‹ Dictionnaire de chimie et de physiqueChapitre 266 sur 322 · SUT · texte numérisé non relu

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par M. lîor/.oliiis, s'obtiennent en eli;iMff,int les sMifliy popliusphites, après les avoir bro.vé,s avec la [lortion de soufre nécessaire pour transformer en sulUdc phosphoreux le sulliilo liypo- Iiliosplioreux. Formule générale : U + IMi^ S-*.

siLi'opiAMyiE ( Acide ). Cet acide provient de la réaction de l'hydrogène sulfuré sur une solution aqueuse d'aciile opianiquc à ■70". ( l.'acide opianUiuc a élé pour la preinière fuis obtenu par Woeliler parmi les produits de décomposition de la narcoline , en chauffant une solution de narcotiue dans l'acide sulfurique étendu avec un excès de peroxyde de manganèse bien pulvérisé. ) La liqueur devient laiteuse, et la matière qui se dépose est l'ucide sulfopianique. La transformation de l'acide opianiquc n'est complète qu'après plusieurs jours de réaction du gaz hydrogène sulfuré. Lorsqu'on chauffe la liqueur jus(|u'à l'ébullition le précipité jaune qui s'est formé se fond en un liquide huileux pesant, de couleur pAle.quise solidilic par le relroidisscment. Dans cet état, iacide sulfopianique constitue une masse amorphe d'un jaune de soufre. Audessous de + 100 degrés, cette masse s'auiollit; à + 100 degrés, elle devient liquide. A luie température plus élevée, elle se décompose en répandant une vapeur épaisse, jaune, qui se condense en petits cristaux aciculaircs, solubles dans l'alcooL Klle briile avec flamme, et répand une odeur d'acide sulfureux.

L'acide sulfopianique fondu a perdu la faculté de cristalliser, même par Tévaporalion spontanée de l'alcool dans lequel il a été dissous. Il se dépose sous forme d'une matière amorphe. Si, au contraire, en dissolvant ce corps un a soin de ne pas élever la température de manière à le faire fondre, on l'obtient cristallisé en petits prismes transparents d'un jaune pûlc. L'acide sulfopianique, à son point de fusion , éprouve le même changement que l'acide opianiquc : il se dissout dans les alcalis ; les solutions sont précipitées par les acides sa ns dégagement d'hydrogène sulfuré. Au bout de quelque temps, elles renferment des sulfures alcalins. Avec les .sels de plomb et les sels d'argent, elles donnent des précipités d'un jaune foncé, qui, par la chaleur de l'ébullition, se convertissent en sulfures noirs.

L'acide sulfopianique a pour formule : C-"" lis 07 .S^ -I- 110. U peut donc être considéré comme de l'acide opianiquc aqueux, dans lequel 2 équivalents d'oxygène sont remplacés par 2 équivalents de soufre.

siJLFOi'UnpuniQUE ( Acide). Produit pulvérulent, pourpre, qui se forme, en niénie tenqis que l'acide suHiudigotique, par l'action de l'acide sulfuriquc concentré sur l'indigo. ( f-'ot/cz SuLFiNDiGdTlQUE [Acidc]. | U se dissout dans l'eau avec une couleur bleue. Les sulfopurpurates sont plus solubles dans l'alcool que dans l'eau. Leurs solutions aqueuses bleues sont décolorées par les corps réducteurs. Suivant M. Dumas , les sulfupurpurales ïoiU cunsliluéspar un acide, formé de 2 atomes

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d'indigo et de 2 atomes d'acide sulfuriquc, et qui salure l atome de base.

.sui.FOViNATES. Synonyme : Éthèrosut- /a^fs. Sels eristallisables, en général très-solublcs, (|u'on obtient en satinant un mélange bouillant de parties égales d'acide sulfuri()ue et d'alcool de 0,8.!, par un lait de chaux , par du carbonate de baryte ou de l'oxyde de plomb. Ou se procure les sulfovinates des autres bases par voie de double décomposition. Par la distillation sèche , ils se décomposent, et donnent du sulfate double d'o.xydc d'étliyle et d'c- Iherole, del'aleool.dc l'hydrogène bicarboné, de l'acide sulfureux, et un résidu charbonneux. Us contiennent en général de l'eau de cristallisation, qu'ils abandonnent dans le vide.

SL'i.FoviMQUE ( Acidc ). f'oyez Lthkrosui.FuaiQL'E { -Acide ).

SLLFUHES. Sels haloïdcs qu'on distingue suivant les diverses proportions de soufre <iu'ils contiennent, en tiionosiiljures, ens»//- /iiidrates de monosuif in-es , en bisulfures, en trisul/nres, quadrlsulfures , et en pcntasulf lires ou persvif lires.

