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NOTKS ADOITIONNI-r.LES.
I (1o soia à pou pi'i'S Crtnimo si on vous (lis,\it : l':ii il vous (Mili'i'tciiii' il'iiti |i>'|'S(iimi:i;{(' diiiil viiiis avi'z ciilfliilii iiarlrr.lls'aiiprlli' v'nriMiui. I,'imi ajoiili-i'ail nu'iiii' (ini' i''i'--l im niMlnir illuslrt', iiii des iiii'iiiliri's les plus l'aini'M\ (li^rAsscmlili'c i-ousliliiaiili', (|iii'\(iiis ne série/, pas emore irèsavaiice. l/iiii cliiail : Mi ! e'esl Miralieaii; l'aiilre : Hoii,, e'esl (I) IMiW- Mami. L'iie ohseuiile seiiililalili' accunipa^iieia la loiiiiule C." Il" ()', ipii appaiiii'Ml e^aleineiil à l'ialier lniiliic|iie DU àlaiélale (le Miclhylèiu". yu'à sa plaee on vous préseiile au eonliaiie eillc-ei : ('.' 11^ ()', C" II", II' 0; lies lors, iion-siih'nii'ul vous savi-z paii'ailelueiit quel est le eoips iliuit il s'aj;ii; mais eu vous illsaiil ([u'il s'agit de l'elliei' l'oiuiiipie, celle l'oiiuide vous ollre à elle seule le lalileau icsuuié d'un ^laiid iioiiilire de ses pi(i|uieles.
« i;ii bien ! je vous le demande, (pielle nomenclaluve vouJiMe/.-vous pn-terer'.' (dar je eoutbiiils ici nonn'uel iluie, loiiuules, manière de se repri'seuler la eoiislilulion du corps; c'esi liiujoiirs la incaie (piestioii.) Kst-ce celle (pli ne vous aiprend aiilre chose ((ue la naluie des corps si.iiples (pu lonl parlie d'un conipoS(' ; ou liieii celle (^iii le caracU'iise le mieux possible cl (pli rappelle le mieux ses propri('l(-s essenlielles'Mia manière la plus ulile de represiMder les corps n'est elle pas celle (pTil laul adopter de prcdéreuce ?
< Au resie, ne nous obstinons point à lorl. Quand il n'y a point de faits (jui permellent d'aller plus loin (pie la l'or mile brûle, sachons nous y arn'Mer. Mais lorsqu'il y a un sysl('iue d'iih'es (pii s'accorde à nous prc'senicr d'iiae cerlaine maiiic'M'e la eoiislilulion iuliine d'un corps, eiieichons un nom et nue roriniile (|ui on soient riîiioncé. Il ne sullil pas qu'ils expriment des faits possèdes ; il faut leur l'aire exprimer des faits certniits. et le plus de laits qu'on peu. Rappelons-nous d'ailleurs ((ue toutes ces ([iiestions sont entourées d'un nuage qu'il n'a jamais éU' permis de dissiper couipk'lement jusqu'ici, et soyons prêts à faire le sacrilice de nos opinions dans le cas où des expériences décisives viendraient à les renverser.
« La marche à suivre au milieu des difficultés qu'olfrent ce sujet peut (itre resiim(^e eu queUpies phrases. Il faut d'abord (ïviter toute idée precoiiçue et faire l'analyse brûle de la sulistance proposée, puis la soumettre à des épreuves qui puissent en faire C(Uinaitre les principah^s réactions. Quand elle sera binaire ou constituée à la manière des corjis binaires, l'action des corps simples, très-positifs ou trèsnégalifs, sera émiiicuiinent iiropre à ennieitreau jour la vraie nature. Sera-l-elle saline? les bases ou les acides forts serviront surtout à éclaircir sa consliliition intime.
