‹ Dictionnaire de chimie et de physiqueChapitre 197 sur 322 · CO — 13= 43 =3X «S · texte numérisé non relu

CO — 13= 43 =3X «S

3° Les vitesses finales sont comme les riirines carrées des espaces parcourus. Ainsi, pour une chute ig fois plus haute, la vitesse du corps , en frappant le sol , est seulement de 4 fois plus considérable. Il y a deux fois et non quatre fois plus de danger a tomber d'un quatrième étage qu'a tomber d'un premier.

Composition de la pesanteur avec d'autres puissances. Le poids d'un corps est la somme des puissances en vertu des(|uellcs un corps tend à se rapprocher du centre de la terre; c'est la pression totale (|u'un corps exerce sur uu obstacle horizontal. Le poids d'im corps est proportionnel au nombre des particules qui le composent, ou a sa masse ; on peut donc prendre la masse pour le poids. La balance constate l'équilibre entre la somme totale des forces de pesanteur ( molécules) d'un corps donné, et la somme totale des forces de pesanteur ( molécules | d'un corps connu. Le poids absolu est le poids sans considération du volume ou de l'espace qu'un corps occupe ; tandis que le poids spécifique I improprement appelé pesanteur spécilique )cst lepoids que présente chaiiuc corps sous un volimie donné. De là, en désignant par p le poids absolu , et par v son volume, on aura le poids spécifique =■—■< c'està-dire, égal au rapport du poids au volume. On prend pour terme de comparaison l'eau pour les solides et liquides, l'air pour les ga/,. Voici l'énoncé des principes applicables à la pesanteur, combinée avec une force de projection :

1° si la force de projection agit dans le même .sens que la pesanteur, le corps parcourt dans chacun des temps de .sa chute l'espace voulu par la loi de la pesanteur, plus uu espace relatif a la force de projection.

2° Si la force de projection est directement opposée à la pesanteur, le corps s'écartera de la terre avec une vitesse uniformément retardée , et parcourra des espaces qui sont , pour chaque temps de son élévation, égaux a ceux que la force de projection lui aurait fait parcourir seul, moins ceux que la pesanteur aurait pu lui faire parcourir en sens contraire; et U arrive consequenuuent un point où tout

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mouvement sera détruit dans le corps, et on , eoiiiinençant a rctambcr Acrs la terre, il se comportera coiniiic tout autre corps, suivant la loi de la cliutc.

3° Si la force de projection forme un angle avec la pesanteur, le projectile décrira une parabole ; sans la résistance de l'air, la courbe serait une ellipse. C'est ordinairement sous un angle de AS" d'inclinaison à l'Iiorizon qu'on rencontre la plus grande distance à laquelle un projectile puisse être lancé.

pÈSE-LiQLF.in. f-'oijez Arkomètre.

VESO\. Espèce de balance formée d'un levier coudé à angle droit.

PÉTROLE, f^oyez Naphte.

PEL'ciiDAXiXE. Matière cristalline I prismes incolores ) découverte par .Schlatter en épuisant par l'alcool la racine du l'rjicetlanum officinale. Elle fond à Bo" sans perdre de son poids. Insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool, elle se dissout très-bien dans l'éther. Formule: C4 11^ O.

PHÈ\E. ^"o.vei Benzole.

pnÉ\oMÈ\E. ( De çaiv6[i.£vov , ce qui apparaît ). On donne ce nom â tout événement appréciable par nos sens, et ayant pour cause iuimédiate un agent matériel.

PHÉNYLE. Radical ( livpothétique ) ainsi dénommé par M. Laurent, qui considère l'acide carbolique comme llivdrate de l'oxyde du radical particulier | /jAc»y/c |. Formule :

piiiLLYRiXE. AI tière blancbc, cristalline, découverte par M. Carbonicri dans l'extrait aqueux de l'écorce du t'hillijrid lalifolia. l'eu soluble dans létber, elle se dissout dans l'alcool et dans l'eau bouillante. Elle est sans odeur et d'une saveur amère. Couipositionnon déterminée.

PllLORÉTiXE. Poudre cristalline, d'une saveur sucrée, insoluble dans l'eau et soluble clans l'alcool. Elle s'obtient en même temps <iue QH sucre de raisin, par l'ébuUition d'une dissolution aqueuse de plilori/ine, acidulée d'acide sulfurique. IJ pblorétine fond à iso" sans perdre de son poids. Elle se dissout dans la plupart des acides, et forme des composés particuliers avec les oxydes plombiques. Formule :C24H" O» (Stas. |

PULORÉTIQLE ( .AcidC ). FOXjeZ KlTROrHLORÉTIQCE | AcidC ).

PBI.ORIZÉINE. Matière ronge , obtenue en exposant la phlori/ine humide au contact de l'air et du gaz ammoniac. Elle se dissout dans l'ammoniaque liquide ; cette solution , évapotée sous une cloche contenant des fragments de potasse , laisse une matic»e d'un bleu pourpre, soluble dans l'eau, à laquelle elle communique une belle couleur bleue. Cette matière est décolorée par les corps désoxygénants. Formule : C4î IPsO^"* N^

pnLORiziN'E. Matière semblable ù la salicine, dont elle diffère par deux atomes d'oxygène. Elle cristallisre en aiguilles prismatiques, a buse carrée , incolores , sans action sur les

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couleurs végétales, insolubles dans l'éther, solubles dans l'alcool et dans l'eau bouillante. Sa densité est i,«a8. A loo». elle perd ^ cqulvalents d'eau de cristallisation.

