TAP
nionlalioii irnno niatu''iT a/ot(^(', glutineuse, qui ('\i>tail dans les vins.
lui nii^ilfciiii', l'acidi' laiiniiiiu' ne |ir(''S(>ii(e pas moins d'inlérôt (mi laisdn di^ ses propriéli^s as([-injJ,i'nti>s et toi-tiliantcs, (pii se ivtroiivenl dans tous li'S luodicatnrnls vcj^ctiuix oi") cet acide existe en |)ius ou moins grande (juanlité.
Tannate.s. — Le seul (atuialo (|ui .soit employé est le tannate de perovyde de l'ei', ijui fa'il la base de l'enere et de la teinture eu noir. Vny. Encue.
T.VNTAI.E (syn. colonibiiim). — Ce métal a été découvert, en 1802, {lar Ekeberg, qui l'a trouvé dans deux minéraux ineoiiiius jusqu'alors, l'un de Finlande, qu'il ajjpela tantalite; l'autre d'Ytterby en Rosla^en, auquel il donna le nom d'ytirotantalitc. Dans le tantalite, il est combiné à l'état d'acide avec les oxydes ferreux et manganeux, et dans l'yttrotantalite avec l'yttria, l'oxyde ferrique, l'oxyde uranicpie et l'acide tungstique. Depuis on a trouvé ces minéraux près de Fahlun, et l'un d'eux, le tantalite, a été découvert aussi en Bavière et en Aniéi'i(iue. Quoi qu'il en soit, on les compte parmi les minéraux, les plus rares. Ekeberg tira le nom de tantale de la propriété qu'a l'oxyde de ce métal de ne pas se dissoudre dans les acides, par allusion à la fable de Tantale , (jui, plongé dans l'eau jusqu'au menton, ne pouvait se désaltérer.
L'année d'avant , un chimiste anglais , Hatchett, avait découvert, dans un minéral de la Colombie, un métal particulier, qu'il appela colombium, et dont l'oxyde avait les propriétés d'un acide, chassait l'acide carbonique de sa combinaison avec les alcalis, soit par la voie sèche, soit par la voie humide, et donnait au chalumeau avec le sel de phosphore un verre bleu, tirant sur le rouge ; propriétés qui n'appartiennent point à l'oxyde tantalique, mais qui dénotent la présence de l'acide tungstique. WoUaston a prouvé ensuite, par des essais sur le minéral examiné par Hatchett, que le colombium et le tantale sont le même métal ; et comme le tungstène accompagne assez ordinairement le tantale, il est très-probable que l'acide colombique de Hatchett était un mélange d'acide tantalique et d'acide tungstique, quoiqu'on assure que WoUaston n'ait ])as pu découvrir la présence du tungstène dans le coloiubite.
TAPIOCA. — Fécule en petits morceaux grenus, extraite de la racine de manioc. Elle est très-adoucissante, très-digestible et agréable au goût. Elle s'emploie au gras et au maigre. Une cuillerée suffit pour une livre de liquide. Pour que le tapioca cuise mieux et plus promptement, il faut le laisser tremper à froid , pendant plusieurs heures , dans le tiers environ du liquide avec lequel on doit le préparer; on le met ensuite dans le reste du liquide bouillant, et on laisse bouillir pendant une demi-heure au moins. Le tapioca concassé extrêmement lin, cuit en moins de temps, et sans qu'on ail besoin do lo faire tromper
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TAHTRATES. — Deux tartrates simples sont enqiioyés en médecine : (^e sont le tar- Irale (^t Ir hilartrate de potasse ; quatre autres (loiil)l('s, le tartroborato de potasse, le taitrate de potass(! et de soude, et le lartiate de |iotass(' et de fer.
Tarlrntc de potasse. — Ce sel n'existe point dans la iialuie; on le pré))aie seulement jiDur rusag(ï médical, et il est connu depuis l()iigtem|)S sous h; nom di^ sel vi'tjétal.
Le tartrat(^ de jiotasse si! [)rés(!ntc! en cristaux blancs, transparents, ayant la forme de prismes rectangulaires à (piatie pans, terminés jiar des sommets dièdres; il a une saveur ainère. Ex|)Osé h l'air, il en altère un peu l'humidité ; il fond dans son eau de cristallisation, se boursouffle et se décompose en se convertissant en carbonate de potasse.
