CAM
preuve à l'appui de l'assertion qu'il renferme. Ce métal n'éprouve aucun changement à la température ordinaire de l'atmosphère, mais à la chaleur de l'ébullition il commence à se combiner avec l'oxygène, et à produire une poudre rouge (oxyde rouge de mercure) , ce qui continue tai]t (pi'on le fait bouillir; vient-nn ensuite à chaulfer davantage celte poudre rouge, l'aflinité du mercure pour l'oxygène cesse une seconde lois de s'exercer, l'oxygène se dégage sous la forme de gaz, et le mercure reprend celle de métal qu'il avait dans le principe.
CALORIQUE LATENT. Voy. Calorique.
CALORIQUE SPECIFIQUE des corps simples. Voy. Atomes.
CALORIQUE DES COMPOSÉS. Voy. Atomes.
CAMÉE. Voy. Bijoux.
CAMÉLÉON MINÉRAL. Voy. Manganiqce (Acide).
CAMELINE. Voy. Corps gras.
CAMPHRE (de l'arabe kapur et kampur).
— Le camphre est un pimcipe immédiat des végétaux , qui peut être regardé , avec raison, comme une espèce d'huile volatile concrète. 11 existe fout formé dans plusieurs végétaux, et surtout dans une espèce de laurier , nommé camphrier, Inurus camphora, qui croît au Japon. On le retire aussi de l'exposition à l'air de plusieurs huiles essentielles , telles que celles de sauge , de marjolaine , de romarin , de lavande , etc. Cette dernière peut en fournir , suivant Proust , jusqu'à 0,23 de son poids.
L'extraction du camphre du laurus cam~ phora est très-simple : on ré(iuit en morceaux menus son tronc et ses branches , et on les place, avec une petite quantité d'eau, dans de grandes cucurbites de fonte , surmontées de chapiteaux de terre , garnis intérieurement d'un réseau fait en paille de riz. En chauffant légèrement, le camphre se volatilise et se condense sur les cordes de riz en petits grains gris'itres. C'est sous cet état qu'on l'envoie en Europe , où alors on le raffine, en le mêlant avec une petite quantité de chaux , et le sublimant de nouveau sur un bain de sable dans des matras de verre à fond plat. Le camphre ainsi sublimé et condensé a la forme hémisphérique du vase où l'opération a été faite.
Propriélés. Le camplire à l'état de pureté est solide , blanc, demi-transparent, d'une tontexture lamelleuse et tlexible ; sa pesanteur spécifique est de 0,988. Son o leur est foi te et pénétrante, sa saveur acre et chaude. Il est si volatil , qu'il se dissipe à l'air et so sublime spontanément dans les vases qui le renferment. Exposé à l'action de la chaleur dans un vase formé , il fond à -)- l''S% et bout à 4- 20'^° ; il est si combustilile, qu'il s'enflamme à 1 approche d'un corps en combustion , et cont nue de biûler à la manière des huiles volatiles , en produisant une fumée noirâtre.
Mis en contact avec l'eau , il présente un phénomène singulier dû ii sa granité volatilité. Si l'on tient en partie plongé dans l'eau
un petit cylindre de camphre , l'eau qui le touche est Vepoussée tout à coup, efrevient ensuite sur elle-même, en produisant l'image d'un llux et d'un reflux autour du camphre. Un effet non moins surprenant se manifeste quand on rade avec un canif, à la surface de l'eau, un morceau de camphre : chaque petite masse détachée, flottant sur l'eau, prend un mouvement de rotation très-rapide sur elle-même , et ce tournoiement e>t anéanti à l'instant o^ l'on vient à toucher en un point de la surface de l'eau, avec une pointe d'épingle trempée dans une huile fixe ; on admet qu'alors une pellicule très -mince d'huile se répand sur toute la surface de l'eau , et empêche le contact du camphre entre l'eau et l'air.
L'eau n'a que peu d'action sur le camphre, cepenilant elle en dissout assez pour en acquérir l'odeur particulière. Les véritables dissolvants de ce corps sont ceux des huiles volatiles , c'est-à-dire l'alcool et l'éther ; ce premier liquide en dissout les-J de son poids; les huiles volatiles et les huiles fixes le dissolvent aussi.
La solution alcoolique de camphre, mêlée à l'eau, est décomposée sur-le-champ; le camphre est précipité en flocons blancs grenus , ])ar suite de l'union de l'alcool et de l'eau. Le camphre est fort employé en médecine ; on l'administre à l'intérieur à petite dose comme anti-spasmodique et s 'datif ; à plus haute dose, il est stimulant , et devient très-irritant lorsque la dose est un peu considérable ; il peut déterminer môme la mort, en agissant violemment sur le ceivau et enflammant le tube digestif. Son absorption est si rapide, qu'il passe sur-le-champ dans tous les organes, et s'exhale de l'économie surtout par les voies respiratoires
On administre le camphre à l'intérieur, soit à l'état de poudre mêlé avec d'autres médicaments , soit dissous dans une huile fixe ou un jaune d'œuf, ou suspendu dms l'eau à l'aide d'un mucilage. Sa solution dans l'alcool faible, connue sous le nom d'eau-de-vie camphrée, s'emploie à l'extérieur comme antiseptique ; elle est formée d'une partie de canijibre dissoute dans trente-deux parties d'alcool à 22". Valcool camphi-é, usité aussi tn médecine, est composé d'une partie de camphre et de sept parties d'alf'OQl à 36°. L'huile camphrée, employée contre les douleurs rhumatismales et quelques tumeur* glanduleuses, se prépare en dissolvant à froid l)ar l'agitation le camphre puhérisé dans quatre fois son poids d'huile d'olives.
Le camphre est employé dans les vernis , surtout dans l'espèce recherchée sous le nom de vieux-laque. On s'en sert aussi dans les feux d artitices, tant à cause de sa grando combustibilité ([u'en raison de la blancheur de sa flamme. La propriété qu'il a de briller sur leau a lait supposer qu'il entrait dans la composition du feu grér/eois.
Sun odeur est mortelle pour les petits animaux, notamment pour 'es insectes. Voilà pourquoi on le répand dans les armoires où l'on conserve les coileclions d'histoire natu-
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rello, nllii d'en t^'arter les ]),i|iil!(")n,s et antres insectes i|ui viennent (kum' (ir'|Htser leurs (euls. (l'est pour la niùine raison (|n'on en l'ernie de petits saeliets de eaMi|ihre dans les eollres où l'on serre les [leliett'ries et les étoll'es de laine.
C'est un très-l)(in antisopli(jne aussi est-il utilisé pour les endiaunienients. Ou l'eniploio encore comme aromate, et, comme t(d,illait partie des pastilles odorantes dont on se sert poiu' parfumer l'air. Kniin, il rend de trèsgrands services h la médecine. C'est un excitant puissant, ([ui peut devenir mortel, môme n nue trrs-t'aihle dose.