons déjà existantes dans les plantes, des niétanior[)hoses par suite desquelles des sécrétions gazeuses s'échaftpont par les feuilles et les tleurs, tandis i[ue des excréments solides filti'cnt à travers les écorces, et que dos substances liquides ou solublos so'it rejotées par les racines. Ces excrétions sont surtout très-abondantes à l'époque où la floraison se détermine et pendant le cours de cette floraison; elles diniinu'ent lors de la fi'uctification. On remarcjue ces excrétions dans les racines de toutes les plantes. Elles consistent en matières trèscarbonées ((ui retournent dans le sol. Ainsi la terre reçoit, sous forme de matières solublos et putréfiablos à la fois, la plus grande partie (lu carbone qu'elle avait cédé à la plante, sous forme d'acide carbonique, au commencement de son développement.

Ainsi ce que le sol perd pendant la vie de la plante lui est rendu ensuite avec usure : pendant le repos de la végétation, toutes les matières se pourrissent et viennent au printon)[is offrir à une autre végétation une nouvelle source d'aliments. Dans l'état normal de la végétation, les plantes n'épuisent pas le sol; elles le rendent au contraire de plus en plus apte à servir à une nouvelle génération, car elles rendent à la terre plus de carbone qu'elles n'en ont reçu, et c'est, comme nous l'avons vu, exclusivement l'acide carbonique de l'atmosphère ([ui pourvoit à l'augmentation de leur niasse.

Si nous résumons ce que nous avons dit sur l'humus, nous reconnaîtrons que l'humus nourri! les jilantes, non pas iiarce que, conmje tel, il est absorbé et assimilé, mais parce qu'il présente aux racines une source aamentaire, lente et continue, une source d'acide carbonique, et qu'd entretient en activité les organes (|ui ne sont jias en état de puiser leurs aliments dans l'atmosphère, comme le font les feuilles.

Des plantes ont pu arriver à leur entier développement sans le concours du terreau. Ainsi, dans du poussier de charbon bien calciné, un peu lavé, on peut porter les j)lantes au dévelopi ement le | lus parfait, à la floraison et à la Iructiricallun, si l'on a soin de les niaiiitenir humides avec do l'eau de pluie. Or, le charbnn végétal est le corps le plus indill'ért m, le plus injdti'rable que l'on connaisse ; la seule chose qu'il puisse céder de

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sa iiropro masse à la plante, c'est de la potasse et de la silice. Mais le charhon végétal possède la faculté de condenser dans ses porcs de l'air et particulièrement de l'acide carbonique ; c'est donc de la même manière que l'humus (pi'il pourvoit la racine d'une atmosphère d'acide carbonique et d'air, atmosphère qui se renouvelle aussi vite qu'elle est enlevée.

On sait qu'une plante ne peut pas vivre dans l'azote pur, dans l'oxygène pur et dans une atmosjjlière d'acide carbonique : elle ne tarde pas à périr. D'après cela, on conçoit très-bien que si l'on fait végéter une plante dans un vase clos, de manière que l'air et par conséquent l'acide carbonique ne puissent pas se renouveler, la plante, lors même qu'elle se trouve dans le terreau le plus fécond, périt absolument comme si elle était dans le vide, dans le gaz azote, ou dans l'acide carbonique. Par des raisons identiques, on ne doit pas arroser les plantes avec de l'eau distillée, mais bien, comme on le fait d'ailleurs,avecde l'eau de pluie ou de rivière; car l'eau de [jluie ou de rivière renferme un principe indispensable à la vie des plantes, qui ne leur est pas ottert par l'eau pure.

L'eau est indispensable à la végétation : ce liquide agit non-seulement comme dissolvant de certains principes que la plante s'assimile, mais encore comme matière alimentaire qui cède ses principes au végétal. C'est M. Th. de Saussure qui a prouvé que, dans l'acte de la végétation, l'eau était absorbée et contribuait à l'accroissement des plantes, en leur fournissant de l'oxygène et de l'hydrogène.

En étudiant l'action des plantes pendant la nuit, nous avons reconnu comment elles pouvaient s'assimiler l'oxygène de l'air. Nous avons maintenant à rechercher comment elles peuvent s'assimiler de l'hydrogène.

Le ligneux est formé de carbone, plus d'oxygène et d'hydrogène, dans les proportions pour faire de l'eau; dans le bois il y a plus d'hydrogène qu'il n'en correspond à ce rapport, et cet hydrogène s'y trouve à l'état de chlorophile, principe vert des feuilles, de cire, d'huile, de résine, ou en général de matières très-hydrogénées. Cet hydrogène n'a pu être fourni à ces substances que par l'eau, et il est évident, d'après la loi dessubstitutions, que pour chaque équivalent d'hydrogène qui, sous l'une de ces formes, s'assimile à la l'iante, il faut qu'un équivalent d'oxygène vienne à ratmos|)hàre.

