‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 275 sur 354 · SOC · texte numérisé non relu

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la question du nionii|iolo des soulVos eut été soulevée, iiersonim n'avait songé à une pareille opération. Les divers essais de ces {[uin/e inventeurs n'auraient eerlainenient pas tardé à se ]ieii'e(tionner, et les esprits les jikis prévenus doivent comprendre quelle réaction eiU alors é[)rouvée le connncrce du soufre de la Sicile, lui etl'ct, nous possédons des montagnes d'acide suH'uriiiue dans le plAlre (sulfate de chaux) et dans le spath posant (sulfate d(> baryte). La galène (sulfure de plonih natif) et les |)y rites île fer (sulfures de 1er natif) nous olfrènt également tles masses de soufre in(''i)uisal)les. Or, lorS([ue le prix du soufre est venu à hausser, on a senti l'avantage (ju'il y aurait à extraire, pour les besoins du coiùmei'ce, les énormes quantités de soufre que contiennent ces proifuits naturels. On se proposait donc alors de découvrir les procédés les plus économiques ]tour ap|)roprier ces substances à la fabrication de l'acide sulfurique. Déjà, quand le prix du soufre était fort élevé, on a réussi à extraire des pyrites de fer des milliers de quintaux d'acide sulfurique, et l'on serait parvenu à extraire l'acide sulfurique que renferme le plâtre. Sans doute il eût fallu vaincre do nombreuses ditlioultés, mais la science et Kindustric en seraient venues à bout. A celte heure, l'impulsion est donnée, et la possibilité du succès est démontrée. Qui peut prévoir les conséquences fâcheuses que, dans quelques années, aura produites pour le royaume des Deus-Siciles la fausse spéculation financière de son gouvernement? 11 lui arrivera sans doute ce qui est arrivé à la Russie, qui, par suite du système i)rohibilif qu'elle a adopté, a vu énormément diminuer ses exportations de suif et de potasse. Ce n'est qu'à la dernière extrémité qu'un peupleachète quelque chose à un autre peuple qui lui ferme son marché. L'Angleterre tirait de la Russie du suif et de l'huile de lin par centaines de milliers de quintaux : maintenant elle les a r&mplacés par des quantités égales d'huile de

fialme et de noix de coco. De même les coaitions formées par les ouvriers contre les fabricants, dans le but de faire augmenter leurs salaires, nuisent constamment aux premiers, en provoquant la construction de machines merveilleuses qui rendent leurs bras inutiles. Ainsi, comme on le voit, dans le commerce et dans l'industrie, toute imprudence porte avec elle sa propre peine : tout acte d'oppression, tout système prohibitif réagit immédiatejuent d'une manière sensible sur le peuple qui a cru de cette façon améliorer ses affaires. (Liebig.)

SOUDE, son extraction. Voy. Varechs.

SOUDE CAUSTIQUE. Yoy. Soude.

SOUDE VITRIOLÉE. Yoy. Sulfate de Soude.

SOUDES, leur usage. Voy. Potasse.

SOUDURE AUTOGÈNE. Voy. Hydrogène.

SOUFRE (suiphur). —Le soufre est c. nnu depuis la plus haute antiquité. 11 jouait, au moyen âge, un grand rôle dans le laboratoire des alchimistes, qui regardaient le soufre et Je mercure comme les éléments des métaux :

Oiimia mclulla ex sulpliure et argento vivo cunsistunt.

Le soufre so rencontre à l'état de liberté (état natif) aux environs des volcans, autour de l'Etna, du Vésuve, autour des voicans brrtiés des Imlos, dans l'Amérique méridionale. 11 constitue alors des déjiùts considérables, produits do la vaporisation, qu"on désigne sous le nom de snlfatares { terre de soufre). 11 existe dans le blanc d'ieiif, et, d'après l'analyse de M. Muldner, dans l'albumine et la tibrino du sang (protéine). On le rencontre à l'état do combinaison dans les sulfures et dans les sulfates. Les sulfurcis do fer, de cuivre, de plomb, de zinc, d'antimoine , de mercure ; puis les sudates de chaux, de slrontiane, de baryte, de potasse, de soude, de mngnésie, sont les composés de soufre les plus répandus.

C'est surtout dans les montagnes primitives qu'on rencontre en grande quantité le soufre à l'état de combinaison avec différents métau^ tels que le 1er, le cuivre, l'antimoine, le plomb, le mercure. Il forme alors des composés désignés sous le nom de sulfures naturels. On donne particulièrement le nom de pyrites aux différentes variétés de sulfure de fer. C'est d'après sa présence dans la plupart des minéraux que les anciens avaient donné au soufre le nom de grand minéralisateur. Enfin, combiné à l'oxygène, le soufre forme un acide (acide sulfurique) qui existe uni à certains oxydes métalliques, et constitue des sulfates très-répandus. C'est sous cet état qu'il existe dans le plâtre, le gypse, etc.

Certaines eaux minérales connues sous le nom d'eaux sulfureuses, telles que colles d'Enghien, deBaréges, tiennent en dissolution une combinaison de soufre et d'hydrogène (acide hydro-sulfurique) qui est la cause de leur odeur particulière etde leurs propriétés.

Dans le règne organique , le soufre se trouve parfois au nombre des éléments de certaines substances : c'est ainsi que dans quelques graines de la famille des crucifères, la présence de ce corps est rendue manifeste par plusieurs phénomènes particuliers. Plusieurs matières animales en contiennent aussi, et le laissent dégager à l'état de combinaison, mêlé avec les autres produits de leur putréfaction.

