‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 273 sur 354 · IM · texte numérisé non relu

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autres sels do soudo, parce qu'il jiurgo sans produire do trani^liées. Il sort dans les lahoratfiifos jionr oMonir quelques autres [ilioaphates insolubles.

Dfitnitr (le soude. — Ce sel, désigné autrefois sous le nom de niire cubique, a été découvert, 11 va (j^uelque temps, au l'éiou, [irôs du poit lie Vquiipu ; on le trouve tui couche épaisse d'une grande étendue sous une terre arjj,ileuse. On l'iitjtient dans les lahoiatoires en saturant le carhonate de soude par l'aeide nitrique. Il est blanc, d'une saveur fraîche et pi(|uante, et cristallise en prismes rliomboidaux anhydres, qui sont un peu déliquescents à l'air. L'eau h -f 15° en dissout -J do son poids. MM. Bottée et Rill'ault ont substitué ce hitrate à celui de jjotasso dans le dosage du mélange de la poudre à canon, mais cette poudre est dlllicile à s'ontlammer, et brûle lentement.

La graiide quantité de ce sel qui est versée dans le commerce, son prix moindre que celui du nilre, le font employer avec avantage dans la préparation de 1 acide nitrique et dans celle du chromate de plomb. Il remplacerait le nitié de potasse dans la plupart des opérations où Ce sel est us té.

Chlorile de soude. — Ce chlorite se préparé comme le chlorite de potasse , dont il possède toutes les propriétés.

On Ife connaît dans les oliicines sous le nom de liqueur de Labarraque, du nom du pharmacien qui en a [irécouisé l'usage comme désinfectatil ; dn peut remplacer toujours ce chlorite par ceux à base de chaux et de potasse.

Silicate àe sôùde. — Ce sel se produit comme le silicate de potasse. A l'état de silicate bibaSique, il est soluble dans l'eau et se compoite comme le sous-silicate de potasse. La solution de ce sel, désigné sous le nom de verre suluble, dont on empreint le bois, les papiers et les étoti'es, les rend dilliciles à enflammer et incapables de propager le feu. On s'en est déjà servi à Munich pour les décorations du théâtre de cette ville.

Le sursilicate de soude, fondu et mêlé avec une plus ou inoins grande quantité de silicates terreux et métalliques, fait la base du verre ordinaire.

Fabrication de la soude au moyen dû sel commun; son importance pour le commerce et l'industrie. — « On peut regarder, dit Liebig, la fabrication de la soude, au moyen du sel commun, comme la cause et le piincipe de l'essor extraordinaire que l'industrie moderne a prisdaiis toutes les directions. Cette fabrication fournit, à mon avis, un exemple sensible et frappant de la connexion intime qui existe entre les branches de commerce et (l'iuilustrie les plus diverses. Elle est en outre une preuve évidente de l'influence que les progrés de la chimie exercent sur toutes les industries.

«. Le sous-carbonate de soude ou l'élément principal qui entre dans la composition de ce sel, la soude, est depuis un temps immémorial employé en Francerdans les manufactu- ■ res de verre et de savon, deux, produits de ;

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la cnimie industrielle qui, à eux seu,s, mettent en circulation des masses énortaès de capitaux.

« La quantité de savon que consomme une nation peut servir à mesurer le d^gré d(^ son o])ulence et de sa civili.salion. Los économistes refuseront probablement d'accorder une panùlle importance au savon. Mais que l'on preime au sérieux ou que l'on tourne en plaisanterie ma manièie de voir, peu importe. Il n'en est pas moins positjf que, si l'on compare doux pays également [)euplés, on trouvera plus de richesse, plus de bienêtre, plus de civilisation dans celui où se fera la plus grande consommation de savon. En effet, l'usage du savon n.'est pas une affaire de mode ou de sensualité : il est intimement lié à l'amour du beau, du bien-être et du comfort, qui accompagne toujours celui de la propreté. Or, leç peuples que de tels goûts sollicitent sont toujours les plus avancés sous le rapport de l'aisance et de la civilisation. Au iuoyen âge, où l'usage du savon était inconnu, les gens riches savaient, à l'aide de parfums très-coûteux , déguiser les exhalaisons peu agréables qui émanaient de leur corps et de leurs vêtements; ils déployaient plus de luxe que nous dans leurs lestins, dans leurs vêtements et dans leurs clievaux. Cependant quelle différence entre cette époque et la nôtre, où le manque de propreté est le signe le plus évident de la pauvreté et de la misère la plus atl'reusel