Tout l'hydrogène qui est indispensable à l'existence d'un composé organique est fourni à la piaule par la décomposition de l'eau. L'assimil.ition, dans les végétaux, peut donc se représenter d'une manière fort simple, si on la considère comme une appropriation de l'hydrogène de l'eau et du carbone de l'acide cai'boiiique, par suite de laquelle se sépare tout l'oxygène de l'eau et •le l'acide carbonique, comme pour les huiles volatiles non oxygénées, le caoutchouc, etc., ou une partie seulement de l'oxygène de l'acide carbtini(jue

L'hydrogène et l'oxygène ne peuvent, soit seuls, soit en excès dans un mélange gazeux, entretenir la vitalité des végétaux. Il en est de même de l'azote ; mais il n'occasionne pas leur mort aussi ra|>i iement que l'acide carbonique et l'hydrogène.

D'après ]ilusieurs chimistes et physiologistes distingués, on a cru longtemps que les plantes ne pouvaient absorber l'azote, soit pur, soit mélangé aux gaz oxygène et acide carbonique.

Comme conséquence, on a professé que l'azote qui est contenu dans certaines plantes leur était fourni par les engrais et par l'eau qui en contient toujours une petite quantité en solution. Mais les recherches récentes entreprises par M. Boussingault combattent victorieusement ces idées. Le chimiste que je viens deciter, avantageusement connu dans la science par l'exactitude de ses expériences et de ses analyses, qu'il a soumises au jugement de l'Institut, a pris toutes les précautions imaginables pour éviter les erreurs et pour ne pas rendre la question complexe. Il a d'abord commencé par faire l'analyse des semences qu'il voulait faire germer et développer. Ces analyses lui ont fourni la quantité d'azote qu'elles contenaient. Il les a fait aliirs germer dans une caisse en verre, remplie d'un sable siliceux très-jiur, qu'il arrosait avec de l'eau distillée, laquelle, par conséquent, ne contenait pas d'azote. Le tout était recouvert d'une cloche en verre sur la cuve h mercure : cette cloche communiquait avec l'air extérieur par un tube de Liebig, dont les boules contenaient de l'eau distillée qui lavait l'air en le débarrassant des petits corpuscules et animalcules qui flottent toujours dans ce gaz. Entin, un vase remph d'eau communiquait avec l'intérieur de la cloche, et déterminait constamment, par l'écoulement de cette eau, une aspiration de l'air extérieur et la présence dans l'intérieur de la cloche, de quantités d'air toujours nouvelles. Quand les semences furent germées et fructifiées, M. Boussingault fit de nouveau l'analyse des graines produites, et il trouva leur poids jtlus grand que celui des graines semées ; enfin, il i)ut aussi reconnaître que ces analyses indiquaient en définitive un gain en azote qui évidemment ne pouvait provenir que de l'air successivement introduit dans la cloclie

La conclusion que l'on déduit naturellement de cette expérience peut encore être api)uyée par des considérations d'un ordre plus élevé. Considérons, en effet, l'état d'une ferme convenablement administrée et d'une étendue telle qu'elle puisse se sufiire à ellemême : nous y avons une certaine somme d'azote représentée par les hommes qui forment le personnel de cette propriété, par les animaux, les blés, les fiuits, les excréments, etc. La ferme est administrée sans qu'il y soit introduit du dehr rs de l'azote sousaucuneforme. Chaque année on échange les produits de cette ferme contre de l'ar gent et d'autres matières qui no renferment pas d'azote. Mais avec le blé, avec les Les-

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tiaux, ono\|")Orto uno cortaino qunntiln d'azoto sans la reiii|)la(or. Nôaiiiiioins, au houl (le (iuel([in"S aum'-es, la somme d'azole se Inmvc au^motitiVi. 1! est évidoiit (|ue c'est dans l'atmospliôro (]ne les i)lantos, et par suite les animaux, ituiscnt leur azote.

Certains chimistes, et entre autres M. Liebi;:;, ne paraissent j)as vouloir adopter les idées do M. Boussingault. Suivant lui, l'azote do l'air ne peut pas Otre rentlu apte, mènU' par Icsaclions chiini(pi(>s les plus énerl^i(|ues, .^ se combiner avec aucun (Mcnient, excepté l'oxyi^ène, et par suite à s'assimiler dans la plante directement. Ce cpii serait une preuve en faveur de cette opinion, c'est qu'il a été prouvé que beaucoup de plantes exhalent do l'azoto que les racines transmettent dans les tiges sous forme d'air ou en dissolution dans l'eau. D'un autre côté, de nombreuses expériences nous démontrent que, dans les céréales, le développement du j:,iuten azoté est dans un certain rapport avec la quantité il'azote absorbée qui, sous forme (l'ammoniaque, a été amenée à leurs racines par des matières animales putréliécs.

Dans cette manière de voir, l'ammoniaque, à cause de ses nombreuses propriétés bien connues, à cause de ses métamorphoses eu présence d'autres corps, serait la source où les plantes puiseraient leur azote et s'assimileraient cet aliment.