€ Je sais bien qu on peut dire : Ces corps que vous relirez n'existaient pas ; vous les faites naître. J'avoue que leur préexistence me semble vraisemblable et que j'y ai toujours cru. Mais si j'avais été dans le doute, les résultats de M. Biot l'auraient levé. Il a vu en effet que l'essence de térébenthine déviait la lumière polarisée vers la gauche, et «[u'cn s'imissant à l'acide chlorhydrique pour former le camphre artificiel elle ne perdrait point cette propriété, mais ([u'elle la conservait au même degré. Il a trouvé un pouvoir rotaloire inverse dans l'essence de citron, quoiqu'elle ait la même composition ; et s'il n'a pas pu vérifier par des expérirnces précises si ce pouvoir subsistait intact dans son chlorhydrate, il s'est assuré du inoins que ce composé déviait la lumière polarisée dans le même sens.
« A l'égard de ces corps, le chimiste et le physicien sont donc conduits à la mémo coiiséiiuenee : elle semble parconséqiientliien établie; et si elleest vraie pour le chlorhydrate d'essence de térébenthine, elle doit l'être aussi pour les substances analogues. Les recherches de M. Hiot méritent donc par leurs con-
(1) Que le lecteur venillo bien s'.i lia cher a la valeur des sons et ooinl à l'oiihograpiie des mois.
si'ipienees loiit l'inb'rêt des cjiimlsles; elles |ieiivent devenir décisives p(uir la Ihéorie et le sont presiiue «leja.
< Pour certains composes, la forme sous laquelle sont combiui-s les i''l(''inents paraît donc bien (létermiiK'c. M:iis il y en a sur Icsipu-ls on ne sait trop quel jugement porter. Ainsi, le chromale acide de potasse est-il un cinnposi' d'aciile chroini(pie et de potasse unis directement '! .le sois bien plus porté à croire que e'esl une combinaisim de ( hi(nnale neutre et d'acide. De même, dans le sous-aci'Iate de pliMiib, il me semble (pi'il faut voir un composé d'oxyde de plimib et (rae('lale neutre pliiU'it (pi'iiii résultat d(^ l'union iinm('dial(! de l'acide ac(''li(pie et de l'oxyde de plinnli. Ce sont an surplus des ipuîstioiis à résoudre par l'expérience, et mm pas par des raisonnements « jirinri. On ne saurait (Hablir aujmird'biii (le système gr'iKM-al sur ces malières ; il faut d'alKod interroger soigneuseiiient la nature, il faut être lixe sur un grand mnnlnit de cas particuliers : ce n'est ipu' par là ipi'il deviendra permis de s'élever avec conlianee à des géiiéralit'S.
< Est-on, par exemple, dans la vérité loisiproii écrit :
Az=0, Az^OS X/:'0\ Az=0'>, Az'O»,
en admetlant dans les composés ainsi représentés de simples combinaisons directes des deux corps siinl)les ',' Je ne le crois pas, et je suis (icrsuadé, au contraire, (pie parmi ces cinq composés il y en a qui résultent de la com'iinaison des antres, soit entre eux, soit avec l'un des deux corps élémeiilaircs. C'est à l'exprMieiice, je li' répète, à préciser l'état réel de leur constitution inliine.
« Beaucoup de chimistes aujourd'hui regardent l'oxy te de eaiboiie comme nu radical susceptible (fe jouer le r(')le di; C(u'ps simple vis-à-vis de l'oxvgène et du chlore, par exemple. Celte manière de voir, (pii trouve à présent un véritable appui dans la théorie des composés bcnzoïqiies, fut exposée dans un essai de philosophie ebinii(pie, en 18^7. L'oxyde de carbone y fut assimilé au cyanogène : l'acide chloroxiearbouiipie et l'acide carbonique furent donc représentés par les formules CO, Ch^aC^O, 0; et j'admis conséquemment que le même corps simple pouvait entrer en combinaison de deux manières difléreules dans un même produit. D'après les expériences de MM. AVcchler et Liebig sur le benzoïle, cette manière de voir a été généralement adoptée, et elle a reçu une nouvelle conlirmatinn parla loi des substitutions.