L'eau, à la température ordinaire, en dissout f de son poids. Cette solution est décomposée [)ar tous les acides qui transforment le tartrate en bitartrate, en lui enlevant la moitié de sa base.
Ce sel est employé en médecine comme purgatif doux.
Bitartrate de potasse. — La nature offre ce sel tout formé dans le raisin et le tamarin; il est si abondant dans le premier fruit, qu'il se dépose sur les jjarois des tonneaux qui servent à contenir le vin avant que sa njrmentation soit complètement aclievée.
C'est à cette incrustation de bitartrate de potasse impur, suivant qu'elle a été obtenue des vins blancs ou rouges , qu'on donne le nom de tartre blanc ou tartre rouge.
Ce sel très-impur est livré sous cet état dans le commerce. On le purifie dans les laboratoires en le dissolvant dans 15 à 20 parties d'eau bouillante, ajoutant à la solution une certaine quantité d'argile blanche délayée dans l'eau, et de charbon animal pour absorber la matière colorante ; filtrant la liqueur chaude, et l'évaporant jusqu'à pellicule. Par le refroidissement, le bitartrate cristallise à l'état de pureté; il est alors connu sous le nom de crème de tartre.
Propriétés. — Le bitartrate de potasse se présente cristallisé en prismes tétraèdres, courts et un peu aplatis. Sa saveur est d'une acidité très-prononcée. L'air ne lui fait éprouver aucune altération ; il est décomposé par le feu, transformé en charbon et en carbonate de potasse, qu'on peut facilement extraire par lixiviation et évaporation de Ja liqueur. C'est au carbonate de potasse ainsi obtenu qu'on donne, dans le commerce, le nom de sel de tartre. L'eau, à la température ordinaire, dissout -^ de ce sel; à -f 100% elle peut en dissoudre f- La solution de ce sel rougit la teinture de tournesol; elle précipite les eaux de chaux, de baryte, et la solution d'acétate de plomb.
Ce sel contient exactement deux fois la (juantité d'acide tartrique qui entre dans la composition du tartrate neutre. On le prouve en prenant deux parties de bitartrate égales, eu poids, décomposant l'une par le feu el
iissolvant 1 autre dausireau bouillante. On .rouve que la quantité de carbonate de potasse, laissée par la première, sutlit pour saturer l'excès d'acide de la seconde portion, et la convertir eu tartrate neutre.
Usages. — Ce sel est employé en médecine comme purgatif léger et laxatif; mais comme il est peu soluble dans l'eau, on le rend soluble par son union avec l'acide borique ( l'Oyez ci-dessous tartroborate de l>otasse). En pharmacie, il sert pour la composition de plusieurs médicaments ; dans les laboratoires, on en fait usage pour préparer le carbonate de potasse, le pux noir et flux hlanc. Le premier de ces composés est un mélange de charboo et de carbonate de potasse ; on le forme par la déflagration, dans un creuset rouge, de parties égales de bitartrate de potasse et de nitrate de potasse ; le second est du carbonate de potasse résultant de la décomposition réciproque de deux parties de nitrate de potasse, et d'une partie de bitartrate de potasse; l'un est employé comme fondant dans l'analyse des miiiéraux, l'autre sert à la fois comme fondant et désoxydant par le carbone qu'il contient. Le tartre brut ou purifié a aussi de nombreux usages dans les arts et surtout en teinture.
Tartroborate de potasse. — Ou a donné ce nom au bitartiate de potasse rendu plus soluble par l'acide borique. Ce composé, connu dans les pharmacies sous le nom de crè)iie de tartre soluble, s'obtient en faisant dissoudre dans '2k parties d'eau quatre parties de bitartrate de potasse, et une partie d'acide borique cristallisé. Lorsque la dissolution est faite, on la filtre et on l'évaporé jusqu'à ce qu'elle soit réiluite eu une masse solide qu'on dessèche ensuite à une douce chaleur, et qu'on réduit en poudre Une.
La crème de tartre ainsi préparée est entièrement soluble dans deux parties d'eau fioide, ce qui en rend l'admiiiislratiou plus facile. Lamanièred'agirdo l'acide borique sur le bitartrate a été longtemps inconnue ; c'est surtout aux travaux de pharmaciens distingués, et principalement de Lartigues, Thévenin, Meyrac et Soubeyran, que l'on eu doit une exiilication satisfaisante. 11 résulte de leurs travaux que l'acide borique, en réagissant sur le bitartrate, se combiue avec une partie de l'acide tarlrique de ce sel, pour former un nouveau composé acide qui s'unit au tartiate de potasse. Cette combinaison peut être regardée avec raison comme un tartrate double d'acide borique et de potasse.
