‹ Dictionnaire de chimie et de physiqueChapitre 161 sur 322 · LU M · texte numérisé non relu

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du prisme, cl avec la nature do la substance réfringente. Mais la lumière ne se compose pas seulement d'un spectre coloré. \V. Heisehell a découvert assez, leceminent que l'espace noir situé un peu au delà du rayon rouge, est seul capable d'e\ercer une influence notable sur le tliermouiétre ; et il appela cet espace spectre calorifique. Presque en même temps, Wollaston, l\itter et lieckmann trouvèrent quo l'espace noir, situé un peu au delà du rayon violet, produit seul certains phénomènes de décomposition chimique ; cet espace fut appelé spectre chimique.

lin réunissant ces sept couleurs au moyen d'une lentille, Sewtou rétablit le rayon blanc ; et en isolant chaque rayon coloré , il constata qu'aucun de ces rayons n'était plus susceptible d'être décomposé par réfraction. Newton conclut donc de ces expériences que la lumière blanche se compose de sept espèces de lumière homogène , et que la même couleur appartient toujours à la même réfrangibilité, ainsi que, réciproquement, la même if'frangibilité appartient toujours à la même couleur. Cependant, depuis la découverte des milieux absorbants, il paraitrait que ce n'est pas la la constitution véritable du spectre solaire.

Nous ne connaissons pas de substance qui .soit ou parfaitement opaque ou parfaitement Iran.sparente. L'or lui-mènie peut être réduit en lamelles assez, minces pour être perméables à la luiiùère. D'un autre côté, le cristal le plus transparent, l'air le plus pur, l'eau la plus lunpide, arrêtent ou absorbeilt les rayons lumineux qui leur sont transmis : ces rayons s'effacent de plus eu plus à mesure qu'ils pénètrent à de plus grandes profondeiu'S. C'est pourquoi il nous est impo.îsible d'apercevoir les objets au fond d'une eau très-profonde ; et sur une montagne nous v oyons pendant la nuit bien plus d'étoiles que dans une vallée. La quanlilé de lumière incidente à la surface d'un corps transparent est toujours plus grande que la somme des rayons réfléchis ou réfractés. Une petite quantité de rayons est irrégulièrement rèllécliie dans toutes les directions , en raison des imperfections du poli de la surface des corps que nous voyons; mais une quantité bien plus grande est absorbée. Les corps qui réiléehissent tous les ra> ous paraisscnl blancs ; ceux qui les absorbent tous paraissent noirs. Mais la plupart des substances, après avoir décomposé la lumière blanche qui tombe sur elles, réfléchissent quelques couleurs et absorbent les autres. Luc substance violette ne réfléchit que les rayons violets ; elle absorbe les autres. 11 en est de même de toutes les autres substances colorées. Ij couleur n'est donc pas une propriété de la matière : elle est lui clfet de l'action décompo.sante que la matière exerce sur la lumière. C'est de l'inégale alisorplion des rayons colorés que dépend la roloralion des milieux transparents. Ainsi, jar exemple , l'encre noire et l'encre rouge ,

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bien qu'elles soient également transparentes , absorbent des rayons différents ; exposées au soleil . elles s'échauffent à des degrés différents, pendant que l'eau pure, semblant transmettre également tous les rayons, ne s'échauffe pas sensiblement par le passage do la lumière du soleil. Lorsqu'on regarde les sept couleurs du spectre à travers une lame mince d'un verre bleu, toutes les sept couleurs sont visibles ; mais lors<pie la lame de verre bleu est très-épai.sse , rinlervalle entre l'extrême rayon rouge cl l'extrême rayon violet parait noir, toutes les couleurs intermédiaires étant absorbées. En regardant le spectre avec uu verre bleu qui ne soit ni trop mince ni trop épais , on trouve que le milieu du rayon rouge, tout le rayon orange , une grande partie du rayon vert, une portion considérable du rayon bleu, une petite quantité du rayon indigo et une très-faible ixu-tie du rayon \\nlet ont disparu , étant absorbes par le verre bleu ; on trouve, en outre, que le rayon jaune occupe un plus grand espace, et qu'il a empiété d'un cùté sur l'espace occupé précédemment par le rayon orange , et de l'autre, sur l'espace occupé par le rayon vert. De cette manière, le verre bleu absorbe la lumière rouge qui. mêlée au jaune, constitue l'orange ; il absorbe aussi la lumière bleue qui , mêlée au jaune , forme une partie de l'espace vert à côté du jaune. De là , par voie d'absorption , la lumière verte est décomposée en jaune et en bleu , et la lumière orange en jaune et eu rouge. Conséquemment les rayons orange et vert , bien qu'ils ne puissent pas être décomposés par réfraction , peuvent être réduits par absorption à deux couleurs différentes , douées du même degré de réfrangibilitc. Il résulte de tout cela que la différence de couleur n'implique pas une différence de refraiigibilité , et que la conclusion de ^e^^ ton ne peut pas être admise comme l'expression d'une vérité générale.

