‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 60 sur 354 · CAS · texte numérisé non relu

CAS

stances organiquos donnent également naissance il une grande quantité de ce gaz.

CARBONIQUE (acide), sa solidification.

Voy. ("lAz.

CAUBUKK DE FER. Voy. Graphite

CARMIN. Voy. Cochenille.

CARTES DE VISITE. — Depuis quelques années , on leur donne l'apparence de l'émail ou (ie la porcelaine , en les recouvrant d'une couche de céruse et les soumettant au frottement d'un cylindre d'acier poli , qui fait naître un lustre très-vif. Si l'on en présente une h la flamme d'une bi)U:.;ie, on aperçoit bientôt, à la surface du charbon, de petits globules métalliques; et, en secouant la carte à demi-brùlée , il en tombera de petites parcelles, qui brûleront rapidement en traversant lair.

CARTHAME ( safranum , faux safian ; safran d'Allemagne). — Noms que le commerce donne à la fleur d'une espèce de chardon que les botanistes appellent carthamus tincloriits.

Dans les fleurs du sifranum , il y a deux matière; color.tntes distinct s : l'une aune, soluble dans l'eau, et que Fou peut enlever par un simple lavage ; l'autre rouge , insoluble dans l'eau, soluble dans le-; alcalis faibles , peu soluble dans l'alcool et enc re moins dans l'éther. Cette dernière, à laquelle M. Chevrcul a donné le nom île carthamine , dérive d'un principe incolore, crislallin, qui se convertit en >rineipe rouge aus^itùt qu'il a le con'act de l'oxygène et îles alcalis. S dvant Doebereiner , la matièr • jaune est de nature alcaline, tandis que la matière rouge est si manifestement acide , qu'il lui a imposé le nom d'acide carlliamique. D'après fui , cette matière rouge forme , avec les alcalis , des sels parlicul ers incolores qui offrent le caractère distinctif de laisser précipiter une substance rose brillante par l'action des acides végétaux.

Pour obtenir la carthamine qui sert a préparer le rouge végétal, dont la belle couleur rose rend aux dames de si granJs services pour restituer à la peau la fraîcheur qu'elle a perdue, on lave le safranum à l'eau froide, en le foulant et le pressant au milieu de ce liquide, a.irès l'avoir enfermé dans un sac de toile, jusqu'à ce qu'il ne colore plus l'eau, ce qui demande un temps fort considérable; on fait ensuite macérer la tleur, dépouillée de sa matière jaune , dans son poids d'eau aiguisée de 15 centièmes de carbonate de soude pendant une heure ou deux , et on plonge dans ce bain des écheveaux de coton sur lesquels on précipite la matière colorante au moyen du jus de citron. On lave plusieurs fois le coton pour enlever un peu de matière jaune qui restait dans le bain , nuis on le fait tremper dans une eau alcaline , pour redissoudre la carthamine ainsi puriliée. En neutralisant la liijueur par le jus du citron , on isole la couleur qui sj dépose en flocims légers. On rassemble ceux-ci avec soin pour les laver et les séciier sur une assiette. On a alors des écailles minces, d'un rouge brun, qui, broyées à J'eau avec

du ta.c réduit en poudre impalpable , donnent le rouge-végétal qu'on fait dessécher surdos petits vases de porcelaine.

Le safranum ne fournit que quelques centièmes de son po'ds de carthamine , aussi cettecouleir pure vaut-elle environ 3,000 fr. le kilogramme; c'est à peu près le prix de l'or. Heureusement qu'il n'en faut qu'une très-petite (lortion pour couvrir et teindre en beau rose une grande surface.

Malgré le peu de solidité de cette couleur, on s'en sert pour teindre la soie, le coton et le lin en ponceau , en nacarat, en cerise, en rose , en couleur de chair , nuances trèsbrillantes et fort recherchées. On a soin de bien dé,)Ouiller le safranum de sa couleur jaune , qui ternit les rouges et les roses. Pour leur communiquer plus de feu, on donne au tissu un pied léger de rocou, surtout pour les ponceaux. Quelquefois , par économie, pour les nuances fortes, on ajoute au bain à peu près -J d'orseille.

Dans le midi, les pauvres cultivateurs emploient le safratmm à la place du safran, pour colorer leurs mets. Yoy. Couleurs végétales, § I.

CARTON. Voy. Papier.

C.\SÉINE. — On distingue la caséine animale et la caséine végétale. La caséine (animale) s'obtient sous forme de flocons agglomères, par l'ébullition du lait écrémé. Elle est à peu près insoluble dans les acides minéraux un peu étendus. Elle se redissout dans un excès d'acides tartrique, acétique et oxalique. Elle est également soluble dans les alcalis. Par l'incinération, eile laisse un résidu salin de sulfate de chaux. La caséine /animile) constitue la partie essentielle des fromages. La caséine végétale présente l'aspect de l'empois; desséchée, elle forme une masse compacte et transparente. Elle se dissout aisément dans les acides tartrique et oxalique étendus. Sa solution n'est [las précipitée par l'alcool ni par le sublimé corrosif. La caséine végétale [légumine) existe dans un grand nombre de plantes, et particulièrement dans les fruits des légumineuses. Pour l'obtenir, on broie, d'ans un mortier, des haricots , des lentilles ou des pois, ramollis dans l'eau. La bouillie qui en résulte est mêlée de beaucoup d'eau ; ce mélange est jeté sur un tamis lin, q.ui retient les cosses, tandis que l'amidon et la caséine passent à travers. Par le repos, l'amidon se dépose et la caséine reste en dissolution. Celte dissolution, d'un blanc jaunâtre, s'aciditie à l'air, et se coagule comme du lait écrémé. Elle est précipitée par l'alcool et les acides minéraux étendus ; le précipité donne une cendre alcaline , composée de phosphate calcaire. La caséine tant animale que végétale se com- ])ose, terme moyen , de .53 pour 100 de carbone, 7 pour 100 u'hydrogène, lo d'azote et 23 d'oxygène.

CASÉU.M. — 11 existe dans le lait une matière particulière qui présenti' la plus grande anjlogie avec l'albumine ou la tibrine qu'on a nommée caséum, parce qu'elle forme la majeure partie du fromage. Pour l'extraire

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