« Kécemiiient, .M. Laurent et M. Persoz ont appliqué cette idée (l'une manière trés-élendue. D'après M. Persoz, l'acide azote est formé de bioxyde d'azote et d'oxygène Az'tF -|- 0, et l'acide azotique d'acide hypoazotique et d'oxygène Az^O' -j- 0; en un mot, tons les acides renferment un atome d'oxygène en dehors du radical, en sorte que l'acide hnriipie doit être 1!0' -|- O.raciJecbromiqneCrO'' -f 0,ele. Dirai je qu'on doit admettre ces hypothèses '? Je ne le crois pas. On a trop peu de raisons à faire valoir en leur faveur. Evitons soigneusement les suppositions gratuites. Rappelons-nous sans cesse qu'il y a le plus grand danger à créer des radicaux hypothétiques sans nécessité.
« Voici donc ma proposition : Laissez les séries binaires comme elles sont; laissez les séries salines comme elles sont. Toutebiis, faites des expériences pour vous assurer si elles sont bien con(;iies,e' croyez bien d'ailleurs que la décision prise [lour une sér'ie aura besoin d'être vérifiée pour les autres, e* qu'il ne faudra pas se presser de généraliser.
« La nomenclature de Lavoisier n'exprime que la nature à l'état des corps : elle n'avait pas d'autri» objet. Après que les écpiivalcnls chiiniiiues furcn» bien établis, M. Bcrzelius ■oiigi'a à créer une nomenclature syniboli(pie, dans laipielle on pi'it indi(iiier non-seuleinenl le nom des éléments cl la manicrQ
d'envisager leur réunion, mais de plus leurs qu^nti- U'S respectives : ce qu'il lit eu cxpiiiiiant les poids des atomes par des sigties auxquels il associa l'inilice de leur nombre. C'est ainsi qu'il ét;iblit ces l'oiiiiides si commodes, comme SO' l'bO, qui disent en elîel tout ce que je viens d'éiiumorcr. Aussi ont-elles été gr'licialement adoplées. Il n'y a guère que quelipjes cliiuiisles anglais qui se refusenl encore à en l'aire usage, et nous ne pouvons trop l;s en blâmer hautement.
« Voilà donc deux nomenclatures bien distinctes, la nomenclature p;H-lée et la nomenclature écrite, ayant cliaciuie ses avanlages et ses exigences. Sans doulo la seconde est :t la fois d'une exactitude et d'une précision bien précieuses, mais s'ensuit-il (juil faille chercher à modeler la première sur elle? Non, mille fois non. Il faut que la secc/nde reste ce qu'elle a été, une langue claire, simple et même élégante ; une langue qu'on puisse parler sans effort, et comprendre sans travail; il fiut (pi'elle soit exacte, mais aussi qu'elle soit concise et baimonieuso.
« Cependant il est impossible d'éviter qu'il soit fait quelques tentatives tendant à confondre ces deux manières de désigner les corps. Il ne se passe picsipu' pas d'année où l'Institut ne reçoive un ou deux nouveaux plans de nomenclature, plus on moins vicieux , plus on moins niais. Les personnes qui se sont occupées d'hisloiie naturelle ne s'en étonneront pas. Vous savez, par exemple, combien est belle, combien est utile la nomenclature linnéenne eu botanique, précisément parce qu'elle n'exprime rien, ou si peu, que l'envie de la modilier doit venir diUlcilement à un homme raisonnable, même quand la science a subi quelques changements. Ceper'dant il y a des gens qui ne se rendcMit pas ti ces raisoiis, et qui veulent renchérir sur Linné, au risque de former les dénominalions les plus cruelles à prononcer.
