‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 89 sur 354 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

AU

l'on observe dans ces circonstances. 11 faut coiicndanl avouer qu'il se présente une raullituiic de peiits accidents, qui doivent être en rapport avec les phénouièuos principaux, dont on ne peut se rendre compte dans cette tiiéorie.

On a quelquefois comparé les etl'ets de la pierre de Labrador à ceux de la nacre de perle, qui présente aussi fréquenunent des couleurs irisées ou très-variées ; mais il y a cette grande dilïérence, que la nacre de perle imprime sa propriété sur les coips mous susceptibles de se modeler sur sa surface, comme la cire d'Espagne noire fondue, qui offrent ensuite les mêmes rellets, tandis que la [lierre de L 'brador ne l'imprime pas. Par conséquent, il y a à la surface de la nacre une disposition moléculaire saillante, malgré le poli, qui n'existe pas dans le minéral dont nous nous occupons.

COUPELLATION. — C'est le plus ancien rocédé d'analyse. La coupellation remonte une époque bien antérieure au règne de Philippe Auguste. Cette opération, aussi importante que belle, avait déjà été vaguement indiquée par Pline, Strabon, Diudore do Sicile ; elle est parfaitement décrite par Geber (ix' siècle). Voici comment il s'exprime :

« L'argent et l'or supportent seulsl'épreuve de la coupellation. Le plomb résiste le moins; il s'en va et se sé[iare promptement. Voici ce mode d'opération : Que l'on prenne des cendres passées au crible, ou de la chaux, ou de la poudre faite avec des os d'animaux bridés, ou un mélange de tout cela, ou d'autres choses semblables. Puis il faut les humecter avec de l'eau, les pétrir et les façonner avec la main, de manière à en faire une couche compacte et solide. Au milieu de cette couche, on fera une fossette arrondie et solide, au fond de laquelle on répandra une certaine quantité de verre pilé. Entin, on fera dessécher le tout. La dessiccation étant achevée, on placera dans la fossette { coupelle, fovea ) l'objet que l'on veut soumettre à l'épreuve, et on allume un bon feu de charbon. On souillera sur la surface du corps que l'on examine, jusqu'à ce qu'il entre en fusion. Le corps étant fondu, on y projette du plomb, un morceau après l'autre, et on donne un bon coup de feu. Et lorsqu'on verra le corps s'agiter et se mouvoir fortement, c'est un signe qu'il n'est pas pur. Attendez alors jusqu'à ce que tout le plomb ait disparu. Si le plomb a disparu, et que ce mouvement n'ait pas cessé, c'est que le corps n'est pas encore puritié. Alors il faudra do nouveau y projeter du plomb, et souffler sur sa surface jusqu'à ce (lue tout le plomb soit séparé. On continuera ainsi à projeter du plomb et à souiller, jusqu'à ce que la masse reste tranquille, et qu'elle apparaisse pure et resplendissante à sa surface. Après que cela a eu lieu, on arrête et on éteint le feu , car l'œuvre est terminée. Lorsqu'on projette du verre sur la masse qu'on soumet à l'épreuve, on remarque que l'opération réussit mieux ; car le verre enlève les impuretés. A la place (lu verre ou pourra employer du sel ou du

borax, ou quelque alun. On pourra également faire l'épreuve du ciniritium (coupellation ) dans un creuset de terre, en soufflant tout autour et sur sa surface, comme nous l'avons indiqué plus haut. Le cuivre se sépare de l'alliage un peu plus lentement que le plomb, mais il est plus facilement enlevé que l'étain. Le fer ne se prête pas à la fusion, et c'est pourquoi il ne s'allie pas avec le [ilomb. 11 existe deux corps qui résistent à l'épreuve de la cou|iellation, savoir, l'or et l'argent, à cause de leur solide composition, qui résulte d'un bon mélange et d'une substance pure.»

La coupellation est encore aujourd'hui employée, quoique plus rarement qu'autrefois, dans les analyses des monnaies d'or et d'argent. Ce procédé ancien a été généralement remplacé par le procédé de Gay- Lussac.

COUPEROSE BLANCHE. Voy. Zinc, sulfate.

COUPEROSE VERTE. Voy. Sulfate de

FER

COUPEROSE BLEUE. Voy. Cuivre.

CRAIE DE BRIANÇON. Voy. Stéatite et Talc commun.

CRAYONS ROUGES ou SANGUINES. Voy.

Oligiste.

CRÈME. — La formation de la crème tient à ce que les parties émulsives, étant plus légères que la dissolution dans laquelle elles sont tenues en sus|iension, gagnent peu à peu la surface, oii elles se réunissent d'une manière d'autant i)lus complète que le vase dans lequel on conserve le lait est moins élevé, parce qu'alors elles ont moins de chemin à parcourir. Les parties constituantes de la crème sont du beurre et de la matière caséeuse, mêlés avec uu peu de lait.

