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COMBUSTIBILITÉ

CHARBONS OUDINAIRES. CHARBONS ROUGIS. CUARBONS CnAl'FFÉS A BLANC.

Noncomfucleiirs.

Très-mauvais conduct.

Très-facile.

Bons conducteurs.

Bons conducleurs.

Moins facile.

E-iccellents conducleurs.

Excellents conducteurs.

Diificile.

On sait surtout combien est grande la différence relative à la conductiliilité du fluide électrique entre les divers charbons, depuis les belles expériences de Davy. Dans la construction des paratonnerres, on doit d.mc employer exclusivement le charbon chauffé au rouge vif.

Les expériences de M. Berzélius ont fait voir (Traité du chalumeau) que le pouvoir conducteur pour le calori(jue est considérablement exalté dans les charhons qui ont subi une température élevée : tels sont ceux qui échappent à la combustion dans les hauts-fourneaux, et que l'on retrouve parmi les laitiers. Ces charbons sont si bons conducteurs, que des morceaux longs de 15 centimètres, qu'on fait rougir par un bout au chalumeau, ne tardent pas à s'échauffer tellement, qu'on no peut plus les tenir par l'autre bout.

Les bois compactes donnent des charbons moins combustibles que les bois Ji tissus Idches : les cavités remolies d'air qui se trou-

vent dans le charbon diminuent sa conductibilité pour la chaleur, et la masse conduit d'autant moins qu'elle est d'une texture moins serrée. Ainsi, les bois très-légers et peu carbonisés donneront du charbon trèscombustible : tel est celui de chanvre ou do chènevotte; tels sont encore, à un moindre degré, la braise de boulanger et les charbons de bois blanc. Le charbon qui provient du vieux linge offre une combustibilité telle, que dans lieaticoup de pays on s'en sert au lieu d'amadou. On en remplit une petite boîte en for-l>lanc, au-dessus de laquelle on bat le briquet; les étincelles en ignition qui résultent du choc du briquet contre le silex, suffisent pour enflammer ce charbon , qui peut servir dès lors à mettre le feu aux allumettes, pourvu qu'on ait soin d'activer la combustion en soufflant légèrement sur le point enflammé.

Les charbons de bois dur sont, au contraire, peu combustibles, et d'autant moins qu'ils ont éprouvé une lempéraliire plus

^>7 CDA

liante. Les cliarlioiis de huis, dVbi'no , bi-iW l( lit iilus ilit'liiilciuoiit que tous les cliarlioiis u>uols. Uaiis l'oxy^èue, tous ces charlioiis, une lois allumés, continuent h briMer. A l'air,

le cliarhon absorlie u cluu'bon ordinaire

s|ilu''rique avec une rnpidité

1" jour.

5' jour.

50' jour.

riiuinidité atiuotelle , que lo au bout do quelques Cliarlidii (II- iH'iiiilicr Cliarlioii de peuplier Cli;\rli(iu de non rouyi. rougi. non rou;;

. . 0,170 0;iS5 .... 0,0.'i8

. o^25ri 0,250 .... 0,08-2

ciiA m

jours, contient déjà toute l'eau qu'il iieul enlever à l'air.

D'après M. C.lievreusc , 100 parties do charbon , placées dans de l'air saturé d'huniidilé, éprouvent les aui^inenla lions de jioids suivantes :

L'absorption charbons sont

est bien plus rapide si les plont^és dans l'eau; dans ce

Charbon de gàïac

roii!,'i.

les deux dixièmes

cas, ils en prennent [lonr 100 parties :

Cliariwn de peuplier non rougi "."«S

1 de peuplier rougi 482

I de gaïae non rougi 77

i de gaïac rougi iO

On vend ordinairement le charbon à la mesure; mais les plus pesants étant les plus estimés, l'acheteur no doit lixcr son choix qu'ajirès avoir vérifié si le charbon est sec. L'eau cause une double déperdition, car une partie de la chaleur jiroduite est em[doyée en pure perte à éva[)orcr cette eau. Les charbons du commerce contiennent en s^énéral de 8 à 12 pour 100 d'eau.

Le charbon de bois conservé pendant longtemps devient très-friable , et chaque fois qu'on le remue pour le transporter, il so réduit partiellement en poussier. Les charbons provenant de bois légers sont plus altérables de cette manière que les charbons compactes.

CHARBON D'OS (noir animal). — L'emploi du noir animal, introduit ilans la fabrication du sucre en 1813, a pris un très-grand développement. On s'en sert aujourd'hui dans toutes nos fabriques indigènes , dans la plupart de nos sucreries coloniales, et dans toutes les raffineries de sucre en France et en Angleterre.

Les fabriques de noir, ou de charbon d'os, s'établissent dans le voisinage des grandes villes, parce qu'elles y sont mieux placées pour se procurer la matière première.

Une grande partie du charbon d'os consommée en France et dans nos colonies, se fabrique dans le dé[)artement de la Seine. On le comprend, car la matière première y est plus abondante que partout ailleurs. Le tableau suivant cfui indique la consommation moyenne de la viande de boucherie et le poids des chevaux abattus à Paris chaque année , donne une idée de la quantité d'os que représente l'abatage total.

99 068 bœufs pesant cha-

cun

300 kil.

,=:29 720400 kil.

13264 vaches i

ltl029 veaux i

498021 moutons i

lio 000 porcs >

518agneaux et

chevreaux i

15000 chevaux i

animaux, ne

Poids total des

compris les intestins.. .

. 54 980 992 kil

Le poids des os forme de cette quantité ou 11 000,000 di; kilogr. d'os. De ce chilfro il semblerait que l'on dût retrancher le poids tics os (•inp(H'tés par les boues, brûlés dans quelques foyers, etc. ; mais ces déperditions se trr)uvcnt compensées par les os importés à l'aris dos villes et campagnes environnantes jusqu'à 20 kilomètres.

Tous les os recueillis ne sont pas employés à la fabrication du noir. Ceux qui ont des dimensions et une épaisseur suflisantes sont destinés à des ouvrages de tabletterie ; on les désigne sous le nom d'os de travail. Les autres sont divisés en deux catégories, les os gras humides et les os secs.

Les os gras humides proviennent des boucheries, et après avoir servi aux usages culinaires , ils ont pu être ramassés encore frais. On peut en extraire les 0,8 tie la graisse, qui s'y trouve en moyenne d^ns la proportion de 9 pour 0[0. Après ce traitement, ou les emploie, sous le nom d'os bouillis, à la fabrication du noir. Une partie est traitée dans de grandes marmites ou chaudières autoclaves , afin d'en obtenir de la gélatine par le procédé de Papin. Les os secs sont employés directement à la préparation du noir animal.

Slructurc et composition des os. — Quelques notions sur la composition organographique et chimique des os feront mieux comprendre leurs applications et la composition des produits qu'on en tire.

Les os gras contiennent, pour 0[0, environ 50 de matière organique , dont 32 de tissus fibreux, 8 d'eau, Ode graisse, 1 d'albumine, vaisseaux, etc., et 50 de substances minérales, qui comprennent 38 de pliosphato de chaux et 2 de divers sels, tels que chlorure de sodium et de potassium ; sulfates, matières sableuses, etc.

La matière organique constitue un tissu spongieux dans lequel se trouvent déposées les substances minérales. Ce tissu se transforme presque totalement en gélatine par l'ébullition dans l'eau.

Gélatine extraite des os. — Ou peut , du reste , facilement isoler le tissu organique des substances minérales. On fait digérer les os dans de l'eau acidulée avec 0,20 à 0,25 de son poids d'acide chlorhydrique, tous les sels calcaires se dissolvent , et il reste une substance molle, transparente que l'on épure, 1° à l'aide d'une solution faible ( à 2 centièmes ) d'acide chlorhydri(iuc ; 2" par un lavage coniiilcl à leau pure. Le tissu

CHA

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organique ainsi épuré est très-souple tant qu'il est hydraté ; il conserve la forme de l'os.

Ces réactions sont mises à profit pour la fabrication de la gélatine. Les os très-minces et très-irréguliers, comme les os de tête, ou très-poreux, comme les os de l'intérieur des cornes, dits cornillons, sont surtout employés dans la fabrication de la gélatine par ce "procédé. On ne doit leur faire subir ce traitement que dans les saisons d'automne, d'hiver et de prinlemijs, car les chaleurs de l'été rendraient le tissu organique attaqué par l'acide, même étendu.

Extraction de la matière grasse. — La matière grasse est répartie dans le tissu des os, et surtout dans les parties les plus spongieuses , comme dans les renflements qui se trouvent aux extrémités des gros os , près des articulations, par exemple. Ces renflements sont séparés avant de livrer le corps compacte cylindrique comme os de travail, et l'on fait soitir la moelle (tissu médullaire cylindroide) de ces cylindres ouverts, en les trempant un instant dans l'eau bouillante.

Après avoir ainsi séparé les os pouvant servir à la tabletterie , on divise les autres en petits fragments, avec une hache, de manière à mettre à nu la plus grande surface possible des cavités de ces os que l'on doit soumettre à l'ébullition pour en extraire la graisse. Un os de côte , par exemple , doit être divisé dans le sens de sa longueur. Ce travail n'a pu se faire avantageusement au moyen de machines , car il exige toujours l'attention des ouvriers pour choisir le sens des sections qui ouvrent le mieux passage à la graisse ; il faut d'ailleurs une adresse que donne l'habitude.

Lorsqu'on veut extraire la graisse des os, on doit éviter qu'ils ne se dessèchent. On ne traite donc jamais dans ce but les os qui , par une longue exposition à l'air sec , ont perdu la plus grande partie de l'eau qu'ils contenaient à l'état frais , car ils ne cèdent plus de matière grasse ; c'est ce qui avait tait penser à tort, que pendant la dessication la graisse s'était évaporée : en effet, les os secs retiennent la matière grasse, seulement elle ne peut plus être enlevée par l'ébullition, parce qu'elle s'est infiltrée dans le tissu osseux en se substituant à l'eau ,à mesure que celle-ci s'est exhalée en vapeur.

