‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 284 sur 354 · STIL · texte numérisé non relu

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décomposé en ses éléments , lesquels sont assimilés ou rejetés, suiv.int lo besoin. D'après cela, l'hydrogène sulfuré devient un gaz aussi essentiel à la vie des plantes que l'acide carbonique.

Gel acide est irrespirable et tellement dé lélère, qu'on a peine à concevoir la rapidité de son action. L'animal qui le respire pur tombe comme frappé par un boulet. Sa mort est presque aussi prompte lorsque le gaz est mêlé à beaucoup d'air. Il résulte en effet, des expériences de Thénard et de Dupuytren, qu'un oiseau périt dans un air qui en contient seulement -j-^ de son volume, qu'un chien de moyenne tailla succombe dans un air qui renferme -^i^â de ce gaz, el qu'un cheval s'abat en mouis d'une mi nute dans une atmosphère qui est chargée de 3-5^. Il suffit môme qu'un de leurs membres soit plongé dans une atmosphère de ce gaz pur pour qu'ils périssent en moins de 15 à 20 minutes.

SULFURE D'AMIMOINE. Fo»/. Antuioine et Kermès.

SULFURE D'ARGENT. Votj. Argent.

SULFURE DE CADMIU',1. Voy. Cadmium.

SULFURE DE CALCIUM. Voij. Calcium.

SULFURE DE CARBONE. Voy. Soufre.

SULFURE DE MERCURE. Voy. Cinabre.

SULFURE DE PLOMB. Voy. Plomb.

SULFURES DE POTASSIUM. Voy. Potasse.

SULFURE DE SODIUM. Voy. Soude.

SULFUREUX (acide); syn. : gaz sulfureux. — Lorsqu'on fait brûler du suufre dans une quantité déterminée d'oxygène , le résultat de cette combustion est du gaz acide sulfureux. On trouve que le volume de ce gaz est un peu plus jielit que le volume du gaz oxygène, ce qu'il est facile de constater en brûlant de petits morceaux de soufre dans une cloche courbe sous le mercure contenant lOi) parties de gaz oxygène. L'acide sulfureux produit forme en moyenne les 97 à 98 centièmes du volume du gaz oxygène. On admet généralement que cette duuinutiou est due à la petite quantité d'hydrogène qui renferme le soufre, et qui a dû former de l'eau par la combustion. En faisant abstraction de celte cause, Ton admet qu'un volume d'oxygène iloit fournir un volume de gaz acide sulfureux.

Propriétés. — L'acide sulfureux est un gaz incolore , d'une odeur fort désagréable , qui suffoque et excite la toux ; elle ressemble en un mol à celle du soufre qui brûle. Il est impropre à la combustion et à la res|>iration, rougit la teinture de tournesol el ensuite la décolore peu à peu Sa densité est de 2,234. Il est indécomposable par la chaleur seule. Soumis à un froid ue 20°, il se liquétie, suivant les observations de M. Bussy. Dans cet état, c'est un liquide incolore, d'une densité de l,4'5l), si volalil, qu'd peut, en s'évaporanl à l'air, faire descendre le Iheimomètre à — 5"". Si ou favorise son évajioration, en le plaçanl dans le vide sous la machine pneuliialique, il produit un abaissement de^ G8". On détermine aisément la congélation d'une petite quantité de mercure renfermée daus

une boule de verre , en la plongeant dans cet acide liquéfié , qu'on fait p"omptement ^ vaporiser sous le récipient de la machine pneumatique.

La composition du gaz acide sulfureux peut être déduite rigoureusement de sa densité, eu considérant qu'il est formé d'un volume d'oxygène égal au sien. Par conséquent, en retranchant 1,1026, densité du gaz oxygèiie, de 2,23i0 , densité du gaz acide sulfureux, on a 1,1314 pour le poids du soufre, d'où il suit que cet acide est formé en poids pour cent de :

Soufre 50,14 1 atome.

ou Oxygène 49,86 2 atomes.

L'acide sulfureux à l'état de gaz a reçu plusieurs applications utiles. Dans les arts on l'emploie pour le blanchiment des laines, des tissus de soie , de paille ; il agit alors par son affinité pour l'oxygène qu'il enlève principalement aux matières colorantes que contiennent ces substances. On fait encore usage du gaz acide sulfureux pour éteindre le feu en cas d'incendie dans les cheminées et les poêles : à cet effet , on jette dans le foyer plusieurs poignées de soufre , et on ferme, aussi exactement que possible, l'ouverture intérieure de la cheminée ou du poôle. Le soufre, en brûlant, produit du gaz sulfureux qui déplace peu à peu l'air , de manière que la matière en combustion s'éteint étant plongée dans un milieu incapable de l'entretenir. En médecine, on l'a proposé pour le traitement de la gale et de quelques autres maladies cutanées. Ce traitement, simple et peu coûteux, se pratique en exposant le corps des malades à la vapeur du soufre qui brûle, et en évitant , par une disposition sage et raisonnée , que le gaz acide sulfureux neTsoit respiré par les individus qu'on traite. Des boites lumigatoires, imaginées par M. Gales , pharmacien de Paris, ont été perfectionnées par Darcet , qui en a rendu l'usage plus facde et plus commode. C'est d'a]irès les idées et les principes de ce savant cliimiste qu'ont été construites celles qui existent soit dans les hô[)itaux, soit dans plusieurs maisons de santé de Paris; elles ont l'avantage de pouvoir servir aussi à l'administration des fumigations de vapeurs d'eau ou de plantes aromatiques, comme à celle d'autres gaz ou vapeurs. Suivant les dimensions données à ces appareils, ils peuvent être employés au traitement d'un ou de plusieurs malades en même temps.