CRÈ.ME DE TARTRE. Voy. Tartrates.

CRÉOSOTE ixpiaç, chair; «twÇ'.j , je conserve). — Ce nom a été donné à un produit huileux liquide, qui existe dans le goudron du bois distillé, et qu'on en sépare par une distillation ménagée. La liqueur qui provient de cette opération, soumise à plusieurs distillations successives, fournit une huile pesante jaunâtre, qu'on dissout dans une solution de potasse caustique pour l'isoler de Yeupione et d'autres huiles qui surnagent et qu'on enlève.

Pour obtenir la créosote pure, il fauit, en dernier lieu, la distiller avec de l'eau d'abord, puis seule, avec du chlorure de calcium.

■ La créosote, à l'état de pureté, se présente sous la forme d'un liquide huileux, transparent, incolore, doué d'une grande réfraugibilité ; elle a une odeur pénétrante et désagréable, analogue à celle de la viaiide fumée, une saveur acre et caustique. Sa densité est de= 1,037; elle bout à + 2()3\ Cent parties d'eau en dissolvent ^^ ; elle forme avec ce liquide un hydrate, contenant -j',V d'eau.

L'alcool, l'éllier, la dissolvent avec facilité. Mise en contact avec l'albumine, elle la coagule peu à peu en un caillot bl.inc. Cette propriété a fait proposer sa solution aqueuse pour arrêter les hémorrhaiiies des oetits

485 CRÎ

vnissoaux; elle jouit do la propriiHi^ antiputrido au plus haut degit^; car do la viaudc! fraiclu', uuictiréo dans une sulution du tiTusuti' et roliréc au liout de plusieurs heures, lient ensuite se conserver à l'air sans subir ti.« nitrél'action. C'est celle propriété qui lui lai'l donner le nom (lu'elle porte.

La créosote exerce une action violente sur réconoiuie animale, qui doit la l'aire ranger parmi les substances vénéneuses caustiques. On a cependant beaucoup préconisé son emploi dans le traitement de certaines allections cancéreuses, des pourritures, des caries des os et des dents ; mais les essais eiitroprisen France depuis 1833 n'ont pas justilié la répulation dont elle jouit en Ihérapeulitiue peu de temps après sa découverte.

CRISTAL. Le cristal était connu à une éi)oc(ue fort ancienne, ce qui fut démontré, en 1787, [lar l'analyse damiroir dit dr Virgile. D'après Fougeroux de Honderoy, ce miroir, <lu poids de 13 kilogr., poli sur les deux faces, transiiarent, mais coloré en vert jaunâtre, contenait la moitié de son poids d'oxyde de plomb, et offrait tous les caractères du cristal. H avait été conservé depuis les premiers temps de la formation du trésor de Saint-Denis, qui remontait à uneépoq^io bien antérieure à la découverte du cristal moderne. Le nom de ce miroir est inexact et ne démontre ni qu'il ait appartenu à Virgile, ni qu'il soit d'une antiquité aussi reculée. L'existence de cette pièce prouve seulement qu'on a su faire le cristal à une époque éloignée de la nôtre, et assez bien môme, puisqu'on a pu former un miroir d'une dimension qui serait remarquable encore aujourd'hui. Le secret s'était perdu pendant trèslongtemps.

On désignait indifféremment, autrefois, sous le nom de cristal, le verre incolore, quel qu'il fût, c'est-à-dire le verre simple, silicate de potasse et de plomb. Aujourd'hui le nom de cristal s'applique exclusivement à ce dernier, qu'on emploie dans la fabrication des vases d'ornement ou de divers objets d'économie domestique. Le cristal, qu'on emploie à la fabrication des instruments d'optique, est plus spécialement désigné sous le nom de fliiU-glass, et celui qui imite les pierres unes [lorte le nom de strass.

Fabrication du cristal. — La plupart des oxydes métalliques sont capables de se combiner avec la silice, et de s'unir ainsi aux silicates alcalins; mais presque toLis sont colorés. Le proloxyde de plomb et l'oxyde de bismuth semblent seuls pouvoir donner des silicates peu colorés, et par suite des verres incolores par leur mélange avec le silicate de potasse à dose convenable. L'oxyde de bismuth étant beaucoup plus cher que celui de ploudj, on emploie ce dernier exclusivement pour la fabrication du cristal ordinaire.

Le cristal, bien préparé, est ineoloie : plus transparent, plus brillant et plus lourd que le verre commun , il doit ses caractères au silicate de plomb; mais coirime ce dernier est lui-môme culoré en jaune, il donne, lors-

CM

Page 1