‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 217 sur 354 · OH · texte numérisé non relu

OH

Los composés orygénés ne 1 or'OTnl lo protoxydc ot lo peroxyde d'or (2). Les composés chlorés sont le protochlorure ot le perclilorure d'or. Cu dernier est h; sel d'or par excellence. Il ost d'un lougd brun, très-soluble dans l'eau et dans l'alcool, (pi'il colore en rouge rubis. Kvaporé jiis(pr.'i consistance é|)aisse, il se transforme on une niasse cristalline très-(léli(}uosconte à l'air. Il se dissout dans l'éther, et lorsqu'on agite cette dissolution au conlact de la lumière, il se forme, par lo repos, deux couches dans la liqueur : l'une inférieure, qui n'est que de l'eau chargée d'acide cfdnrhydriijue ; l'autre sujiérieure, d'un beau jaune, qui contient l'éther et l'or. C'est cette dissolution jaune qu'on employait autrefois eu médecine sous le nom d'or potable.

L'hydrogène, le phosphore, l'arsenic, tous les acides dont les noms se terminent en eux, les acides oxalique, tartriquo, carbonique, précipitent l'or à l'état métalli(|ue.

Lo pourpre de Cassius, employé dans la peinture sur porcelaine, est uii composé d'oxyde d'étain, d'or métallique et d'eau, en proportions variables.

Le perchlorure d'or est vénéneux à fort petites doses.

On applique l'or sur tous les corps par différents moyens ; d'un côté, par l'intermédiaire du mercure, avec lequel on l'amalgame, qu'on étend ensuite sur la pièce et qu'on soumet à la chaleur pour chasser le métal volatil : c'est la dorure à l'or moulu. D'un autre côté, on dore aujourd'hui par la méthode galvanoplastique, dans laquelle on fait

car les seules mines de quelque importance sont celles de Hongrie et de Transylvanie, qui produisent ensemble environ 5100 marcs; le reste de l'Europe ne produit pas plus de 160 marcs, et l'Amérique équatoriale en fournit au contraiiie à elle seule environ 70,000

.Le tableau suivant présente le détail de ces divers produits :

France Fort peu.

Espagne Idem.

Piémont 2o marcs.

Harz 10

Suède 8

(Sahbourg. . . 118

Autriche I Hongrie . . , 2600

( Transylvanie. . 2500

Sibérie 3000

Afrique 7000

Asie méridionale .... 2000

Mexique 6754

Colombie 19260

Pérou 3194

Chili • . . 11468

Buénos-Ayres 2067

Brésil 28100

88004 marcs.

(2) On a donné le nom d'or fulminant à un composé A'ammoniaqnc et de peroxyde d'or, que l'on obtient en précipitant une soluli(m de dcutochlorure d'or par un excès d'ammoniaque, faisant digérer le précipite avec ce dernier et le lavant < nsuilc. Ce composé, desséché à une douce chaleur, fiiliiiine avec force par le moindre contact; on doil donc prendre beaucoup de précautii^ns dans sa préparation.

OR

OR

à froid pr(5dpiter l"or dissous sur les pièces (in'on en veut couvrir. On emploie aussi des feuilles excessivement minces qu'on colle à la surface des corps.

Alliages. — Les usages de l'or sont les mûmes que ceux de l'argent. On l'allie toujours avec une certaine quantité de cuivre pour le rendre plus dur el propre à conserver les formes qu'on veut lui donner. Les alliages de ce métal les plus intéressants à connaître sont ceux qu'il forme avec le cuivre et le mercure.

Composé en différentes proportions, l'alliage d'or et de cuivre constitue la base de la monnaie dor el de tous les ustensiles et bijoux d'orfèvrerie. Son analyse se fait , comme celle de l'argent , par la coupellation.