D'après les rapports qui ont été fournis , dix fumigations sufiisent dans le traitemeni d'une gale simple , et le prix de ces fu m gâtions ne s'élève p;is au delà de 50 centimes pour chaque malade , y compris , terme moyen, 10 centimes pour le soufre , et 40 centimes pour le combustible en charbon de bois.

Ce moyen curatif joint à une grande économie l'avantage de ne pas salir le corps

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par dos pommades ou préparations plus ou moins (IriÇDÙIaiilcs.

La médi'ciiio véli^rinairo Irouvorail pout- (^li-o un puissant muven , dans r.ipplication d(ï ce procédé, itour io Iraiti-nicnl, do la ^alo dos animaux domcsiiques. Ou et ujslm irait, à |>(ui do liais, sur lu mOmo piinci|i(!, dos ixiitos où Io corps do (;os animaux so Irouvorail seul exposé h l'action du ga/. acido siilt'urcHiv. Il appartiont h MM. les vélori- M.iiri's praticiens do ti'ulor ces essais, qui ao seraient pout-ètio pas intVuctnoux.

Ouire les ap|>licutions qu'on a su l'aii'o des propriétés tlu ga/. snli'ureux à la j^ui''risoii dos allectioMS cutanées et au bl.uichimoni des tissus, lui tire encore un Irès-j^rand parti de cet acide dans les arts. Ainsi, on remploie pour blanchir les plumes, la Ijau irui'lio , la colle de poisson, la goimne adra^aate , la paille dos céréales avec laquelle ou coufeclionue les cha|)eaux des l'ouunes et ces jolis ouvrai^os dont on fait remonter roriy;ine aux cénobites de la Thébaïde. On s'en sert pour enlever les taches de fruit sur les vêtements; pour assainir les lieux reu)i)lis de miasmes putiides, coumie les lazarets, les vaisseaux, et pour désinfecter les harties, couvertures, matelas , etc. , provenant de malades infectés, de galeux, etc. (1) ; pour soufrer les tonneaux dans lesquels on doit conserver le vin, la bière et autres liquides fermentes. Ce soufrage empùcli;: ces liquidas de devenir acides.

SULFUllIDKS. — Corps solides , liquides ou gazeux , dégageant des vapeurs d'acide sulfureux, soit immédiatement, soit par la combustion, soit par l'action de la poussière de charbon à l'aide de la chaleur ; ou bien donnant de l'hydrogène svdfuré , lorsque après les avoir traités par le carbonate d.e potasse et la poussière de charbon, on fait agir de l'acide nitrique étendu sur le résidu.

La famille des sulfurides est une des plus importantes du règne minéral, quoiqu'elle ne présente que deux grands genres, le genre sulfure et le genre sulfate. C'est à cette famille c^ue se rapportent la plupart des corps les plus utiles aux arts et aux usages de la vie, tous les rainerais dont on tire le plomb, le cuivre, l'argent, l'antimoine, etc., beaucoup d ' sels importants, ou dos matières qui servent à les [iréparer. Sous les rapports purement minéralogiques, les diverses espèces n'otlVont pas moins d'intérêt , soit par leur cristallisation , soit par les différents genres de combinaison qu'elles présentent.

SULFUUIQUE. (acidej, syn. acide vilriolique, vitriol , huile de vitriol, à cause de son aspect oléagineux. — Cet oxyde si impoitant , qui rend aux arts et à l'industrie de si grands services, qui sert à préparer presque tous les autres acides, a été découvert au xy siècle par Basile Valenlin. 11 ne paraît guère probable qu'il existe libre dans la nature, mais elle l'olfre abondammimt uni h la po-

(1) Les fumigations à l'aide de l'acide sulfureux sont bien .inciuriiieinenl connues, puisque, déià du Iciiips de Pline, les prèUes ordonnaient l'emploi du bOulVe pour purilici' les niaisoiis par lu lun)iL;alion.

lasse, la soude, la baryte, la stronliano, la chaux, la magm'îsie, l'oxyde do fer, etc.

L'eau acide d'un torrent nommé Hio-Vinagre , originaiie du volcan de l'nrau dans Jes Andos, ronforme,|)t)nr 1,000 parties, acide sulfurique 1,11, et acide chlorliydriipu' 0,1)1 eu partie libre, (-e qui donnei'ait, d'après le volume et la vitesse; des eaux mesurées ])ar M. IJdussingault , environ 15 niillicms de kilogr. d'aciile sulfurique, et |)rès de 12 millions d'acide chlorhydri(|ue par an, environ le quait dos [iroduils de ce genre fabriqués annuellement ou Fraïuie.