« Tous les produits manufacturiers représentent une valeur en argent, un capital quelconque. Pour quelques-uns, ce capital disparait absolument de la circulation et a besoin d'être sajas cesse renouvelé. Le savon appartient à cette catégorie peu nombreuse. De môme que le suif et l'huile qui servent à l'éclairage, il est complètement détruit par l'usage, et il n'en reste rien qui représente une valeur quelque faible qu'on la suppose. Avec des morceaux de verre cassé, on peut encore acheter des carreaux de vitres ; avec de vieux chillons, on peut se procurer des habits neufs ; mais l'eau de savon n'a aucune espèce de valeur, il serait fort intéressant de connaître d'une manière exacte le montant des capitaux mis eu circulation par les manufactures de savon ; car il est certainement aussi considérable que celui que met en circulation le commerce du café, avec celte différence, toutefois, qu'en Allemagne nous tirons entièrement ue notre sol les capitaux employés à la fabrication du savon. »

Anciennement, la France importait annuellement d'Espagne pour '20 à SO millions de francs de sou<le ; car la soude d'Espagne était la meilleure. Pendant toute la durée de la guerre avec l'Angleteire , le prix de la soude, et par conséquent celui du savon et du verre allèrent sans cesse en augmentaiit. Les manufactures irangaises eurent donc considérablement à soullVir de cet état de choses. Ce fut alors que Leblanc découvrit lès moyens d'extraire la soude du sel commuh. Ce procédé fut pour la France une source de

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richesses; seulement l'inventeur ne reçut pas le grand prix que Napoléon avait. proposé pour cette découverte, car sur ces entrefaites arriva la restauration qui ne voulut pas reconnaître cette dette ; elle en avait de plus pressantes à acquitter, et ainsi la dette contractée envers Leblanc se trouva prescrite.

La fabrication de la soude prit fort rapidement une extension extraordinaire en France ; mais naturellement elle se développa surtout aux lieux où se trouvaient déjà les manufactures de savon. Marseille posséda k la fois, quoique seuli^ment pour peu de temps, le nîonopole de ces deux fabrications. La haine d'une population irritée d'avoir perdu sous Napoléon sa principale source de richesses, le commerce de la soude, proûta, par une rare réunion de circonstances, au gouvernement royal.

Pour fabriquer du carbonate de soude (car c'est à ce sel que dans le commerce l'on donne purement et simplement le nom de soude) avec le sel marin, on commence

Ear transformer ce dernier en sel de glauer ou, en d'autres termes, en sulfate de soude. Pour convertir ainsi en sulfate de soude cent livres de sel commun, il faut, en moyenne, quatre-vingts livres d'acide sulfurique concentré. 11 est facile de voir que, sitôt que le sel marin fut tombé au plus bas prix possible, ce à quoi le gouvernement se prêta très-volontiers, ce fut le prix de l'acide sulfurique qui détermina celui de la soude.

La demande d'acide sulfurique augmenta alors d'une manière incroyable. En conséquence, de tous côtés les capitaux se portèrent vers une industrie qui donnait de magnifiques bénéfices. On étudia avec toute l'exactitude possible l'origine et la formation de l'acide sulfurique, et, d'année en année, on découvrit des méthodes meilleures, plus simples, et plus économiques pour fabriquer cet acide. A chaque nouveau perfectionnement, on vit le prix de l'acide baisser, et sa consommation augmenter en proportion.

Actuellement on fabrique l'acide sidfurique dans des chambres de plomb qui sont tellement vastes qu'elles pourraient aisément contenir une maison oruinaire com|)osée de deux étages. Quant aux procédés et aux appareils que l'on emploie dans cette fabrication, ils sont arrivés à ce point qu'il est presque impossible de les perfectionner davantage. Naguère les lames de plomb, qui servent a construire les vastes chambres dont nous venons de parler, devaient être soudées avec du plomb, attendu que l'acide sulfurique corrode l'étain et la soudure ordinaire (mélange de plomb et d'éiain). Cette manière d'unir ensemble les feuilles de plomb était presque aussi dispendieuse que les lames métalliques elles-mêmes. Mais aujourd'hui que l'on se sert à cet effet du chalumeau à gaz oxygène et hydrogène, un enfant peut unir les feudles de plomb les unes avec les autres par la simple fusion de leurs bords.

Revenons au procédé. Suivant les indications de la théorie, avec cent livres de soufre

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on devrait obtenir trois cent six livres d'acide sulfurique; «nais on n'en obtient que trj s cents. La perte n'est donc pas considérable et ne vaut pas la peine qu'on s'en occupe.