\a\ plilori/.ine a été quelquefois substituée à la quinine dans le traitement des fièvres inlermiltentes. Un l'obtient en épuisant par l'alcool de o,»o l'écorce du pommier, du poirier ou du cerisier. Formule de la plilori/.ine cristallisée : C-" H'5 O" -f- 6 110 I stas I. La phlorizine ac été découverte par MM. de Koninck et Stas.

PHocÉMQLE { .\cide ). y oyez UELruim- QUE ( Acide !.

PHOSf.ÈxE. Voyez Cbloroxycarbohi- QUE ( Acide ).

PU os PHATES. Ces .sels .sont isomorphes avci; les arséniates. Ils sont peu volatils, et résistent généralement à une très-haute temperature. 11 n'y a guère de solubles que les phosphates de potasse, de soude et d'anunoniaque. I.cs phosphates insolubles ( ceux de chaux , de baryte, de sirontiane ) se dissolvent dans un excès de leur propre acide.

1" Traités par le charbon et l'acide borique, les phosphates donnent tous, à une température élevée, la totalité du phosphore qu'ils renferment.

2» Chauffés daas un tube de verre étroit avec du potassium en excès, ils laissent un résidu ( phosphure de potassium ) qui, au contact de l'eau , donne de l'hydrogène phosphore, spontanr'iiicnt itilluminahlc ù l'ai?:

5° Les phosphates alcalins ( de potasse , «le soude et d'ammoniaque ) précipitent les sels d'argent en jaune, et les sels de plomb ( nitrate et acélate ) en blanc. Ce dernier précipilé ( ]i/iosp/iate de plomb ) donne, étant chauffe avec du charbon, un dégagement de pliospliore : il ne se produit point de pliospliure de plomb. Les phosphates alcalins ( excepté celui d'aumioniaque 1, tra tés de la luéme manière, se conxertissent partiellement en phospluu'c; il n'y a qu'une faible partie du phosphore qui se dégage.

4" Les phosphates de potas.se et de soude se transforment, par la calcination , en pyrophosphules , qui précipitent l'azotate d'argent en blanc. Le phosphate d'ammoniaque se décompose, par la chaleur, en auunonia(|ue et en acide phosphori<iue, tous deux \olalils.

Il existe l° des pliosphutes neutres, ï" des p/iosphiiles acides { bisels] ,z° des phosphates fettsifii/ci ( scsquibasiciues, bibasi(iues , tribasiqucs , etc. ) iyan-i ici, phnspUates neutres, les 7> équivalents d'eau de l'acide pliospliorique I l'Ii 05, 5 HO I sont remplacés par 3 équivalents de base , et alors le sel a pour formule : 3 MO -|- l'ii 05. Or l éq. d'eau peut remplacer t éq. de base, sans altérer la con.stitution du sel; et dans ce cjs, la formule du pliosphate est = 2 MO, HO + l'h O^.

Ou obtient les phosphates par voie de double décomposition. Les phosphates de potasse, de soude, d'auunoniaquc, de chaux, de baryte, se rencontrent dans la nature.

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On cite l'acide phosphoriqne comme olfrunt nu exemple remarquable d'isomérie. Kn eflet, cet acide subit, dans certaines circonstances , trois modifications distinctes , qu'un pourra regarder comme autant d'acides particuliers ; l'h U^ 5 IIO acide phosp/i. ord. cristallise. Pli O 2 HO acidf pyrophosjjliorique.

l'Ii O^ 110 acide metuphosphoriqnc.

On voit que ces trois acides ont la même composition, et qu'ils ne se distintçuent entre eux. que par le nombre d'équivalents d'eau qu'ils contiennent.

L'eau parait ici jouer le rôle d'une base , de manière qu'on pourrait assiuiilci- l'acide phosplioriquc ordinaire à un pliospliate tribasiqiip, l'acide pyicphospliorique à un phosphate bibasique , et l'acide métapliospliorique à un pliospliate monobasiqxte. Lorsqu'un de ces composes est traité par une base puissante, l'eau est déplacée en partie ou en totalité ; mais la forme de la base en combinaison avec l'acide reste inaltérable.

Clarke fit le premier l'observation que le pliospliate de soude calciné précipite le nitrate d'argent en blanc, au lieu que le mèiiie phosphate non rale-inc précipite ce sel en jaune. Ce même cliiiiiiste riuuiiqua , en outre , que le phosphate de soude perd de l'eau pendant la calclnation, et que le phosphate calciné se convertit , par sa dissolution dans l'eau , en phosphate ordinaire, qui précipite le sel d'argent en jaune. 11 pensa que l'acide phosphori(|ue libre était , par la calcination , modifié de la même mariière que dans le phosphate de soude calciné ; et il appela en conséquence l'acide calciné, acide pi/rophosplioriquc. Mais (iraham a démontré, depuis, (|ue l'acide phosjihorique libre calciné était différent de l'acide phosphorique renfermé dans le phosphate de soude calciné; et il donna à cette troisièuic modification le nom d'acide metaphospliO' riquc.

l'iiospiiiTES. ( Hypophnsphatcs ). Ces sels sont tous Insolubles dans l'eau, excepté ceux de potasse, de soude et d'ammoniaque. Les phosphites neutres humides de potasse, de soude, de bar,vte, de stroutiane, et quelques autres, se changent, à l'aide de la clialcur, en phosphates neutres, en uicnie temps qu'il se dégage de l'hydrogène. Les phosphites solubles précipitent en blanc les sels de chaux, de baryte et de stiontiane , ce qui les distingue des hypophosphitcs. Tous les phospliites décolorent le sulfate rouge de manganèse.