Une autre source abondante, découvorlc par M. Dégcnliart, aux Cordillères centrales, dans le Paramo de lUiiz à 3,800 mèti'cs de hauteur, ayant une température do Gi)", Y, contiendrait des siil)stan('os [irovonant du volcan de Uuiz, notamment de l'acido sulfuii(jue 5,181 i)onr 100, et do l'acide chlorhydrique 0,881 libre et partiellement combiné avec plusieurs bases, suivant l'analyse de M. Lewy.

Il y a deux espèces bien distinctes d'acide sulfurique : 1" l'acide sulfurique ordinaire ou du commerce ; 1° l'acide sulfurique anhydre (glacial).

1" Acide sulfurique ordinaire (S 0% H 0 ). Cet acide est d'une saveur extrêmement caustique, produisant sur la langue la sensation d'une température élevée ; il est inodore et incolore quand il est pur ; il est coloré en jaune , quand il contient do l'acide hyponitrique ; il a l'odeur du soufre qui brûle, lorsqu'il contient de l'acide sulfureux. Par la distillation, ces deux acides, qui rendent l'acide sulfurique impur, s'en vont les premiers, et on obtient de l'acide sulfurique à peu près pur, surtout si l'on élève la température de manière à distiller l'acide sulfurique lui-même, et à laisser pour résidu les sulfates de plomb ou de fer, de potasse, de chaux, qui peuvent s'y trouver dissous. L'acide sulfurique bien concentré est de consistance oléagineuse : il coule comme une huile grasse ; de là son nom ancien d'huile de vitriol, parce qu'on le préparait par la distillation du vitriol vert ( sulfate do protoxyde de fer). Sa densité est 1,84-217. 11 bout à la température de 325°, et peut être distillé. Il se congèle à 0—34°. Son ébullition est brus |ue , et produit des soubresauts qui peuvent projeter le liquide au loin ; on évite cet inconvénient en y ajoutant de la limaille de platine, ou tout autre corps étranger non attaquable par l'acide. Il est solublo dans l'eau en toute proportion. Sa dissolution aqueuse très-étendue bout très-près de 100° ; et à mesure que la projiortion d'acide augmente, la dissolution ne bout plus (ju'à 150°, à 200", à 300°, etc. ; de manière qu'on peut en faire varier le point d'ébullition suivant la quantité plus ou moins grande d'eau dont l'acide se trouve chargé.

Un moyen très-simple de préparer l'acide sulfurique consiste à chaulfer dans un mafias du soufre et de l'acide nitrique. Celui-ci so décom|iose, cède son oxygène au soufre, pour le faire passer à l'état u'acide sulfureux

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et d'acide sulfurigue.'Eii chaufTant davantage, on chasse l'acide sulfureux et l'excès d'acide nitrique; et arrêtant à tem|is 1 ai^tion de la cliairur, on obtient dans It^ matras de l'acide sulfurique concentré, sensiblement pur.

Pour la fabrication de l'acide sulfurique en grand , on fait arriver, dans une vaste chambre de plomb remplie d'air, des vapeurs d'acide hyponitrique et d'acide sulfureux, provenant de la combustion de dix parties de soufre sur une pariie environ de nitre. Au bout d'un certain temps, on retire le liquide qui recouvre le plancher de la chambre, et on l'évaporé d'abord dans des chaudières de plomb, de manière à en porter la densité jusqu'à 1,35 à 40; ensuite on l'évaporé dat:s des vases de verre ou de platine jusqu'à ce que sa densité soit de 1, 83 (I,8'i2l7). C'est là l'acide sulfurique du commerce dans son plus grand état de concentration possible.

Presque tous les chimistes s'accordent à considérer les cristaux qui se forment quand on met en ]irésence l'acide sulfureux , l'acide hyponitrique et l'eau , comme jouant un rùlè essentiel dans la production manufacturière de l'acide suiruri((ue. On sait (jue ces cristaux se produisent dans des circonstances nombreuses, et qu'ils fournissent de l'acide sulfurique et un composé oxygéné de l'azote , quand on les met en contact avec l'eau. Leur composition, restée longtemps incertaine, malgré les nombreuses analyses qui en ont été faites, a été tixée, en 18i0', par M. de la Prévostaye, qui a signalé leur production au moyen des acides Ijyponitrique et sulfureux secs , sous l'influence d'une pression considérable. La production de l'acide sulfuiiq le paraît être cependant tout à fait indépendante de l'existence et conséqucmment de la nature de ces produits, aux(iuels on a donné le nom fort impro|)ie de cristaux des chambres de plomb.

Il résulte en etfet, de l'observation journalière et du témoignage unanime des fabricants d'acide sulfurique, que ces cristaux , auxquels les chimistes attribuent la pioduction de cet acide, ne se forment jamais dans leurs appareils quand ils foiictiounont avec régul.irilé ; ils ne sont qu'un accident de leur fabrication. La théorie proposée par M. Péligot semble expliquer, dune manière simple et satisfaisante, tous les phénomènes qui se pa>sent dans la fabrication de l'acide sulfurique. Elle repose sur les faits suivants : 1" l'acide sulfureux décompose l'acide nitrique ; le premier se transforme eu acide sulfurique , et le second en acide h * ponitrique (N 0') ; 2" l'eau change ce dernier acide en acide nitrique et en acide nitreux (N O") ; 3" ce gaz, au contact de l'air atmosphérique, reproduit de l'acide hyponitrique, (jue l'eau transforme en acid • nilreux et en acide nitrique. L'acide sulfureux agit d'une manière incessante et exclusive sur l'acide nitrique, constamment régénéré dans ces dilléreutes phases de l'opération.