Extraction. — Le soufre peut s'extraire par des procédés différents, suivant qu'on le retire des terres où il existe à l'état natif, ou de certains sulfures métaïïiques, et principalement de ceux de fer et de cuivre. — Dans les pays volcanisés , on l'extrait des terres avec lesquelles il est mêlé par la distillation dans des pots de terre cuite. Après les avoir remplis de morceaux de mine de la grosseur du poing, on les recouvre d'un couvercle en terre qu'on lute exactement. Ces pots, rangés les uns à côté des autres dans un long fourneau appelé galère, communiquent par une ouverture supérieTire latérale qui sort du fourneau avec'd^ pots oblongs, à [leu près de mênié fjjrme, qui font l'oUice de récipient. C^ jfots s<

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percés inférieurement d'un trou qui donne passage au soufre liquide qui s'est condensé. Ce dernier vient se rendre dans une tinette contenant de l'eau froide, où il ne t;irde pas à se liger en morceaux irréguliers. Le soufre qu'on obtient ainsi est impur; il renferme depuis 10 pour cent jusqu'à 15 pour cent de matière terreuse qu'il a entraînée en se.boursoufflant.

Autrefois on le purifiait en le faisant fondre dans une chaudière de fonte, et lorsque les matières terreuses étaient défjosées, on le coulait dans des moules en sapin un peu humectés pour lui donner la forme cylindrique qu'il affecte dans le commerce. Cette purification se pratique aujourd'hui d'une manière plus exacte, et en même temps plus économique, par le produit qu'on en retire. On redistille le soutre brut, en le chauffant dans une chaudière de fonte surmontée d'un chapiteau voûté comme une cornue, et qui communique jiar un trou avec l'intérieur d'une vaste chambre munie de soupapes qui s'ouvrent de dedans en dehors. Le soufre vaporisé arrive dans la chambre, et se condense ou à l'état solide sur les parois de la chambre, ou se liquéfie et vient alors se rendre dans la partie la plus basse, d'où l'on peut le retirer au dehors par une ouverture qu'on débouche. A l'aide de ce procédé, on obtient à volonté du soufre à l'état pulvérulent ou à l'état liquide, suivant la capacité des chambres et la quantité de souire qu'on distille dans un temps donné. Le soufre sublimé, connu vulgairement sous le nom de fleur de soufre, a besoin d'être lavé pour le débarrasser d'une petite quantité d'acide sulfurique, qui se forme dans l'intérieur des chambres par la combustion d'une petite partie de soufre. C'est sous cet état qu'on doit l'employer dans les laboratoires et {lour les besoins de la médecine et de la pharmacie. Quant au soufre en canon, il ne subit pas d'autre préparation que le moulage. Quel que soit le procédé d'obtention de ce corps, il renferme toujours une petite quantité d'h>'drogène, dont la quantité s'élève à 0,OUi de son poids.

En Suède et dans plusieurs contrées de l'Allemagne, on extrait encore le soufre, soit en distillant dans des vaisseaux en grès les pyrites martiales qui, étant à l'état de bisulfures de fer, abandonnent une partie de leur soufre par la chaleur; soit en faisant brûler les pyrites dans des fours particuliers surmontés de longues cheminées horizontales, dans lesquelles une partie du soufre qui a échappé à la combustion vient se condenser.

Propriétés. — Ce corps combustible, à l'état de pureté, est solide, d'une belle couleur jaune citron, inodore, insipide, très-cassant ; le plus petit choc suffit pour le briser ou le réduire en poudre; il est mauvais conducteur du calorique et de l'électricité. Serré ,jdans la main, il fait entendre un petit bruit dû à la séparation des parties qui ont élé échauffées. Par le frottement, il développe Une légère odeur et se trouve constitué à l'é-

tat d'électricité négative. Sa densité est de 1,990. Exposé à une température de ■\- 107% il deviçnt fluide. Si, lorsqu'il commence à se solidifier h sa surface, on perce la croûte qui s'est formée, et qu'on décante les parties qui sont encore fluides dans l'intérieur, on aperçoit une foule d'aiguilles jaunes, disposées les unes k côté des autres.

Soumis aune température plus élevée que celle de sa fusion, et qu'on maintient pendant quelque temps entre -|- 220 et -[- 250, le soufre liquéfié s'épaissit, devient rougejaunûtre, et conserve une certaine mollesse en le refroidissant dans l'eau froide. Dans cet état, il se laisse pétrir comme de la cire molle et peut servir à prendre des empreintes de médailles, de monnaies ou de cachets.

On ignore encore quels sont les changements qui surviennent dans le soufre qui reste ainsi quelque temps mou après son refroidissement. Mais ce qui rend cette projiriété fort utile pour les arts, c'est que l'empreinte qui a été formée, en reprenant au bout de quelques jours de la dureté, peut elle-même servir de moule.

L'air sec ou humide, à la température ordinaire, ne fait éprouver aucune espèce d'altération au soufre,; il en est de môme de l'eau dans laquelle ce corps est tout à fait insoluble.

L'oxygène ne peut s'unir au soufre qu'à une température élevée. Il résulte de cette combinaison, qui se produit toujours avec dégagement de chaleur et d'une lumière bleuâtre, un composé gazeux acide. Si l'oxygène est en excès, tout le soufre est brûlé sans résidu. L'air se comporte de la même manière par l'oxygène qu'il contient; seulement la combustion est moins vive.

