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SYNOVIE. — La synovie esi une liqueur fournie l'ar une membrane particulière qui forme les capsules synoviales des articulations, et qui est destinée à faciliter le frottement des surfaces articulaires les unes sur les autres.
Cette liqueur alcaline a été particulièrement étudiée dans le bœuf; elle est demitransparente, un peu verdàtre, visqueuse et filante comme du Manc d"œuf, onctueuse au toucher; son odeur est fade et analogue au ffai de grenouilles, sa saveur salée. Abandonnée à elle-même, elle prend une consistance gélatineuse, redevient fluide en laissant déi)oser une matière filandreuse analogue à /a tibrine.
La synovie humaine, recueillie à l'aide d'une éponge sur les surfaces articulaires de
plusieurs cadavres, a donné pour résultat une grande proportion d'albumine, une matière animale soluble dans l'alcool, une matière grasse, de la soude, du chlorure de sodium et de potassium, du phosphate et du carboiiate de chaux.
Concrétions arthritiques. — On désigne sous ce nom les dépôts blanchâtres plus ou moins solides et irrégulieis, qui se di'veloppent parfois chez l'homme dans les articulations des personnes, à la suite d'accès répétés de goutte. Ces concrétions sont formées, d'après l'analyse qui en a été faite d'abord par Wollaston, d'acide urique combiné à la soude (urate de soude). Laurier et M. Vogel en ont rencontré depuis, qui, outre ce sel, contenaient un peu d'urate de chaux.
SYSTÈME DE L'ÉMISSION. Voy. Lumière.
TABAC. — Le tabac paraît originaire de l'Amérique méridionale ; mais il est actuellement cultivé dans presque tous les pays. C'est vers 1560 que cette plante a été introduite en Espagne et en Poilugnl par Fernanilès de Tolède. On croit que son nom vient de ce que les premières importations se ûrent de l'île de Tabago, une des Antilles, peu distante de la côte de Venezuela. Longtemps on l'a appelé nicotiane et herbe à la reine, parce que c'est Nicot, ambassadeur de France à la cour de Portugal, qui l'apporta à Catherine de Médicis, k son retour de Lisbonne. Ce sontles sauvages del'Amérique qui enseignèrent aux Européens à fumer et à laAchev on chiquer le tabac; mais l'usage de priser la poudre de cette plante est tout européen, et appartient surtout à l'Europe occidentale.
Les feuilles de tabac renferment de l'albumine, une matière rouge a/otée, un principe amer, de la gomme, une résine verte, des sels et un alcaloïde liquide, acre e( volatil, qui est la source du montant du tabac préparé et de son action narcotique et délétère. Ce principe, connu des chimistes sous le nom de nicotine, est combiné à l'acide acétique dans les feuilles de tabac, oh. il n'entre que pour quelques millièmes environ.
Ces feuilles, séchées à la manière ordinaire, n'offrent jamais ce montant et cette propriété sternutatoire si développés dans le tabac du commerce, parce que la nicotine n'est pas mise en liberté. On leur fait acquérir ces qualités en les abandonnant en tas |)endant un temps plus ou moins long, après leur dessiccation, et après les avoir arrosées avec du vinaigre, puis avec une solution de sel marin. La fermentation lente qui se [)roduit dans ces masses d(^ feuilles paraît avoir pour résultat principal de décomposer la matière azotée et de donner naissance par là à de l'ammoniaque. Les premières portions de cet alcali, en s'emparant de l'acide qui neutralise la nicotine, mettent cette dernière eu liberté, et l'excédaut d'ammoniaque lui sert
de véhicule. Dès lors l'odeur propre au tabac se manifeste. Lorsque la fermentation a été poussée assez loin, on hache le tabac à fumer, et on dessèche les petites lanières qu'on obtient sur des plaques en cuivre chautrées à la vapeur. Pour le tabac à priser on fait subir une seconde fermentation aux feuilles; on les dessèche, puis on les passe dans des moulins pour les broyer. La poudre est tamisée, puis abandonnée à un nouveau degré de fermentation, qui exalte davantage l'odeur et qui produit une coloration noirâtre do toute la masse (1).