Les phosphites peuvent, comme les phosphates, être neutres, acides et basiques. Il y a encore beaucoup à faire pour la détermination précise des propriétés de ces sols.

Pilosi'iioMÉsiTYi.iQUE ( Acide ). Produit de réaction de l'acide métapbosphorique sur l'acétone. Composition inconnue.

PHOSPHORE. Le phosphore est un corps simple, d'une odeur et d'une .saveur alliacées. Il est transparent quand il est pur et réceininent préparé. Au bout d'un certain

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temps il perd .sa transparence, prend nn" couleur jaunâtre et se recouvre d'une matière l)lanche qui a été regardée à tort comme un oxyde hydraté. Fondu et refroidi brusquement, il devient noir (Thenard). On peut le cour ber en tout sens, comme de la cire. Il est cassant à une température basse. Sa densité est 1,77. 11 fond à 4a° de température, et bout vers 200°. On le distille facilement vers 3D0°. La den.sité de .sa vapeur est 4,33. Les vapeurs du pho.sphorc .sont incolores comme celles de l'arsenic à l'abri du contact de l'air; elles s'enflamment à l'air. Le phosphore brûle avec une belle llamuie jaune très-intense. Il peut prendre feu par le simple frottement, ou par une légère élévation de température. Le phosphore est insoluble dans.l'eau, soluhle dans le sulfide de carbone, dans l'huile de naphte, dans l'élher et dans les huiles grasses oi'i il cristallise quelquefois en dodécaèdres rhomboïdaux.

Le phosphore .se combine directement avec l'oxygène , et donne naissance à trois compo- .sés, acides et à un composé indifférent. Au contact de l'air et à la température ordinaire, il répand de légères vapeurs blanches, absorbe de l'oxygène, et donne un mélange d'acide phosphoreux et d'acide phosphorique. Au contact du feu, ou par l'effet du frottement , il s'enflamme, et répand des vapeurs blanches très-épaisses d'acide pliosphorique. La flamme du phosphore, à la tcmpératuie ordinaire (pho.sphore.scencc ), n'est visible que dans l'obscurité ; car, pendant le jour, elle est masquée par la lumière du soleil, qui est au moins 100,000 fois plus forte qu'elle. Le phosphore se combine dlreclcmcnt avec un certain nombre de métaux pour foriucr des phosphores. L'argent ab.sorbe , à wni; tcuipéiature élevée , une très-giande quantité de pliosphore, qu'il abandonne brus(|ueraent à une température plus basse. Ce métal présente le même phénomène avec l'oxygène. Le chlore , le brôuic , l'iode, se combinent dircctcmont avec le phosphore. Les pho.sphurcsqui en lésiillcnt décoiupo.sent l'eau à froid , en donnant naissance a un hydracide ( acide chloiliydrique , acide brorahydriquc. etc. ), et à de l'acide hypophosphoreux.

les vapeurs acides que le phosphore répand a l'air, avec accompagnement de lumière visible dans l'obscurité, distinguent suffisamment ce corps de tous les autres. Bien que le phosphore soit très-vide d'oxygène, il n'en absorbe pas du tout dans une atmosphère d'oxygène pur ; mais dès que l'oxygène setrouve raèlé avec de l'azote ou avec de l'hydiogéne, le phosphore s'oxyde rapidement. L'azote et l'hydrogène agissent ici en diminuant la pression: car, .sous une pression trop forte, le phosphore n'absorbe point d'oxygène.

Le phosphore existe, à l'état de liberté, dans le cerveau des mammifères, et particulièrement dans celui de l'homme; dans l'albuuiinc et dans la fibrine du sang ; dans la laitance des carpes , des harengs, etc. A l'élat de couili-

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hqison avec l'ammOniaqiie ou aver la cliaiix (phosphate (l'ammoniaque cl de chaux ). il se rencontre dans les urines, dans les os, etc. Il existe encore , dans certains minerais, à l'état de pliuspliate de fer et de phosphate de plomb. Mais c'est surtout à l'état de phosphate de chaux que le phosphore est le plus généralement répandu dans la nature.

Si l'acide phosphorique n'était pas volatil , on pourrait préparer le phosphore en chauffant l'acide phosphorique avec de la poussière de charhon. Mais comme cet acide est volatil, on agit sur lacide pliosphorique, fixé en excès dans une base, comme la chaux, l'oxyde de plomb.

l'rocédé employé : On brûle les os afin d'en carboniser les parllcs organiques (gélatine ), pour n'agir ensuite qu(" sur la partie terreuse ( phosphate et carbonate de ehau\1. On les réduit en poudre très-fine , à laquelle on ajoute de l'eau, de manière à en faire une bouillie très-claire ; puis on y verse peu !\ peu presque autant d'acide sulfurique en poids qu'on a employé de poudre d'os calcinés , et on agite le mélange avec une tige de verre. On obtient ainsi un magma très-épais, après une effervescence considérable, duc au dégagement de l'acide carbonique provenant de la décomposition du carbonate de chaux, avec lequel le phosphate de chaux se trouve toujours mêlé dans les os. 1,'acide sulfurique qu'on y ajoute est destiné à enlever une portion de chaux à l'acide phosphoiique, et à transformer le phosphate neutre de chaux insoluble en phosphate acide, qui estsoluble. Kn lavant la masse avec de l'eau bouillante , on obtient du phosphate acide de chaux qui passe, et du sulfate de chaux qui reste sur le filtre.