« Croirait-on, par exemple, qu'il se soit trouvé un botaniste, Bergeret, qui, s'elïorçant d'exprimer tous les caractères des plantes dans leur nom, n'a pas eu l'oreille blessée des mois barbares qu'enfantait son système? Et pourtant au nom ordinaire de la mc/i-ssi?, siuqde et connnode à prononcer, il substitue celui de sœfiiéainziirii ; la laiandc. devient sœfniacearti ; l'ortie roucje, mqstijtifoujiai; le serpolet, qUjgyajouiiaz , et la menllie, ouj(jyttj'o(tjoaz ! !
f Vous admirez la mélodie de ces noms et la facilité de leur prononciation : eh bien! ce qui vous semble si sauvage pour la science des fleurs, M. Giifhns vient de le renouveler pour la chimie. Ses noms expriment le nombre des aluines et non pas l'ordre de leur eoudtinaison. Nous savons iléjà ce qu'on y gagne philosophiquement ; voyons maintenant ce qu'on y gagne sous le rapport de l'harmonie et du beau langage. Attendez : il faut que je lise; autreoieni je ne pourrais m'en tirer. Je tombe sur le feldspath : voila un minéral d'un nom bien coimu et bien commode, au umins pour sa brièveté. Jl. Giiflins n'en veut pas ; il aime mieux dire : Kutiulhilioii-moiuitriiidudecuocla.
« Et l'alun ordinaire, il faut l'appeler : Kalialintria suHiileirno.rinocta Aquindodeca.
« Vous allez dire peut-être que ces corps sont d'une composition très-compli(|uée, qui oblige nécessairement à leur donner des dénonunations longues et embarrassées. Eh bien ! prenons le fluoborate de baryte : dans le système de M. CiiUius, il se nonune : Baliburinlriullurhitelra Aqui.
t EnUn la craie, pour laquelle les noms communs manquent si peu, que vous pouvez appeler scicntiliquemenl carbonate de chaux; en langage de minéralogie, chaux cai-bonalee; ou bien enccne, si vous voulez, blanc de Mcudon, bliinc d'Ësjiiigne, pierre calcaire, tout connue il vous plaira, car tous ces noms me semblent préférables à celui (pie je vois là, que je vais prononcer; la craie prend ici lo nom de : Calcitaripruxintria.
NOTES ADDITIONNELLES
Xh'iï
« C('s choses n'ont pas besoin d'être combattues il suflit de les lire.
« Laissons à la nomenclature écrite sa précision ol ses imlicalions rigoureuses ; mais songeons <\\\i\ la nomenclature parlée il faut de lélégance, il làui un peu de ce laisser-aller, sans lequel les noms deviennent d'une longueur ridicule et faliganle.
« Eu (iinssant, je ne puis m'enq^ècher de témoi gner le regret que j'éprouve en voyant emrer dans b science des noms tels que mercapuin, ou mcrcapluni , qui ne reposent que sur de mauvais jeux de mois : car mcrcaplan veut dire corpus mcrcnriiim captiins , corps qui prend le mercure; el wercapt/im, corpiu mercurio aptum, c'est-à-dire corps nui au mercure. J'aimerais mieux en vérité la méthode d'Adanson, qui tirait au sort les lettres qui devaient former le nom dont il avait besoin. Tenez, j'en dirai autant d'un nom ((ni a été proposé récemment dans un des plus beaux mémoires que la chimie possède. L'importance du travail dont le corps ainsi nommé a été l'objet rend mon oiiservation plus nécessaire : c'est le mot uldeliyde qui signifie alcool dctupiroqcnatiim , alco(d déshydrogéné. Ainsi, dans l'ah ool, on prend, sans s'embarrasser de l'élymologie, la parlicide al, qin dans la langue arabe où est pris le mol alcool, iiiiiique la perfection d'une chose ([uelconque; particule qui par conséquent ne précise rien, qui est comnume à tons les noms arabes pris à leur haut degré, et qui apparlient aussi bien à l'Alcoran (pi'à l'alcool. On y ajoute la syllabe liijd qui n'est pas non plus le radical du mot hydrogène.