Quand on chauff'e du soufre jusqu'à -f 316% dans des vaisseaux clos, il entre en ébullition, et se convertit en un gaz de couleur orangée, qui se maintient à cette température. Plusieurs métaux brûlent dans ce gaz, comme dans l'oxygène, et quelques-uns qui ne brûlent pas dans l'oxygène le font avec vivacité dans le soufre gazeux : tels sont le cuivre et l'argent. Si l'on chauffe un matras de verre à long col, dans lequel on a mis du soufre, et que, quand il est rempli de soufre gazeux, on y introduise des lames minces ou des feuilles, soit d'argent, soit de cuivre, elles s'enflamment et brûlent, laissant pour résidu une combinaison de soufre avec le métal. La cause du feu est la même ici que quand un corps brûle dans le gaz oxygène. Hare a trouvé une méthode facile pour démontrer la combustion des métaux dans le soufre gazeux. Ou prend un canon de fusil, on en chaulfe la culasse jusqu'à ce qu'elle soit rouge, et en y jette un morceau de soufre, qui se convertit sur-le-champ en gaz, puis on bouche le canon avec du liège, ce qui oblige le gaz à passer par la lumière : si alors on tient devant cehe-ci un fil de métal, on le voit s'enflammer, brûler et se con vertir en sulfure métallique. Le soufre ga zeux brûle au contact de l'air, et le meta! so

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trouve assez forlLMiieiit écliaufto par \h pour pouvoir s'tMillauuufi- dans la jiartioqui n'est jioiiit encore hrillée. La coniLtustiou du lil de 1er par cp procédé est surtout un spitclacle hrillant. Le soul're gazeux condensé, soit par l'air l'i'ais, suit [lar le contact d'un corps froid, se dépose sous la t'ornio d'une; |)oudre jaune citron clair, appelée //rue de soufre.

Consommntioit (la soiifrr en France. — La grande consiunniation du soufre dans les arts chimiques date do la fondation niAme de ces arts en France, et de la propagation dc^ nos industries chimiques chez les nations européennes. Or, le soufre étant la hase de la fabrication de l'acide sulfuriijue, ii l'aide duquel on piépare presque tous les autres acides conunerciaux, les sulfates et la soude, base alcaline la ])lus usuelle, on peut dire que la consommation du soufre, au delà des quantités destinées aux anciens usages , donne la mesure de l'état ou de l'importance de la chimie industrielle chez les peuples.

On verra quels ont été, sous ce rapport, les progrès de l'industrie en France, en consultant la consommation du soufre à diverses époques: elle était, en 1820,de6,790,000kil.; en 1825, de 10,500,000 ; en 1830, de 12,900,000; de 1835 à 1838 compris , elle s'élevait à 19,000,000 ; enlin elle atteignit , année moyenne, 26,000,000 de kilogr., depuis 18i2 jusques et y compris ISiO.

Applications. — A l'état brut, on emploie le soufre pour la fabrication des acides sulfurique, sulfureux, et sulfhydrique ; il constitue la matière première du soufre raffiné; on s'en sert enfin pour sceller quelques pièces de fer dans la pierre.

Raffiné sous forme de canons ou de fleurs, il entre dans la com{)Osition de la poudre à tirer, pour la guerre, la chasse, le tirage des mines et carrières, les feux d'artifice, et dans la confection des allumettes. Ces deux applications du soufre se rattachent à sa propriété de s'enflammer à une température peu élevée (1]. Sa grande fluidité de 110 à 140° et sa soliditication par le refroidissement permettent de s'en servir pouv prendre des empreintes, mouler des médailles, etc. Son aptitude à s'unir aux métaux le fait employer dans la fabrication des sulfures de cuivre, de mercure, de potassium, de sodium, ainsi que dans la préparation d'un lut qui se solidifie en quelques heures et est formé en poids de tournure ou limaille de fer, 100; fleurs de soufre, 10 à 20; .sel ammoniac, 3 à 5 ; eau, quantité sufTisante pour faire du mélange une pâte que l'on refoule dans les joints des chaudières, tuyaux, etc., en fonte. Le soufie, uni au caoutchouc, dans la proportion de 5 pour 100, forme un composé très-souple, élastique, non adhésif, dont on fait des tubes flexibles pour les gaz et les liquides.

Le soufre liquéfié s'attache aux tissus de grosse toile que l'on y plonge, et donne les mèches soufrées, que l'on fait brûler dans des

(1) La poudre peut s'enflammer à la tempér.ilure de 250° ; alors la coml)ustion du soufre se manifeste d'altonl par une flammo l)leuàlre et précède de <pirtques instants la déllagralion.

barriepies humides jiour produire du ^az sulfureux, et prévenir ainsi la fermentation trop vive ou la |)utréf,\clion du divers liipiides, notamiiii'nt des vins blanrs, de la bière, et du cidre. Le mèmi! moyen s'emploie (lour conserver le saiiy liquide, certains légumes cuits, et(!.