L'alliage employé pour la confection des pièces d'or est formé en France de 900 parlies d'or et 100 parties de cuivre; par conséquent son titre e^t de ^i^; celui qui sert à fabriq er la vaisselle est au titre de irâi'^ les bijoux d"or sont à deux titros au-dessous de ceKd-ci, ou il -^W, ou à \à'-i-

L'or du commerce contenant toujours une petite quantité d'argent qui ne pourrait lui être enlevée par Tacide nitrique, on a recours il uni' autre opération p'iur la détermination précise du titre de l'alliage. On lonj ordinairement l'alliage avec trois fois son noids d'argent tin; cette oiiération est appelée inqwirtation, parce que l'or entre pour un quart dans l'alliage; etajTès l'avoir coupelle, on réduit cetafLage en une lame mince d'un sixième de li^ne d'épaisseur. Après avoir recuit cette lame, on la roui ■ sur ^ 11eméme comme un petit cornet, puis on la soumet plusieurs fois à laction de l'acide nitrique bouillant en excès, qui dissout entièrement l'argent. L'or insoluble, resté pur après ce traitement, est lavé, séché et pesé. Celte dernière opération est connue sous le nom de départ.

La coupellation et le départ pour les essais des alliagt-s d'or et de cuivre ne peuvent être pratiqués que sur les vast'S et ustensiles fabriqués. Il existe une autre méthode qu'on emploie seulement pour essayer les bijoux d'or de petite dimension : tels que bagues, épingles, boucles, etc. Celte détermination, qui n'est qu'approximative, consiste à frotter le bijou à essayer, sur une espèce de trapp, pierre noire, iiaturelle, très-dure (nommée pierre de touclie), de manière à y laisser une trace d'or, longue de six à sept lignes sur une ligne environ de largeur, el à passer dessus une couche d'acide nitrique faible. Lorsque l'alliage est au titre de J^, la couleur ne change pas ; dans le cas cunUaire elle brunit, s'etlace en grande paitie et d'autant plus que le litre est plus bas. Aûn de nneux observer les teintes et juger [)ar la couleur que prend l'alliage, on établit sur la pierre même des tiaces formées avec des alliages dont le titre est bien connu d'avance.

L'or a tant d'afûnité pour le mercure, qu'il s'y combine à la température ordinaire,

avec la plus grande facilité et s'y dissout. Le contact des vapeurs mercurielles suftit même pour blanchir ce métal par suite de la formai ion d'un amalgame Le moyen la plus [irompt pour obtenir cet amalgame est celui que nous avons décrit pour pré" parer celui li'argent. Lorsqu'il est formé d« deux parties d'or et d'une partie de mercure, il est blanc, mou, susceptible de se solidiiier peu à peu. On l'emploie [lour dorer le cuivre et l'argent par les mômes procédés que ceux dont on se sert [lonr argenter. L'argent doré est connu dans le comuierce sous le nom de vermeil.

Du rcaa d'or. — On lit dans l'Exode qu'Aaron, ayant recueilli les pendants d'oreilles des femmes, des lils et des tilles des Hébreux, en lit un veau d'or ; que Moïse le mit dans le feu, le réduisit eu poudre, et jelaiit cette poudre dans l'eau, en lit boire aux Israélites qui avaient adoré le veau. Ou a objecti' qu'il était absolument impossible de imlvériser l'or au poaU de le rendre potable.

Cette difllculté embrasse deux cjuestions qu'il iinporle d'éclaircir. L'oi' a-t-il élé léellement dissous ? ou bien a-t-il élé seulement pulvérisé au point d'avoir été rendu potable?

Ceux c|ui admettent que le veau d'or a été chimiquement dissous par Moise, trouvent des adversaires qui objectent que la science n'était point alors assez avancée pour que Moise eût pu connaître le vrai dissolvant de l'or, savoir, l'eau légvile. I\îais cette objection n'est pas sérieuse; car, Ihistoire à la main, ou peut démontrer que les anciens savaient le moyen de di>soudie l'or. Slrabon dit expressément que les Ibériens lEspagnos) savaient le moyen de séparer l'or de l'argent. Pline (1) donne aussi la desciiption d.j ce moyen, qui consistait en deux parties de sel commun, trois parties de myse (sulfate de fer ou de cuivre), et de nouveau deux parties d'un autre sel ou une partie d'une pierre appelée schiste {[.evre argileuse). Après avoir cité ce témoignage, un savant de nos jours, qui a parfaitement écrit sur la chimie, ajoute immédiatement : « Nous prenons acte de ces paroles de Pline, qi4 sont de la plus haute importance pour l'iiistoire de la chimii'. Car, un mélange de sel commun (chlorure de sodium), de vitriol (sulfate] de fer ou de cuivre) el d'argile (alumine), donne, sous l'inlluence de la chaleur, lieu à une réaction de laquelle résulte un des sels acides minéraux les plus énergiques, l'esprit de sel, appelé en langage chimique acide chlorhydriyue. El s'il laut entendre par deux parties d'un autre sel le nitrate de potasse, on aura Icau régale (2). »

On pourrait objecter ici que Pline et Slrabon sont de beaucoup trop récents pour

(i) Tonctur (aiiriun) cum salis gcmino pondère, triplici uiybeos, el riirsum cum dualius salis ponionibus et lina lapidis, quein schislon vocaiil ^/i^s^ nul., 1. xxxiv).