Puur contirmer cette théorie, il devenait nécessaire d'étudier avec soin l'action de

l'acide sulfureux sur l'acide nitrique, à différents degrés de concentration et à ditîérenles températures, et de (ixer les Tmites auxquelles cette action cesse de se manifester. L'appareil employé par M. Péligot consiste en un matras contenant du cuivre et de l'acide sulfurique, pour la production du gaz sulfureux, et en deux apiiareils à boules, le premier servant au lavage du gaz, l'autre renfiMinant 1 acide nitrique soumis à l'expérience. L'acide nitrique contenant le moins d'eau possible, celui dont la dei site est représentée par 1.51 , est converti par l'acide sulfureux sec, en une masse de ciist.iux (]ui sont probablement identiques avec ceux qui ont été produits et étudiés par M. de la Prévostaye. Ce fait ne touche en rien à la théorie de la labrication , puisque l'acide dont on fait usage est toujours h un degré de concentration beaucoup moindre. L'acide nitrique du commerce, celui qui marque de 2i à 28 degrés au pèse-acide et qui contient 27 à 34 d'acide anhydre pour 100 parties, e>t décomposé très-éneigiquement par l'acide sulfureux; des vapeurs rutilantes d'acide hyponitrique se forment immédiatement dans la piemièie boule de lapjiare 1 , et colorent le liquide en vert ; la température s'élève beaucoup pendant toute la durée de l'action, qui se manifeste de proche en pioche, l'acide sulfureux étant absorbé en totalité, tant que tout l'acide nitrique n'a pas été employé à sa transformation en acide sulfurique. Aussi remarque-t-on une culoration Uilférente dans chaque boule. A mesure que l'action qui se produit dans la première diminue, la couleur verte du liquide s'atl'aiblif ; en même temps que le liquide de la seconde pren lunecouleurplus intense, chaque boule l)reiid alternativement une teinte verte foncée, le liquide devient ensuite d'un vert plus pâle, puis d'un jaune orange. QuHnd l'acide nitrique est entièrement détruit, il redevient incoloie. Quand l'acide nitrique est étendu d'une quantité d'eau plus considéiable , on obtient la coloration en bleu indigo pur, qui résulte de la dissolution de l'acide nitreux dans l'acide nitrique faible, et qui se forme, comme on sait, p.ir l'action même du bioxyde d'azote sur l'acide nitiiq le étendu d'eau. Lorsque l'expérience est terminée et (jue l'acide sulfureux esse d'être absorbé, on reconnaît, en employant les méthodes trèsdéhcates qui constatent les moindres Uaces d'acide nitrique, que le liquide qui est resté dans les boules est de l'acide sulfurique liydiaté, tenant en dissolution un excès d'acide sulfureux ; il est absolument privé d'acide nitrique ou de tout autre composé de l'azote. On remaïqiie, d'ailleuis, que le contact da l'acide sulfureux avec l'acide nitrique détermine constamm. nt la formation de vapeur.s rutilantes d'ac de hyponitrique dès le cornmencement de l'opérât. on, et sans l'intervention de l'oxygeue atmosphéri jue. Cela résulte de l'action même de l'acide sulfureux sur l'acide nitrique ; plus tard, quand le gaz sulfureux agit sur le liquide vert ou jaune qui résulte de cette première phase, les va- ■

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iieurs rouges aisparaisseni en grande partie; le pruiliiit (lui se Ibraii; alors est un bioxydu il'azote cutùrtment pur, absorbable, sans aulun n^siihi, par les sels lie proloxydc de 1er. M. Péligot s'est encoi'e assuré (|ue l'acide nitri(pie,nuMiie trùs-iHeiuki d'eau, transibrnie l'aride sulfureux en acide suHuritpie, si l'on a soin d'élever la température de GO à 80 dei^rés.

Des expériences qui précèdent on est conduit à admettre ((ue l'acide sull'urique (jui se produit sous l'iutluence d'un excès de gaz sulfureux , doit être entièrement exempt d'acide nitrique. Cette considération est trèsimportante pour la prati(pie ; car on sait (pie l'acitle suli'urique du commerce se trouve (juelcjuefois souillé d'une proportion plus ou moins grande de produits nitreux , dont la présence est nuisible pour certaines opérations.