Tartrate de potasse et de soude. — Ce sel, très-employé autrefois en médecine, était connu sous le nom de sel de Seignette de La Rochelle, du nom d'un pharmacien de cette ville qui le prépara le premier.
Tartrate de potasse et de fer. — On obtient ce sel double en faisant bouillir dans l'eau un mélange de partit s égales de bitartrate de potasse et de limadle de fei'. Ce métal, en présence de l'excès d'acide lartri(iue du bitartrate, décompose l'eau, d"où résulte un dégagement de gaz hydrogène et du proto-
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tartrate de fer qui se combine au tartrate de potasse. En filtrant la lic[ueur et la concentrant convenablement, le tartrate de potasse cl de fer cristallise en jjetites aiguilles verdàtres, d'une saveur styptique. Ce sel est très-soluble dans Trau, ainsi que dans l'alcool alfaibli. Sa solution dans ce dernier liquide constitue la teinture de Mars tartarisée qu'on emploie en méilecine.
Le tartrate de potasse et de fer formait aussi la base de deux anciens médicaments désignés sous les noms de tartre chalibé et de tartrate martial soluble.
Ce Sel double entre aussi dans la composition des boules de Mars, vulgairement nommées boules de Nancy ; celles-ci se forment en faisant bouillir dans l'eau un mélange de parties égales (ie limaille de fer, de tartre rouge auquel on ajoute une certaine quantité d'espèces vulnéraires en poudre, amenant le tout à la consistance d une pâte ferme qu'on abandonne à elle-même pendant plusieurs semaines. Au bout de ce temps ou pulvérise cette masse qui s'est durcie, on la mêle avec son poids de tartre rouge en poudre, et on fait une bouillie liquide avec une décoction de plantes vulnéraires. On évapore de nouveau dans une marmite de fer jusqu'en consistance d'extrait, en ayant soin de bien agiter la matière, et lorsqu'elle est arrivée au point de se solidilier par le refroidissement, on en fait des boules du poids d'une once à deux, qu'on dessèche à l'air sec.
Les boules de Mars sont très-employées à l'extérieur comme astringent et vulnéraire; on fait alors usage de leur solution dans l'eau ou l'alcool. On l'administre aussi à l'intérieur comme tonique, apéritive et eminénagogiie.
TARTKATE DE POTASSE et d'ANÏI- MOINE. Voy. Émétique.
TAR i KE SïlBlÉ. Voy. Émétiqie.
TARTRE VITRIOLÉ. Voy. Potasse, sulfate.
TARTRE. -^ Le tartre est cette croûte saline plus ou moins épaisse qui se dépose peu à |)eu sur les parois des tonneaux où l'on conserve le vin. Cette substance est un mélange de matière colorante et de sels peu solubles, qui ont été précipités du vin à mesure que ce liquide est devenu plus riche en esprit-de-vin, par suite de la fermentation insensible qui se manifeste peu de temps après la mise en tonneau.
Le tartre est rouge ou blanc, selon la couleur du vin qui l'a fourni ; il a une saveur légèrement acide et vineuse; il craque sous la dent, se dissout difticilement dans l'eau, et brûle sur les charbons en exhalant l'odeur du |)ain grillé.