L'azote qui provient de la putréfaction des animaux est contenu dans l'atmosphère, à l'état d'ammoniaque, sous la forme d'un gaz qui se combine avec de l'acide carbonique en formant un sel volatil, lequel se dissout dans l'eau avec facilité et produit des combinaisons tout aussi solubles que lui-môme. L'azote à l'état d'ammoniaciue ne peut pas persister dans l'atmosphère, car il est précipité à chaque condensation des vapeurs aqueuses. Aussi les analyses les plus rigoureuses ne peuvent-elles déceler la présence de l'ammoniaque dans l'air. Les eaux pluviales doivent toujours contenir de l'ammoniaque. En été, où les jours de pluie se succèdent à de grands intervalles, elles en renferment plus qu'en hiver et au printemps. La jiremière pluie en contient plus que la seconde, et eniin, après une grande sécheresse, les pluies d'orage ramènent nécessairement sur la terre une grande quantité d'ammoniaque. Tous ces faits sont affirmés par M. Liebig dans son Traité de chimie organique. A^oici l'expérience qu'il indique pour jirouver que l'eau (le |)luie contient de l'ammoniaque. On éva- [)ore presque à siccité de l'eau de pluie récemment tombée, après y avoir ajouté un peu d'acide sulfurique ou d'acide chlorhydrique. Ces acides, en se combinant avec l'ammoniaque, la privent de sa volatilité. Le résidu contient alors du sel ammoniac ou du sulfate d'ammoniaque, que l'on reconnaît à l'aide du bichlorure de |>latine, et plus facilement encore à l'odeur pénétrante qu'il dégage lors(iu'on y ajoute de l'hydrate (le chaux pulvérisé.' L'ammoniaque se rencontre également dans les eaux Je neige.

L'ammoniaque existe donc dans l'atmos-

phère, c'est là uno vérité parfaitnment prouvée. Ce (^orps se rcMiouvellc constaimnent par rcll'etde la décomposition d(;s matières animales et végélahvs, et se trouve ramené sur le sol par les eaux iduviales. Une partie s'évapore de nouveau avec l'eau, taïKiis ([u'une autre partie est absorbée |iar les racines des plant(!S, et produit, en s'engageant dans do nouvelles cond)inaisons et suivant l(\s organes, de Vallnuiiinc, t[\i (jlaicti, de la (juittine, de la morphine, du ci/anot/ène, et un grand nombre d'autres combinaisons azotées.

Tout le monde sait (]Uo U^ fiinu(ir animal est emiiloyé dans la cultunï des céréales et des plantes fourragères. L'action de ce fumier sur les terres est une |)reuve complète (lu rôle luitritif de l'ammoniatiue. D'abord la proportion de gluten diffère extrêmement dans le froment, le seigle et l'orge ; leurs grains, môme dans l'état de parfait d(5velop ■ pement, en sont inégalement riches. Il faut nécessairement qu'il y ait une cause à ces ditlérences: or, cette cause, nous la trouvons dans la culture. Une augmentation de fumier animal influe non-seulement sur la richesse de la récolte, mais encore, d'une manière moins marquée, il est vrai, sur la pto- I)ortion de gluten qui se forme dans le grain. Bien plus, la proportion de gluten est d'autant plus grande quele fumier employé rend plus d'ammoniaque. On peut citer comme exemple la culture de Flandre , où l'urine humaine est employée comme engrais avec le plus grand succès. Or on sait que l'urine peut produire de grandes quantités d'aunnoniaque. Dans la putréfaction de l'urine, il se forme en abondance des sels à base d'ammoniaque; car, par l'action de la chaleur et de l'humidité, l'urée, qui est la matière azotée qui domine dans l'urine, se transforme en carbonat • d'amc^oniaque.

L'urine de l'homme et des animaux carnivores contient la plus grande proportion d'azote, soit à l'état de phosphate d'ammoniaque, soit à celui d'urée; cette dernière matière se transfirme par la putréfaction en bicarbonate d'ammoniaque, c'est-à-dire qu'elle prend la forme du sel que nous retrouvons dans les eaux pluviales. L'urine de l'homme est l'engrais le plus énergique pour tous les végétaux riches en azote ; l'urine des botes à corne, des brebis et du cheval est moins riche en azote, mais elle en contient toujours infiniment plus que les excréments de ces animaux. Si l'on compare la jjroportion d'azote contenue dans les excréments solides de l'homme et des animaux, on trouve qu'elle est presque nulle comparativement à celle qui est renfermée dans les excréments liquides. Cela, en ell'ct, ne peut pas être autrement.

Les aliments que prennent l'homme et les animaux ne peuvent entretenir la vie qu'autant qu'ils présentent aux organes les éléments dont ils ont besoin pour leur propre production ; les blés, ainsi que les herbes liaîciies et desséchées, consonnnés i)ar eux, contiennent, sans exception, des princi|)es riches en azote. La quantité do fourrage ou,

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