M. Baudrimont n'admet pas, avec M. Péligot, que l'acide sulfureux réagissant sur l'acide nitrique donne nécessairement lieu à de l'acide h) ponitrique, qui, à l'exclusion de tout autre produit oxygéné de l'azote, doive régénérer l'acide nitrique. Il ajoute qu'en cherchant à se rappiocher des conditions dans lesquelles se fabrique l'acide sulfurique, on n'observe nullement la formation de- l'acide hyponitrique. En etfet , si l'on adapte à mi grand flacon à tubulure un appareil propre à donner de la vapeur d'eau , un autre appareil donnant de l'acide sulfureux, un troisième donnant des vapeurs d'acide nitrique, et enfin un tujjc ouvert pour éviter une explosion ; si l'on remplit d'abord le flacon de vapeurs d'eau, puis de gaz sulfureux, et si l'on fait enfin parvenir de la vapeur d'acide nitrique, il se forme de l'acide sulfurique, et l'on n'observe pas la moindre trace de vapeur rutilante. Concluant de cette expérience que l'acide hyponitrique n'est point un produit nécessaire de la réaction de l'acide sulfureux en excès sur l'acide nitrique, M. Baudrimont paraît disposé à admettre que la production du composé qui donne naissance aux cristaux des chambres de plomb n'est pas étrangère à celle de l'acide sulfurique. La facilité avec laquelle se produit le composé cristallin dont il s'agit, sa rapide destruction par l'eau , tout, dit M. Baudrimont, porte à ])enser qu'il se forme réellement , mais que son existence n'est que instantanée. Dans ce cas, ce n'est plus simplement l'acide sulfureux qui enlève de l'oxygène à l'acide nitrique pour devenir acide sulfurique ; ce sont leurs éléments qui s'unissent d'abord et donnent naissance à un produit qui se décompose par la présence de l'eau, en donnant de l'acide sulfurique et de l'acide nitreux.

2" Acide sulfurique anhydre (SO ») ; syn. : acide sulfurique glacial , acide sulfurique fumant, acide de^ordhausen. — il est solide îi une température basse, et à — 20° il cristallise un aiguilles blanches, opaques, ayant l'aspect de l'asbeste. 11 se liquétie à 25" et bout entre 25ct30°.L'ébullition se fait par soubresauts. A la température ordinaire (15°), il ré-

DiuiioMN. i)u Chimie.

pana des vapeurs blanches très-sulfocantes, et disparaît peu h peu sans résidu. 11 altère la peau par une forte action corrodante et produit sur elle de |)etiles pustules. S'il était répandu dans l'air en tro|i grande quantité, ilproduiiviit des ellets vénéneux.

Lorsqu'on met l'acide sulfurique anhydre en contact avec de la baryte ou de la chaux, il se produit une température tellement élevée, que les vases dans lesquels on fait l'expérience se brisent ordinairement avec violence. Or en chaufl'ant le sulfate qui en résulte, le poids est le même avant et après la calcination : donc l'acide sulfuiique ne contenait pas d'eau. L'acide sulfurique anhydre est absorbé (à — 15°) en grande quantité jiar lesclilorures desoufre,de [ihosphore.d'étam, de bismuth, et par beaucou[) d'autres chlorures ; il se forme, dans cette circonstance, des produits qui n'ont pas encore été suffisamment examinés.

Projeté dans l'eau, il produit une efl'ervescence et un bruit semblables à celui que produirait un fer chaud; il ne se dégage point de gaz, et il se forme de l'acide sulfurique ordinaire.

On prépare l'acide sulfurique anhydre par la distillation de l'huilede vitiol, qui jiorte le nom de Nordhausen, petite ville du loyaume de Prusse près de Gœttingue, où l'on prépare cet acide en grand par la calcination du sulfate de fer (vitriol vert). L'huile de vitriol de Nordhausen se compose, d'après Vogel, d'acide sulfurique anhydre et d'acide sull'urique hydraté. En distillant cet acide, on obtient d'abord des vapeurs blanches trèsépaisses, qui se condenscdt, sous forme de cristaux, dans un récipient entouré d'un mélange réfiigérant (à — 20°). Si l'on n'arrêtait pas la température à temps, l'acide sulfurique hydraté passerait lui-même dans le réci|)ient.

On peut encore préparer l'acide sulfurique anhydre par la distillation de lacide sulfurique concentré du commerce. L'acide sulfurique anhydre distille le premier sous forme de vapeurs blanches et très-é,jaisses.

L'acide sulfurique ordinaire, quoique contenant déjà un équivalent d'eau, en est encore très-avide ; aussi est-il emjiloyé comme corps desséchant, et pour enlever l'eau à certains composés c.rganiques. Quand il est abandonné à l'air, il en atiire l'humidité; il se forme alors à la surface de l'acide une couche moins dense que les autres et qui contient beaucoup d'eau ; si on l'agite on remarquera, au bout d'un certain temps, qu'il se sera reformé une nouvelle couche aqueuse. Quand l'acide sulfurique est versé clans de l'eau, cet acide tombe au fond du vase, à raison de sa grande densité ; mais, par l'agitation, les deux liquides se combinent avec un grand dégagement de calorique. Une partie d'acide et une |)artie d'eau peuvent produire une élévation de température de 80° ; une partie d'eau et quaire piutii s d'acide élèvent la teiui)érature à 104°. Quand l'acide sulfurique est mélangé avec la glace, il produit'des ellets diUérents, selon les propor-

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lions de ces deux corps. Quatre parties d'acide sulfurique et une partie de glace pilée ou de neige peuvent produire un dégagement de chaleur capal)le de faire monter le thermomètre jusqu'à 75°, tandis que le mélange de quatre parties d'acide sulfurique et de quatre parties de glace peut produire, par l'agitation, un froid capable de faire descendre le thermomètrejusqu'à — 13". C'est qu'ici la chaleur nécessaire pour opérer la fusion de la neige dépasse de beaucoup la chaleur développée par la combinaison ; voilà pourquoi le mélange emprunte delà chaleur aux corps environnants, afin de'faciliter la fusion de la neige.