Ce tartre a attiré l'attention des plus anciens chimistes, qui, de bonne heure, l'employèrent comme fondant pour la prépara tion de certains métaux. Paracelse a émis des idées étranges sur sa nalure, et a prétendu qu'on l'avait appelé Tartare, parce qu'il produit l'huile, l'eau, la teinture et le sel, qui brillent le patient comme le fait l'en
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fer. Il lo regardait coiuino lo principe et ks i-enièdf ttd tiiuio maladie, cl Idiiles U's siibstaiici's, d'apics lui, en (.onloiiaiiiil le ;;('riiie. VjtMlii'liiiiiiil loiuliallil CCS (i|iiiuuns cxlravai;aiiles ûv, Paracdsc, ni donna une cmilicaliori assez exacte de son dépôt au si'iii du vin. Borrhaavc, Nciiinanii, lUuicllc jouiic, Spielman, Corviiius , 'l5u(i|Ui't, proiivcrciit que le lartre existe tout foiiiié dans le sue des raisins, avant sa conversion en vin. Bofj;uin, Sala , Libavius , tilazcr , soulmient qu'on pouvait obtenir de la potassi^ d'U tartre, et que cet alcali y est tout l'oriué, opinion qui l'ut mise hors tie douti; par les expériences de Duhamel. Entin Sclieele dévoila le preiuier, en 1770, la véritable nalure du tartre, en montrant que la i)Otassij y est combinée ;i un acide organique tout particuliei' qu'il isola, et auquel on donna bientôt les noms d'acide du tartre, acide iartareux , acide tarlarique, qu'on a remplacés par celui plus court d'acide lartriqw:. La découverte de Sclieele est d'autant plus reiuai([uable, que c'est elle qui marqua son début dans la carrière scientitique qu'il devait parcourir avec tant d'éclat.
Le tartre est donc du turtrate de potasse acide plus ou moins im|>Lu-. Sa puriUcation s'exécute en grand à Montpellier, au moyen de plusieurs ciistallisatious successives, et à l'aide d'un peu d'argile blanche, qu'on délaie dans les liqueurs chaudes pour précipiter la matièro colorante. On expose ensuite les cristaux sur des toiles, au soleil, pour les rendre plus blancs.
On les livre alors au commerce sous les noms de tartre pur, cristaux de lartre, crème détartre. Autrefois on donnait spécialement ce dernier nom aux cristaux qui venaient former une pellicule à la surface des liqueurs.
TARÏRE DES DENTS. — On désigne sous ce nom la substance qui se dépose sur les dents, en remplit souvent les intervalles, et y adhère plus oumotcs fortement. On pense généralement que sa formation est due à la préciintatioa du mucus et des sels contenus dans la salive.
En comparant le tartre des dents de l'homme avec celui des dents du cheval, ou voit que celui-ci en diffère par le carbonate de chaux qui en fait la plus grande partie, tandis que c'est le phosphate dans le tartre des dents de l'homme ; cette comnositioa nous paraît en rapport avec celle de la salive dans ces deux espèces.
TARTRIQUE (acide). — Cet acide, découvert par Scheele en 1770, existe dans les fruits, les feuilles et tiges d'un grand nombre de végétaux, raisins, ananas, tamarin, oseille, racine de rhubarbe, groseilles, etc. Il forme avec la potasse un sel acide, connu depuis longtemps sous le nom de tartre (bitarlrate de potasse). Ce sel existe en solution dans le jus de raisins el s'en précipite en pai'tie lorsqu'il est transformé en vin. Scheele , pour rappeler son origine , lui donna le nom d'acide tartarique, (jue l'on a changé depuis en celui d'acide tartiiqm-
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Cet acide est blanc, inoaore, a une saveur très-forte; il cri'stallisc en prismes hexaèdres, terminé:-; par des |)vramides à trois faces, ou plus ordinairement en larges lames divergent(!S renfermant 1 atouie d'eau. L'air ;:e lui fait éprouver au('une altération. Exposé à l'action de la chaleur, il tond, se bonrsouUle, se décompose en fournissant do . l'eau, du gaz acide carboniipie, de l'hydrogène carboné, et un liquide brun rougoàtro, contenant une huile ompyrenmatiiiue , de l'acide acétique et un acides particulier, reconnu par Rose et désigné sous le nom d'acide pijrotarlriquc. Projeté sur les charbons ardents , il se décomjiose de la même manière, en répandant une odeur qui a quelque analogie avec celle du caramel. L'eau et l'alcool dissolvent avec facilité cet acide. La solution formée par ce premier liquide produit avec l'eau de chaux, l'eau de baryte et l'acétate de plomb, des précipités blancs qui se dissolvent dans un excès d'acide taitri- (|ue; l'ammoniaque, versée dans les dissolutions de ces précipités, ne fait [loint reparaître le précipité de tartrate de chaux. Une solution de potasse, versée en petite quantité dans une solution concentrée d'acido tartrique, y occasionne un précipité blanc cristallin de bitarlrate de potasse qu'un excès de potasse rend soluble.