« Le mercaptan, c'est du bisulfliydrate, hydrogène bicarboné ;
« L'aldéhyde, c'est un corps dont les connexions avec l'acide acétique devaient surtout frapper le nomenclateur. A mon avis, dans la nomenclature des corps organiques, il faul faire peu d'attention à leur origine et beaucoup à leurs dérin's. Ainsi, le mol cliloral ne m'apprend rien d'essentiel, tandis que le mot cliloroforine exprime le fait sadlanl de l'histoire du corps, sa conversion en chlore el acide formirpie sous l'iniliience des bases.
< Je puis faire ces remarques, j'ai le droit de les faire; car nul ne professe une plus profonde cslime pour les travaux de M. Zeise; nul ne connait mieux que moi ce que la science doit à M. Liebig et ce que Liebig promet à la science pour l'avenir. Que M. Liebig me permette de le lui dire, il est doué d'un g('nie trop puissant, poiu' avoir le droit de cesser d'être logique, même en adoptant un mot.
« Tout cela est transitoire, il est vrai, fort heureusenu-nl; mais celte excuse ne rend pas de pareils noms meilleurs, el c'est une nécessité di; les critiquer dans un cours tel que celui-ci; surtout quand on songe que ce provisoire peut (iurer tout aussi longtemps ([ue ces baraciues ignobles bâties pour un jour, et (pii, pendant des siècles, ont défiguré les approches de nos plus beaux monuments. Terminons en vous exposant noire système :
« Donnez aux corps simples et aux corps qui agissent comme eux des noms insignifiants, pourvu qu'ils se prêtent facilement à la formation des nouis composés ;
« Prenez pour les corps composés les formnlesqui, s'accordantavec l'analyseélémentaire, représentent le mieux l'expérience, et ne lesbasezjamaisqnesurelle;
« Représentez autant que possiïde, dans la langue parlée, ces formules par des noms clairs et comnio des, en ce qu'elles ont d'essentiel, mais en négligeant toutes les circonstances accessoires, et sans prétendre tout énoncer.
t Ceci fait, vous aurez exprimé les vérités de votre temps, les vérités de votre époque. Vous laisserez pourtant à votre esprit toute sa liberté, en vous rap- Ijclant que si vous n'enregistrez ainsi que des ytjrilés, vous n'enregistrez pas du moins toute la vérité,
51 que vos novoux aiiroiii ;i ijuc vous -.wci cuiaiiiciiccu (1).
NOTES \nDITK)NNEL[.ES
poiii'suivi'o l'œuvre
NOTK XVIII.
l*oii«li>fM ifiiliaiiiiiinlcM.
Uieii n'est plus (hiiii;or("ii\ iiik; \o inanii'iiu'iil ili; CCS (Hnulics. lu cciilij,'nuiimc de l'nliiiiii:ile d'iii^îciil, jelo suc les <'liui liiiils :ii'(lciils, |M'iiiliiil une ilcliuia- Ijdii aussi l'oi'li' qu'un ciiup «le |iisliile(. I,c plus léger ri'dlicuienl entre ileu\ ciups sullil pour en piiiviupuM' l'cxplnsiiui, SMi'ioiil ipuniil il esl si'c l'I cliauil ; aussi se sei'l-ou de lia^uclles de liois IcndriM'l de cuilleis (Ml papier piiur sa préparalinn et sou inaiiieuieiil. yuel(pu-s decijjrauuues (pii del(uieraicnt sur la luain eu laijsi'i'aient iul'adlilileiuenl la piTle.