Pour enlever tout le sulfate de chaux , il est convenable d'évaporer, i\ différentes reprises, les eaux de lavage jusqu'à consistance sirupeuse , et de filtrer de nouveau le résidu avec de l'eau bouillante. Knfin , après avoir mêlé le résidu de la dernière évaporation avec le quart de son poids de charbon pulvérisé , on l'introduit dans une cornue de grès placée sur un fourneau à réverbère, et à laquelle on adapte une allonge en cuivre-; cette allonge vient se rendre au fond d'un grand vase à moitié rempli d'eau. Toutes les jointures étant bien lutées et le lut bien sec, on chauffe la cornue graduellement, et en mettant deux heures environ pour porter la température jusqu'au rouge. Pendant cette opélation , il se dégage d'abord de l'acide carbonique , de l'oxyde de carbone , des carbures d'hydrogène ; et ce n'est qu'au bout de quatre heures ((ue le phosphore couunence à se dégager. Ce dégagement continue durant environ 'M à 50 heures. Pendant que le pho.sphore est encore liquide sous l'eau, on l'aspire avec beaucoup de précaution dans des tubes de verre, où il finit par se refroidir. I.e phosphore .ainsi prcparé, est livré au commerce sous forme de

vuo

b;Uons rvliudriqui-s plus ou moins transparents.

Pour avoir du phosphore pur, il faut distiller le phosphore du commerce à différentes reprises , en n'employant chaque fois qu'une quantité assez petite. Dans toutes ces opérations , il faut soigneusement éviter le contact de l'air.

Formule du phosphore: =: Ph ou Ph^ ( atomes ) = 592.U1I.

Oxyde de phosphore. Quand on conserve le phosphore .sous l'eau et dans l'obscurité, il se recouvre d'une croûte blanche, qui a été pendant longtemps considérée comme une couibinaison d'eau avec le phosphore ( hydrate de phosphore). Ce prétendu hydrate n'est que du phosphore dans un état d'agrégation particulier, rappelant les divers états d'agrégation moléculaire que peut offrir l'arsenic ( II. Uose ).

Quand on conserve le phosphore sous l'eau et au contact de la liiuiière du soleil, il se recouvre d'une croûte rouge , qui est une véritable combinaison d'oxygène avec le phosphore ( oxyde de phosphore ).

L'oxyde de phosphore est rouge, inodore, insipide, insoluble dans l'eau, dans l'alcool et l'éther. Il ne luit pas , comme le phosphore , dans l'obscurité. Il supporte une très-haute température. Il brûle avec une flamme jaune, et se transforme en acide phosphoiique. L'acide nitrique, le chlore humide, etc., le transforment en acide phosphorique.

Lorsqu'on fait arriver de l'oxygène dans de l'eau bouillante contenant du phosphore fondu, il se produit de l'acide phosphorique soluble et de l'oxyde de phosphore insoluble dans l'eau. Cet oxyde se produit, du reste, .sous forme de petites taches rouges , chatiue foi.s qu'on brûle du phosphore à l'air.

Les briquets dits ;;Ao.sju/;or«yî/e.ç contiennent un mélange d'oxyde de phosphore, de phosphore très-divisé et de mangané.se.

La formule de l'oxvde de phosphore est : Ph^ O ( Liebig ).

Le phosphore est employé dans l'analyse de l'air atmosphérique, et pour faire des briquets phosphoriques. Le phosphore est un excitant de l'appareil génital. A dose élevée, i| agit conmie un poison énergique.

Historique. Kunkel a attaché son nom ,'i la découverte du phosphore ; c'est lui qui nous a laissé là-dessus les détails les plus circonstanciés, et qu'on lira peut-être avec un vjf intérêt de curiosité. Laissons-le d'abord raconter la découverte du phosphore de Baudouin , qui se fit à peu près vers le même temps que celle du véritabh^ phosphore.

» H y avait à Gros.scnhayn en Saxe un savant bailli du nom de Baudouin , qui vivait dans la plus grande intimité avec le docteur Kruben. Un jour il leur vint à tous deux l'idée de chercher \m moyen de recueillir l'esprit du monde ( spirituin miindi ). Dans ce dessein . ils prirent de la craie pour la dissoudre dans de •li.

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l'esprit fie nitrc ; Ils évaporèrent la solution Jusqu'à siccité , et exposeront le résiilu à l'air, donT il attira fortement l'eau ( luimidité ) ; par la distillation ils obtinrent cette eau absorbée à l'air. C était là leur esprit du monde, qu'ils vendaient dou/c grosclicn le lot/i. Fout le inonde, seigneurs et vilains, voulait faire usa^'c de cette eau. — On peut biens'iuiaginer que la foi a opéré ici des miracles, car l'eau de pluie aurait été tout aussi bonne. »

Baudouin cassa un jour \me cornue où il avait calciné de la craie avec l'esprit de nitre, et remarqua que le produit qui y restait luisait dans l'obscurité, et qu'il n'avait cette propriété qu'après avoir été expose à la lumière du soleil.

