‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 40 sur 354 · BIL · texte numérisé non relu

BIL

rouge; des (juartz, des frhhpnth , des calcaires micacés; certaines variétés de marbre bleu antique à très-petites veines; certaines lumachelles , telles que celles d"^«?racan, de Carinthic, etc., etc.

Plusieurs sortes de pierres qui, par cllesiliômes , ne sont pas très-recherchées , sont employées, par suite de leur finesse et de leur inaltérabilité, à ce que la sculpture a déplus fini et de plus délicat. Les anciens nous ont laissé de superbes ouvrages en ce genre (apothéoses d'Augtiste, de Grrmcmicus , Jupiter Agiocus) , et les artistes modernes ont aussi produit des chefs-d'œuvre qui ne le Cèdent en rien à ce que l'antiquitS a produit de plus beau. Ceux de ces ouvrages qui sont le plus connus sont les camées ou pierres à couches de diverses couleurs , sculptées en relief. La plupart sont exécutés sur des calcédoines , pour lesquels on a toujours recherché celles qui offrent au moins une belle couche blanche sur une autre noire ou brune, et plus encore celles qui présentent une couche blanche entre deux couches de couleur rembrunie. Aujourd'hui on teint assez fréquemment les pierres , soit d'un seul côté, soit de deux , en brun, en lilas, etc. Les artistes conservent la couche plus foncée pour servir de fond , sculptent le relief principal sur la partie blanche , et réservent quelque chose de la couche supérieure, soit pour les cheveux , soit pour les vêtements ou uuelques accessoires.

On a également gravé, soit en relief, soit en creux , sur des pierres de couleurs uniformes , et particuhèrement sur des cornalines , des sardoines , des calcédoines , des jaspes rouges, des jaspes sanguins, quelquefois sur l'améthyste, et enlin sur des pierres fines, telles que rubis, cmcraudc , topaze, zircon, etc.

C'est ici le lieu de parler des camées exécutés sur des schistes onyx, qui sont api)ortés de la Chine comme olijets de curiosité. Ce sont des plaques de roches analogues ài certaines variétés très-denses de nos ardoises , qui présentent trois ou quatre couches de couleur dilférentes : une brune , qui doit servir de fond; d'autres rougeàtres, blanchâtres , verdàlres , sur lesquelles les Chinois ont scul|ité divers sujets, et particulièrement des intérieurs de maisons , des paysages, quelquefois animés de personnages et d'animaux; il y en a de grandes dimensions qu'on peut regarder comme de bas-reliefs de décorations.

BILE. — C'est un liquide verdâtre sécrété par le foie. 11 a une réaction alcaline et mousse avec l'eau comme le savon. La lùle, dépouillée de la matière grasse et de la matière colorante , donne, par la calcination, 11,16 de carbonate de soude , et 0,51 de sel marin, et des traces de potasse.

Il se forme, dans la vésicule du fiel , des concrétions pierreuses composées en grande partie de matière colorante et de cliolestérine. Les bézoards , auxquels on attribuait autrefois des propriétés merveilleuses , ne sont autre chose que des calculs biliaires qui

se développent dans la vésicule du fiel de certains animaux (1). Les calculs biliaires se distinguent des calculs urinaires par leur structure cristalline (2).

Les usages de la bile dans l'économie no sont pas positivement connus. On présume qu'elle a uiui grande influence sur les phénomènes de la digestion; qu'elle concourt à la digestion duodénale et opère la séparation du chyme en chyle , qui est absorbé , et en matière excrémentitielle , qui est peu à peu expulsée hors du corps. Cependant , comme MM. Lassaigue et Leuret l'ont constaté , la chylification peut encore avoir lieu quand on empêche la bile d'arriver dans les intestins, d'où il faut conclure qu'elle a une toute autre fonction que celle qu'on lui a attribuée généralement.

La bile est quelquefois appliquée à des usages techniques. On s'en sert , par exemple, pour enlever les taches de graisse sur les étoffes , on la mêle avec certaines couleurs employées par les peintres , et l'on s'en sert en médecine , tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Afin de pouvoir la conserver en quantité suffisante pour subvenir aux besoins, on l'évaporé jusqu'en consistance d'extrait, état dans lequel elle n'est plus au?si sujette à s'altérer. Autrefois on employait de préférence la bile d'ours en médecine, parce que l'ours, comme l'homme, vit à la fois de substances végétales et de substances animales; mais aujourd'hui on ne se sert plus guère que delà bile du bœuf. On prétend avoir fait disparaître des taches sur la cornée transparente de l'œil avec la bile du brochet.