Après avoir coupé les os gras, on les met avec de l'eau dans une chaudière hémisphérique en fonte ayant environ 1 m. 50 de diamètre et 0 m. 75 de profondeur, et on les soumet h l'ébullition en ayant soin de les remuer un peu , de temps en temps , avec une pelle percée de trous; cette agitation met en liberté les gouttelettes dégraisse engagées sous des fragments d'os. Après quelques instants d'ébullition, la plus grande partie de la graisse montée à la surface est enlevée avec une grande cuiller peu profonde, puis versée sur un tamis au-dessus d'un baquet placé sur le bord de la chaudière. La graisse se sépare de l'eau, qui se précipite au fond du baquet et que l'ou fait

écouler de temps à autre dans la chaudière par un petit trou «le fausset.

On reconnaît que la graisse libre est sortie lorsqu'on remuant les os on ne fait plus remonter de graisse h la superficie du liquide ; alors on enlève les os avec une grande écumoire ou pelle percée, et on les remplace par des os frais (1). Les os débouillis, égouttés et à demi séchés à l'air sont prêts à être carbonisés.

Pour obtenir le noir animal, il faut chauffer les os à l'abri de l'air, décomposer la matière organique , volatiliser les gaz , afin de laisser du charbon interposé entre les substances inorganiques. La quantité de charbon contenue dans le noir d'os est d'environ 10 pour 0[0.

Révivification du noir animal. — Lorsque, dans la fabrication ou le raffinage du sucre, on a fait passer une certaine quantité de sirop, plus ou moins coloré, sur du noir, la propriété décolorante de ce charbon s'épuise, et, si l'on n'avait trouvé un moyen économique de la lui rendre, les quantités de charbon d'os eussent été insuffisantes pour notre industrie sucrière. On parvient à rendre au noir en grains sa propriété décolorante en le débarrassant, par un lavage, des matières solubles ou délayables dans l'eau, puis le soumettant à une calcination qui carbonise les substances organiques adhérentes, et met les surfaces charboneuses à découvert. Le noir |ieut être révivifié de 20 à 25 fois, car la déperdition qu'il éjirouve est évaluée à 4 ou 5 pour OiO dans chaque révification.

CHARPIE, diflérence entre la charpie do coton et celle de chanvre, de lin. Yoy. Coton.

CHAUX. — La chaux libre ne se rencontre pas dans la nature, puisque cette base énergique , en présence de l'acide carbonique , s'y corabineiait rapidement.

Cette combinaison est elle-même très-répandue parmi les terrains de diverses formations; les carbonates de chaux différents par leur état de pureté, de cristallisation, ou par les substances étrangères qui les accompagnent, donnent lieu à de très-nombreuses exploitations.

Le carbonate de chaux blanc , en cristaux fortement agglomérés , doué d'une demitransparence sensible, constitue les marbres blancs, et cette variété remarquable, la plus homogène, désignée sous le nom de marbre statuaire , dont les carrières les plus abondantes se trouvent en Italie dans les montagnes de Carrare et de Serravezza. Une cristallisation à grains plus tins, moins résistants,

(I) On reml cette nianipulalion plus facile el plus économique do maiii-d'œuvre en plaçant les os dans un grand panier en tôle trouée, conceiiliique à la chaudière. Le liquide dépasse les bords de ce panier, qui ne nuit pas à l'enlevenienl ou écumage de la graisse. l.ors(|iie toute celte dernière est sortie des os, on retire d'un seul coup le résidu, ou les os épuisés, en élevant par une giue tournante le panier qu'on laisse égouUcr ; on le dépose sur le sol de l'atelier, on le renverse, puis on le recliarge pour une deuxième operalion.

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forioe l'albâtre calcaire, employé surtout \mdes sculptures d'orruMiuint. L'interposition eu couches varices do substauces minérales (liversoment colorées par des oxydes métalliiiues , quelquefois do uiati(''res bitumineuses , forme les iiouibrcux marbres veinés ou noirs que chacun connaît.

Eutin , les immenses dépôts des calcaires plus ou moins compactes ou grossiers donnent lieu aux exploitations des dilTérentes carrières qui fournissent les pierres employées par les artistes lithographes , les pierres do taille projires aux grandes constructions , les moellons destinés aux constructions ordinaires, la craie employée dans les fabriques de produits chimiques ( fabri- ([ues de soude, d'acide carbonique, d'eaux gazeuses , de bicarbonates , de glucose , de chaux, etc.), la partie minérale des coquilles, des corallines , des madrépores et les différentes marnes utiles à l'amendement des terres. Sous toutes ces formes , le carbonate de chaux sert à la fabrication de la chaux des diverses espèces.

Cette industrie , que nous allons décrire , utilise en efl'et les débris de marbie, d'albâtre , de quelques autres pierres calcaires denses et presque pures, la craie, etc., qui donnent la chaux grasse ; on y emploie divers calcaires mélangés d'argile , de sable , etc., qui fournissent la chaux hydraulique, les ciments et les chaux maigres pro- Ipres aux divers usages que nous énumérerons plus loin. Les eaux naturelles renferment presque toutes du carbonate de chaux, dissous par l'acide carbonique. Lorsque l'acide carbonique en excès abandonne cette solution, le carbonate de chaux se précipite; il forme alors des incrustations dans les conduits , ailleurs des stalactites ou stalagmites, et celles-ci constituent, lorsqu'elles sont assez volumineuses, des albâtres blancs ou nuancés, susceptibles d'être découpés en tables ou sculptés. Ce sont les eaux naturelles qui, empruntant aux sols cultivés le carbonate de chaux et d'autres sels calcaires, permettent aux plantes de puiser, dans des tissus spéciaux , cette partie de leur nourriture minérale dont elles décomposent une partie.

La chaux, unie k différents acides, constitue dans la nature plusieurs sels importants pour les arts et l'agriculture , notamment le sulfate de chaux, matière première de la fabrication du plâtre , le phosphate de chaux , dont le rôle est si important dans les deux règnes des êtres organisés, l'azotate de chaux • et les sels acides organiques (oxalate, tartrate, malale , etc. ) , combinaisons que la végétation a le pouvoir d'etfectuer.

La chaux pure est composée d'un équivalent de calcium (20) uni à un équivalent d'oxygène (8) ; son poids est donc représenté

Ear 28. Ce protoxyde de calcium est solide, lanc, cristallisable en hexaèdres ; son poids ^5pécitique est égal à 2,300; une température très-élevée ne l'altère pas; l'eau à la température ordinaire peut en dissoudre O.OOli de son poids , et moitié moins à chaud : aussi

Diction:», ue Chuue.

se précipite-t-e!lo (en petits hexaèdres) par l'ébullition. Elle a une saveur alcaline prononcée.

Exposée humide ou on solution au contact de l'air, la chaux absorbe un équivalent d'acide carbonique! (22) et forme du carbonate do chaux, combinaison (|ui peut même s'effectuer en présence de l'air, à une température voisine du rouge.

Fabrication de la chaux. — La fabrication de la chaux est fort simple. Lorsiju'il s'agit de préparer de la chaux grasse convenable pour les intiustries chimiques , on emploie le carbonate do chaux naturel le plus pur qu'on puisse se procurer ; les fragments ou déchets de marbre seraient préférables à tous les autres calcaires, mais on ne peut guère disposer de quantités suffisantes que dans quelques localités très-voisines des carrières; partout ailleurs on emploie divers calcaires compactes qui ne contiennent pas plus de 2 à 5 centièmes de matières étrangères; on se sert aussi de craie semblable à celle qu'on exploite à Meudon et à Sèvres, auprès de Paris.

Pour obtenir la chaux, il suffit de calciner la pierre à une température rapidement élevée au rouge blanc : à cette température le carbonate se décompose, la chaux (oxyde do calcium ) seule reste fixe , tandis que l'acide carbonique se dégage à l'état gazeux , et d'autant plus facilement qu'il peut ôlrc entraîné par la vapeur d'eau encore contenue dans l'intérieurde la pierie, lorsque lesparties superficielles commencent à se décomposer- 11 faut donc em|)loyer la pierre humide ou la mouiller si elle était sèche, et afin que , dans un même temps , toutes les pierres éprouvent les mêmes effets de la chaleur, il est bon qu'elles aient un volume à peu près égal et assez peu considérable pour qu'on puisse élever brusquement la température.

Caractères distinct ifs et applications des chaux grasses.

Les chaux grasses se distinguent non-seulement par leur composition, mais encore par leurs propriétés d'absorber l'eau rapidement en s'échautTant alors au deUi de 150", si l'on évite l'emploi d'un excès de liquide ; d'augmenter de volume au point que l'hydrate occupe jusqu'à 3 fois autant d'espace que la chaux anhydre, et de retenir tellement l'eau dans cet hydrate, que la température de 250 à 300" ne l'en puisse éliminer.

La plupart des applications nombreuses de la chaux sont relatives aux industries chimiques. On comprend qu'elles exigent , dans cet agent , la plus grande proportion possible de chaux libre. C'est encore en raison de la chaux pure que les chaux grasses agissent dans la préparation des mortiers ; mais ceux-ci utilisent, souvent mieux encore, la chaux mise en présence de la silice prête à s'y combiner, dans le produit même de la calcination. Ces applications spéciales seront indiquées plus loin en traitant des chaux hxjdrauliqucs et destmortiers.

La chaux doit être hydratée ( combinée

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avec l'eau ; pour agir convenablement dans ])resqiie toutes ses applications. Cet hydrate peut être ol)tenu pulvérulent, en ajoutant l'eau peu à peu , et en faible excès , k mesure que la combinaison s'elTectue , et de manière que tout l'excès d'eau S'it chassé par la chaleur que dégage la combinaison. L'iiydrate de chaux en pùte, tel qu'il convient aux mortiers, est obtenu de la même manière, mais en ajoutant plus d'eau, pour préparer une pâte fluide gui jjrond plus de consistance par l'extinction (hydratatii m) des dernières particules de cnaux. Euûn , l'hydrate de chaux liquide peut s'obtenir en ajoutant à l'hydrate en pâte assez d'eau pour délayer, au point convenable , la pSte calcaire. S'il s'agissait de préparer une petite quantité de cet hydrate liquide , il faudrait employer de l'eau chaude , bouillante même, alin de faciliier la combinaison en évitant le refroidissement de la petite masse, et d'obtenir rapidement l'hydrate excessivement divisé. Dans tous les cas, l'hydrate obtenu est une combinaison de 1 équivalent de chaux (28) , plus un équivalent d'eau (9) , combinaison pulvérulente plus ou moins délayée dans Feau.