« Aussitôt Baudouin continne Knnkcl, courut à Dresde, pour communiquer ce résultat au conseiller de Friescn , à plusieurs ministres de la cour, et enfin à moi. Je fus, je l'avoue , émerveillé de cette singulière expérience; mais ce jour-là je n'eus pas le bonheur de toucher la substance de mes mains. Pour obtenir cette faveur, je fis une visite à M. Baudouin, qui me reçut fort poliment . et me donna.... une belle soirée nmsicaie. Bien que j'eusse causé avec lui toute la journée, il luc fut impossible d'en tirer le fin mot de l'histoire. La nuit étant venue , je demandai à M. Baudouin si son pliosp/ioriis ( car c'est ainsi qu'il avait appelé son produit de la cornue | pouvait aussi attirer la lumière d'une bougie, comme il attire celle du soleil. Il se mit aussitôt à en faire l'expérience. Toutefois je n'eus pas encore le bonheur de toucher la substance en question. Ne serait-il pas , lui dis-je alors , plus convenable de lui faire absorber la lumière à distance, au moyen d'un miroir concave? — Vous avez raison, répondit-il. .Sur-lechamp il alla lui-même chercher son miroir, et cela avec tant de précipitation qu'il oublia sur la table la substance que j'étais si curieux de toucher. La saisir de mes mains , en ûter nn morceau avec les ongles et le mettre dans la honche, tout cela fut l'affaire d'un instant, u — M. liaudouin revient, l'expérience counuence, et Kunkel ne dit pas si elle réussit.

« Je lui demande enlin s'il ne veut pas me faire connaître son secret. Il y consentit, mais à des conditions inacceptables. J'envoyai alors un messager à M. Tutzky, qui avait longtemps travaillé dans mon laboratoire , et 1(^ priai de se mettre immédiatement a l'œuvre, en traitant la craie par de l'esprit de nitre | car je savais qu'on s'était servi de ces deux matières pour la préparation de l'esprit du inonde | , de calciner ce mélange fortement , et de m'informer du résultat de l'expérience par le retour du messager. «

L'expérience réussit, comme on le pense bien, au delà de toute espérance, et Kunkel reçut, vers le .soir même , un échantillon do son phosphore. Il en fit cadeau à M. Baudouin, en récompense de sa soirée musicale.

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II est difficile d'être à la fois plus sagace et plus spirituel. Voici maintenant les détails concernant l'histoire de la découverte du phosphore proprement dit , dans laquelle Kunkel a joue un rôle important :

« Quelques semaines après la découverte du ■ phosphore de Baudouin , je fus obligé de faire un voyage à Hambourg. J'avais emporté avec moi un de ces têts luisants , pour le montrer a un de mes amis. Celui-ci, sans paraître étonné, me dit : 11 y a dans notre ville un homme qui se nomme le docteur llrand ; c'est un négociant ruiné qui , se livrant à l'étude de la médecine , a dernièrement découvert quelque chose qui luit constaiiunent dans l'obscurité, il me fit faire connaissance avec Brand. Comme celui-ci venait de donner à un de ses amis la petite quantité de phosphore qu'il avait préparée , il fallait me rendre chez, cet ami pour voir le corps luisant récemment découvert. Mais plus je me montrais curieux d'en connuitre la préparation , plus ces hommes se tenaient sur la réserve. Dans cet intervalle , j'envoyai à M. Krafft , à Dresde , une lettre par laquelle je lui lis part de toutes ces nouvelles. Krafft, sans me répondre, se met aussitôt en route, arrive à Hambourg, et, sans que je nie doute .seulement de sa présence dans cette ville, il achète le secret de la préparation du phosphore pour 200 thalers { environ ooo fr. ) , et a la condition de ne point me le dire à moi. Je me présentai un jour chez Brand , précisément au moment où il était en conférence avec Krafft. Brand sortit de sa chambre, et s'excusa de ce qu'il ne pouvait pas me recevoir, alléguant que sa femme était malade, et qu'il y avait encore une autre personne chez lui. D'ailleurs il me serait , ajouta-t-il, impossible de vous apprendre mon procédé ; car ayant depuis essayé plusieurs fois, je nu lai plus réussi. Il fallut donc, bon gré mal gré. me préparer à quitter Hambourg sans avoir rien obtenu.

o Avant mon départ , je rencontre par hasard iM. Krafft, auquel je raconte naïvement tout ce qui m'était arrivé. Celui-ci m'assura que je n'obtiendrais jamais rien de M. Brand . qui est , me dit-il , un houiine très-entêté. Je ne savais pas alors que Brand se fut déjà engagé envers Krafft, par un serment, à n'apprendre ce procédé à personne. Je partis donc comme j'étais venu.

« De Wittembcrg j'écrivis à Brand, en le priant ilérativement de me faire connaître son secret. Mais il me répondit (|u'il ne pouvait plus le retrouver. Je lui écrivis encore une fois , en insistant de nouveau. Il me rè-pondit alors qu'il avait, par l'inspiration divine, retrouvé son art; mais qu'il lui était impossible de me le communiquer. Knfin, je lui adressai une dernière lettre, dans laquelle je lui apprenais que j'allais moi-inêine , de mon côté, me livrer à des recherches assidues, et que, si j'arrivais à mon but, je ne lui eu aurais aucune reconnaissance. Car je savais que Branil avait travaillé sur l'urine, et (iiie

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c'était de là probablement qu'il avait tire son phosphore.