Indépendamment du soufre, il est une au tre substance qui exerçait jadis une grande influence sur le prix de revient de l'acide sulfurique. Cette substance, qui est absolument indispensable à la fabrication de l'acide, n'est autre que le salpêtre. Il ne fallait, il est vrai, que cent livres de salpêtre pour mille livres de soufre; mais malheureusement le salpêtre coûtait quatre fois plus qu'un égal poids de soufre. Aussi cet état de choses n'a pas duré longtemps.

Des voyayeurs avaient remarqué, près du petit port d'Yquiqui, dans le district d'Atakama au Pérou, de jniissants amas de sels. L'analyse chimique démontia qu'ils étaient principalement comjiosés de nitrate de soude. Le commerce qui, avec ses bras de polype, enserre le globe tout entier et cherche partout de nouveaux aliments [tour l'industrie, tira bien vite parti de eette découverte. On trouva là une mine inépuisablede ce sel précieux : car il forme des couches qui couvrent une surface de plus de quarante milles allemands carrés. On en apporta en Europe des quantités considérables : le fret était de plus de moitié moins élevé que celui du salpêtre de riiiJe (nitrate de potajse). Or, comme dans 'la fabrication chimique de l'acide sulfurique on n'avait besoin ni de soude ni de poiasse, mais seulement de l'acide nitrique qui se trouve combiié avec l'alcali, le nitrate de soude d'Amérique supplanta immédiatement le nitrate de potasse de l'Inde. Ce dernier se trouva complètement exclus du marché. Lafabrication de l'a'cide sulfurique reçut une nouvelle im[iulsion jiar l'elfet de cette découverte, et son prix diminua considérablement sans aucun dommage pour les fabricants. Depuis cette épo({ue, à part les fluctuations causées pendant quelque temps jiar l'interdiction de l'exportation du soufre "de la Sicile , le prix de l'acide sulfurique est resté à peu près stationnaire.

Il est actuellement aise de s'expliquerpourquni la demande du salpêtre (nitrate de potasse) a baissé aussi prodigieusement : c'est qu'à cette heure il n'est p. us employé que dans la fabrication de la jioudre à canon. Ainsi (Jonc, si les gouverneiuents font une économie de [ilusieurs centaines de uiille l'rHncs par an sur le prix de revient de la poudre à canon, c'est à la fabrication de l'acide sulfurique qu'ils en sont redevables, puisque les manufacturiers ne leur font plus concurrence pour le nitrate de potasse.

Pour se faire une idée de la quantité d'acide sulfuiique qui se consomme, il suflit de savoir qu'une petite fabrique de cet acide en verse dans le commerce cinq cent mihe livres pesant par année : une fabrique d'une certaine importance en produit deux millions. Enfin il est des manufactures qui fabriquent annuellement jusqu'à six millions de livres d'acide sulfurique

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La fiibriration do raritio siilfurùjiie vaut cluunif aiuit^c h la Sicili* des soiiinics iiumcusos. Kilo a introduit l'iiidustrio et lo biciiôtio dans les (li.stiict.s incultes d'Atakaina. l'.llc est encore nnt^ source de ricliesses pour la lUissie en lui ollVaut un débouché pour .son platine; car les cuves qui survent h la coricenlralion de l'acide sult'urique sont en platine, et chaque cuve coûte de vinf;,t-cinq a ciucpiante mille francs. Si notre veire devient chaciue jour i)lus beau et cependant l),iisse de prix ; si notre savon est devenu excellent, c'est qu'.^ cette heure on no se sert plus de cendres, mais de soude dans leur i'abrication. Maintenant ces cendres sont employées à fertiliser nos champs et nos prairii s, dont elles forment l'engrais le plus utile et le i)lus précieux.

Il nous est impossible, dans le cadre quenous nous sommes tracé, de suivre dans toutes leurs ramifications cette merveilleuse série d'améliorations et do perfectionnements que les progrès d'une seule branche de la chimie appliquée ont provoqués dans une nmltitude d'industries ditférentes. Cependant nous croyons encore utile d'appeler l'attention du lecteur sur quehiues-uns des plus immédiats et des plus importants résultais de la fabrication actuelle do l'acide sulfuriquo. Nous venons de dire que le sel marin (chlorure de soude) doit être transformé en sel de Glauber (sulfate de soude) avant de pouvoir servir à la fabrication de la soude du commerce. En traitant convenablement le sel commun par l'acide sulfurique, on obtient du sulfate de soude. Dans celte première partie de l'opéiation, il se produit, par l'action de l'acide sulfurique, une quantité considérable d'acide chlorhydriquo fumant qui égale depuis une et demie jusqu'à deux fois le poids de l'acide àulfurique employé, quantité énorme lorsqu'on la considère dans sa totalité. D'abord les bénéfices que donnait la fabrication de la soude étaient si considérables que l'on ne se donnait, pas la peine de recueillir l'acide chlorhydriquo. Ce produit accessoire n'avait alors aucune valeur commerciale. Cependant cet état do choses changea bientôt, car on découvrit une multitude d'applications utiles de cet acide.