Cet acide est employé aux mêmes usages que les acides citrique et oxalique, soit dans la confection dos limonades sèches ou liquides, soit dans la fabrication des toiles peintes. Comme il est moins cher que l'acide citrique, on le mêle quelquefois à ce dernier pour le falsifier ; mais il est facile d'accuser sa présence par le précipité blanc que produit l'eau de chaux, et par celui qu'occasionnent dans sa solution concentrée quekjues gouttes de potasse, effets que ne produit pas l'acide citrique pur.
TEINT.— Relativement à leur stabilité, on partage les couleurs en couleurs solides et en couleurs faux teint. On i''[i|>ellc couleurs solides uu couleurs de bon et de grand teint celli^s qui résistent à l'action décolorante du soleil, à l'influence de l'air, île l'eau, de l'alcool, des acides atîaibl s , des alcalis étendus, des chlorures faibles et du savon. Aucune couleur ne supporte toutefois l'ac- , tion répétée du chlore et des acides minéraux concentrés, surtout des acides azotique et c'iromique. Onap,ielle, auconti'aire, couleurs faux teint ou de petit teint celles qui sont proiuptement blanchies par la lumièie solaire, et qui, quoique insolubles dans l'eau, sont enlevées ou altérées par les lessives alcalines, les acides faibles ou le savon. La garance, l'indigo, le quercitron, la gaude, la cochenille, le cachou, la galle et les sels de fer, fournissent des couleurs bon teint. Les liois de campêche, de Brésil, de Sainte- Marthe, les graines do Perse et d'Avignon, le curcuma, le roucou, le carttiame, ne donnent que des couleurs petit teint.
TEINTURE.— L'art de la teinture a pour but do fixer sur la laine, la soie, le coton et le chanvre, et sur les tissus pré[)arés ave*,
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ces substances , aes couleurs qui sont presque toutes d'origine organique, car le nombre des substances minérales employ(''es comme colorants est fort petit.— La laine et la soie ont beaucoup de tendance à s'unir aux matières colorantes, et plusieurs de celles-ci se précipitent immédiatement sur la laine ou la soie, avec laquelle on fait digérer leurs dissolutions. Le coton et le lin présentent rarement une aussi forte aftinité pour les matières colorantes ; on peut cependant citer, comme un exempte trèsconnu de cette aftinité, la coloration produite lorsqu'on répand du vin rouge sur une nappe ; la place sur laquelle est tombé le vin devient immédiatement rouge ou violette , et tout autour d'elle la toile se mouille sans se colorer sensiblement. La cause de ce phénomène est que le vin dépose sa matière colorante sur la toile, à l'endroit où il a été mis en contact immédiat avec elle , tandis que la liqueur, privée de sa matière colorante se répand tout autour sur la toile.
L'affinité en vertu de laquelle les couleurs se tixent sur les tissus n'appartient pas exclusivement aux matières organiques ; le charbon, par exemple, la possède aussi, car c'est en faveur de la même atffnité que ce corps décolore un grand nombre de liquides colorés. La laine, la soie, le chanvre, etc., se combinent avec les matières colorantes et les mordants ; le charbon produit le même etfet, et on peut ]iroduire, à l'aide de ce corps, toutes les précipitations que présente l'art de la teinture, avec cette ditférenne, que les couleurs ne deviennent pas visibles sur le fond noir du carbon.
Bancroft a divisé les couleurs en couleurs substanlivcs, qui se combinent avec les étoffes, en vertu de leur propre affinité ; et en couleurs adjectives, qui ne se fixent sur Fétolfe que par l'intermédiaire d'une autre substance.
Relativement à leur stabilité on partage les couleurs en couleurs solides et en couleurs faux teint. On a[)pelle couleurs soUdes celles qui résistent à l'action décolorante du soleil , à l'influence de l'air, de l'eau, de l'alcool, des acides affaiblis, des alcalis étendus et des savons. Aucune couleur ne supporte l'action du chlore et des acides minéraux concentrés, surtout de l'acide nitrique. On appelle au contraire couleurs faux teint celles cjui sont |iromptement blanchies par la lumièredu soleil, et qui, quoique insolubles dans l'eau, sont enlevées ou altérées par les lessives alcalines, les acides faibles, le savon.