X A cette lettre , il me fit la réponse suivante : « J'ai reçu la lettre de monsieur, et je vois avee regret qu'il est d'assez, mauvaise humeur, etc. J'ai vendu ma c'écouvcrte a krafft pour la somme de aoo tlialers. J'ai appris depuis que Kratrt a obtenu une gratification de la cour de Hanovre. Si je ne suis pas content de lui , je serai di.sposé à traiter avec vous. Dans le cas où vous irieï vous-même découvrir mon secret, je vous rappellerai votre promesse, votre serment. »

« Cela avait-il le sens commun ? s'écrie Kunkcl , justement indigné. Jamais de ma vie je n'avais supplié un liomu)e avec des prières aussi instantes que ce M. Brnnd , qui se donne le titre de iluclor iiiedeciiuc et iiliikisot>luœ. Il a encore l'audace de me demander une somme d'argent , si je parvenais moi-même a faire la découverte que je l'avais tant supplié de nie communi(iuer!

«Enlin,de guerre lasse, je me mis moimême a l'cruvre. Uien ne me coûta ; et au bout lie quelques .semaines , je fus assez, heureux de trouver, à mon tour, le pliosphorc de Urand. Voilà , mon cher licteur, toute Thistoiie du phosphore : on \oit par la ([iie lirand ne m'en a pas appris la préparation.

(I J'ai, depuis, appris que ce docteur tudcsque ( cloclor teidoniciis ) .s'est exlialé en invecllM's contre moi. Mais que faire d'im si pauvre docteur qui a compiéteiiieiit négligé ses éludes, et qui ne sait pas même un mut de laliD.' Gir je me rappelle un jour que son enfant s'étant fait une égralignure au \i.sage, je recommandai au père de mettre sur la plaie oleiiin ccrœ. Qu'est-ce que cela.' me dit-il. — Du cérat , lui répondis-je. — « lieu, ien , reprit-il dans son patois hambourgeois ; j'uurions dû y pcaser plus tôt. » C'est pour cela que je l'appelle le docteur tudesque. .Son secret devint bientôt si vulgaire , qu'il le vendit par besoin, à d'autres personnes, pour dii tlialers ( en\iron quarante francs '. Il l'avait, entre autres, fait connaître à un Italien qui, étant venu à Berlin , l'apprenait , à son tour, a tout le inonde pour cinq thalers ( environ diihuit francs ).

« Quant à moi, je fais ce que personne ne sait encore : mon jihosphore est pur et transparent comme du cristal, et d'une grande force. .Mais Je n'en fais plus maintenant, parce qu'il peut donner lieu à beaucoup d'accidents malheureux. »

Ces faits, qui auraient perdu leur charme par une sèche analyse , se passèrent à peu prés vers l'année i6C9à 1670.

Kunkel ne fut pas aussi intéressé , et ne fit pas le mystérieux comme Brand ; car il communiqua gratuitement son procédé à plusieurs personnes , et entre autres à Homberg , en présence duquel 11 fit l'opération en I879.

FUuspuuiiEiJX (Acide ). L'acide phosphO'

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reux est solide, blanc, d'une odeur alliacée et d'une saveur acide. Il attire l'humidité de l'air, et finit par .s'y transformer en acide phospliorique , en absorbant une plus grande quantité d'ovygéne. Dissous dans l'eau, il est susceptible de cri.stalliscr en parallélipipedes transparents. I.'aeide phosphoreux rougit la teinture de tournesol. Uni aux oxybases , il forme des phosphites, dont plusieurs sont insolubles. Versé dans l'eau de baryte, il produit un précipité blanc de phospliite do baryte. Comme tous les acides qui peuvent se suroxyder, il décolore le sulfate rouge de manganèse. L'acide phosphoreux, chauffé dans l'eau , se décompose : il se produit de l'hydrogène phosphore spontanément inflammable, et de l'acide phosphorique. L'acide nitrique le change en acide pho.spliorique. Le chlore humide le tian.sforme également en acide phosplioriciue. avec formation d'acide elilorhydriqiie. Chauffe avec le proloxydc rouge de mercure , il dminc naissance à de l'acide phosphorique et a du mercure métallique.

Lorsqu'on expose le phosphore au contact de l'air, il réjiand de légères vapeurs blanches et au bout d'un certain temps il finit par s'y consumer complètement. Ces vapeurs constituent un mélange d'acide pliosplioreux et d'acide phosplioriciue. C'est ce mélange qiii avait été considéré par quelques cliimistes comme un acide partieuUcr, et appelé acide pliospliatuiuc.

On obtient l'acide phosphoreux pur, en brûlant le pluisphore dans des tubes étroits, oii l'air ne pénétre pas en trop grande quantité à la fois. L'.;cide phosphoreux qui se produit se dépose, sous forme d'une poussière blanche, à la partie supérieure du tube.

Le meilleur procédé de préparation est le suivant : On fait arriver du chlore sur du pliosphore en excès. Le chlorure de phosphore qui se produit décompose l'eau, pour donner naissance à de l'acide phosphoreux peu vola, til, et à de l'acide clilorhydrique très-volatil. La chaleur achève la séparation de ces deux acides.

L'acide phosphoreux précipite en blanc l'eau de barjte, et le précipité ( phosphite de baryte), chauffé avec du charbon, donne du phosphore. 11 précipite en rouge le nitrate d'argent , et le précipité passe bientôt au noir. Ces caractères le distinguent de l'acide hypophiisphoreiix et de l'acide phosphorique. Kormulr : l'hU= OU Ph^ O^.

PHOSPHORIQUE C Acldc ). L'acidc phosphorique ordinaire e.st solide, blanc, incolore, inodore et d'une saveur franchement acide. Il est susceptible de cristalliser en prismes rhomboidaux. Soumis à l'action de la chaleur dans un creuset de platine ( car il attaque les vases de grès et de verre ) , il perd peu à peu son eau, et prend l'aspect d'une masse vitreuse , parfaitement transparente, qui attire l'humidité de l'uir, et qui ne tarde pas à devenir opaque.