La chaux sert à enlever l'acide carbonique aux carbonates de soude, de potasse et d'ammoniaque : on obtient ainsi les soudes et potasses caustiques, la potasse factic, la lessive caustique (solution de soude, à 36" de l'aréomètre de Bauméj, les lessives douces des savonneries, Valcali volatil (ammoniaque caustique). On emploie aussi la chaux pour précipiter la magnésie dans les salines, et obtenir un chlorure de calcium qu'on élimine par 1 équivalent de sulfate de soude. La ciiaux s'applique à la préparation des hypoclilorites décolorants et désinfectants, à V essai des sels ammoniacaux, à clarifier les solutions de carbonate de soude {■{ millième sullitj, à éliminer l'acide carbonique des eaux naturelles et à précipiter le carbonate calcaire que cet acide tenait en solution; elle entre dans la composition des mortiers , qui renferment , eu outre , du sable , ou de la p mzzolane, ou de l'argile calcinée. En parlant des mortiers nous verrons comment la chaux grasse peut entrer dans la composition des chaux hydrauliques artificielles. On l'applique parfois directement au blanchissage de la filasse, du chanvre ou du lin, des chiffons destinés aux papeteries. Elle seit à Vépuration du gazlight, à Vassainissement des fosses, puits, caves, contenant des gaz délétères (acides carbonique , sulfliydrique) ; à préparer Veau de chaux , réactif des laboiatoires ; à l'amendement des terres qui utilisent les chaux pulvérulentes impures, dites cendres des fours à chaux ; au chaulage des grains pour les préserver de certaines maladies (Ij. Chauli'ée en

(1) Notammenl de la carie des blés due à uue sorte de champignon microscopique. '1 kilogrammes de chaux éteinte en poudre suffisent pour chauler 1 hectolitre de grain que l'on a humecté quelques instants avant de le semer avec 20 litres d'eau, afin de faire adhérer la chaux. 100 grammes du sel marin ou

CHA

fragments, par un courant d'hydrogène 2 et d'oxygène 1 enflammés, elle devient rouge , ineanilescente , et produit une lumière des plus vives, employée pour éclairer le microscope à gaz.

La chaux sert encore : à former, avec des acid(!s végétaux, des sels qui , décomposés , donnent les acides acétique, citrique, tartriquc ; à épurer le camphre, déféquer le jus des betttraves , raffiner le sucre, épilcr les peaux, précipiter rindigo et le désoxyder, à l'aide du sulfate de protoxyde de fer; à conserver elpréparer les colles matières (débris de peaux, tendons, tissus organiques des os ) ; à conserver les cBufs (par l'eau de chaux), les fruits ( par l'hydrate pulvérulent); à confectionner la graisse noire , à rectifier 'l'alcool et l'obtenir anhydre, à préparer un lut albumineux , à faciliter les acides gras (et les bougies stéariques ) , à développer la matière colorante de iorseille (chaux 5, uriue 125 pour 100 d'orseille), traiter la lake-dye. Délayée en bouillie claire avec des argiles ocreuses et de l'eau , la chaux forme un badigeon avec lequel on peint les murailles, et qui durcit en absorbant l'acide carbonique de l'air.

Applications des chaux maigres. — Ces chaux contiennent 20 à 2G pour 100 de magnésie ; elles n'ont pas la propriété de fuser et d'augmenter beaucoup de volume avec l'eau ; en un mot , elles ne présentent avec ce liquide que les phénomènes relatifs aux proportions de chaux pure qu'elles recèlent, c'est-à-dire qu'elles dévelo|ipent moins de chaleur, augmentent moins de volume, et se délitent moins aisément.

Les chaux maigres peuvent servir h presque tous les usages des chaux grasses, mais elles ont , dans ces applications , une infériorité évidente.

CHAUX HYDRAULIQUES. — La théorie de la préparation et des effets des chaux hydrauliques naturelles et artihcielles doit être considérée comme l'une des plus belles et des plus utiles découvertes de notre siècle.

M. Vicat, principal auteur de cette découverte et de ses plus grandes applications dans l'art des constructions, a reçu une ré=compense nationale de notre gouvernement, et le grand prix de la société d'encouragement pour l'industrie nationale.

De tout temps on a pu préparer et employer avec succès des chaux hydrauliques dont les propriétés remarqualjles étaient signalées par plusieurs observateurs; mais il semblait que leur matière première lût rare et exceptionnelle. Grâce aux noiubreuses recherches de M. 'Vicat et aux analyses de divers ingénieurs, on rencontre dans presque toutes les localités les pierres à chaux hydrauliques; là où elles maucjuent on les compose en réunissant leurs éléments principaux contenus dans plusieurs dépôts naturels, et l'on fabrique de toutes pièces le produit appelé chaux hydraulique artiticielle.

100 grammes de sulfate de soude dissous dans l'eau reniienl l'adhérence plus grande et feffet plus assuré

3Cf; cu.v

Les cliaiix liydraiiliijiies se distingiimil lies chaux j;rassL'S par les caractères suivants : elles abs()rl)ent l'eau sans aui^meiiti'r li('auei)U|) lie volume et sans ilégaj^er une grande (luantiti' de chaleur; la substance ji;lteiise (ju'elles t'urnienl, recouverte d'eau, ac(|uiert graduelloQient inie solidité remarquable.

dette propriétiS (lui eK|iliquo l'utilité des chaux et mortiers hyijrauliiiiies, tient h la présence du silicate d'alununo et à l'état de division extrême de la silice dans la pierre h chaux. Cette division elle-même mettant, après la calcination et au moment où on l'hydrate, la chaux en contact avec la silice par un très-grand nombre de points , on comprend que la silice, dans ces circonstances, peut jouer son rôle d'acide, s'unir par degrés à la base (chaux) et former un silicate de chaux qui s'unit au silicate d'alumine et à une certaine proportion d'hvdrate de chaux.

La division de la silice a une influence tellement favorable dans cette a|)plication, qu'employée à l'état gélatineux avec la moitié de son poids de chaux grasse, elle forme un composé très-résistant , tandis qu'employée k proportions égales, mais à l'état sableux ou de cristal de roche pilé, le mélange ne peut acquérir, dans le même temps, aucune consistance notable.

11 résulte, d'ailleurs, des expériences de M. Bertljier que les chaux hydrauliques contenant, outre la silice, de la magnésie, peuvent acquérir une dureté plus grande que si elles n'avaient pu former qu'un simple silicate de chaux. 11 semble évident que l'alumine contribue à la solidification des chaux hjdrauliqueSjCar, en faisantcalcineren grand 4 parties de craie de Bourgogne avec 1 de kaolin de Limoges, on obtint une chaux très -hydraulique , contenant 13 de silice, 12 d'alumine, plus 75 de chaux. Les oxydes de fer et de manganèse n'ont jtas communiqué de propriétés hydrauliques à la chaux grasse.

C'est encore la silice divisée par l'argile interposée, dans certaines pouzzolanes, qui agit sur la chaux grasse, forme des silicates attirant l'excès de chaux hydratée, et consolide ainsi la masse. De là un moyen simple d'essai des [louzzolanes : les meilleures sont celles qui fixent les plus fortes proportions de chaux lorsque l'on fait filtrer de l'eau de chaux au travers de leur masse, après les avoir pulvérisées ou mises en grains.

Fabrication des chaux hydrauliques artificielles. — Au lieu de calciner les calcaires naturels renfermant de l'argile et du carbonate de chaux et donnant les chaux hydrauliques, on {leut obtenir ce produit artificiellement, soit au moyen du mélanges de chaux et de silice eu gelée, soit en calcinant ensemble de l'argile plastique et du carbonate de chaux.

Voici l'un des procédés les plus économiques qui a été indiqué par M. Vicat, et mis en pratique sur une grande échelle par

r.iiA

M. de Saint-Léger

„ . . on ajoute' à k volumes de craie de Meudon 1 volume d'argile (glaise (le Vaugirard); on rend le mélange très-parfait on délayant avec l'eau ces matières, dans une auge ciiculaiie, au moyen do deux moules verticales (pie font tourner deux chevaux. Dès ([un le tout est rais en bouillie homogène, on fait couler, en levant une vanne, dans un caniveau conduisant h des bassins en mayonnerio. Lorscjue le dépôt est devenu compacte, on décante l'eau claire qui jieut servir à un nouveau délayage. On façonne rapidement en briquettes la pAte consistante, à l'aide d'uni; sorte de lonchet on truelle à lame coudée. Ces briquettes, posées de chami) sur un sol battu, s'y dessèchent à l'air; lorsqu'elles sont desséchées on les empile, puis on procède à la cuisson ou calcination.

Calcination des diverses pierres à chaux hydrauliques. — Cette opération se fait dans des fours semblables à ceux où l'on traite les pierres à chaux grasses. Seulement il importe de ménager davantage la calcination, car si l'on dépassait beaucoup la tem- ]iérature indispensable au dégagement de l'acide carbonique, la chaleur réagirait sur la silice et l'alumine, au point de former des silicates demi-fondus analogues aux matières vitreuses.

Préparation des ciments hydrauliques. — Les ciments hydrauliques (dits ciment romain, plâtres-ciments] se préparent en Angleterre et en France avec le même calcaire argileux, compacte, à grains fins, dur, pesant de 2,2 à 2,59, dont les énormes bancs ont été en partie disloqués , et dont les fragments, roulés par les eaux de la mer, ont pris, dans [tlusieurs parages, les formes arrondies des galets. Un calcaire très-convenable pour la préparation du ciment hydraulique a été découvert près de Pouilly, par M. Lacordaire. Un calcaire analogue s'applique maintenant aux mêmes usages en Russie.

Ces ciments, après avoir éprouvé le degré de calcination convenable, doivent être réduits en poudre, passés au tamis et conservés en barils bien clos. Ils se distinguent des chaux hydrauliques, et à plus forte raison des chaux grasses, non-seulement par la grande proportion d'argile qu'ils renferment, mais aussi par leurs propriétés sjiéciales, notamment celles d'absorber l'eau sans presque s'échaua'er ni augmenter do volume, de se gâcher ainsi comme du plâtre, de faire alors une prise solide, et de former des masses plus ou moins considérables qu'on peut immerger dans l'eau. C'est ce qui explique la forme pulvérulente qu'on leur donne pour faciliter leurs importantes applications dans les grandes constructions hydrauliques.