(2) Hoefcr. IM. de la Chimie, t. 1, p. 110.

OK

avoir quelque valeur rolntivemenl aux temps de ^loisc. Mais il faut reiiKirquer que ces aulfuis |iaileiit ici des Ihc'^ricns, (jui, h coup si'lr, ii'claiciil rcdrv. hles do leurs connaissances iiiélalliipics (pi'aux l'héniciens qui di'jà, du temps de Mdise, eniretcnaicnt i)rob.dreiiicnt des l'elations coiiuuiTrialcs avec ribéiii". Or, les l'htMiiciens étaieni voisins des E^y|)tiens, ipii, c<*rtcs, ne le ccdairnt à aucun aulro peu|il(' en l'ail de coiuiaissances cliiniitpies et iiu''lallin;;i(|ues. Ainsi donc, Aioïse aurait très-hien pu avoii' a|i|iris en Egypte la prt''|)aralii)u et les projjriéu^s de Veau régale, (pii dissout parfaUeuKiut l'or et le convertit en luie liqueur jaune tout à fait limpide, l'or potable.

Mais il n'est pas nécessaire de se donner tant de |)eine pour réfuter cette ohjeclion, qu'il est d'ailltîurs très-facile dt; résoudre d'une autre manière. On peut en eil'et laisser entièrement de côtéli question de savoir si Aloise s e»t servi de quelque uioven chimique pour dissoudre le veau d'or ; car le sens du texte or ginal peut très-bien s'entendre d'une simple opération mécanique : « Les anciens cliimistes, dit Ai. Hoefer, ont fait de vaines conjectures sur le veau d'or que Moise brûla, et qu'il donna à boire aux IsraélUes. On est allé jusqu'à supposer à ce lé-;islateur des connaissances jirofondes en chimie et en alchimie. Stald, l'auteur de la fameuse théorie du pidogistique, prétend que Moise avait le secret de l'or potable, et qu'en faisant bore cette dissolution, il aggravait la punit on inlli^ée aux Israélites récalcitrant-^. Le mot brûler, remarque Wiegleii, signilie aussi fondre ; et comme le veau d'ur était proba:!kment en bois reciaivert de lames d or, Moise ne brûla réellement que le bois, pendant que l'or allait se fondre en culot ; et les cendres, mises dans l'tau, donnèrent, non pas de l'or potable, mais une eau lixivielle (chargée' de sels alcalins), qui ne (levait avoir |)our effet qu'une légère [)urgation. 11 serait au moins oiseux d'agiter la cjuestion de savoir si Moïsi' s'était servi de quelque mo,yen chimique jiour dissoudre le veau u'oi' ; car, en lisant attentivement le texte hébreu, on peut se convaincre qu'il n'y est parlé que d'une opération mécanique. Voici comme je traduis textuellement : Et il (Moïse) prit le veau qu'ils (les lsra.'>lites) avaient fait et le détruisit dans le feu, et il le moulut (dans un moulin à bras) en petites parcelles qu'il jeta dans l'eau et fit boire aux fils d'hrael. Ainsi, c'était de l'or divisé par un moyen purement mécanique que Moïse lit boire aux Israélites. Toutes ces discussions sur ht prétendue dissolution du veau d'or et sur les connaissances chimiques de Moïse tombent ilonc d elles-mêmes devant l'évidence du texte original (1). »

Sans pré tendre jirécisément, comme M. Hoefer, que le veau adoré par les Israélites fût de bois recouvert seulement di^ lames d'or, nous jiensons que le veibe hébreu sçaruf peut tres-biea signitier ici altérer, détruire

(1) Hoefer, Hisi, de la Chimie, p. 59.

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