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Oiauffe au delà de 400=, it se voliilUise. I.a chaleur lui fait éprouver des modlQeatious remarquables. ( f'oyez rHosPHORiQtiî et Me-

TAI'HOSPHORIQUE I AcidCSl. )

L'acide phosphorique rougit fortement la teinture de tournesol. Le eliarbon lui enlève fion oxygène a la température de 300° , et le phosphore distille. Mais, comme lacide phosphorique est volatil avant cette température, il faut le fixer préalablement dans une base telle que la chaux ou l'oxyde de plomb. Les Jlydracides et les oxacides n'ont aucune ai tion sur l'acide phosphorique. Le potassium lui en- Ié\e tout sou oxygène : il se produit du phosphure de potassium d'une odeur infecte.

L'acide phosphorique ordinaire sature 3 equival. de base; i équivaL de base peut être remplacé par i équivalent d'eau ( eau de constitution ) jouant le rôle de base. Ainsi , par exemple, en calcinant, à une chaleur modérée, un phosphate de soude contenant 1 éqiiiv. d'acide phosphorique, 2 équivaL de soude et 2.Î équivaL d'eau , on peut lui faire perdre tous les équivaL d'eau moins un, sans dénaturer le pliosphatc. Cet équivaL d'eau qui reste, et qui remplace 1 équi\aL de base , n'est éliminé qu'a la chaleur rouge ; et alors le phosphate est transforme en un autre sel (i)(^roplwsphale .

Loi à la soude ( phosphate de soude ), l'acide phosphorii|ue précipite le uitrate d'argent en iauae. Il précipite l'iau de chauï en blanc; et le précipité, insoluDle dans Icau , est soluhlc dans un excès d'acide ( phosphate acide de cliaux ). Combiné avec une base non alcaline et calciné avec du charbon, il donne du phospliore.

L'acide phosphorique n'existe pas dans la nature, à l'état de liberté. On le trouve â Létat de combinaison dans les phosphates de cliaux, de soude, de fer, de plomb, etc.

On obtient l'acide phosphorique en traitant .'1 cliaud le phosphore par l'acide nitriiiue. On évapore, pour chasser l'excès d'acide nitri(|ue et de vapeurs nitrcuses. On achève la concentration de l'acide pliosphoriquc dans des vases de platine, en chauffant a peu près Jusqu'à 200°. L'acide pliosphoriquc ordinaire ',( hydrate ) , saturant 3 équivalents de base , .se compose de

4ô,9G de phosphore , 5G,oj d'oxygène, 12.1a d'eau.

De là sa formule = l'h O^, 3IIO.

Jcide pliosphorique anhydre. Il est solide, blanc (sous forme de flocons), inodore, d'une saveur acide assez agréable. 11 est fusible, et se volatilise beaucoup plus difUeilenient que l'acide phosphorique liydraté. Il se dissout dans l'eiu , eu produisant un sifflement semblable a celui d'un fer rougi qu'on y plongerait. 11 attire fortement l'Iiumidité de l'air, et se transforme en acide pliosphoriquc liydraté.

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Ou obtient lacide pliosphoriquc anhydre en bi'ùlaiit du phosphore sec dans de l'oxygène ou dans de l'air atmosphérique parfaitement desséché. L'acide se dépose , sous forme de flocons blancs , sur les parois du vase.

Il .se compose, en centièmes, de 43,9G phosphore, !i6,o4 d'oxygène.

Oe là sa formule : = l'h O^.

Pii()SPHo\ ixiQUE (Acide). Synonyme :

Élheriipliosphariiive. Liquide incolore , de consistance sirupeuse, d'une saveur trèsacide , miscible en toutes proportions à l'eau, à l'alcool et à l'éther. A une teiiipératiire élevée , il se décompose en éllicr, en alcool , en gaz inllamiiiables et en un résidu charboneux. On l'obtient par la réaction de l'acide phospliorique hydraté par l'alcool. 1-ormule : PU 05, Ae 0,-1- 2IIO.

pnoTocit\i-HiE. ( l) cf.(ô;, lumière, et Ypàç.w, je trace. ) Synonyme : Dayuerreutypic. On a donné ce nom a l'action combinée de la lumière et de certaines substances chimiques ( sels d'argent ) , ayant pour résultats les dessins exacts des images qui frappent une couche métallique ( plaquée ) enduite de chlorure ou de bromure d'argent , et d'une mince couche de vapeur mercurielle. Ce fut en 18-80 que M. Daguerre , auquel le Gouvernement français a décerné une récompense nationale, découvrit les images photographiques. Cette découverte , qui fit beaucoup de bruit , est due au hasard plutôt qu'à la science guidée par la théorie. On a jusqu'à présent vainement essaye de donner une explication rigourcnscmont scientilique du procédé daguerrien, que MM. BelDeld et L. Foucault ont ainsi modihé : <c Ayant fait choix d'une surface d'argent dont la planimétrie et la continuité soient suflisamment parfaites , on la polit superficiellement à l'aide d'une poudi'e de pouce lavigée et desséchée avec le plus grand soin , et quelques gouttes d'essence de térébenthine du commerce, non rectiliée. La partie volatile de l'essence .s'évapore pendant l'opération du polissage, et il reste à la surface de la plaque une couche pulvérulente grisâtre dont elle se dépouille avec une facilité extrême, et au-dessous de laquelle elle apparaît nette , noire et brillante. 11 ne reste plus qu'a atténuer l'épaisseur de la couche résineuse , soit en dissolvant une portion à l'aide de l'alcool de 43" reclilié à la pjlasse et a la chaux, soit en l'usant mécaniquement au moyen des poudres sèches. Les personnes qui ont coutume d'examiner à l'aide du souflle condensé l'état des surfaces métalliques sauront facilement reconnaître les moindres défauts dans la continuité et l'uniformité de la couche résineuse.