On a donné le nom de mordants aux substances par l'intermède desquelles on parvient à fixer sur les étoffes les couleurs qui ne s'\ fixeraient pas seules. Le nombre des mordants est très-petit ; le plus employé de tous est Valun (sulfate aluminico-potassique) que l'on décompose assez souvent, de manière à remplacer une partie de l'acide sulfurique par uu acide plus faible, pour
augmenter ainsi l'affinité du tissu pour l'alumine. C'est ainsi qu'on môle ordinairement l'alun avec du tartre (bitartrate potassique), cas dans lequel il se forme du tartrate aluminique; ou avec du sel de saturne (acétate \.iomljiqUe), qui donne naissance à un dépôt de sulfate plombique et à de l'acétate alumiiiique qui reste dans la liqueur filtrée, avec l'excès d'alun et ie sulfate potassique. L'aci'tate et le sulfate de fer sont aussi des mordants très-employés. Dans quelques cas rai'es on emploie comme mordant de l'aluminate potassique, du sel d'étain (chlorure stanneux), et un mélange de celui-ci avec du sulfate stanneux (dissolution de Bancroft). Plus rarement encore on se sert du sulfate et de l'acétate cuivriques, et da nitrate mercureux. Parmi les produits organiques on emploie, comme mordant, l'infusion de noix de galle, c'est-à-dire la dissolution du tannin de chêne.
On peut mordancer de différentes manières l'étoffe ou la matière destinée à être teinte. i° On fait digérer la dissolution du mordant avec la matière qu'on veut en imprégner. Cette 0|iération s'exécute à des températures variables ; ainsi, quand on opère sur la laine , on chautïe quelquefois le mordant jusqu'à l'ébullition, tandis que pour mordancer le lin et le coton on n'emploie jamais une température supérieure à 35" ou kO". Le tissu se combine avec une portion du mordant dissous, qu'il précipite de sa dissolution, en sorte que le tissu peut être lavé à l'eau sans abandonner le mordant avec lequel il s'est combiné. Il n'a jjas été déterminé d'une manière positive si, lorsque le mordant est un sel, tout le sel se combine avec l'étoffe, ou si le mordant fixé contient un excès de base. L'action pourrait bien varier en raison du mordant et de l'étoffe ; et il a été mis hors de doute que lors qu'on emploie comme mordant un mélange d'acétate et de sulfate aluniiniques, ou d'acétate et de sulfates ferriques, il reste sur l'étoffe des sous- sulfates et probablement aussi des sous-acétates. — Le mordant combiné avec l'étoffe donne à celle-ci la propriété de précipiter les matières colorantes de leurs dissolutions, et de former avec elles des combinaisons insolubles dans l'eau. — Ainsi, si l'on emploie l'alui comme mordant, on obtient à la teinture la même combinaison que celle que la solution d'alun aurait précipitée de la dissolution de la matière colorante. 2° Quelquefois on mêle le mordant avec la dissolution de la matière colorante; ils doivent alors être de nature à ne pas se précipiter réciproquement; les étott'es mises en digestion avec cette dissolution mixte, en précipitent une combinaison des parties constituantes du mordant avec la matière colorante, combinaison qui se fixe sur l'étoffe. On voit par là que la teinture à l'aide des mordants ne consiste pas seulement en ce que le mordant précipite la matière colorante, mais (jue l'affinité de l'étoffe contribue d'une manière particulière à la formation de la combinaison qui se précipite.
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3' Oiiotii\H'fois 011 U'iiit iino ôloSîo monlancéf dans la solulioii iiiixto de la matière coloraiitt' vl ilu mordant.
Le mordant ne sort pas seulement à fixer la matièri^ colurante sur rtHofle, mais aussi à rendrez la couleur plus stable et plus pro- |>re à résister i» l'aelion de la lumière. Quand la enulenr a été détruite jiar l'aelion de la lumière et de l'air, rélotl'e se trouve dans le même état qu'avant la teinture, et si on l'introduit alors dans une solution de la môme matière eolorante, elle se teint de nouveau. Si l'on teint par exemple dans une solution de safran un tissu de eo'on dont la moitié a été alunée, la i)ortion mordancée j)rend une eouleur beaucoup plus intense que celle qui ne contient point de mordant, et se décolore plus lentement sous l'influence de la lumière. A[)rès avoir été décolorée, cette portion de l'étotfe qui a été raoï-dancéo peut être teinte de nouveau dans la solution de sal'ian, et aussi fortement que la première fois, et ce phénomène peut être répété plusieurs fois.