On reconnaît que l'acide sulfurique est pur (juand il n'est pas coloré en rouge par la dissolution de sulfate de protoxyde de fer.

Aujourd'hui quelques fabricants, au lieu de brûler de l'azotate de potasse dans les chambres de plomb, dirigent dans ces chambres la grande quantité de bioxyile d'a^ole qui se dégage dans la préparation de l'acide oxalique, par l'action de l'acide azotique sur l'amidon. Nous dirons aussi, en passant, qu'on est parvenu, depuis quelques années, à souder le plomb sur lui-même sans l'intermédiaire del'étain, qui est un métal beaucoup plus attaquable par l'acide sulfurique que le plomb.

Souvent, au lieu de brûler du soufre pour obtenir de l'acide sulfureux, on fait brûler des pyrites de fer dont on fait rendre les produits gazeux dans les chambres de plomb, avec ceux résultant de la décomposition du nitre parla chaleur. Ce procédé pourrait être mis en usage avec avantage dans le cas où le soufre nous serait refusé par les Napolitains h un prix raisonnable. Dernièrement, MM. Pelouze et Frémy ont mis à profit les belles découvertes de M. Kuhlmann. Il suffit de faire passer sur de l'éponge de platine, dont on a élevé la température, un mélange (l'acide sulfureux et d'oxygène enproportions convenables.

Enfin, tout récemment, on a découvert des procédés pour fabriquer l'acide sulfurique avec le sulfate de chaux ou plâtre qui se trouve en assez grande quaulitù aux environs de Paris ; ce plâtre est hydraté ; il ne se décompose pas par la plus forte élévation de température, et peut môme se fondre sans être altéré. Mais si on le traite par la silice, Use forme du silicate de chaux, tandis que l'acide sulfuritpie, duveim libre, se décompose et donne du l'acide sulfureux et de l'oxygène que l'on peut recombiner avec l'éponge de platine.

Principales applications de l'acide sulfurique. — On se sert de l'acide sulfurique pour ))réparer les acides sulfureux, chlorhydrique, azotique, carbonique, tartrique, citrique, stéarique, margarique, oléique et phosphorique ; indirectement, à l'aide de quelques-uns de ces produits, il est nécessaire à la fabrica- ■ tioû du chlore, des eaux minérales gazeuses,

des bougies stéariques, des savons, du phosphore.

On fabrique avec l'acide sulfurique une grande partie des sulfates su'.vants, pour les besoins de l'industrie et du commerce ou de l'agriculture : sulfates de soude, de potasse, d' ammoniaque, de chaux, d'alumine, de fer, de zinc, de cuivre, de quinine, de cinchonine, ainsi que le sulfate de mercure, destiné à la préparation du chlorure et du bichlorure [mercure doux et sublimé corrosif). On emploie l'acide sulfurique pour déterminer l'oxydation' du fer ou du zinc, et en même temps extraire de l'eau l'hydrogène propre aux aérostats, aux briquets à gaz, au chalumeau aérhydrique, à fournir la lumière du microscope à gaz, à produire Vnydrogène arsénié dans l'appareil de Marsh et prouver la présence de l'arsenic. La même réaction sur le zinc opérant la décomposition de l'eauproduit un courant électrique applicable à l'argenture et à la dorure des métaux et alliages. L'acide sulfurique sert, par son pouvoir saturant, aux essais alcalimétriques et acidimétriques comme à l'analyse des sa/vons. Sou action dissolvante s'applique au décapage du fer pour fabriquer le fer-blanc et les tôles zin~ guées ; pour décaper et dérocher le cuivre, blanchir les flans d'argent avant de les frapper. On l'emiiloie dans les essais des oxydes de manganèse, ïaf/inage de l'or et de l'argent, la préparation de l'éthcr hydrique, la dissolution de l'indigo, l'extraction delagarancine,l'épurrationdes huiles à quinquet, la coloration partielle des bois de placage, lacarbonisation des pieux à fixer en terre (ce qui les défend contre la pourriture), la fabrication du cirage anglais, la. préparation du sirop de fécule, de la glucose solide, la fabrication du pyroxyle [colon poudre), il entre dans la confection des briquets oxygénés. Étendu de 300 à 1000 parties d'eau, il a pu remplacer le sulfate de chaux sur les terres riches en calcaire et très-éloignées des carrières à plâtre. On s'en sert pour gonfler les peaux et les disposer au tannage. Étendu à 40°, il coagule vingt fois son poids de sang, qui devient dès lors bien moins putrescible et plus facile à conserver jusqu'au moment de le répandre comme engrais sur le sol. On emploie l'acide étendu p .ur dissoudre à chaud les tissus adipeux et en extraire le suif. L'acide ordinaire peut changer ou détruire l'odeur désagréable des fûts envahis par les moisissures : il suflit de mouiller les parois de ces fûts avec un litre d'acide, laissé en contact pendant uneheuie, puis éliminé par le rinçage. Enfin la qualité très-foi temeut hygoscopique de l'acide concentré est fréquemment mise à profit dans les laboratoires, pour opérer des dessiccations à froid sous des cloches renfermant de l'air, ou dans le vide de la machine pneumatique. — y oy. Solde.