Le principe actif du tabac, ou la nicotine, est un poison si actif, que 4 ou 5 gouttes suffisent pour tuer un chien. On conçoit facilement, d'après cela, les maux de tête, les vertiges, le narcotisme , et cette sorte d'hébétement continuel qu'éprouvent ceux qui font un usage immodéré du tabac, soit en le fumant, soit en l'aspirant par le nez. C'est à l'irritation stimulante qu'i.l produit sur les membranes du nez et de la bouche, irritation agréable lorsqu'elle n'est pas portée k un trop
(l)MM. Henry et Boutron-Cliarlard, dans leur travail sur le principe actif du taijac, ont reconnu en 1856 : t- que la qualité des tabacs ne dépend pas exclusivement de la quanlilé de nicotine qu'ils contiennent, puisque ce ne sont pas les meilleurs (Cuba, Maryland, Virginie) qui sont plus riches eu ce principe. Ils pensent, d'après cela, qu'il en est pour les tabacs comme pour les vins, dont les meilleurs ne sont pas toujours ceux qui sont le plus alcooliques : la nicotine est accompagnée, dans certains tabacs, par un principe aromatique particulier insaisissable, qui constitue une sorte de bourjuct susceptible de faire préférer tel tabac à tel aune; i" que , dans les tabacs préparés par la fei menlation, si la nicotine y parait plus (lL'velop|)ée que dans ceux qui n'ont pas subi celte opération, c'est parce qu'elle devient libre ; car la proportion est loin d'y être aussi abondante, puisque l'ammoniaque en entraîne sans cesse avec elle nne certaine quantité, et que l'air lui-même peut contribuer à en décomposer une partie quand la fermentation est trop prolongée ; c'est ce qui explique les soins e.xirémes apportés par les manufacturiers à régler cette opération.
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haut ilet^'(\ (ju'est drt l'usa^'o de tolto stibslmii'e, usugn (|ui toutefois (>r(''S('iit(' tant d'iiicouvéïiieiits, (ju'oii uo saurait trop s'en iibstenir lorsqu'on n'en a pas encore contracté riiahiludo.
M. Zoiso, do Coponha(^u(', a reconnu, on 18i;J, que les parties coiislituanlesdc^ la fumée de lahacsont priiiiipalenicnt U'u; liuilo empyreuuiatiiiuopaitiiulière, de l'acide carbonique, de l'aiiunoinacine, de l'aciide butyrique, de la [laralline (carbure d'hydrogène) et des composés résineux. 11 s'y trouve, en outre, d'après M.Mclsens, de la nicotine en proportions trùs-niaii|uées; cela explique l'effet de la fumée de taJjac sur les personnes qui n'ont pas l'habilud.'de fumei'.
La consommation du labac est énorme, si l'on sonye qu'en France seulement on en vend annuellement pour plus de 107 millions do francs. En Espagne, et surtout à Séville, les dames et les élégants font usage, comme d'un sternutatoire doux et agréable, de la poudre de tige de tabac, arrosée de bon vinaigre ; c'est \h ce qui constitue le vinagrillo.
TABLEAU , restauration des vieux tableaux. Voy. Eau oxygénée.
TABLETTES de bouillons de Darcet.F.Os.
TAFFLV. Voy. Alcool,
TAILLE DES PIERRES. —On taille les pierres fines de différentes manières , pour relever le plus possible leur éclat. Il y a diverses sortes de tailles, qui sont employées suivant les circonslances et suivant le plus ou moins de valeur de la substance. On distingue les principales tailles suivantes : 1° la taille en rose, qui présente d'un côté une espèce de pyramide plus ou moins élevée, garnie de facettes triangulaires, et de l'autre une large base plate , destinée à être cachée dans la monture; 2° la taitle en brillant, la plus riche de toutes : elle présente d'un côté une face assez large, on table, entourée de facettes triangulaires , qu'on nomme dentelles, et de facettes en lozange; l'autre côté présente une pyramide garnie de facettes, ou pavillon, destinées à rétléchir la lumière qui a traversé la pierre, et se termine par une autre petite table ou culasse. La partie pyramidale doit prendre à elle seule les deux tiers do la [lierre; elle doit être cachée dans la monture, qui, dans ce cas , doit toujours être à jour : ces deux sortes de taille s'exécutent plus |iarticulièrement sur le diamant; 3° la taille à degrés, ou brillant à degrés, qui présente d'un côté une tajjle plus ou moins large, entourée de facettes trapézoïdales , et se termine de l'autre par une pyramide qui présente une série de facettes en échelons , jusqu'au sommet qui se teimine par des facettes triangulaires; c'est la taille qu'on emploie pour le corindon, le spinelle, le grenat, l'émeraude, etc.; 4" la taille en pierre épaisse, qui est une des plus simples , mais (jui s'emploie rarement, parci; qu'elle est de peu d'etf. t; 5° la taille en cabochon ou en lentille, qui présente deux surfaces arrondies : on l'erniiloie pour l'opale, di iit les iris ressortent alors beaucoup mieux , et ensuite pour
des pierres opaques ; quelquefois on creuse \i: cabochon en dessous, ce qui se iiomme chmr, p<uir dinnnuer la trop grande intensité de la couleur, et on doubl(( alors la pierre d'une feuille d'argent en la n.ontant : c'est ce que l'on fait pnur le grenat commun. < )ulre ces diiri'ren les tailles, il y en a beaucoup d'autres qui sont entièrement de fantaisie , et qui dé[iendent de l'usage auiiuel on veut (Miiployer la pierre.