Les matières destinées à être teintes ont besoin d'être débarrassées des impuretés qui les couvrent , et pour certains genres de teinture il est nécessaire de les blanchir complètement. La laine contient, dans son état naturel, une substance grasse particulière, qu'on appelle ordinairement suint, et qui est sécrétée par la peau des moutons. La quantité de suint qu'on trouve dans la laine varie avec la finesse de celle-ci, et les laines fines en contiennent plus que les laines grossières. La laine et les tissus de laine doivent être débarrassésdusuint et des impuretés qui s'y trouvent introduites pendant le filage et le tissage, après (luoi on les blanchit, tant en les mettant tremper dans l'eau contenant en dissolution de l'acide sulfureux, qu'en les plaçant à l'état mouillé dans une chambre dans laquelle on brûle tlu soufre; dans les deux cas, l'acide sulfureux blanchit la laine. La soie écrue contient l de son poids d'une substance animale étra-igère, que l'on parvient à enlever, en faisant bouillir la soie avec une dissolution de savon. On détruit ensuite la couleur jaune, qui lui est naturelle, en la plongeant alternativement dans des solutions faibles de chlore et d'acide sulfureux. Le lin et le coton ont besoin d'être lessivés avec de l'hydrate ou du carbonate alcalin, et d'être exposés au soleil ou immergés dans le chlore ou le chlorite calcique.
Le mordançage et la teinture exigent, pour bien réussir, beaucoup d'habitude dans les manipulations et une foule de précautions ; il est nécessaire que toutes les parties de l'étolîe soient également bien pénétrées de mordant , et prennent (lartout la n)ême quantité de colorant. 11 n'est pas difficile de produire une couleur à l'aide des mordants connus ; mais il importe d'avoir des teintes unies, aussi brillantes et aussi économiques que possible.
Quelques couleurs employées en teinture sont d'origine inorganique. Dans ce cas sont Dictions, ue Cumit.
la couleur jaune du chromate plombique et la ccmleiu' bleuedn bleu de Prusst!. On obtient ces couleurs en mordanrant les étoiles dans le premier cas avec de l'acétate plombique , dans le second avec un sel ferrique, les séchant et les faisant passer, l'étotro imprégnée de sel piOinbi(|ue dans le chromate i)Otassi(|ue, et l'étoile imprégnée do sel ferri({ue dans le cyanure ferroso- potassique.
On obtient une couleur noire h l'aide de l'infusiou ou de la décoction de noix de galle, de raisins d'ours {urbiUus tivaursij,d& sumac, de bois de canipêche et d'une dissolution de fer ; la couleur ainsi obtenue n'est autre chose que le colorant noir de l'encre fixé sur l'étoffe.
Quelques auteurs parlent d'une animalisation du lin el du coton, et ils entendent par là un cliangeni'nt que subirait le lin et siH'tout le coton, parsiate duquel ces étolfes deviendraient aussi pro.ires que la laine à se combiner avec les principes colorants. Pour opérer cette prétendue animalisation, on prescrivait, par exemple, d'ajouter du crottin de mouton aux bains savonneux dans lesquels on Iraite le colon destiné à la teinture en rouge Andrinople; mais comme on obtient, sans employer ihi crottin de mouton, une couleur rougi tout aussi belle et aussi solide, il est évident que l'idée d'tnie animalisation produite par l'addition d'une substance d'origine animale est erronée.