SYMÉrUlE [cristallographie). — Lorsqu'on examine attentivement un cristal , on est frappé de la symétrie des moditications que subissent fréquemment les arêtes ou les angles solides ; on ne tarde pas à reconnaître la belle loi de Haûy, qui sert de base

HH SViM

h lii dérivation des formes socondairos par la forme primitive , o'ost-à-dire que, dans tout cristal , les parties seuiblabicuieiit placiH's par rapport aux axes sont nioditii^esde la môme uifuiiùre : ees inodilicatioiis consistent en facettes plus ou moins étendues, (jui rem[)lacent les arôtes et k's sommets; on peut les réduire à quatre cas princiiiaux. 1° Les arôtes ou les angles solides tie môme espèce sont, sauf quekiues exceptions rares, modifiés tout à la lois : le cube, l'octaèdre, lo rhomboèdre et le prisme à base carrée, en sont des exemples. 2° Lesarôtes ou les angles solides non semblableuietit [)lacés sont moditiés différeunnent , connue le prisme rhombojdal en olïre des exemples. 3° Lorsqu'une arête ou un angle solide sont formés par des plaiis de mèuje espèce, les moditications produisent le même elt'et sur chacun de ces plans. Nous trouvons cette règle dans le cube, où, toutes les faces étant égales, les arêtes sont toujours modiliées jiar une ou deux facettes également inclinées sur les plans adjacents. Il en est de même des angles solides. 4° Lorsqu'une arête ou angle solide se trouve formé par des plans d'espèces différentes sur chacun de ces )tlans; cette règle est une conséquence de la loi de symétrie; exemple : te prisme à base carrée.

Deux formes du même genre, qui n'ont pas exactement les mêmes dimensions relatives, ne présentent pas les mômes modifications, comme on le reconnaît dans les prismes droits à base carrée. Passons rajjidement en revue les modifications que subissent les formes primitives déjà citées, et desquelles il résulte un grand nombre de variétés de formes. Le rhomboèdre de la chaux carbonatée présente deux sortes d'^arêtes et deux sortes d'angles : six arêtes qui aboutissent trois à trois au sommet symétrique, et six arêtes latérales aussi semblables; deux angles solides égaux aux extrémités de l'axe, et six angles d'une autre espèce, tous égaux entre eux, disposés latéralement autour de l'axe. 11 y auia donc cjuatre genres de modifications, qui pourront encore être modifiées elles-mêmes, et former un grand nombre de variétés ; aussi en a-t-on tléjà observé au moins quinze cents dans la cliaux carbonatôe. Les autres formes primitives jjeuvent éprouver également des modifications nombreuses, mais toujours soumises à la loi de symétrie ; néanmoins il est des cas où ces modifications ne sont pas symétri- (pies, et que le physicien a le plus grand intérêt à étudier, car c'est dans les écarts de la nature que l'on peut saisir quelques-unes des causes qu'elle met en jeu pour produire les effets. Les anomalies qui font naître des moditications non symétriques n'ont été observées jusqu'ici que dans les systèmes cubique, rhomboédrique et prismatique carré. Dans le premier nous trouvons le dodécaèdre pentagonal, l'isocaèdre, le triacontaèdre, et toutes leurs modifications. Le dodécaèdre pentagonal, comme l'indique son nom, est formé de douzes faces pentagonales, et diffère beaucoup du dodécaèdre pentagonal de

la géométrie, dont les pentagones sont régu- ' liers et leurs angles égaux h 108° ; les inclinaisons des [dans sont égales à IIG", ;<:>', 3'2". Dans (^elui de la nature, les pentagoiH's iii' sont pas réguliers; i'un des angles [)lans est d'environ 121,"30'; les deux autres angles d'environ 100",. "17', et les deux autres d'environ 108",3«'. L'inclinaison mutuelle des deux faces voisines est pour les unes d'environ 127% pour les autres d'à peu près 113",30'. *^

Ce solide est produit par la moitié des moditications qui conduisent au polyèdre à faces triangulau'es. L'isocaèdre de la minéralogie est composé de vingt faces triangulaires. Dans la géométrie, les faces sont égales et équilatérales ; dans la nature , huit faces sontdes triangles équilatéraux, et douze des triangles isocèles. Ce solide résulte de la combinaison de l'octaèdre régulier et du dodécaèdre pentagonal. Le triacoinaèdre est formé, dans la nature, de trente faces quadrilatères, dont six sont des rhornbes et vingt quatre des trapèzes; il est le résultat de la combinaison des faces du cube avec la moitié de celles qui conduisent au solide de quarante-huit faces ; dans la géométrie, ce solide est formé de trente rhombes. Ces formes ne sont pas produites par des modifications symétriques, et cependant elles peuvent être modifiées symétriquement, et donner lieu à toutes les formes que l'on déduit de tous les autres solides simples du système cubique. Rien n'est plus facile que de voir comment l'isocaèdre peut passeraucube, au dodécaèdre rhomboidal, etc.