Pouzzolanes. — On désigne ainsi des argiles des environs de Pouz/.oles, poreuses, l)artbis sous forme d'arènes, qui ont subi, dans les phénomènes volcaniques, une certaine calcination. Les pouzzolanes sont trèspropres à donner, avec les chaux grasses, des mortiers hydrauliques. On jieut obtenir

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artiticielleniont des pouzzolanes de bonne qualité, avec des argiles plastiques contenant lie la chaux (environ 2 centièmes); leur calcination doit d'ailleurs être convenablement mén.igée.

Calcinées dans des fours à courant d'air où la température est plus uniforme, les pouzzolanes artificielles semblent d'autant nieilleuies qu'elles présentent la silice et l'alumine divisées et simplement déshydratées au jioint convenable pour mieux réagir sur l'hydrate de chaux et former surtout le silicate de chaux dont les particules se soudent et fixent autour d'elles une certaine proportion de chaux hydratée.

Mortiers et hélons. — Les mortiers de chaux grasse et sable (non hydrauliques) se préparent en éteignant la chaux dans une cavilé formée au milieu d'un tas de sable ; on ajoute l'eau peu à peu, mais sans longue interruption , jusqu'à ce que l'hydratation soit complète et donne une bouillie molle représentant près de 4 fois le volume de la chaux employée ; on mélange alors cette pâte avec du sable humide qui, s'il est fin et exempt de terre, doit représenter 3 fois le volume de la chaux, et avec un égal volume de sable gros. Le mortier ainsi obtenu peut s'employer directement pour cimenter les moellons ou les pierres siliceuses. Si l'on veut en composer une assise sous une fondation, on y ajoute 'i fois son volume de cailloux gros qui, s'appuyant les uns sur les autres en môme temps que leurs interstices se trouvent remplis de mortier sableux, constituent une masse solide appelée béton.

Les mortiers et bétons de chaux grasse acquièrent lentement une dureté très-grande lorsqu'ils restent humides, comme cela a lieu dans les fondations, les caves et les murs jusqu'à [un mètre au-dessus du sol ; dans ces circonstances la chaux absorbe par degrés l'acide carbonique ambiant, et forme un carbonate de plus en plus compacte : c'est une sorte de pierre calcaire régénérée.

Si ces mortiers étaient au milieu de l'air sec ils pourraient devenir pulvérulents ou se désagr(''ger; enfin, s'ils étaient en présence d'un excès d'eau, la chaux se dissoudrait et le mortier serait désagrégé. Pour résister dans ce dernier cas, les mortiers doivent être confectionnés à la chaux hydraulique.

Mortiers hydrauliques. — Les bonnes pouzzolanes donnent, avec la chaux grasse, des mortiers dans lesquels se constituent des silicates capables de résister à l'eau. Au bout d'un temps quelquefois assez court on obtient des etlets analogues en mélangeant, avec la bouillie toute récente de chaux grasse, des tessons de vases de grès pulvérisés. Cette sorte de mortier, fortement comprimé dans les joints des moellons ou briques, et lissé avec la truelle en fer, prend une dureté remarquable.

Applications des matériaux hydrauliques.

— Lorsque l'on construit des ouvrages que l'eau doit promptement submerger; les mortiers bydrauliiiues sont bien préférables aux

mortiers de chaux grasse. On les confectionne en mélangeant à la chaux hydraulique éteinte, en pâte, des sables siliceux.

S'il s'agit de fonder, au milieu de l'eau môme, des constructions solides , on doit préférer le ciment hydraulique qui, gâché comme du plâtre, peut cimenter des bri(^ues et divers matériaux durs, et faire sous 1 eau une prise solide, assez prompte pour résister immédiatement à l'action de l'eau. Il est utile de réunir ces conditions lorsqu'il s'agit de réparer et de construire des canaux dans l'eau, ou d'établir des galeries au tra-vers du lit de vastes rivières, comme le hardi tunnel exécuté sous la Tamise, grâce à la direction habile de Brunel, ingénieur français.

On peut même former par la réunion de matériaux durs et de ciment hydraulique dans des encaissements (sorte de grands moules), d'énormes blocs capables de constituer les bases de jetées solides dans les eaux mêmes de la mer, comme on l'a fait pour agrandir la rade d'Alger.

De pareils ouvrages, accomplis facilement de nos jours, eussent été impraticables autrefois, même pour les Romains, qui ne connaissaient ni la théorie ni la fabrication de ces remarquables ciments plastiques, auxquels on a donné la dénomination évidemment impropre de ciment romain.

. CHAUX FLUATÉE. Fo(/. Fluorine.

CHAUX SULFATÉE, Foj/. Gypse.

CHA YA VER. — Nom malabare , qui veut dire racine propre à fixer les couleurs. C'est la racine d'une plante , Voldenlandia umbellata , qui appartient à la même famille que la garance. Cette plante, qui croît naturellement dans plusieurs contrées de l'Inde , et qu'on cultive surtout à la côte de Coromandel, est pour les Indiens ce que la garance est pour nous, c'est-à-dire la substance tinctoriale rouge par excellence. C'est avec sa racine qu'ils font les beaux rouges dits des Indes , et toutes les autres couleurs semblables à celles qu'on produit en Europe avec la garance.

Les propriétés tinctoriales du chayaver sont dues, d'après M. Robiquet, à l'alizarine, dont il contient trois fois moins que la racine précédente. M. Gonfreville fils , de Déville, près Rouen, a rapporté, en 1830, les procédés des Inoiens pour la teinture au moyen du chajaver ; et c'est lui qui nous a appris que le rouge brun de Paliacate, général l'ment employé pour les pagnes et les cliites ou toiles peintes , le rouge enfumé de Madras pour les mouchoirs , le rouge vif de Maduré pour les turbans , le violet de Nerj)ely , le noir d'Oulgaret , sont obtenus avec celte racine.

Le chayaver diffère complètement, par son apparence extérieure , de l'alizari ; il n'est pas coloré en rouge et est beaucoup plus fin. Ce qui le caractérise essentiellement , c'est qu'il donne de très-belles couleurs au coton seulement, sur des apprêts d'huile, sans engallage , ni alun, ni sel d'étain; que la teinture peut avoir lieu à froid, et que de simples lavages à leau suffisent pour l'avi-

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vage. Les alcalis faibles sont nécessaires pour dtWi"lo|ipor la couleur ronso de celle racine ([ui rculcnue une proportion notable lie sulfate acide de cliau\ ; aussi les Indiens lonl usa^'c d'ea\ix naturelles très-calcaires (pii neutralisent cette acidité prononcée du cliayaver.

CHKNKVIS. ]'oij. Huiles et Coups giias.

(IHK^V. Wiy. (loiLEtnS VÉGÉTALES, § I.

CHIMIE. — La chimie est la science qui a pour but de rechercher les éléments des corps de la nature, puis avec ces éléments de former des cor[)S com|)osés, en étudiant les lois des phénomènes qui se passent dans la réunion de ces éléments, ou 'dans leur désunion. Ainsi la chimie n'est pas simplement une science de description ; elle s'occupe non-seulement de décrire les propriétés a{)parenles et extérieures des corps , comme on le fait dans l'histoire naturelle, mais aussi de constater les phénomènes qui se passent dans leur composition ou décomposition ; et comme ces actions ont lieu, non entre les masses et à distance, mais à des distances inappréciables et entre les dernières molécules de la matière , on voit tout de suite l'iiuportance de cette science. Si, comme la |)h\ sique, elle n'a pas àconstater degrandes lois, son rôle parmi les sciences n'est pas moins beau, car elle a sur celle-ci l'avantage de faire naîtie une foule d'applications importantes et utiles à l'humanité. ;

On n'est pas d'accord sur la véritable étymologie du nom de chimie. Ceux qui attribuent l'invention de cette science aux Egyptiens font dériver ce nom do chemin ou chamia (pays de Cham) : c'est ainsi qu'on appelait anciennement l'Egypte. D'auties font, avec plus de raison, venir le mot chimie de XS£(v, xsûsiv, couler, faire fondre. Ce qu'il y a de certain, c'est que les noms de chimie ou de chymie {àpyttva x"f"='«) instruments chimiques) ne se rencontrent pour la première fois que chez les auteurs du quatrième et du cinquième siècle.

Ce fut au jardin des Plantes, à Paris, que fut fondée, en 1C06, la première chaire de chimie.

CHIMIE ORGANIQUE.— Nous ne pouvons mieux faire que de laisser parler sur ce sujet un des chimistes les plus éminents du xix° siècle, M. Berzélius.

« Dans la nature organique les éléments paraissent obéir à des lois tout autres que dans la nature inorganique ; les produits qui résultent de l'action réciproque de ces éléments diffèrent donc de ceux que nous présente la nature inorganique. En découvrant la cause de cette ditlérence, on aurait la clef de la théorie de la chimie organique. Mais cette théorie est tellement cachée, que nous n'avons aucun espoir de la découvrir, du moins quant h présent. Néanmoins nous devons faire des elîorts pour nous rapprocher de cette connaissance ; car nous finirons par y arriver , ou bien par être arrêté à une limite que nos investigations ne sauraient dépasser.

, « Un corps vivant , considéré comme un objet des recherches chimiques , est un la-

boratoire' dans lequel s'accomplissent une foule d'opérations chimiques, dont le résul lat déllnitif est, (riinc part, de produire tous les phénomènes dont l'ensemble coiistituo ce (|ui> nous appelons la rie; de l'autre part, tl'enlreteiiir ce laliftraloire do manière h ce qu'il se développe (l('|iuis un atomejusqu'au dernier jmint de perfection ; a])rès quoi il conniienceh décliner. Les opi'ralions se ralentissent alors de plus en plus et finissent ])ar cesser entièrement, et dès ce moment les éh'ments du (^orps, d'abord vivant, commencent à obéir aux lois de la nature inurganiijue. Il en est de même de t(mt corps vivant. L'espace de temps ])cndant lequel durent ces phénomènes de développement et de déclin varie beaucoup ; mais la vie , une fois commencée, parcourt ces deux périodes, puis cesse. Dans l'ignorance ou nous sommes des lois qui régissent la nature organique, il n'y a rien de contradictoire dans l'idée qu'un corps organique développé d-ins toute sa perfection, .pourrait continuer K être sans cesse affecté de la même manière, ]iar les mêmes matières et par les mêmes forces, et que, par conséquent, le période de sa décadence ne devrait pas nécessairement succéder à celui de son développement ; mais si nous tournons nos regards sur les groupes innombrables des différents êtres du monde vivant, nous voyons que l'expérience prouve absolument le contraire, et nous pouvons conclure de là que si nous connaissions parfaitement les lois qui régissent l'existence des êtres organisés, nous reconnaîtrions que r&xistence, sans altération, d'un corps organique , sous l'influence prolongée de circonstances égales d'ailleurs, est une impossibilité physique, dont la cause dépend justement de ces lois.