TAl'C COMMUN {talc de Venise, craie de Briaiiçon. — Se trouve en France , en Angleterre, dans le Tyrol , au mont Saint-Gothard , etc., dans du schiste argileux , du schiste micacé, et des rocnes de serpentine en masse ; disséminé , en plaques , sous diverses formes imitatives, et quelquefois en [)ctites tables à six côtés; éclat nacré, demi-métallique , couleur blanc d'argent , blanc vordâtre, vert d'asperge et vert pomme, translucide, clivage simple, à feuillets courbes, flexibles et non élastiques, très-sectile et très-gras au toucher, infusible au chalume™ ; au bout d'un temps très-long, il donne cependant une espèce d'émail; cassure lamelleuse.
Ce talc, uni au carmin et au benjoin, constitue le rouge de toilette; seul , il sert K donner à la peau de la blancheur et une souplesse remarquables, sans produire des effets nuisibles.
TALC STÉATIQUE. Voy. SiÉàTiTE.
TANNAGE. Voy. Stannique
TANNAGE. — La peau desséchée sans aucune pré| aration se pouirit aisément , s'imprègne d'eau avec facilité , et se détruit par un frottement répété. On remédie à tous ces inconvénients, et on la rend propre à la confection de nos chaussures , en tirant parti d'une propriété qui lui est commune avec presque tous les autres tissus des animaux : c'est de pouvoir s'unir intimement au tannin. Qu'on plonge un morceau de |ieau dans une dissolution aqueuse de tannin, ou dans la décoction d'une substance astringente quelconque, il enlève peu à peu ce principe à l'eau, qui, au bout d'un temps sutTisant, n'en renferme plus aucune trace. Le composé ainsi produit est très-dur, tout à fait insoluble, imputrescible, et peut supporter les alternatives de sécheresse et d'humidité .sans absorber l'eau. Cette réaction nous indique la théorie du tannage, nom que l'on donne à l'opération qui convertit les oeaux des animaux en cuir.
Cet art a été pratiqué de toute antiquité, et l'on en retrouve des notions chez les peuplades les plus sauvages. Les Grecs et les Romains le portèrent à une assez grande perfection ; mais c'est surtout depuis une cinquantaine d'années qu'il a fait des piogrès immensesj grâce au secours de plusieurs chimistes, et entre autres de Séguin. Cette industrie, k laquelle on fait en général peu d'attention, est cependant très-importante; elle fournit à la fois les instruments et la matière première îi une multitude de travailleurs, et satisfait également les besoins du luxe et ceux de la médiocrité. Dans les
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jte)iers, oans les manufactures, dans les exiloitations rurales, dans les habitations du simple particulier, partout vous rencontrez ses produits déguisés sous mille formes , mais toujours nécessaires, souvent indispensables. Pour donner une idée du mouvement des capitaux que cette industrie entraine , je ne parlerai que d'un de ses produits les plus communs. Il y a quelques années que M. Say estimait que le nombre de souliers fabriqués en France s'élevait k cent millions de paires, et que le salaire des ouvriers était de .300,000,000 de fr., somme énorme que la valeur de la matière première doit au moins doubler.
Armand Séguin, chargé, en 1792, de procurer des cuirs au gouvernement, dans un instant où les besoins de cet objet, si essentiel aux armées, étaient urgents, parvint à tanner, en vingt-cinq jours , non-seulement les baudriers, mais même les cuirs les plus forts. Son procédé consistait à tremper les peaux dans des infusions de tan , d'abord très-l'aibles en tannin, puis de plus en plus chargées de ce principe, et à mettre en fosse pendant quelque temps , pour terminer le tannage. Mais les cuirs ainsi obtenus n'étaient point de très-bonne qualité. Cependant, tout médiocres qu'ils fussent, ils n'en rendirent pas moins de grands services à la république, en lui donnant les moyens de fournir des chaussures à ses soldats victorieux, mais nu-pieds.