L'acide chlorhydrique est une combinaison de chlore et d'hydrogène. Aucun corps ne donne de chlore plus pur et à meilleur marché que l'acide chlorhydrique. L'application du chlore au blanchiment des élotfès était connue depuis fort longtemps, mais nulle part on ne l'avait encore employée sur une grande échelle. C'est seulement quand on eut songé à extraire le chlore do l'acide chlorhydriquo, quand on eut découvert que, combiné avec la chaux, il pouvait se transporter sans inconvénient à des distances considérables, que l'on commença à l'appliquer au blanchiment des étoffes de coton. On vit alors l'industrie cotonnière prendre un développement jirodigieux. Sans ce nouveau procédé do blanchiment à l'hypochlorite de chaux, il aurait été impossible aux manufactures de coton de la Grande-Bretagne de s'accroître d'une Diction X. de Chimie.

façon si oxiraordinaire et d'arriver au point où nous les voyons aujourd'hui. L'Angleterre n'aurait pu soutenir longtemps la concurrence do l'Allemagne et de la France, à cause de l'innnenso étendu(! de terrain (pie néccjssitait l'ancien procédé. Kn effet, dans l'ancien système, il fallait avant tout un vaste champ ou une prairie convenableinont située. (>lia(]ue pièce; d'étoffe devait être exposée pondant plusieurs semaines h l'air et à la lumière. Des ouvriers étaient constamment occujiés à entretenir ces étoffes dans un état d'humidité convenable. Ces opérations no pouvaient donc se faire que pentlant l'été. ]\rainlenant un seul établissement, celui do Walter Crums, dans le voisinage do Glascow, établissement qui |iourtant n'est pas trèsconsidérable, blancliit chaque jour quatorze cents pièces de coton, et cela pendant toute la durée de l'année. Je laisse à juger de l'étendue de terrain qui serait nécessaire à cet établissement pour blanchir, par l'ancien procédé, la prodigieuse quantité de ))ièces qu'il livre chaque année aux fabricants. Quelles sommes coûterait l'achat de ce terrain dans le voisinage d'une ville riche et populeuse 1 Les intérêts seuls de ce capital seraient si élevés qu'ils feraient énormément hausser les prix des étoffes, tandis que cette influence serait beaucoup moins sensible en Allemagne qu'en Angleterre.

A l'aide de l'hypochlorite de chaux , on blanchit les cotonnades en peu d'heures et à fort peu de frais. Indépendamment de cet avantage, les pièces d'étofl'es soufl'rent beaucoup moins entre les mains d'ouvriers habiles et intelligents que par le blanchiment dans les prairies. Déjà môme aujourd'hui, en Allemagne, les paysans de quelques localités ont adopté le blanchiment par le chlore et ils y trouvent leur avantage.

Parmi les nombreuses applications que l'on a faites de l'acide chlorhydrique, grâce à la vileté de son prix, nous en citerons une qui paraîtra une industrie assez singulière : c'est la fabrication de la colle que l'on retire des os. Les os sont composés d'une base terreuse (phosphate de chaux) et do gélatine. Ils contiennent en moyenne 30 à 36'p. 100 de cette dernière substance. Comme la matière calcaire des os se dissout aisément dans l'acide chlorhydrique affaibli et que cet acide n'attaque pas sensiblement la gélatine, on fait macérer les os dans do l'acide chlorhydrique dilué, jusqu'à ce qu'ils soient devenus transparents et flexibles comme le cuir le plus souple. Alors on a des morceaux de gélatine qui ont exactement la forme des os dont ils formaient la trame organique. On retire ces morceaux, on les lave avec soin pour les débarrasser de l'acide qui peut encore y adhérer, et on les fait dissoudre dans de l'eau chaude. On obtient ainsi, sans autre manipulation, de la colle bonne pour tous les usages possibles.

Nous serions coupable de passer ici sous silence une des applications les piUs importantes de l'acide sulfurique. Nous voulons parler del'aflinage de l'argent, et de la sépa-

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