L'impression des toiles peintes constitue une branche de l'art de la teinture. Dans les manufactures de toiles peintes on s'applique à produire sur les toiles des dessins île différentes couleuis. Ordinairement on imprime les toiles de coton, quelquefois des tissus de soie, rarement des tissus de laine. L'impression se fait avi'c des planches en bois, gravées en relief, ou avec des rouleaux. Yes couleurs substantives, épaissies à la gomme ou à l'amidon, sont portées sur des planches, et les planches sur les tissus; on lave ensuite ceux-ci , pour enlever l'épaississant, dont la présence était nécessaire j)0ur em|)ècher la couleur de couler. Les couleurs adjectivcs sont imprimées comme les précédentes, après avoir été mêlées avec du mordant et avec un épaississant; ou bien on imprime sur la toile un mordant épaissi, on lave la toile dans l'eau chaude pour enlever tout l'épaississant, dont la présence serait nuisible pendant la teinture, et on teint la pièce comme à l'ordin'dre. La couleur se fixe alors sur les parties imprimées; tandis que les parties non imprimées abandonnent le coloran;, tant par le lavage que parl'exposition au soleil. Son vent on imprime sur la même toile plusieurs mordants, qui produisent différentes tein'es dans le môme bain de teinture. Quelquefois on imprègne de mordant une pièce entière, et on im,.rime ensuite sur ceitaines parties des substances qui enlèvCiit le mordant. C'est ce qu'on appelle impression par enlevage. C'est ainsi qu'on im, rime sur des pièces mordancées avec de l'acétate d'alumine ou de fer, de l'a-
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lidc tartrique, de . acide citriqne, de l'anae jxaliqu:', du bisulfate ou du biarséniate potassique, etc. Lorsqu'on lave rétoil'e, le monlant est enlevé à ces places qui ne se combinent pas d'une manière solide avec le colorant dans lequel on teint l'étoile. Oniinairement on imprime ensuite d'autres couleurs sur ces endroits blancs. D;ii s certains cas, on produit du blanc en imprimant, sur la pièce déjà teinte, de l'acide Uirtriqu • ou de l'acide citrique épaissi à la gomme, et la trempant dans une solution concentrée de chlorite calique; le chlore mis en liberté par l'acide végétal détruit alors la couleur. Lorsque celle-ci ne supporte pas le passage en chlorite calcique, on uni rime sur la pièce une solution de chlore éi)aissie à la gomme, ou b'en du chlorite calcique, et dans ce dernier cas 011 passe la pièce dans le vinaigrr; c'est ainsi qu'on opère pouroiitenir du Manc sur des pièces teintes en rose de caithame. — Dans le génie réserves, on imprirue sur les pièces du sulfate cuivrique ou du chlorure mercuriijue en dissolution aqueuse épaissie, et on trempe la toile dans la solution d'ind go appelée cuve à la cou[)eros(;; ces sels régénèrent l'indigo et ne lui permettent pas de pénétrer les tissus à l'état dissous.
Quelquefois on empêche la coloration, en imi»rimantl6s places qui doivent rester blanches, avec un mélange d'argile et d'huile grasse.
Dans la fabrication des toiles peintes on a recours à une foule de procédés chimiques, et cette branche d'industrie a fait de graods progrès depuis qu'on a commencé à y appliquer les découvertes de la ciiimie. Quoique les opérations chiuiiques qui constituent l'impression des toiles peintes soient pour la piupait assez intéressantes pour mériter d'être décrites, nous devons les jiasser sous silence, pour ne pas trop nous écarter de notre sujet.
Les suDstances tinctoriales d'ofi l'on tire les couleurs qu'on lixe sur les étnfl'es sont minérales ou oru, niques. Les [ireuiières sont en fort petit nombre. Les autres appartiennent presque exclusivement au règne vég'Hal; car il y a tout au plus 3 ou k substances qui soient em|iruiitées aux animaux. Toutefois la liste des planles ou des parties des [liantes qui servent en teintun? est assez restreinte, eu égard au nombre consiilérable des organes colorés que la nature nous oifi'e; on en compte à peine 24 ou "io. C'est que parmi toutes les substances colorées de la nature organique, la plupart ne présentent que des couleurs fugaces on sont trop peu lic'ies en principe colorant ]iour être employées avec économie et commodité dans les ateliers.
En général, les substances tinctoriales les plus précieuses sont étrangères à nos climats; elles viennent surtout des pays chauds, de l'Asie, de l'Afrique ou de l'Amérique méridionale. Une temr.éi'ature élevée paraît nécessaire au développement des culeurs comme à celui des odeurs dans les êtres vivants.
Oeile nécessité de faire venir de loin les matières premières indispensables à l'ai-t du teinturier a engagé, à diverses reprises, des savants et des praticiens instruits à rechercher dans les plantes de nos pays des suceédan^'cs aux substances tinctoriales de l'étranger. Notre compatriote Dambourney, notamment , s'est signalé dans ce genre de rech. rches; mais l'in lustrie n'a mallieureusement tiré qu'un bien faible secou-s de ces louables tentatives, et jusqu'ici elle n'a pu se passer des jiroduits exoiiques.
Voici l'indication des diverses matières, tant minérales qu'organiques, qu'on utilise dans Id teinture ou l'impression. Parmi les premières, la plupart n'ont été qu'essayées, car ou elles sont trop chères , ou elles ne fournissent que des nuances bien inférieures à celles qu'on peut obteiiir des secondes.
§ 1". Substances minérales.