Depuis une douzaine d'années, des modifications plus ou moins importantes ont été apportées à l'ancien procédé par MM. Félix Boudet, Ogereau, Sterlingue, William Drake, KnowJys , Dnesbury, Vauquelin ; mais le temps n'a pas encore consacré la bonté des améliorations proposées , qui ne sont encore, pour ainsi dire, qu'à l'état d'essai dans quelques ateliers. Je me bornerai à ajouter que, par l'emploi de machines appropriées et par la substitution de l'infusion de tan à l'écorce sèche en nature, M. Vauquelin opère le tannage complet des peaux de bœufs en 90 jours, celui des peaux de vaches en 60, et des peaux de veaux en 30 jours. — Voy. Tannique (acide).
TANNIQUE (acide); syn. : tannin, acide quercitannique. — 11 existe dans les noix de galle, à l'état de grande pureté, dans le sumac , et particulièrement dans l'écorce de toutes les variétés de quercus et de beaucoup d'autres plantes astringentes.
Voici le |)rocédé d'extraction employé par Pelouze : Dans un appareil de déplacement dont l'ouverture inférieure est bouchée avec un peu de coton, on introduit des noix de galle concassées , de manière à le remplir tout à fait. On verse sur la poudre de l'éther aqueux, de manière que tout l'espace intérieur soit occupé par le liquide. On ferme liermétiquement l'ouverture supérieure de l'appareil, et on abandonne le tout à lui-même pendant f)lusieurs heures. Au bout de ce temps, on laisse échapper l'air contenu dans la partie inférieiu-e de l'appareil , ainsi que les VôDeur« d'éthei'i en BduleVant légèrement
Je bouchon, de façon que le liquide peut s'écouler facilement. Dans la carafe de l'appareil se trouvent alors deux liquides, dont l'un est pesant, sirupeux et jaunâtre, et qui n'est autre chose qu'une solution très-concentrée d'acide tannique dans l'eau; le liquide surnageant est coloré en vert , et se compose d'une solution éthérée d'acide gallique et d'autres matières. On continue à verser de l'éther sur les noix de galle, tant qu'il s'écoule encore par l'orifice inférieur deui liquides distincts. L'éther employé dans cette opération doit être préalablement saturé d'eau. On sépare le liquide sirupeux dg la solution élhérée, qui surnage; et l'ayant lavé à plusieurs reprises avec de nouvelles quantités d'éther, on le dessèche au bainmarie. On purifie la masse poreuse qu'on obtient en la dissolvant dans l'eau , et en l'évaporant dans le vide sur l'acide sulfurique.
M. Laroque a publié sur la transformation si reniarquHble du tannin en acide gallique une série d'expériences dont voici les conclusions : 1° Le tannin peut se changer en acide gallique, non-seulement par l'action de l'oxygène, comme l'a fait voir M. Pelouze, mais aussi, indépendamment de l'oxygène, par l'action du ferment. 2° Quelques substances chimiques entravent pendant un certain temps la transformation du tannin , et d'autres, au contraire, sont sans action sur elle. 3° Le ferment de la noix de galle transforme le sucre en alcool et en acide carbonique, comme le fait celui de la bière. /i.° Enfin, la levure de bière, la chair musculaire, etc., transforment le tannin en acide gallique.
L'acide tannique jouit seul de la précieuse propriété de se combiner avec la peau des animaux, et de former avec cette peau un composé non putrescible , insoluble dans l'eau, et qui est connu généralement sous le nom de cuir. Lorsqu'on introduit dans la solution aqueuse de tannin un morceau de peau , celui-ci s'empare de tout l'acide, de sorte qu'au bout d'un certain temps il n'en reste plus dans le liquide. L'art du tanneur est fondé tout entier sur cette propriété do l'acide tannique.
L'acide tannique précipite complètement la dissolution de la gélatine animale , en flocons épais, qui se dissolventdans le liquide surnageant, à la température de l'ébullition. Par un excès d'acide tannique, et à l'aide de la chaleur, ce précipité s'agglutine et forme enfin une masse visqueuse et élastique. Le tannin précipite aussi les solutions de fécule, d'albumine animale , de gluten et de fibrine animale. Sa solution aqueuse est décomposée à chaud par le peroxyde de manganèse et celui de plomb sans formation d'acide gallique.
L'acide tannique, ayant la propriété de précipiter de leur solution certains principes azotés , a été employé avec avantage pour remédiera la maladie de certains vins blancs qui tournent au gras» maladie causée parla fer