En analysant le .spectre non-seuleuieut avec un verre bleu, mais encore avec beaucoup d'autres milieux colorés, David Brewstcr est parvenu à prouver que le spectre solaire se compose de trois couleurs primitives, le rouge , le jaune et le bleu ; et que la superposition de ces trois couleurs produit les sept nuances du spectre , suivant qtu> l'une d'elles est en excès ou eu défaut. Dr, pui.s(|uc des portions de rouge, de jaune et de bleu constituent la lumière blanche, chaque point coloré du spectre peut être considéré comme composé de la couleur prédominante, mêlée de lumière blanche. En absorbant donc la couleur prédominante dans un point coloré du spectre , on fait apparaître dans ce point la lumière blanche , mais telle qu'aucun ail mortel n'en avait jamais vu avant cette expérience ; car cette lumière possède la propriété remarquable de rester la même après un grand nombre de réfractions, et de ne pouvoir étr* décomposée «lue par l'absorption.

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Lorsque lo prisme de verre est très-parfait et le rayon solaire très-petit . de manière que le spectre puisse être reçu dans son plus grand état de pureté sur une feuille de papier blanc , le spectre présente l'aspect d'un ruban avec toutes les couleurs prismatiques, et niarijué transversalement par un nombre inlini de raies noires , et quelquefois de raies blanches. La plupart de ces liiines sont si petites , que pour les bien distinguer il faut recevoir le spectre sur l'objectif d'un télescope. Ces lignes ou raies noires se voient aussi sur les spectres de la lumière électrique , de la Imnière des astres , des matières combustibles. Mais elles sont , dans cbaque espèce de lumière , groupées différemment. ,M. Frauenliofer en a compté plus de six cents. Il choisit, parmi ces ligues, sept des plus remarquables , dont il détermina les positions et les distances si exactement , qu'elles peuvent servir de points invariables pour la mesure comparative des pouvoirs réfringents de différents milieux. Ces lignes ou raies noires sont , d'après riivpothèse de quelques physiciens, des rayons qui manquent, et qui ont été absorbés par l'atmosphère du soleil. .S'ils étaient absorbés par l'atmosphère de la terre , ces mêmes rayons manqueraient dans lespectre lumineux des étoiles. Or, cela n'est pas ; car le groupement des lignes noires n'est pas le même dans le spectre de la lumière du soleil et dans le spectre de la lumière des étoiles. De plus , les rayons solaires . réfléchis par la lune et les planètes, devraient être également modifies par les atmosphères de ces astres. Or, cela n'arrive pas non pins ; car les lignes noires occupent exactement les mêmes places dans la lumière solaire directe comme dans la lumière solaire réiléchie.

La dispersion des rayons colorés, c'est-àdire la formation du spectre , a toujours lieu dans le plan de réfraction ; elle est d'autant plus grande que l'angle d'incidence est plus Cranii. Le pouvoir dispersjf varie suivant la nature des corps; en d'antres termes, les spectres formés exactement dans les mêmes circonstances, par deux prismes égaux, mais de deux matières différentes , ont des longueurs difféienlcs. Ainsi , en présentant à deux rayons de lumière blanche un prisme de flint-glass et un prisme de crown-glass , ayant tous deux le même angle réfringent , on trouve que le spectre coloré produit par le pouvoir dispcrsif du flint-glass est bien plus allongé que celui produit par le crown-glass; et comme la quantité do dispersion dépend de l'angle réfringent du prisme , les angles des deux prismes peuvent être faits de telle manière que, les prismes étant réunis ensemble avec leurs arêtes tournées en sens opposé , leurs actions se neutraliseront, et la lumière sera réfractée sans couleur. Bj'ewster a fait voir que l'on peut, avec deux prismes de même matière, obtenir la lumière blanche par réfraction , pourv u que leurs angles réfringents

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