On soufre cncoi-i! de la même manière; (ou bien en faisant bn'ller le soufre rafliné directemenl), 1" les plumes, les blés, etc., i)Our détruire divers insectes qui les attaquent, comme on détruit l'insecte de la gaie ])ar des bains au même gaz sulfureux ; 2° après les avoir préalablement humectés et dans la vue de les blanchir, la soir, la laine, les intestins insufflés, les coi'des de boyaux (dites harmoniques), les sparteries, Vichthyocollc, les tissus ayant des taches de fruits. Celles de ces opérations qui se font en grand durent douze à vingt-quatre heures; elles ont lieu, ordinairement, dans des chambres dont toute la capacité est occupée par les objets soumis au blanchiment : ainsi, par exemple, les tissus de laine lavés au carbonate de soude, au savon et à l'eau, puis tordus, sont placés sur des traverses en bois, au haut de chambres ayant. 5 mètres de hauteur et d'une capacité d'environ 300 mètres cubes ; les tissus descendent jusqu'à 30 ou kO centimètres du sol et remplissent presque toute la chambre, écartés seulement de 15 centimètres ; on brûle, dans quatre ou huit terrines aux quatre encoignures de la chambre, 8 ou 12 kilogrammes de fleurs de soufre pour cent pièces d'étoffe.

Enfin la fleur de soufre, jetée dans un foyer dont on ferme ensuite l'ouverture à l'aide d'un drap mouillé, peut, par sa combustion, s'emparerassez rapidement de l'oxygène pour arrêter et même éteindre les feux qui se déclarent dans les tuyaux des cheminées.

Acide sulfuriqac. Voy. Sulfurique.

Acide hyposutfurique. — Cet acide a été découvert, en 1818, par Gay-Lussac et Welter. Cet acide est sans usage.

Acide hyposulfureux. — Sans importance.

Acide sulfhydrique. — Voy. Sulfhydrique.

Uydrure de soufre, — liquide de consistance oléagineuse, d'une odeur fétide d'oeufs pourris. Sans usage.

Sulfure de carbone, — liquide transparent, incolore, d'une odeur fétide, qui a quelque analogie avec celle du chou pourri. 11 bout à -f 45", et n'a pu encore être solidifié en l'exposant à un froid considérable. Ce composé a été découvert |)ar Lampadius en 1796.

Chlorure de soufre, — liquide d'une couleur rouge orangé par réflexion. Il est sans usage.

lodure de soufre, — solide, d'un noir gri sâtre.

Bromure de soufre, — liquide sans usage.

Sulfure de phosphore et cyanure de soufre, ou acide hydrosulfocyanique. — Tous deux sans importance. Voy. Soude.

SOUFRK DL IIUBIS. Voy. Réalgar.

SOURCES. Voy. Eau.

SOUS-OXYDES. Voy. Okïgène.

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SOUS-PHOSPHATE DE CHAUX. Voy. Calcium.

SPATH FLUOR {phthonire de calcium, fluate de chaux, chaux fJuntée). — Ce sel existe abondamment dans'la nature, le plus souvent cristallisé en cubes, dont les angles ou les bords sont quelquefois tronqués ; cette forme cristalline varie ; elle est aussi en octaèdres, en dodécaèdres rhomboïdaux, en cristaux oblitérés sphéroïdaux, etc. La forme primitive est l'octaèdre régulier. Ce filiale est insipide, insoluble dans l'eau, inaltérable à l'air, Blanc limpide et opaque, ou bien bleu, jaune rose, vert, violet, plus ou moins prononcés, phosphorescent par l'action du calorique, et d'un poids spécifique égal à 3,15°.

Composition : Plilhore '18

Calcium 52

SPATH ADAMANTIN. Voy. Corixdox.

, SPECTRE SOLAIRE. Voii. Lumière.

SPINELLE [rubis spinetle, rubis balais, Ceylanite, etc.). — Substance cristallisant en octaèdres réguliers, rayant tous les corps, rayée seulement par le corindon et le diamant.

Le spinelle appartient, comme le corindon, aux lerrains de cristallisation ; on le connaît particulièrement dans les lerrains de micaschistes, et surtout dans les dolomies, le calcaire micacé, le quarz micacé, dans des roches granitoïdes, oii quelquefois le mica est remplacé par la molybdénite (Ceylan, Pégu, Aker en Sudermanie). Il est très-abondant, surtout dans les débris de ces rochos, dans les sables des ruisseaux et des rivières qui coulent au milieu d'elles, et c'est k\ qu'où le récolte! le jilus ordinairement sous la forme sableuse; car il est très-rare sur les gangues dans les collections. Celui qu'on a cité dans les détritus basaltiques ou trachytiques, dans les roches micacées et les dolomies de la Somma, n'appartient pas à l'espèce s;iinelle, mais bien au pléonaste, dont" nous devons faire une espèce particulière.

Le spinelle est aussi employé dans la joaillerie, sous les noms do rubis spinelle, rubis balais. Les premiers, qui doivent être d'un rouge vif, peuvent rivaliser avec le corindon rubis, et sont également d'un prix très-élevé ; les seconds, d'une teinte rosAtre, rouge do vinaigre, lie de vin, sont beaucoup moins eslimés, et souvent confondus avec la tojiaze brûlée : on en fait cependant des parures qui sont quelquefiis fort chères. Les variétés de spinolle propres à la (aille, et qui sont toujours de petites dimensions, nous viennent toulcs de l'Inde.