« Tout corps organique diffère, par conséquent, d'un corps inorganique, en ce que le premier a un commencement ostensible , suivi de son développement, de sa décadence et de sa destruction ; tandis que le corps inorganique existait avant nous, et continue à exister de telle manière, qu'à moins de subir une décomposition chimique, il subsistera toujours.

« A la vérité, les éléments de la nature organique sont aussi indestructibles ; mais l'existence proprement dite des corps organiques est détruite sans retour. L'individu qui meurt, et qui rend ses éléments à la nature inorganique, ne revient jamais. Il s'ensuit de là que l'essence du corps vivant n'est pas fondée dans les éléments inoi'ganiques, mais dans quelque autre principe, qui dispose les éléments inorganiques communs à tous les corps vivants, à coopérer à la production d'un résultat particulier déterminé et différent pour chaque espèce. '

« Ce principe , que nous désignons par le nom de force vitale ou assimilatrice, n'est pas inhérent aux éléments inorganiques, et ne constitue pas une de leurs propriétés originaires, telles que la pesanteur, l'impénétrabilité, la polarité électrique, etc.; r'vais nous ne pouvons concevoir en quoi il consiste,

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comment il prend naissance, comment il finit. Nous pouvons ilonc prévoir que si le globe terrestre existait avec ses éléments inorganii[ups, sans la nature vivante, mais du reste dans les raômes circonstances, il continuerait à restersans êtres organisés. Une force incompréhensible, étrangère à la nature morte, a introduit ce principe dans la masse inorganique ; et cela s'est fait, non comme un elfet du hasard, mais avec une variété admirable, avec une sagesse extrême, avec le but de produire des résultats déterminés et une succession non interrompue d'individus périssables, qui naissent les uns des antres , et parmi lesquels l'organisation détruite des uns sert à l'entretien des autres. Tout ce qui tient à la nature organique annonce un but sage, et se distingue comme production d'un entendement supérieur; et l'homme, en comparant les calculs qu'il fait, pour atteindre un certain but, avec ceux qu'il trouve dans la composition de la nature orgaiiique, a été conduit à regarder sa puissance de penser et de calculer cnmme une image de cet être à qui il doit son existence. Cependant plus d'une fois une philosophie bornée a prétendu être profonde, en admettiuit que tout était l'œuvre du hasard, et que les produits pouvaient seuls se perpétu.""r , qui avaient accidentellement acquis le pouvoir de se conserver et de se propager. Mais cette philosophie n'a pas compris que ce qu'elle

duits des corps vivants, jusqu'à ce que leurs éléments se trouvent combinés absolument de la même manière que dans la nature inorganique.

« La composition des corps organiques diffère de celle des corps inorganiques sous les rapports suivants :

« I. Tous les corps de la nature inorganique, que l'on considère comme simples, ne peuvent pas sfTvir d'éléments à la com| osition des corps organiques, et on n'en trouve qu'un petit nombre dans la nature vivante. Ces corps sont nrincii)alement l'oxygène , l'hydrogène, le carbone et le nitrogène; mais quelquefois des substances organiques contiennent de petites portions de soufre , de phosphore, de chlore, de fluor, de fer, de potassium, de sodium, de calcium et de magnésium. La masse principale est toujours composée des quatre premiers.

'( II. Les atomes composés du premier ordre sont généralement formés de plus de deux éléments. La nature végétale est principalement composée de trois éléments, savoir de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, auxquels se joint, «ians la nature animale, un quatrième corps, le nitrogène. Cependant il y a plusieurs matières végétales qui renferment du nitrogène et plusieurs matières animales qui n'en contiennent point. Mais quand le nitrogène entre dans la comjiosition des matières vég'^tales, sa quan-

désigne, dans la nature morte, sous le nom tité est généralement petite, comparée à

de hasard, est une chose physiquement impossible. Tous les effets naissent de causes ou sont jiroduits par des forces ; ces dernières ( semlilabh's aux désirs) tendent à se mettre en activité et à se satisfaire, pour arriver à un état de reiios qui ne saurait être troublé, et qui ne peut être sujet à quelque chose qui réponde à notre idée du hasard. Nous ne voyons pas comment cette tendance de la matière inorgani(|ue , à parvenir dans un état de repos et d'indifférence, par le désir de se saturer que |)Ossèdent les forces réciproques, sert à les maintenir dans une activité continuelle ; mais nous voyons cette régularité calculée dans le mouvement des mondes; nos recherches nous conduisent tous les jours K de nouvelles connaissances sur la construction admirable des corps organiques, et il sera toujours plus honorable pour nous d'admirer ia sagesse que nous ne pouvons suivre, que de vouloir nous élever, avec une arrogance philosophique, et par des raisonnements chétifs, à une connaissance supposée de choses qui seront |irobablement à jamais hors de la nortée de notre entendement.

«J'ai dit plus haut qu'un cor[)S vivant, considéré sous le point de vue chimique, est un laboratoire oii des opérations chimiques s'exécutent ))ar le moyen d'instruments propres à la production de la substance organique qui doit |)rendre naissance ; ces instruments reçoivent le nom tV organes, et c'est de là que vient le nom de nature organique, qu'on a donné à la nature vivante, et que nous étendons aux résidus et aux pro-

celles qui entrent dans les substances animales; et le nombre des substances animales qui ne renferment point de nitrogène, est très-limité. L'oxygène étant dans la nature organique un des éléments essentiels, les produits organiques peuvent être considérés comme des oxydes de radicaux composés. Ces radicaux ne sauraient exister sans être combinés avec l'oxygène, du moins nous n'en connaissons aucun, et ils sont tout à fait hypothétiques ; sans quoi, ce que nous appelons aujourd'hui atomes composés du premier ordre, seraient proprement des atomes du second ordre , et leurs radicaux hypothétiques formeraient les véritables atonies du premier ordre. Quand plusieurs combinaisons contiennent du carbone et de l'hydrogène dans le même rapport relatif, en sorte que le radical peut être regardé comme identique , les différentes combinai sons ne présentent pas des séries de multiples d'oxygène, connue cela arrive ordinairement piiurles radicaux simples. La composition des acides formique , succiniciue, gallique et citrique, fournit la meilleure preuve à l'appui de cette observation.

« IIL Les trois ou quatre éléments sont unis de telle manière qu'aucun d'eux n'entre ou n'a pas besoin d'outrer pour un atome dans le composé, mais que plusieurs atomes d'un élément se combinent avec plusieurs atomes d'un autre élément pour donner naissance à un seul atome composé. Si, par cxemjjle, dans la nature inoi-gamque l'acide suif II i(}ue est composé li'un, atome de Sfiufre et de trois «tomes d'oxygène , nous trou-

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vnns dans la nalure organique quo, par exfiniilo, l'adile lartriqup est compusù du 4 atomes (io rarboiio, V alonios il'IijdrOtjf'ue et 5 atomes d'oxygène. 11 s'ensuit (juo les atomes comiiosés du premier ordre dans la nature organique doivent avoir un volume plus Kraud i]ue dans la nature inorganique, et qu ils ont, par conséquent , dans leurs coniliinaisons avec d'autres cor|)S oxydés, une ca(ineité de saturation beaucoup plus i(iil)le, c"est-h-dirc quils y entrent pour un poids [)lus grand , ce qui se trouve contirmô par l'expérience.

« Mais ces rap|iorts de composition peuvent éprouver quelques modilications. De môme que les éléments de la nature inorganitpie imitent, dans quelques cas rares, le moile de combinaison de la nature organique, eu ce (pie, par exemple, 2 atomes d'un élément so combini^nt avec 3 ou 5 d'un autre élément, pour donner naissance à un atome conqiosé tlu [iremier ordie; de môme il arrive, dans la nature organiijue, (ju'un atome composé du premier ordre se comjiose seulement de deux éléments ; ainsi Théodore de Saussure et Houtou-Labilladière ont trouvé que plusieurs huiles volatiles du règne végétal ne contiennent point d'oxygène, et sont conq)osées uniquement de carbone et d'hydrogène. Mais ils ne sont pas tbrmés, comme les jiroduits inorganiques, d'un atome d'un élément , et d'un ou de plusieurs atomes de l'autre élément, mais bien de plusieurs atonies de chaque élément , en sorte que par l'analyse on n'y retrouve aucun rapport simple.

« Beaucoup de chimistes envisagent la composition oiganique d'une manière différente de celle qui vient d'être exposée. Ils considèrent les atomes ternaires et quaternaires du premier ordre comme des atomes du deuxième et du troisième ordie.et non comme des oxydes d'un radical composé; ils [lartagent l'un des éléments entre les deux autres, d'où résulte, soit deux combinaisons oxydées, ou une combinaison de carbure d'hydrogène avec de l'eau, ou avec un degré d'oxydation hypothétique de l'hydrogène, soit supérieur, soit inférieur; ou une combinaison de carbure d'hydrogène avec des oxydes de carbone ; et dans les composés niirogénés des combinaisons de l'ammoniaque ou d'un oxyde de nitrogène , avec du carbure d'hydrogène, du carbure de nitrogène, etc. Nos connaissances dans ce champ ne sont pas encore assez mûres pour que nous puissions dire avec certitude jusqu'à quel point cette manière de voir est admissible ou non. Il n'existe qu'un petit nombre de corps organiques composés de manière à ce qu'on puisse les regarder comme le résultat de la combinaison d'atomes binaires du premier ordre, comme, par exemple, l'alcool et l'éther, qu'on peut regarder comme composés d'eau et de gaz oléliant en proportions différentes. Dans la plupart des corps organiques, les combinaisons binaires dont on les suppose composés, sont inconnues jusqu'à présent;

on outre, on peut pour chaque corps en admettre plusieurs ditférentes, (juo chacun cliuisit à Sun gré, et une manière aussi arbitraire d'envisager les combinaisons doit contluire à des vues confuses et compliquées. Môme pour les corps qu'on peut se re[)résonter comme composés d(^ combinaisons binaires déjà connues, il est impossible, h peu tl'exceiitious près, do produire des décomjiositions mutuelles ou des séparations d'un des composés binaires, comme cela arrive constamnuMil pour lis combinaisons inorganiques du môme genre. Ainsi on peut se représenter l'urée comme composée d'acide cyaneux, d'ainmonia(]ue et d'eau ; mais on n'y retrouve aucune des propriétés d'un sel ammoniaque, et l'urée ne peut pas être décomposée en acide cyaneux, en ammoniaque et en eau, et ne préciiiite aucun des sels ' métalliques qui sont ordinairement préci- )nlés par les cyanites. La cause de cette différence doit tenir à ce que dans l'urée les éléments se trouvent unis d'une autre manière que dans un sel ammoniaque, d'où il résulte que l'urée ne peut être regardée comme un semblable sel.