Bile de boeuf. — Cette matière , connue généralement sous les noms de fiel de bœuf et d\tmer, est employée par les dégraisseurs pour enlever les taches de graisse sur les tissus qui sont altérables par les alcalis et le savon, parce qu'en raison de sa légère alcalinité , elle se mêle très-bien aux corps gras, qu'elle dissout en grande partie ou qu'elle amène à un état d'extrême division. Les peintres à l'aquarelle et à la miniature , les enlumineurs, en font également usage pour donner plus de ton, de brillant et de vivacité aux couleurs , qu'elle fixe plus facilement sur les corps polis, et qu'elle conserve mieux que les autres matières visqueuses.

Comme la bile se putréfie promptement, surtout dans les temps chauds et humides, on la réduit souvent en consistance d'extrait, après l'avoir fait bouillir et écumerl; c'est ce qu'on appelle alors le fiel de bœuf concentré,

(1) Ces animaux sont herbivores et vivent en Perse, au Tibet, etc., mais on ne sait rien de certain sur leur compte. Les bézoards sont encore aujourd'hui fort estimés dans certaines parties de r.\sie, en Perse, par exemple, où l'on ne peut les obtenir qu'en présent du souverain ou des membres de sa famille. Voy. Bézoards.

(2) On a remarque le plus souvent leur présence chez les personnes tristes et mélancoliques. Plusieurs médicaments ont été préconisés pour la dissolution de ces calculs, mais les efTeisen sont incertains. Tel est le mélange de trois parties d'élher suU'uriquc et de deux parties d'essence de térébenthine.

DIS

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qu'on aélayo simplement dans l'eau pour en faire usa^o. Coinmo la couleur propre Ji la liile altère plus ou moins certaines couleurs lie peintures, telles ((ue le hleu , qu'elle fait paraître vert , et le carmin , (pi'elle all'ait)lit, ou la ik^folore au moyen d'ini proc(''ii(' indi qut^ par M. Tonckius, cliimiste ani;;lais. Pour cela, après l'avoir fait bouillir et écuuier, on la partage en deux tlacons , dans l'un des- (juels on ajoute 32 grauunes d'alim , et dans 1 autre 3-2 grammes de sel par litre. On laisse reposer jusqu'à ce que les liqueurs soient (''claircies ; on les décante, on les uiûle et on laisse reposer do nouveau. On filtre ensuite, et on obtient ainsi un liquide incolore , qui se conserve très-bien, et est nonmié fiel de bœuf purifié.

BISMUTH. — Le bismuth était déjà connu des anciens , qui le confondaient souvent avec le plomb et l'étain. Stalil et Dufay montrèrent les premiers que c'est un métal particulier, bien distinct de tous les autres. On le trouve presque toujours à l'état natif; quelquefois aussi la nature nous roffrc combiné avec du soufre, et très-rarement oxydé. La plupart du temps on l'extrait des mines de bismuth natif que l'on rencontre en Saxe, en Bohême et en Transylvanie. A cet effet, on entoure le rainerai de^charbon ou de bois, que l'on allume : le métal entre en fusion et se rassemble dans une cavité creusée sous le four. En 1770 , quand on cherchait k découvrir des métaux à Gregersklack , près du Bis|)berg , dans la province de Delarne , et qu'on appliqua du feu à la roche pour la faire; éclater, il s'en écoula une quantité considérable de bismuth fondu. Depuis on a cherché ce métal dans le même endroit ; mais on n'en a trouvé que quelques morceaux pour les collections. Lehismuth, extrait de si gangue par la fusion, est versé dans le commerce à un prix qui n'est pas élevé, comparativement à sa rareté dans la nature. Dans cet état, il n'est cependant pas pur, car il renferme du fer, de l'arsenic et peut-être d'autres métaux encore. Pour le putnfier, on le dissout dans l'acide nitrique; on mêle la dissolution limpide avec de l'eau , qui précipite le bismuth ut retient les autres métaux; on sèche le préciiiité, on le mêle avec un peu de flux noir, et on le réduit , à une douce chaleur, dans un creuset, au fond duquel le métal se réunit en un culot. Chaudet ind.que la méthode suivante : ou fond le bismuth du connnerce dans un test ou dans une coupelle semblable h celles qu'on emploie ordinairement jjour la coupellation de l'argent; le métal s'oxyde et est absorbé par le test. En mêlant ensuite la masse du test avec deux pai tics de lUix noir, et chauffant le mélange , le bismuth se réduit. En répétant encore une fois la môme opération, on obtient du bismuth assez pur.

Le bismuth , à l'état de pureté , est solide, d une couleur lilanche brillante , légèrement violacée , d'une structure lamelleuse. Il est tres-cassant et facile à réduire en poudre, ba densité est de 9,822.