Lo prix des rubis est fort élevé. Dutems les évalue à

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ST.VHL (George-Ernkst), né à Anspach en 1660, était un médecin. Il devint même premier médecin du duc de Saxe-Weimar, et, en 1716, premier médecin du roi de Prusse, titre qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 173'i.. Tous ses ouvrages indiquent un génie vaste, un esprit pénétrant et riche de toutes sortes de connaissances. Il s'attache aux vues élevées et profondes, aux idées étendues. Il s'y abandonne même sans réserve, et poursuit leurs conséquences au travers des ténèbres de la science naissante. A cette époque obscure, la pensée de Stahl produit l'effet d'un éclair au milieu de la nuit, qui fend la nue et brille tant que la vue peut le suivre, qui lirille encore quand l'œil se fatigue et lo perd au loin. Son style est dur, serré, embarrassé ; on n'en supporte que très-péniblement la lecture. Ajoutez que ses ouvrages, et particulièrement le dernier volume de ses jirincipes de chimie, présentent une bizarrerie dont je ne connais nul autre exemple ; le lalin et l'allemand sont continuellement entremêlés dans tout le cours d'un gros in-quarto. Ce n'est même pas une alternance de phrases homogènes écrites chacune dans l'une de ces langues. Mais, dans la mémo phrase se succèdent, sans ordre, des mots allemands et latins, latins et allemands. Vous lisez une préposition allemande.; le nom qui la suit est latin, et se trouve au cas où l'eût régi la préposition latine; le sujet du verbe ajjpartient à une langue, le verbe appartient à uue autre. C'est un mélange, une confusion, dont on ne peut se faire l'idée que quand on l'a sous les yeux, que quand on essaie de le traduire.

Outre l'édition et le commentaire de la Phijsica sublcrranea, nous avons de Sthal plusieurs ouvrages, qui sont ses Expérimenta et obseriationes, sou Traité du soufre, ses Fnndamcnta chimiœ dogmaticœ et experimcntalis, son Traité des sels.

Comme Bêcher, trouvant les éléments d'Aristole inapplicables aux phénomènes de la chimie, il les rejette, et cherche ailleurs des corps indécomposables, qu'il puisse regarder comme vrais principes de la chimie. 11 s'était livré à une étude approfondie de la 2° terre de Beeher, de sa terre combustible ; il connaissait bien les rapports qui lient les métaux à leurs oxydes. Il avait reconnu le rôle utile de l'élément combustible dans la conversion de ces oxydes en métaux, en un mot, dans leur réduction ; il en avait saisi toute la généralité.

S'il oitt pris comme éléments les métaux, ou, si vous vouiez, les diverses modincations de la terre mercurielle de Bêcher, et s'il eût considéré les oxydes comme des composés dérivés de ces corps sinijiles, sa théorie eût été conforme aux idées que nous avons aujourd'hui, aux doctrines iju'a établies Lavoisier. Mais il (il et devait faire l'inverse; il vit dans les oxydes dos corps simples, et dans les métaux des corps composés. Voilà son erreur fondamentale ; de là dérivent toutes les autres. Dans cotte circonstance, il a été influencé par les idées qui régnaient de sou

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Iduifis sur In iiaUiro dos miHaux, que l'on s'iuconlait h regardor conimo ciiniposrs. Il a liioii su mettre de cùlô \ca (Méments aristnléli(]iies, ainsi (ine les pr(''tontions des ])liysiciensou matlieniaticiensh rox[iliealion des lili(Miom(''ues chimiques ; mais il a tenu eomple des o|)inions gihiérales sur les métaux, qui s'tUaient transmises d'Age en Age, sans que pensonno eût jamais songé h les nuntre en doute.

D'après Stahl, les terres, les oxydes d'aujourd'hui, étaient indt^cnmposables ; le |)hlogistiipie |iouvait s'y unir, et les métaux naissaient de cette union. Les métaux, ])ar conséquent, devaient renfermer du phlogistiquo. Le charbon en contenait Bien davantage encore. Tous les combustibles, en général, étaient plus ou moins chargés de ])hlogistique. Toutes les fois qu'un corps brûlait, c'était parce qu'il se dégageait du phlogistique, et il s'en dégageait d'autant plus que le corps était plus inflammable. Si l'oxyde de plomb, cliaulfé avec du charbon, passait à l'état métallique, c'est que le charbon, en brûlant, abandonnait son phlogistique,et que l'oxyde s'en em|)arait. Enfin, aux yeux de Stahl, une série d'oxydes produits par une oxydation plus ou moins avancée, représentait un métal plus ou moins déjihlo.^istiqué.

En un mot, la théorie de Stahl ne ditt'ère de la nôtre que parce que son auteur avait vu une combinaison là où nous voyons une décomposition , et réciproquemenit. Il n'a manqué îi Stahl, pour rectifier ses idées, que d'avoir égard aux indications de la balance. Car, si l'on en tient compte, une objection sans réplique se présente à l'instant. Le plomb ([ui s'oxyde, qui se déphlogisti(pie , dans la théorie de Stahl, augmente de {loids ; la perte d'un de ses principes lui fait donc acquérir un poids |)lus grand. D'autre part, l'oxyde de plomb, réduit par le charbon, gagna du phlogistique; il devrait donc peser plus qu'avant sa réduction, et pourtant il a diminué de poids.