«Par les exemples cités, on voit que la nature organique peut donner naissance h un nomb: e incalculable de combinaisons , et c'est précisément de cetie manière que la nature produit les moilifications illimitées de corps qui sont composés des mêmes éléments en proportions si varialiles', qu'au premier aperçu on [lourrait être conduit à la supposition qu'il n'y a point de proportions définies dans la nature organique.

Mais elles n'en existent pas moins, et il suffit que nous dirigions notre attention sur les rapports dans lesquels ces atomes organiques composés du premier ordre se combinent avec des atomes composés inorganiques du premier ordre , pour trouver que, tant que nos recherches nous permettent d'en juger, ils suivent les mêmes lois que les atomes inorganiques, c'est-à-dire que Voxygène de l'un [ordinairement de Voxijde organique) est un multiple par un nombre entier de l'oxygène de l'autre (1); ou que, quand des acides organiques contiennent cinq atomes d'oxygène, l'oxygène de ces derniers est à celui de l'oxyde inorganique dans le même rapport que celui que j'ai dit exister pour les atomes inorganiques à cinq atomes d'oxygène. Par ce moyen, il a été possible de calculer dans les corps organiques les atomes simples dont ils sont composés, ainsi que je le ferai voir plus bas.

« Mais, outre ces différences dans la manière d'après laquelle les éléments se com- • binent dans la nature organique, il en existe une autre, non moins remarquable dans la nature chimique même et dans les propriétés de ces éléments, tant qu'ils sont soumis à l'inlluence de la nature vivante, ou main-

(1) Celte règle souffre quelques exceptions apparentes dans les liases saliliables organiques, qui disparailront prol)al)lement, lorsqu'on (ounaitra mieux la conslilution chimique intérieure de ces bases.

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tonus dans les combinaisons que la vie or- .tîiuiique leur a fait coutracler. Ainsi, dans Ja nature inorganique, le soulre est toujours un corps fortement électro-négatif, dans quelque combinaison qu'il entre, tandis que le carbone n'est que très-faiblement électro-négatif, et se trouve chassé, par la plupart des autres corps, de toutes les combinaisons dans lesquelles il joue le rôle d'élément électronégatif. L'hydrogène est dans le môme cas, mais à un jilus haut degré. Nous admettons que ces propriétés dépendent de l'état électrique primitif ( polarité électrique ) de ces corps, et nous présumons que cet état est la cause de leur action réciproque et de leurs aftinités. Au contraire, dans la nalure organique, des corps composés des mômes élémenls jouissent de propriétés chimiques si dillérentes que, considérés sous le môme point de vue, il est im|)0ssible de les regarder coaune formés des mômes éléments. Par exemple, le sucre, la gomme, etc., sont composés d'oxygène uni aucarlione et à l'hydrogène; aucun de ces corps n'a des propriétés acides ou basiques, ou du moins ils les i)0ssèdent à un si faible degré que ces jiropiiétés ne se développent que dans des circonstances particulières. Les acides acétique, succinique, citri(|ue, formique , etc., sont également composés d'oxygène combiné avec du carbone et de l'hydrogène; mais ces corps sont des acides puissants , tels que ceux qui seraient formés, dins la nature inorganique, de radicaux dont les propriétés électro-négatives seraient extrêmement prononcées ; malgré cela, l'acide acétique et l'acide succinique contiennent moins d'oxygène que la gomme et le sucre, tandis que l'acide citrique et l'acide formique en contiennent quelques centièmes de plus. L'acide oxalique est, sous ce rapport, un exemple remarquable. 11 n'est composé que de carbone et d'oxygène, et le carbone y est combiné avec 1 fois ^ autant d'oxygène que dans l'oxyde carbonique, et seulement avec f tle la quantité qui entre dans la composition de l'acide carbonique, dont les propriétés acides sont si fadjles; en considérant ces trois composés comme les divers degrés d'oxydation du carboue, on arrive à la série suivante :

Oxyde carbonique C-|-0.

Acide oxalique 2 C-l-30.

Acide carbonique C-l-20.

« Ainsi, dans ce cas, le degré d'oxydation supérieur, composé d'un atome d'un élément et de deux atomes de l'autre, est, contrairement aux rapports ordinaires, un acide faible ; tandis (ju'un degré inférieur, composé de plus d'un atome d'un élément et de plusieurs atomes de l'autre, est un acide trèsfort. 11 est donc évident que l'acide oxalique, cpii est un des acides les plus puissants, a un radical beaucoup plus électro-négatif que l'acide carbonique. Mais le premier de ces acides est produit inuuédiatemcnt par un corps vivant, où il est un des résultats de la destruction des corps organiques arrivée à un certain point, et par là son radical a ac-

quis des propriétés électro-chimiques toutes dilférentes de celles qu'il peut conserver, après avoir repassé de cet état à l'espèce de combinaison qui constitue la nature inorganique.

« Les oxydes des radicaux composés prennent donc, dans les organes des corps vivants qui les produisent , un état électrocliimique particulier, qui ne dô[>end pas seulement de la nalure de l'élément inorganique employé, mais principalement de la structure propre à l'organe vivant, et, en partant de ce point de vue, il paraît tout naturel d'admettre que la nature organique peut contenir deux corps qui, quoique formés des mômes éléments et en mêmes poids relatifs, jouissent de propriétés dillérentes.

« Il ne nous est pas donné de rechercher ni même de conjecturer comment agit l'organe. Depuis que nous croyons avoir trouvé que l'état électrique des corps, et en général les électricités, sont le priinum movens de toute activité chimique, «nous pouvons former cette conjecture assez vraisembbble, que les organes des corps vivants possèdent le pouvoir de détermuier, d'une manière particulière, la polarité électrique des corps qu'ils produisent ; mais c'est là tout ce que nous pouvons dire à ce sujet, si nous ne voulons nous perdre dans de vaines spéculations.

« Plusieurs corps organiques diffèrent tellement de la nature |)rimitive des éléments inorganiques, par l'état électro-chimique dans lequel ils se trouvent, qu'ils ne peuvent exister que sous l'influence de la force qui a développé cet état électrique , et qui les a enfermés dans le lieu du corps vivant qui est destiné à les recevoir ; par la plus faible influence étrangère ils commencent à subir une altération. D'autres ont plus de stabilité, et quelques-uns se conservent, sous forme sèche, jiendant des milliers d'années; mais tous ont cela de commun, que quand ils sont exposés aux agents chimiques qui réagissent sur la surface de la terre (la chaleur, l'air et l'eau), ils retournent graduellement d'un état électro-chimique à l'autre, et forment des produits de plus en plus stables, jusqu'à ce qu'ils se résolvent enfin en combinaisons binaires de leurs éléments, c'est-à-dire jusqu'à ce que les éléments soient enfin du domaine de la nature inorganique. C'est donc par suite de la tendance qu'ont les éléments inorganiques, de reprendre leurs propriétés électro-chimiques primitives, que les produits chimiques de la nature vivante sont détruits peu à peu. Les réactions chimiques qui s'opèrent dans ce cas, et qui font graduellement passer les éléments, )iar la destruction d'une combinaison, dans une autre, qui à son tour se trouve résoute en une nouvelle combinaison, reçoivent les noms de fermentation et de putréfaction, et donnent naissance à un grand nouibre de produits lemarquables, et à des phénomènes que je décrirai plus tard.

« 11 n'est pas donné à l'art de combiner les éléments inorganiques à la manière da

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lann(nn> vivniilo; dans nos oxpi'ripnops nous no iiriKliiisoiis (|U0 dos comljinaisoiis hiiiaires. Il i\st nuMne buaiiroui) d(\ iu,ilii>rcs (iius les corps vivants ne peuvent pas pniduiro avec des corps purement iiioi'ganiciues , et pour la formation desipielles ils ont hcsoin de produits d'autres corps vivants (pii leur servent de matériaux. Ainsi la nature véj^étale d'une aimée est entretenue par les résidus des années précédentes ; les herbivores ont besoin d(^ i)lantes , les carnivores d'autres animaux pour leur nourriture, c'est-i\dire comme matériaux à l'entretien des actions chimiques qui s'opèrent dans chaque indi>i'lu.

« En ayant recours à l'inlluence des réactifs chimiques sur les produits organiques, le chimiste parvient à donner naissance à un petit nombre d'autres matières analogues aux produits organiques; mais en même temps, les éléments des corps soumis à cette action se trouvent rapprochés de quelques pas de leur sé[)aration llnale en combinaisons binaires. Ainsi nous obtenons de l'acide raalique et de l'acide oxalique en traitant un grand nombre de corps par l'acide nitrique ; du vinaigre et des huiles empyreumatiques, par la distillation à feu nu ; mais on n'a jamais réussi à produire , à l'aide d'éléments inorganiques, de l'acide oxalique, ou de l'acide malique, ou de l'acide acétique, et on n'a ])as été plus heureux en ayant recours, pour leur donner naissance, à des combinaisons binaires, qu'en essayant de combiner les éléments isolés. Les conditions nécessaires à la production d'un oxyde à radical composé, qui lui donnent un caractère électro-chimique déterminé, et bien ditiérent de celui qu'il devrait avoir d'après ses éléments, sont donc aussi inconnues que le mode d'action des organes vivants.