Il existe d'autres défauts de sj'métrie dans le système cubique qu'il est important de connaître, en raison de certaines propriétés physiques qu'acquiert le cristal qui en est l'objet. 11 arrive quelquefois que, dans le cube simple ou dans le cube modifié sur les arêtes, on observe des modifications par plusieurs facettes qui n'affectent que la moitié des parties sur lesquelles elfes devraient agir, et qui conduisent au tétraèdre régulier ou à un solide à douze faces pentagonales.

Dans le dodécaèdre rh&mboïdal, on voit quelquefois la moitié des angles composés de trois plans , modifiés par une facette qui produit encore le tétraèdre, ou la moitié des arêtes modifiées par des facettes tangentes, | ce qui conduit au dodécaèdre triangulaire. Une de ces modifications se présente dans la boracite, dont la forme primitive est le cube suivant Haiiy et d'après les dernières observations de M. Biot. Dans les cristaux artificiels d'alun , on observe des nindifications tangentes qui n'affectent que quatre arêtes. Dans le système prismatique carré, il y a peu d'exemples de dissymétrie, et encore n'en est-on pas assuré. Dans le système rhomboédrique nous trouvons deux exceptions à la loi de symétrie, qui se rapportent l'une au quartz ou cristal de roche, l'autre à la tourmaline.

Dans le quartz il y a des cristaux ^[m son» modifiés par des facettes tournées seule è seule vers un pan du prisme, de gauche }

SïN

droite; dans d'autres cristaux, par aes .acettes tournées de droite à gauche; il est évident que, dans chaque cas, les cristaux ne présentent que la moitié des facettes résultant d'une modilication symétrique. 11 est aussi des cas où les cristaux offrent plusieurs modifications du môme genre.

Dans la tourmaline, la dissymétrie se manifeste d'une autre manière : l'un des prismes hexagonaux ne présente jamais que la moitié de ses faces, de sorte qu'il résulte de la combinaison de deux prismes un prisme à neuf pans. Dans d'aures cas, ce sont des rhomboèdres qui se trouvent à l'un des sommets, et qui n'existent pas à l'autre, ou bien c'est la modification du sommet par une seule face perpendiculaire , ou bien encore ce sont des modifications sur les artMes d'intersection d'un des sommets avec les plans.

M. Delafosse a cherché à démontrer que, dans ces différents cas , les anomalies n'étaient qu'apparentes , attendu qu'ils rentraient dans un autre ordre de phénomènes auquel on n'avait pas encore fait attention. Voici de quelle manière il expose ses idées à cet égard :

Prenons les cristaux de boracite, qui sont des cubes, dont quatre seulement de leurs angles sont quelquefois modifiés, de telle sorte qu'aux extrémités d'une diagonale, l'un des angles est modifié, l'autre ne l'est pas, ce qui établit une dissymétrie , puisque les deux angles, étant identiques , devraient être modifiés en même temps. Pour prouver que la loi de symétrie n'est pas violée, M. Delafosse admet que le cube n'a pas pour molécules intégrantes des cubes, mais bien des tétraèdres rangés en file, de manière qu'une base correspond à un angle solide, et le sommet à l'angle opposé, qui par là se trouve d'une espèce contraire au premier. Si les choses se passaient ainsi, la loi de symétrie ne serait pas violée. Le même raisonnement peut s'appliquer aux autres formes qui dérogent à la loi de symétrie.

Le pnysicien doit prendre en considération la structure d'accroissement , parce qu'elle lui révèle la manière donl le cristal s'est accru successivement depuis l'instant oîi il a pris naissance jusqu'à ce qu'il ait atteint le volume sous lequel on le voit. Du moment qu'un noyau cristallin s'est formé , il augmente de volume par une nouvelle agrégation de particules, qui peuvent se grouper autour de ce noyau, et en augmenter indéfiniment la masse. Cet accroissement se fait quelquefois d'une manière régulière. Quelquefois l'accroissement peut être produit par des causes qui nous échappent, mais qui nous permettent do reconnaître les changements d'accroissement aux changements de forme. C'est ainsi qu'on voit un octaèdre devenir un cube, puis un dodécaèdre , puis enfin un cube. La nature nous présente de pareils effets, que nous reproduisons dans nos laboratoires, en faisant varier la nature du liquide dans lequel s'opère la cristallisation. Il arrive quelquefois que, bien que la forme ne change pas pendant toute la durée de l'accroissement, il y a cependant des modifications telles, à certaines époques, dans le mode d'accroissement, que les parties superposées peuvent se déboîter les unes des autres quand le cristal est brisé. On trouve des exemples de ce genre dans le cristal de roche, le plomb et l'alun. Les causes qui interviennent dans cette circonstance sont telles, qu'il arrive quelquefois que les couches sont séparées par un intervalle rempli de liquide. C'est ce que nous retrouvons dans les cristaux de salpêtre et de sulfate de soude, quand la solution de ces sels est très-concentrée , et que la cristallisation s'opère rapidement.

SYNONYMIE CHIMIQUE. — Sous ce titre

nous allons présenter le tableau des principaux corps simples et de leurs composés usités, d'après les nomenclatures française, suédoise et allemande.

ROHENCIATURB

française.

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