Ce qui étonne, c'est que Stalil savait parfaitement bien à quoi s'en tenir à ce sujet. On trouve ce fait consigné dans ses ouvrages : « La litharge, le minium, les cendres de plomb, dit-il, pèsent plus que le ]ilomb qui les fournit ; et non-seulement, par la réduction, on voit disparaître ce poids surnuméraire , mais encore môme celui d'une portien do ])lomb. » Mais cela ne l'a point arrêté. Cette difficulté , qui nous semble monstrueuse, ne paraît pas l'avoir frappé. ISous ne trouvons dans aucune partie de ses écrits qu'il ait cherché à s'en rendre compte. 11 est vrai qu'il ne suffit pas de lire ses œuvres pour être en état d'a|)précier, dans tous ses détails, la tloctrine de Stahl : sa conversaliou, ses leçons, valaient mieux que ses écrits ; et cela se conçoit d'un liomme comme lui, tout de fougue et d'inspiration. Aussi avons-nous cjuelque peine h saisir l'idée précise qu'il se faisait du phlogistique, et quand on cherche à v parvenir, il ne faut pas se contenter de la lecture de ses ouvrages, il faut consulter aussi ceux de ses élèves. Les

Ojiinions y prennent une forme plus nette et plus arnMéiï. A une épouue très-voisine do nous, lU'itholIel nous offrira l'occasion thj renouveler cette renuu'que; car ses idées ne prennent une forme claire que dans les écrits de ses élèv((s.

La notion de jioids n'entre donc pour rien dans l'esprit de Stahl, quand il s'agit de ciiimie : la notion de forme est son seul guide. C'est là ce qui constitue la différence essentielle (lu'il y a entre lui et Lavoisier. L'un n'a pris en considération, dans les explications qu'il a données, que le changement d(i forme et d'aspei:t des corps brûlés ; le second a eu égard à la fois au changement de forme et au cliangement de poids. Et quand on dit, à la gloire de la doctrine do Stahl, qu'elle a suffi, iiendant près d'un siècle, aux besoins de la science, il est indispensable d'ajouter qu'elle a sufii, tant que les chimistes n'ont tenu couq)te que des phénomènes sur lesquels Slalil l'avait établie. Elle s'est évanouie dès que l'observation a fait un pas de plus.

Cette doctrine a pénétré tard en France. Elle y a éprouvé bien des objections. Il répugnait à beaucoup de personnes, et particulièrement à Buffon, d'adoiettre cet être iiléal et insaisissable, que Stahl appelait phlogistique. Car, en indiquant beaucoup de corps très-riches eu phlogistique, il ne dit jamais l'avoir isolé. Il le trouve à la vérité presque pur dans le noir de fumée. Mais on "voit, et par d'autres passages de ses écrits, et par les écrits de ses élèves, qu'il n'a pas considéré le noir de fumée comme du phlogistique à l'élat de pureté absolue. Plus tard Macquer et bien d'autres étaient portés à voir, dans le gaz inflammable, un phlogistique plus pur. Enfin, ils furent obligés d'admettre des idées plus vagues encore sur la nature de ce phlogistique : c'ét litla matière la plus pure du feu, c'était la lumière. Mais alors la théorie expirante succombait sous les efforts de Lavoisier.

Dès qu'il eut commencé à l'ébranler, on comprit toute la force de l'objection tirée des poids. Voici comment ou essayait de la résoudre: En fait, le ^phlogistique ajouté aux corps leur était une partie de leur poids , qu'ils retrouvaient (piand il s'en séparait. Il fallait donc que le phlogistique, au lieu d'être attiré comme tout corps pesant vers le centre de la terre, eût au contraire une tendance à s'en éloigner; il fallait qu'il eût un poids négatif. A l'aide de cet ex[)édient, on expliquait comment la combinaison du phlogistique avec les autres corps les rendait plus légers, car leur poids véritable devait être diminué d'Line quantité égale au poids négatif du phlogistique qui s'y trouvait uni.

Au reste, parmi les chimistes de cette époque, il s'en trouvait beaucoup, et Guyton- Morveau, par exemple, qui se conteiitaient à meilleur marché encore. En effet, ce dernier voyait dans le phlogistique une matière plus légère que l'air, qui, s'ajoutant aux corps , les rendait plus légers en apparenc(i quand on les pesait dans l'air, fout comme

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ces vessies qui, ajoutées au corps du nageur, augmentent son poids absolu, mais diminuent sa densité de manière à le faire surnager sur l'eau. Guyton-Morveau n'avait pas compris la question, car à ce compte l'augmentation de poids eût été accompagnée d'une diminution de volume. C'est ainsi qu'un aéronauto qui, dans sa nacelle avec son ballon, s'élève dans les airs, parce que l'ensemble est plus léger que l'air, semble devenir plus lourd, quand il se sépare de son bail ^n pour descendre en parachute. En faisant abstraction du volume, on dirait donc que pour monter il ajoute à son .poids celui de son ballon; que pour descendre, au contraire, il soustrait ce môme poids. Voilà l'image exacte de l'explication de Guyton-Morveau. Elle tombe d'elle-même quand on voit 3ue l'aéronaute, s'il ajoute h son poids pour evenir plus léger que l'air, ajoute aussi beaucoup à son volume, tandis que l'oxyde de plomb perd à la fois en poids et en volume, quand il se réduit.