« Nous pouvons néanmoins produire avec des matières inorganiques un petit nombre de substances dans lesquelles les éléments sont unis de la même manière que dans la nature organique ; mais ces substances sont justement placées sur la limite extrême entre la composition organique et celle inorganique. Ce sont : 1° une matière astringente, que l'on obtient en traitant par l'acide nitrique le charbon de bois pulvérisé, et qui, d'après son inventeur, a reçu le nom de tannin artificiel de Hatchet, parce qu'elle précipite la solution de colle ; mais celte matière n'a de commun avec le tannin ordinaire que la saveur et cette jiropriété de précipiter la gélatine ; 2° quand on dissout la fonte dans l'eau régale ou dans l'acide nitrique, qu'on précipite l'oxyde ferrique parrammonia(pie, et qu'on fait bouillir le précipité avec de l'eau, celle-ci se colore en jaune, et laisse, après l'évaporation, une matière qui ressemble à celle qu'on obtient quand on fait bouillir le terreau, et qui est le dernier produit des différents modes de combinaison organique que parcourent les substances animales et végétales avant de se résoudre entièrement en combinaisons binaires. Une

volatil blanc, ipii ressendjle au suif et cpii ,i été découvert par Bérar.l. Ce corps a une

portion de cette matière peu soluble reste sous forme d'une poudre noir(?, sans se dissoudre dans l'acide, (ît colore en jaune l'eau avec hupielle ou la fait bouillir, et en noir la potasse (■austi(pn'; .î' si l'on fait passer et rejiasser des vapeurs aqueuses sur du charbon en jioudri^ chauir('' au rouge, ou si l'on duMgc h travers un tujjcde porcelaine chauffé au rouge naissant, un mélange de 10 | arties de gaz carbure dihydrique , 20 part es do gaz carbure télrahydrique et 1 jiarlie de gaz acide carbonique, il se forme un corps

a rps a une odeur empyreurnatique particulière , une texture cristalline , et exige, pour s'endammer et pour briMer, même dans le gaz oxygène, une température beaucoup plus élevée que celle ;i iKjuelle il se volatilise; 'i-' ainsi que je l'ai déjà dit plus haut, on obiient de l'urée ((uand on fait évaporer une combinaison d'acide cyaneux , d'ammoniaque et d'eau.

« Quand môme nous parviendrions avec le temps îi produire avec des corps inorganiques plusieurs substances d'une composi tion analogue à celle des produits organiques, cette imitation incomplète est trop restreinte pour que nous puissions espérer de produire des corps organiques, comme nous réussissons , dans la plupart des cas, à confirmer l'analyse des corps inorganiques, en faisant leur synthèse.

« Ainsi, les observations auxquelles nous sommes conduits par nos recherches dans cette partie mystérieuse de la chimie, ne peuvent être exactes qu'autant qu'elles se rapportent aux changements chimiques que les corps vivants opèrent dans les milieux, c'est-à-dire dans les agents chimiques qui les entourent ; les mêmes recherches peuvent nous apprendre à connaître les phénomènes qui accompagnent les fonctions vitales, à suivre celles-ci autant que possible, à isoler les produits organiques, à étudier leurs propriétés et à déterminer leur composition. Mais tout cela est fort difficile; la chimie s'élève ici à une puissance plus élevée, s'il m'est permis de me servir de celle expression mathématique, et même l'œil le plus perçant est exposé à des erreurs continuelles, tandis que la découverte de la vérité dépend souvent autant du hasard que d'une méditation profonde. »

CHIMIE ANIMALE. — On a beaucoup plus étudié la structure du corps humain et une grande partie des opérations qui s'exécutent dans son intérieur que la texture et les fonctions des végétaux : aussi les connaît-on mieux et d'une manière plus certaine. Développer les phénomènes des opérations chimiques qui s'accomplissent dans le corps vivant est le but scientifique auquel tendent, en dernière analyse, les elforts de la chimie animale, et foit le but principal de la physiologie, science de la plus haute importance pour l'art de guérir. Mais pour bien voiries phénomènes chimiques dans le corps vivant, il est m"

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connaître sa structure, c'est-à-dire de posst^der l'analomio.

La chimie animale a encore un autre côté qui, moins important sans doute pour le m(!'decin, est d'autant jilus essentiel pour les études du chimiste proprement dit : savoir, la connaissance de la manière dont les réactifs chimiques se comportent à l'égard des substances produites d.ins le corps animal, telles qu'elles se trouvent après avoir été séparées de ce dernier. C'est, en général, sur cette pirtie de la chimie animale que roulent les manuels de li chimie; c'est elle qu'on connaît le mieux et elle fournit plusieurs applications utiles à la vie sociale.

C'est chez l'homme que la partie chimique des opérations de la vie animale a été le ]ilus examinée. Quatre des classes linnéennes du règne animal, savoir, les mammifères, les oiseaux, les rejitiles et les poissons, auxquelles des zoolo^isies mo iernes ont donné le nom collectifd'animaux vertébrés, ont tant d'analo:J,io d'ensemble, eu égard aux rapports physiologiques généraux, que tout ce qu'on sait de !a ph.siologie de l'homme s'applique aussi en grande partie à elles. L'anatomie et la physiologie des autres classes d'animaux ont été moins étudiées, et il est réellement beaucoup plus diilicilc d'apprendre à les connaître d'une manière exacte. Moins le cerveau et le système nerveux sont développés chez les animaux qui les constituent, plus les phénomènes d'' la vie sont difficiles k étudier en eux, et plus ces êtres se rapprochent de la condition tles plantes, en ce que l'on peut diviser leur corps, et, cependant, voir la vie continuer longtemps encore à s'exercer dans les parties qui ont été détachées.

Le corps animal contient les mêmes éléments que les végétaux: mais l'azote s'y présente bien plus généralement comme partie essentielle. Le soufre et le phosphore existent aussi en beaucoup plus grande quantité dans les matières animales que dans les substances végétales. On ne sait pas encore avec certitude sous quelle fnrme ces deux éléments y sont contenus : on ignore s'ils y constituent l'un des éléments de l'atome composé du premier ordre, ou bien s'ils forruent des combinaisons particuhères qui s'associent en petites quantités à plusieurs atomes composés du premier ordre, pour produire un atome du second ordre.

Il a été souvent question, dans les temps modernes, de mo/É^c^/ei appelées organiques. Dans la nature inorganique, les corps composés se font presque toujours remarquer par des formes géométriquement régulières, qui, h ce qu'il jiaraîl, dépendent de causes fondamentales géométriques. Mais les choses se passent tout autrement dans la nature organique. Les formes géométriquement déterminables s'y montrent fort rares, et elles sont totalement bannies du corps sain de l'animal vivant. L'agrégat organique d'atomes composéspreml de tout autresformes, qui sont calculées d'après certaines tins et dans l'intérêt de certaines fonctions. Ainsi, les tuniques

des artères se roulent en tubes ; la fibrine, qui fait la base des muscles, s'allonge en fibres rapprochéesles unes des autres ; le tissu cellulaiie s'épanouit en expansions plates et membraneuses, etc. Mais ces tissus sont naturellement formés aussi de parties plus petites, d'atomes composés, sur la tendance desquels à l'agrégation repose leur configuration extérieure. Il entre presque toujours dans la composition organique un assez grand nombre d'atomes simples, dont l'arrangement, les uns par rapport aux autres, diminue aussi la tendance à revêtirdes'formesgéomélri()ues; les atomes composés du premier ordres ont, en outre, un volume beaucoup plus considérable; et CCS circonstances réunies font que la force de cohésion doit se manifester par des résultats tout difi'érents. Ceux qui ont voulu appr ifondir la disposition du tissu organique dans le règne animal , se sont , à cet effet , servis du microscope , avec le secours duquel ils ont découvert des particularités dans la texture, delà même manière et peut-être avec presque le même degré de certitude qu'à l'aide de cet instrumrnt on peut apercevoir le mode d'entrelacement des fils dans les ét.ifî'es d'un tissu extrêmement fin. Le résultat général de ces recherches a été que la matière animale solide , quelque différentes que puissent être d'ailleurs ses proj)riétés , consiste en une trame de petits corps sphériques, réunis de manière à former tantôt des fibres, tantôt des tissus plats, etc. Les fibres charnues se réduisent, au miscrocope , en rangées semblables à des colliers de perles; et, dans les tissus ]ilats, on n'aperçoit pas cette disposition en rangées , ou bien elles ne sont point parallèles entre elles. Les petites particules sphériques qui forment ces rangées de perles paraissent être de grosseur parfaitement égale , tant dans les solides dissemblables que chez les animaux d'espèce différente. Les expériences que plusieurs physiciens ont tentées pour mesurer leur grosseur, ont fourni des résultais divers, suivant les moyens employés ; mais , en général , on a reconnu que les mesures prises de la même manière indiquaient toujours le même volume. Dumas et Prévost d'un côté, Milne Edwards de l'autre , ont trouvé leur diamètre d'un trois-centième de millimètre ; mais ce dernier convient que la manière dont on s'y prend pour les mesurer n'étant pas très-sûre, leur volume réel pourrait bien être d'un quart au-dessous ou au-dessus de cette évaluation. Ces corps sphéiiques sont ce qu'on a appelé les molécules organiques. Ou doit les considérer non comme des atomes, mais comme des agréi;ations d'atomes ; de même que dans la nature inorganique, le cristal n'a vraisemblablement pas la forme de l'atome, mais une forme qui dépend de l'agrégation d'un certain nombre d'atomes.

Lesmatières solides vivantes, tellesqu'elles s'offrent à nos moyens d'investigation , se trouvent dans un état tout particulier, trèsordinaire dans la nature organique , surtout dans le règne animal , et auquel la nature

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itiiirK!iiii(jiie n'otlre rien qui corresponde.