« Exposée à la vapeur de l'iode, la plaque ainsi vernie se comporte exactement comiiic une plaque préparée et desséchée a\ ec le plus grand soin par les procédés ordinaires. Les teintes se succèdent avec la même rapidité ,

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dans le même ordre, et les nuances ont la môme valeur. D'ailleurs les tons seront d'autant plus cliauds et plus Irancs, la série sci.i d'autant plus nette et plus tranchée, qiu> la couche résineuse sera plus mince et jilus evempte de toute trace d'humidité.

<i Soumise à l'action de la lumière dans la chambre noire, la couche impressionnable ainsi préparée se comporte encoie comme la couche iodurée obtenue par les méthodes usuelles. L'image s'y forme de la iiiéiue inaaiére et dans le même temps.

u Mais l'exposition de la couche iodurée ain-si préparées la vapeur du hrùme présente cette particularité remarquable, qu'un léger e\ces dans la quantité de vapeur absorbée ne donne plus nais.sance au phénomène désigné sou.s le nom du voile de brome. Ln faible excès de brume ne s'annonce que par l'aspect de gri- .saille que prend l'image a la vapeur du mercure , aspect qui devient de plus en plus prononcé jusqu'à ce que l'image disparaisse presque entièi'ement sous une cendrée blanchâtre. Toutefnis , une exposition prolongée à un grand excès de brome désorganise entièrement la couche impressionnable , et la vapeur du mercure n'y fait plus apparaître alors que de larges taches d'un brun rougcàtre et à bords décliiquctés. "

De l'ensemble de leurs expériences, >DI. Bclfield et 1,. Foucault ont conclu :

1^ Que l'image dagurrrienne se forme dans l'épai,ssi>ur d'une couche de matière oiganiquc étendue par l'opération du polissage à la surface de l'argent ;

2° Que l'opération du polissage ne doit plus nioir pour but tic décaper la surface métallique , mais bien d'y étendre uniformément une couclie continue et mince de vernis ;

r.^ Que ce vernis, suflisaniment épais et convenablement choisi , a pour résultat de prévenir la formation du voi/e de brome, et jiermet ainsi d'atteindre toujouis au maximum de sensibilité de la couche impressionnable.

I.e procédé daguerrien a reçu depuis lors de nombreux perfectionnements, dans le détail desquels nous ne pouvons pas entrer ici. Ceux (|ui sont parvenus â obtenir les images les plus nettes en ont fait , sauf quelques exceptions, une branche d'industrie plus ou moins lucratuemcnt exploitée.

On a jusqu'à présent vainement essayé de fixer les images des objetsavcc Icui's couleurs naturelles. Cette découverte serait plus belle encore que la première.

PHOTOMÈTRE. ( De y(ô?, lumière > et [xe- Tpov, mesure. | Instrument destiné à mesurer l'intensité de la lumière. Ces instruments, dont on a imaginé un a.ssez grand nombre , laissent en général beaucoup à désirer. M. Bunsen, pour mcMircrlejet de lumière produit entre deux pointes de chasbon par un courant élertiique de ia pile de charbon , a propo.sé le photomc- U'K suivant :

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Soit un diaphragme transparent , pir ej<iTiplc un morceau de papier mince «« doribie

par un second morceau de papier bh ; que re diaphragme soit éclairé à sa surface postérieure L par une faible source de lumière constante , et à sa face antérieure l,' par la lumière a' dont il s'agit de mesurer l'intensi'e : on verra que la face antérieure du diaphragme sera différemment éclairée par la coïncidcflce des deux lumières. La clarté des faces ab se compose des rayons émanés de L t= a, et de la portion de lumière de L' qui ne traverse pas le diaphragme = p. Conséquemment la clarté des deux faces est a -(- p. La partie bb de ia face antérieure du diaphragme reçoit également la quantité de lumière a, moins le.» rayons x retenus par le morceau de papier double. La face bb reçoit de a' la quantité de lumière fj, et en outre la portion de lumière partant de a', qui traverse le premier papier et qui est rejeléedcla surface du second, et que nous désignerons par ;/. La clarté de la face bt> est donc en tout a -f~ P "" ^ + ''■

Si a = y, les clartés des faces bb et ah sont égales, savoir a et p, et le papier apparaît comme une surface blanche uniformément éciairée.

Si,a >• y, la face bb reçoit moins delumiéra que «6, et apparaît comme une tache obscure sur un fond blanc.

Knfin , si ^ >■ x, on aura le cas inverse, et la face bb apparaît comme une tache blanche sur un fond obscur.

Si l'on approche 1» source de lumière L'du diaphragme , la surface revêt successivement les trois phases indiquées. Afin d'éviter lea nuances des couleurs subjectives qui accompagnent le passage du noir au blanc , M. Bunsen se sert de deux lames de verre dépoli renfermant deux feuillets de papier à lettre superposés, dont l'un plus grand et l'autre plu» lictit. Si l'on place ces lames à la face antérieure d'une caisse faiblemenl éclairer à Tint*"

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