La nécessité d'avoir recours h de tels expédients pour prolonger la durée de la théorie du phlogislique , fait voir qu'elle était bien malade dès les premières observations de Lavoisier sur la caleination des métaux. Elle reçut bientôt le coup de la mort quand Lavoisier vint à discuter les phénomènes de la décomposition do l'oxyde de mercure par l'action delà chaleur seule, et sans intervention du charbon ou de tout autre produit phlogisliquant. Macquer essaya de répondre en disant qu'à la vérité, dans cette opération, le mercure pouvait se passer du contact du charbon , mais que du moins il était nécessaire que la cornue oi^i l'opération s'ulTectuait reçût la lumière du charbon embrasé, qu'elle vit les charbons ardents. Vains effd.-ls ! C'en était fait de la doctrine du phlogislique.

La doctrine du phlogistique aura pourtant toujours de l'intérêt , car elle a terminé , on peut le dire, la lutte entre la physique scho- Instique et la ciiimie expérimentale. Vivement engagée dans les leçons de Paracelse, continuée dans les écrits de Bêcher, celle-ci n'a cessé qu'après la découverte et l'adoption de la théorie de Stahl.

Que serait-il arrivé si la doctrine des quatre éléments d'.Xristoto n'avait pas préoccupé tous ces esprits? Quand on voit dans la tète de Nicolas Le Fèvre une notion si vraie du jirincipe comburant sur lequel il fonde sa doctrine , quand on voit dans celle de Stahl un sentiment si exact des propriétés du principe combustible auquel il rapporte toutes ses théo ies , on est tenté de croire que la chimie eût fait des progrès bien plus prompts. Quoi qu'il en soit, de Paracelse à Stahl, la chimie a constamment fait effoit pour se débarrasser des quatre éléments d'Aristote , et le mérite de Stahl n'est peut être pas dans le rôle qu'il a fait jouer au phlogistique, comme on le pense généralement.

Ce qui donnera toujours à Stahl une auréole de grandeur et de gloire, c'est que nonseulement il a compris qu'il fallait recon-

naître , en chimie , des corps indécomposables, tout différents des éléments d'Aristote, mais qu'il a consommé cette révolution dans les idées. Examinez la question et vous serez bien vite convaincus que l'esprit humain a fait un pas immense le jour oii ce principe de philosophie naturelle a été admis , et , à partir de Stahl, il a fallu l'admettre.

C'est par là que, dans sa chimie nouvelle, il introduit une précision inconnue. Plus de vague ni d'incertitude. Les faits et l'explication se tiennent , rien ne les sépare. Les terres sont des êtres simples. Quand le phlogistique s'y ajoute, elles se métallisent, et les métaux sont des composés. Otez-leur le phlogistique, les terres reparaissent.

- Quel progrès ! quand on se rappelle les éléments ou principes de ses prédécesseurs, sortes de qualités abstraites qui ne se révélaient sous forme saisissable qu'autant que leur pureté se trouvait souillée de je ne sais quelle substance terrestre cjui pouvait les déguiser en cent façons.

Quel progrès ! quand à ces terres et à ce phlogistique dont Stahl fait une application si heureuse et si prochaine à l'explication de tous les faits de la chimie, on oppose les éléments de ses prédécesseurs , ces éléments un peu trop métaphysiciues , comme disait Lémery , qui les décrit soigneusement à la première page, mais qui s'en débarrasse dès la seconde , comme d'un bagage pesant et inutile.

Stahl a fait descendre jusqu'aux faits les théories qui s'égaraient dans les nuages. Stahl a été le précurseur nécessaire de Lavoisier, et s'il s'est borné à lui préparer les voies, il les a du moins préparées d'une manière large qui n'appartient qu'au génie.

SÏANNIQUE (acide). Voy. Etain.

STATIQUE CHLMIQUE DES ÊTRES OR- G.\NISÉS. — Nous n'avons rien de mieux à faire qu'à transcrire ici ce que notre illustre chimiste , M. Dumas , a publié sur ce sujet d'un si haut intérêt.

« Dans les études de chimie minérale, on voit la matière toujours immuable changer de forme et d'aspect, acquérir des propriétés nouvelles par son association en groui)es diversement disposés. Chaque molécule reste cej)endant ce qu'elle était : si on l'isole , on la retrouve inaltérée , toujours la môme; mais, par son union avec d'autres molécules, les caractères qui lui appartiennent se masquent ou se modifient à tel point, que l'analyse selile peut nous apprendre qu'il existe du plomb métallique dans la céruse , du fer métallique dans la rouille , et du charbon dans le marbre le plus blanc. A l'aspect, rien ne l'aurait fait supposer.

« Dans les ani'maux, dans les |)lantes, des matières plus éloignées encore de leur origine élémentaire nous apparaissent. Entre la molécule simple qui en fait partie, et le tissu ligneux ou la chair des animaux, la distance est si grande , qu'il ne faut pas s'étonner si on a admis dans, leur formation des mystères étranges , si on a cru que ce pouvoir créateur , refusé aux forces de la chimie miné

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ralo, existait dans los (Mros or?;ams('>s; si on a cru, (lu imiiiis , ([u'il leur (-lait dumié do traiistoriinT reilaiiis cléiiioiits do la chiiiiio en d'autres ('■léiiicnls distincts de ceux -ci.