Cet (Mat l'sl celui ilo rutnollisiicmcnt. Dans Icdi- coiiililiori imliin'lle , les iiialièriKs animales solides sont, à peu d'exceptions près, UKillcs, llexibies, |)lus ou moins lixlcnsijjjes,

(luelipielbis douches, et parfois aussi privées (i'élasticitt^, ce qui dt'pei.d de ce ([n'eiles so laissent péïK^trer par l'eau, i[ui, loi sipi elle y existe en certaine pr(i|iortion, leui' comiiiun;- (|ue ces pro|)i'iet(''s , sans (pi'on lunsse , pour cela , dir(f (lu'elles sont niouilh'es , et sans (ju'elles puissent liumecter d'autres corjis eu leur conuiuinicpiaut ce liquide. 1/eau , ainsi conleniu^ en elles, s'élève jusqu'aux quatre cinquièmes de leur |ioids, et même [ilus. l'illo ne [)arait pas leur appai'tenir par allinité chimique , puisqu'elle s'évapore peu à |ieu , et que l'on peut l'exprimer insluntanément en les exposant à une très-1'orte pression entre des feuilles de papier hrouillard. Lorsque l'eau a été enlevée de lune ou do l'autre manière, la matière animale solide s'est considérablement retirée sur ellemême; elle est devenue dure,Jaun;ltre, translucide, pulvi'iisable, et,a|irès la dessiccation, une matière animale solide ressemble tellement aux autres , quant à l'aspect extérieur, qu'il est rare qu'on puisse l'en distinguer. Si on la replonge dsns l'eau, elle se ramollit pou à peu, se gontle et reprend son apparence primitive , sa llexibilité, son élasticité , son poids. La perte dt! l'eau détruit tout à fait la vie dans une partie vivante. Cejiendant quelques animaux des dernières classes peuvent être desséchés, et reprendre vie ensuite quand on les ramollit de nouveau. Un animal vivant doit donc être considéré comme une masse ramollie dans l'eau, dont celle-ci fait au moins les trois quarts du poids total.

Chevreul a fait sur cet état particulier de ramollissement des matières animales solides vivantes , plusieurs ex[)ériences qui établissent que l'eau jiure a seule le pouvoir de le produire. Les matières animales sèches peuvent bien absorber une cert;une quantité d'eau , fortement chargée de sel ; mais elles ne se ramollissent pas pour cela et ne reprennent [loint leur premier aspect. Elles

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absorbent aussi en grande abondance l'alcool , l'étlier et les huiles, sans en être lo moins (lu momie ramollies. Toutes ces absoiptions, tant d'eau que d'autres li(iuidos , sont , d'après les exix'riences de P(iuillet , accompa;^nées d'un (ié-;ageinent de chaleur.

Les nioh'cules organicpies dont j'ai parlé tout à l'heure su trouvent dans cet état de ramollissenieiit par l'eau; la dessiccation les dépouille d(î leur forme globuleuse, ou, pour parler plus exactement, les rend indiscernables.

Les animaux , si difl'ércnts des végétaux par leur or.;aiiisation , s'en distingu(nt surtout par plusieurs propriétés |)articulières. Ces caractères viennent h disparaître dans les espèces des classes inférieures, à mesure que l'on se lappioche des limiles contiguês h ces deux règnes, de manière (pi'il sciait alors diliicile de tracer la ligne de démarcation (pii sépare les animaux des végétaux. iMais si l'on considère les êtres qui occupent un degré plus élevé dans l'échelle organique , on établit des distinctions très-sensibles.

Les parties qui composent les animaux sont formées elles-mêmes par la réunion de plusieurs principes plus smiples ; ces principes , que l'on peut séparer par des procédés peu compliqués soit des solides ou liquides animaux, ont reçu le nom de principes immédiats des animaux, par analogie avec ceux qui composent les végétaux.

Ces principes, d'après leurs propriétés et leur composition , ont été divisés , comme ceux des végétaux, en plusieurs classes ; les uns sont neutres, les autres présentent plus ou moins les caractères des acides : enfln , il en est qui , comme les huiles végétales , sont très-hydrogénés et se ra|iprochent beaucoup des propriétés de celles-ci.

Leur composition élémentaire est différente des principes immédiats des végétaux; ils contiennent , indépendamment do l'oxygène , de l'hydrogène et du carjjone , une certaine quantité d'azote. Parnn ces principes immédiats , ou en rencontre un assez grand nombre qui sont dépourvus d'azote et qui sous ce rapport ont la plus grande analogie avec certains principes des végétaux.

Classification méilwdiiiue des principes immédiats qui composent les solides et les fluides des animaux

vertébrés.

Principes

imniétliiits

Deutrtig,

Fibrine.

ÀUjuiiiinc.

Caséuiu.

Mucus.

Osiiiazôme.

Uréo.

Sucri; de lail.

Sucre biliaire.

Résine biliaire.

Peincipes colorants.

Héinacliroine.

Cliolécliloriiie.

Principes

iuiinédiats

Irès-

hydrogénés.

Stéarine.

Oléine.

Margarine.

Butyiine.

PIkk éiiine.

Hircine.

Céline.

Cliolestérine.

Cérébrine

Eléencephol.

Siéaroconote.

Céphalule.

Principes

immédiats

acides.

Acide acétique.

— urobenzoïq.

— urique.

— rnsacique.

— iacii(|ue.

— cholique.

— allanloique.

Produits artificiels.

Gélatine.

Sébacique.

Sléarique.

Margarique Oléiquc.

lîulyrique.

Pliocéni(|ue.

Ilireique.

Caproique.

Caprique Cyanniqne.

Piirpurique.

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Indépenriarament des principes que nous avons consign(''S ci-dessus , qui forment ou les tissus des animnux, ou qui entrent dans la composition des différents produits et fluides qu'on y rencontre , il existe un grand nombre de corps appartenant au règne minéral tels que du phosphore , du soufre , du fer, des oxydes métalliques, des phosphates de chaux, de soude, d'ammoniaque, des sulfates de potasse, de soude, des chlorures de sodium et potassium, etc., elc. Quelques-uns de ces composés se trouvent naturellement dans ces suli^tances , d'autres y sont apportés par suite de l'assimilation des principes alimentaires.

Avant d'examiner en 'particulier chacun des principes immédiats que nous venons d'exposer, il importe d'étudier la manière générale dont ils se comportent lorsqu'ils sont en contact avec le calorique , l'eau, les corps combustibles non métalliques, les acides, les oxydes métalliques et les sels. Cette description nous dispensera de répétitions par la suite , et fera connaître de suite les réactions qui s'exerceront sur une matière animale composée de deux ou d'un plus grand nombre de principes immédiats.

Exposés à l'action d'une douce chaleur , les principes immédiats azotés, ou les matières animales qui en sont formées , perdent peu îi peu leur humidité, se dessèchent, deviennent dures et cassantes , et peuvent être conservées ainsi sans éprouver d'altération ; à une température plus élevée , le calorique , en pénétrant leurs molécules , dissocie leurs éléments , les combine dans des ordres différents déterminés par le jeu des affinités chimiques qui s'exerce ; d'où résulte, 1° un produit liquide formé par une huile épaisse , empyreumalique et de l'eau tenant en solution du carbonate d'ammoniaque , de l'acétate d'ammoniaque de l'hydrocianate d'ammoniaque ; 2" des fluides élastiques composés de gaz acide carbonique , de gaz oxyde de carbone , d'hydrogène protocarboné d'azote; 3° et un résidu fixe, noir, plus ou moins boursoufllé, formé par une partie du carbone do la matière animale retenant toujours de l'azote en combinaison , et tous les sels ou oxydes métalliques qu'elle contenait.

La plupart des principes immédiats trèsoxygénés fournissent par le feu des produits plus ou moins analogues à ceux des huiles végétales; quelques-uns seulement se vo'atilisent en partie sans éprouver d'alti'Tatinn. Les acides animaux éprouvent généralement la même décomposition que les principes immédials. Deux sont seulement volatils , l'acide acétique et l'acide formique.

L'eau opère la solution de plusieurs principes immédiats neutres et acides; sur les autres elle agit dilféremment : ou elle est sans action comme sur les corps gras ou très-hydrogéués , ou elle s'y combine, les gonfle en leur communiquant une certaine élasticité ; c'est ainsi qu'elle agit sur la plupart (les tissus animaux qui doivent leur sou|i1esse h l'eau qui est ou combinée ou

interposée entre leurs parties. Toutefois, par un contact prolongé et à une températme de -[- 15° à -f 20% elle favorise la réaction des éléments des principes immédiats azotés insolubles, et détermine alors leur fermentation putride ou putréfaction.

L'alcool et l'éther sulfurique n'exercent ordinairement d'actiondissolvantc que sur les principes immédiats hydrogénés qui y sont plus ou moins solubles, les autres offrent des résultats variés.

Parmi les corps combustibles non métalliques, il n'y a que le chlore, l'iode et le brome qui aient de l'action sur les principes immédiats azotés ; ils s'y combinent ou les décomposent peu à peu en s'unissaut à une partie de leur hydrogène.

Les acides étendus d'eau sont, pour la i)lupart , sans action sur les matières animales ; quelques-uns d'entre eux peuvent s'y unir et former des composés solubles ou insolubles ; mais lorsqu'ils sont concentrés, ils les altèrent en les décomposant, et les transforment en nouveaux produits plus ou moins remarquables.

L'acide sulfurique concentré, mis en contact à froid avec certaines matières animales azotées insolubles dans l'eau , les convertit en matières solubles ; c'est ainsi qu'il agit sur le tissu des muscles , sur la laine et la soie.

L'acide nitrique donne des résultats variables qui ont été signalés depuis longtemps , mais qui ne sont bien connus que depuis peu ; il se produit dans l'action de l'acide nitrique sur une substance azotée, de l'eau et de l'acide carbonique provenant de l'action d'une partie de l'oxygène de l'acide nitrique sur une partie de l'hydrogène et du carbone de la matière organique , du deutoxyde d'azote , de l'azote en grande quan- , tité , de l'acide acétique , de l'acide hydro- > cyanique, de l'acide oxalbydrique, de l'acide î oxalique ; enfin , une matière jaune amère , i connue d'abord sous le nom d'amer de Welther, et qui n'est que de l'acide carbazotique, identique avec celui qu'on forme en traitant l'indigo par l'acide nitrique.

Les oxydes métalliques insolubles sont sans action sur les matières animales neutres ; mais ceux qui sont solubles en ont plus ou moins : telles sont les solutions d'oxyde de potassium et de sodium, qui décomposent à chaud les matières animales et les transforment en ammoniaque qui se dégage , en acide carbonique , en acide acétique, et d'après MM. Gay-Lussac et Chevreul, en d'autres acides particuliers qui restent unis à l'oxyde métallique. C'est en raison de la solubilité de la plujiart des matières animales dans la potasse et la soude caustiques, qu'on avait jtroposé autrefois de les employer à la fabrication des savons propres à certaines opérations d'art.

CHITINE (x'Twv, pourpoint). — On commence à ap|)eler ainsi, d'après Odier, la croûte dure qui forme le tégument extérieur d'une grande partie des insectes et des élytres des coléoptères.

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