Ite lerrildes uccideiils n'ont qnii trop appris, aux cliiniistes et aux laluicanls de ces eoniposi-s, les |;récanliiuis avic lesi|ueUesou doit les toiiclier. l'^i;;nier, de Moulpellier, a perdu nn œil en pn'parant du fuliuiual<y d'argent, liarrucl, de l*aris,a eu une partie de la luaiii droiic emportée par la déliuiation de tulniinato de mercure , ipi il luiiyail néyligemuieut dans un mortier de silex; l'explosion fut si violente, (pie le mortier disparut en poussière. L'iiifortiiué lîi'llot, aiuieii t^lève de l'école Polyt(!ehuiipie, a perdu la vue et a été liorrihleinent niutili' par une seiiililalile dé'tonation. Julien Leroy, l'aluicant de pondre, a été lue, il y a qiiehiues anni'cs, par la (U'tonalion de Inlininatc encore, liuinide qu'il reiiiuail, par imprévoyance, avec une baionuelte. Plusieurs l'aliriqnesdc piuidro l'ulininantc au mercure, eiilrc antres celle d'Ivry, près Paris, ont été cidièrement détruites par l'explosion de (fuelques kilogrammes do matière. En 184"2, un clnmiste de laiiulres I rès-cclcbre, Henuell, a péri victime d'une explosion eH'royahle produite par la même substance. L'n fournisseur, iiouinic Dymon, (lui avait traité avec la compagnie des Indes pour une quantité considérable d'obus remplis de t'ulmiiiate de mercure, ne pouvant préparer lui-même, dans le délai fixé, tout ce qu'il avait promis de livrer, s'était adressé à Henuell, pour (pi'il se cbargeàl d'une partie de la fabrication. Le 5 juin 1842, lleniiell travaillait seul, dans un corps de bâtiment isolé, à cette œuvre p(!rilleuse; lefulminateétait acbevé,ct il ne lui restait )ilus qu'à le mêler avec une autre substance préparée par iM. Dymon lui-même, et qui paraît constituer le secret de ses obus ; tout à coup un accident qu'on ne peut expliquer, puisque le seul témoin a disparu, lit prendre feu à ces matières, et, de là, une explosion terrible. Le corps de bâtiment fut détruit ; les tuiles, les bri(iues, les charpentes, furent lancées au loin dans les rues voisines, et on ne put retrouver du malheureux Henuell que des débris horriblement défigurés.
La force développée par la détonation des fulminates est bien plus grande que celle de la meilleure poudre à canon. On s'est assuré, par exemple, (pi'en détonant sous une masse creuse «le cuivre, elle l'élève à une hauteur IS à 30 l'ois plus considérable.
C'est avec le fulminate d'argent qu'on confectionne les bonbons chinois, si connus des enfants. Une parcelle de cette poudre est collée, en compagnie de quelques grains de verre pilé ou de sable , entre deux bantles étroites de parchemin; lorsqu'on tire ces bandes en sens contraire, le frottement des grains de verre ou de sable contre la poudre fiiliiiinante suffit pour en déterminer l'explosion. Les cartes et les pétards fulminants sont préparés de la même manière. Lorsqu'on les jette avec force par terre, ou qu'on les presse avec le pied, ils font explosion. Ces joujoux ne sont pas sans danger; ils ont souvent cause des blessures.
Le fuhmiiate de
(I) M, Dumas, Leçom sur la philosopliie cinmique, 9' Icoou.
ployc*, depuis une qnin/.aitw d'années, pour les amorces des fusils de chasse, à cause de su facile inllani uiation et de sou inaction sur le fer. Les aiuoriM's \c> plus «u'diuaires sont celles (pii s(uit connues sous le nom d'iiilinitcs à (■u)isiilcs; elles reiibuiuenl en\iroii 10 niillig( animes tW fuluiiiiate. (Jn «'ii prépare d aiitriîs «pi'oii iioiiiui«" iimiiyii's (./nV.s; ««t sont des pilules renlèrmant environ !J5 niilligranimes de l'idniiiiale imuuporé avec, «le la «'ir(\ Un iiielange ordinaireineiitde la pomlre à canon on du nitre au liilniinali', avant de t'inlnxiiiire dans les capsule.", dans la proportion de (I paities de poiidie co(ilr(! Il) du fuluiinale. Ce melaii^^e coinniuiiiipie mieux l'inUammatioii à la ctiarg«' du fiisd.
Avec 1 kibigramme de mercure on obtient 1 liilogramme Ijl d(; fulniiiiate, (pii peut fournir environ ■il),OI)l) amorces à capsules. Le prix kU- celles-ci est or(Jinairement de 5 fi unes .'>() centimes le mille.