« De luônie , ([iiand on voit im animal iii^rir, se |iutrétier; (]uaiid on voit du Ixiis disparailfe par la combustion, on a (lucKiuo lu'ine à ne pas se laisser préoccu|)er par (les liensikvs de destruction. Mais , avec un peu de l'c^llexion, on arrive bientôt à comprendre que si , dans la natui'ii minérale , rien ne so perd , rien ne so crée , il en est do mémo dans la nature oryianinue. Juscju'à prési^nt, on no connaît ni création, ni transmutation d'éléments; tous les changements (|ui s'opèrent continuellement h la surface du globe, sont dus à des combinaisons (jiii so font, ou h (les combinaisons (jui se défont. La matière du tapis de verdure qui , aujourd'iiui, revêt une prairie , fait [)arlic , le lendemain, des animaux ({u'clle nourrissait ; quelques jours encore , et elle passera pout-Ôtre dans notre jjropre organisation, d'où elle s'en ira dans l'atmosphère , qui, la cédant h do nouvelles plantes, reproduira, plus tard , une nouvelle végétation. La matière du bois que nos foyers consument aujourd'hui fera ])eut-êtro demain partie de quelque végétal d'un pays lointain.

« Exposer sous une forme simple et précise les grandes lois qui président à la formation lies plantes ou dos animaux, aux modifications que ces êtres subissent sous certaines influences vitales ou morbides , au classement des matières qu'ils contiennent ou qui ont fait partie do leurs tissus, tel est l'objet de cet article. 11 sullira pour faire comprendre quel secours la chimie peut prêter h la physiologie ou à la médecine.

« Examinons d'abord quels sont les produits excrétés par un animal Carnivore , et bornons cet examen aux deux excrétions principales, sans nous occuper de celles qui n'otlrent , au point de vue où nous nous plaçons , qu'un intérêt seconlaire. Par les poumons, l'animal Carnivore expulse do l'acide carbonique et de l'eau ; par les urines, il perd de l'oxyde d'ammonium. Peu importe, pour le moment, que cet oxyde d'ammonium soit sécrété à l'état d'urée , et que celle-ci, en s'adjoignant les éléments de l'eau, passe ensuite à l'état de carbonate d'ammoniaque. « Un simjile coup d'œil jeté sur ces matières mius fait voir qu'elles sont des produits d'oxydation , et nous pouvons en conclure que, dans un animal , les fonctions do la vie se font par des procédés d'oxydation ; du moins l'oxamon des deux excrétions que je viens de nommer, et qui sont les principales, nous permet-il de tirer directement cette conclusion.

« Mais , pour oxyder du carbone ou de l'hydrogène , il faut de l'oxygène : or la respiration en fournit qu'elle enq^runte à l'air.

« L'oxydation du carbone et de l'hydrogène est acconqjagnée d'un dégagement de chaleur et d'électricité. L'animal Carnivore,

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que nous con.sidérons , doit donc produire aussi do la chaleur et de l'électricité.

« Nous dirons donc (pi'un animal Carnivore produit do l'acide carbonique, do l'eau, (le l'oxyde d'anunoriium , de la chaleur, do l'électricité. Il se débarrasse, par l'excrétion pulmonaire ou cutanée, de l'eau et de l'acido cnrboni(pie. Les urines emportent l'oxydo d'ammonium 'i l'état d'urée. Quant à la clialeur et à l'électricité, nous verrons plus tard comment l'économio les utilise.

« Si nous examinons ensuite par quelles sulistances le Carnivore remplace les matières qu'il a perdues, nous voy(jns qu'il les puise en entier dans ses aliments, et nous devons nous demander quels sont ces aliments. Or il mange do la fibrine, qui fait la base princiiialo de la chair musculaire; (Je l'albumine, qui constitue la substance du blanc d'œuf et du sérum du sang; du caséum , c'est-à-diro la substance principale du lait et du fromage; de la gélatine, des graisses et du sucre de lait ; en un mot toutes les matières qu'il trouve toutes faites dans les animaux qu'il dévore. Ces aliments servent à régénérer les matières détruites par les procédés de la vie, et à produire, par leur combustion , la chaleur que l'animal perd par le rayonnement ou par d'autres voies.

« En comparant les aliments d'un Carnivore avec les organes qui le constituent, on voit donc qu'il mange, qu'il s'assimile directement et qu'il consomme des matières dont il est lui-môme composé. Nous aurons occasion, plus lard , de (Jonnor le sens précis de ces mots : assimiler et consonnuer. Quoi qu'il en soit, le procédé de la nutrition, chez tout Carnivore , parait oll'rir la plus grande simplicité.

«Il est impossible dencpas se demander si, chez un animal herbivore, qui, au premier aspect, semble créer sa chair musculaire, et en général la matière aes organes dont il est composé , le procédé de nutrition est le môme. On a quoique peine à concevoir , au premier abord , qu'en délinitive l'herbivore mange absolument les mômes matières que le Carnivore ; en un mot , qu'il consomme et s'assimile les mômes principes que lui.

« Pourtant ses excrétions sont les mêmes que celles du Carnivore, car il exhale de l'acide carbonique et de l'eau par les poumons, de l'oxyde d'ammonium par les urines. Son organisation diilère à peine , et l'on ne découvre nulle part en lui ces organes extraordinaires qu'il faudrait supposer pour expliquer la création des matières que le Carnivore trouve toutes faites dans sa nourriture.

« Ainsi l'herbivore ne peut pas différer du Carnivore, et s'il mange (les graines, dos semences , (Jes feuilles , des herbes , 'il s'agit maintenant de la-ouver que , ramenées à ce qu'elles ont d'ossentiol , ces substances végétales présentent un ensemble do principes qui constituent des matières identi(iues avec celles dont le cajnivore so nourrit.

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