Il fond h une température de -f- 25G" , et ne peut être volatisé à l'abri de l'iiir.

Clilorurc (Ir hismitth. — Il présente une mass(> comme liulyreuse; de là le nom qu'il portait autrefois de l/eurre de bismiUli.

SELS A BASE d'OXYDE DE BISMUTH.

Parmi ces sels , nous nous bornerons h mentioiuier le sous-nitrate do bismutli. — Le sous-nitrate de bismuth ]iroduit par l'eau était désigné autrefois sous le nom de magistère de bismuth ; on lui a aussi donné le nom de blnnc de fard, à cause; de l'usage qu'on en fait pour se farder la ligure. Mais ce blanc a un grand inconvénient qui devrait le faire exclure de la toilette : c'est do rendre la peau rugueuse , et d'un autre côté de noircir par les émanations plus ou moins chargées de gaz hydrosulfurique , qui le transforment en sulfure de bismuth d'une couleur noire, i

Cette propriété que possède le nitrate de bismuth d'être décomposé par le gaz hydrosulfurique ou les gaz qui en contiennent , rend ce sel propre à la composition d'une encre qui devient visible en l'exposant à l'action do l'air imprégné de ce gaz. Si , après avoir écrit sur un papier avec une solution de nitrate acide de bismuth, on l'expose dans un flacon au fond duquel on a versé un peu d'eau saturée d'acide hydrosulfurique ou de l'hydrosulfate d'ammoniaque, les caractères tracés qui n'étaient point apparents, môme après leur dessiccation, le deviennent tout à coup par suite du sulfure de bismuth qui se produit.

Les autres sels de bismuth sont sans importance.

BITUME GLUTINEUX. Voij. Malte.

BITUME DE .lUDÉE. Voy. Asphalte.

BITUME ÉLASTIQUE. Voy. Poix minérale.

BLANC DE BALEINE. Voy. Graisses.

BLANC DE PLOMB. Voy. Céulse.

BLANC de Venise, de Hollande, de Hambourg. Voy. Céruse.

BLANC D'OEUF , antidote contre les empoisonnements produits par les sels métalli-' ques. Voy. Albumine.

BLANC DE FARD. Voy. Bismuth, sous-nitrate.

BLANCHIMENT des toiles. Voy. Chlorile de chaux, au mot Calcium. Voy. aussi Soude.

BLENDE , ou sulfure de zinc. Voy. Zinc.

BLEU DE PRUSSE NATIF. Voy. Fer, protosulfate.

BLEU DE PRUSSE. Voy. Cyanure de potassium.

BOIS. — La cellulose , plus ou moins injectée de matière incrustante, forme le tissu des bois employés dans les constructions , les traverses des chemins de fer, la menuiserie, l'ébénisterie , la fabrication des produits pyroligneux, le chauffage, etc.

La matière incrustante des bois est dure et cassante; les proportions varient dans les dillérents l)ois ; elle est plus abondante dans le cœur que dans l'aubier , et dans les bois

BOI

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durs et lourds que dans les bois tendres et légers. Elle contient plus de carbone el d'hydrogène que la cellulose ; c'est à sa présence que sont dus l'excès d'hydrogène sur les proportions qui constituent l'eau , et les plus fortes |iroportions de carbone ([ue l'on rencontre dans tous les bois , môme lavés ; c'est elle qui explique les dillérences notables de la composition du ligneux, que l'on considérait naguère comme un principe pur, et qui est en réalité un mélange de matière incrustante et de cellulose en proportions variables suivant la nature du bois.

La matière incrustante donne aux liois une densité plus considérable, une plus grande dureté , les rend susceptibles de prendre un poli plus brillant. Si les bois sont employés comme combustibles, la matière incru^^tante y est utile en raison de son excès d'hydrogène, gaz qui , pour se brûler et former de

l'eau , exige, à poids égal, trois fois autant d'oxygène que le carbone ])0ur former do l'acide carbonique, et qui développe en brûlant au moins trois fois autant de chaleur que le carbone. Si l'on considère les bois comme matière première de l'acide acétique, il est utile de savoir qu'à poids égal la quantité d'acide produit augmente avec la quantité de matière incrustante contenue dans les bois. En effet, M. Payen a obtenu :

Pour 100 de cliêne 4,0 d'acide acétique.

Pour 400 de p uplier 5,6 »

Pour 100 de colon 2,7 >

Pour 100 d'aniidou 2,3 >

Le tableau suivant donne la composition élémentaire de plusieurs bois et de la cellulose pure. Les nombres do la dernière colonne indiquent l'équivalent , en charbon , de chaque substance considérée comme combustible :

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