Quand on chauffe du soufre avec un métal , il peut se présenter deux cas : i° le métal ne se combine avec le soufre qu'en une seule proportion ( iSI + S ), ou 2° le métal se combine avec le soufre en plusieurs proportions : cependant, quelle (lUC soit la quantilé de S4jufre qu'on lui présente, le métal n en prend jamais plus de i équivalents ( M -|- .s^ ). Les uionosulfnres des métaux proprement dits sont généralement insolubes , taudis que les monasuljiires alcalins sont solubles. Ce sont ceux-là qui nous intéressent plus particulièrement. Les monosulfures alcalins ont tous une réaction alcaline , ainsi qu'une odeur d'hydrogène sulfuré. Ils sont solubles dans l'ean et dans l'alcool, et tachent la peau en jaune; mais la tacbe ne persiste pas. Traités par un hydracide ( acide ehlorhydrique ), ils dégagent de l'acide sullhydrique avec effervescence ; traités par un oxyde ( acide sulfuri(|uc }, ils donnent lieu à la même réaction ; mais dans ce cas , c'est l'eau de l'acide qui se décompose, tandis que, dans le premier cas , c'est l'acide lui-même qui se décompose. Ce caractère appartient, du reste, à tous les sulfures en général. Chauffés en vase clos, les mouosulfnres alcalins rési.stcnt à de très-hautes températures ; ils s'altèrent , au contraire, au contact de l'air, en .se transformant, â la longue, par suite de l'ab.sorption de l'oxygène, en .s» t/ales parfaitement neutres. Le grillage â l'air humide hàto siugulièrenient celte transformation. La dissolution aiiueu.se de monosulfures alcalins est d'abord incolore ; au boul de quelque temps , elle se colore en brun jaunâtre, étant exposée au contact de l'air; enlin, au bout d'un ou deux aus , elle est redevenue incolore Supposons que ce soit le monosulfuic de potassium | Iv S ) , voici ce qui se pa.ssc : 2 K S + eau , au contact de l'air ( oxygène et acide carbonique ), devient := K O , CO^ ( cai-

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bonate (le potasse ) + KO , S^ O^ ( hyposiilfite ). Or, le carbonate et riiyposuUilcdc potasse, formés aux dépens de l'oxygène et de l'acide carbonique de l'air , sont tous deux incolores. Pourquoi donc y a-t-il coloration? C'est que le potassium s'oxyde plus vite que le soufre ; et la potasse ainsi produite Se combinant aussitôt avec l'acide carbonique Qc l'air, il y a du soufre mis en liberté , et ce soufre , se portant sur la partie du nionosulfure non décomposée, transforme celui-ci en polysnlfure. Or, tous les polysulfurcs sont colorés ; mais le soufre , absorbant bientôt l'oxygène de l'air, se transforme d'abord lui-mOmc en hyposulfite incolore , comme nous venons de le voir; et l'hyposulfite se change à son tour, par un contact prolonge de l'air, en sulfite, et finalement en sulfate. C'est ainsi qu'une dissolution de monosulfuic alcalin, exposée à fair, se trouve , au bout d'un certain temps, ne contenir que du sullate parfaitement neutre et incolore.

On distingue les monosulfures des autres sulfures plus sulfurés , en ce que leurs dissolutiojis, traitées par les acides, dégagent de l'acide sulfhydrique sans prccipUation de soufre. 11 y a plusieurs moyens de préparer les monosulfures. l,e meilleur moyen consiste a chauffer un sulfate alcalin | sulfate de potasse, de soude , de chaux , de baryte, de slrontiane ) dans un creuset brasqué , recouvert de eliarbon et porté à la chaleur blanche. Tout l'oxygène étant enlevé par le charbon à l'état d'acide carbonique ou d'oxyde de carbone, il reste un équivalent de soufre combiné avec lui équivalent de potassium ou de sodium, etc., c'est-à-dire un monosulfure alcalin. Tout autre moyen de préparer le monosulfure est diflicile, sinon impossible; car , comme les métaux alcalins peuvent se combiner avec le soufre en plusieur-s proportions déliuies, il est difficile do tomber exactement sru- la (piantité de soufr-e ( par voie .sèche | ou d'acide suUhydrique | par voie humide ), nécessaire pour former avec la pota.sse ou la soude un nionosulfure de potassium ou de sodium.

2° Il n'y a guère que les alcalins et les terres altalines qui forment des siilf/i.ydrates de sulfures, qu'on doit regarder comme de véritables sul/o-sels ; car, dan.s ces composés, le .soufre de l'acide correspond au soufre delà base, comme, dans les oxysels ou sels proprement dits, l'oxygène de l'acide correspond à l'oxygène de la base ( A'o.v. Nomencl.xtltre ). Ils ont une réaction alcaline. Leurs dissolutions sont incolores comme celles des monosulfures; traitées par les acides, elles dégagent de l'hydrogène sulfuré comme les sulfures simples, avec cette différence qu'il se dégage eiactenrent le double d'hydrmiéne sulfuré de ce qu'en dégagent les roonosulfurcs :

MS, US -f CIH = MCI -I- HS, IIS (2 équlv. d'acide sulfliydrique | ;

MS, CIH = MCI -f 1IS( 1 équlv. d'acide sulfbydriquc. )

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le moyen le plus simple de distinguer un sulfhydrate de sulfure d'im monosulfrire , consiste à le inetti-e en contact avec un sel ( sulfate ) de manganèse. Si l'on opère sur un sulfliydr-ate,il se produit un pi'écipité de sulfure de manganèse avec effervescence , et il se dégage nu équivalent d'acitlc sulfhydrique, parce qu'il n'existe pas de sulfhydrate de sulfm-e de manganèse. Ce même sel de manganèse ne donne pas d'effervescence avec un monosulfurc alcalin. L'action do l'air sur les sulfliydratcs desrilfui'es est la même que sur les sulfui'cs simples.

On préparc les sulfliydratcs de sulfures en faisant arriver dans une dissolution de pota.sse de soude , de chaux , etc., un courant de ga/. srilfliydriqrie V.n chaulfant du pota.ssium dans du ga?. sulfhydrique, on obtient un sulfhydrate de sulfrue de potassium , en même temps qu'il se dégage de l'hydrogène. Ce sulfhydrate est tout a fait analogue au fluorhydrate de fluoruie de potassium.

7," Tous les polysulfurcs sont colorés. Leurs dissolutions, traitées par iin acide, dégagent de l'acide sulfhydiiiiue avec effervescence, et lai.ssent déposer tous les équivalents de smvfre , moins un , qui entrent dans la composition du polysrilfure. Ainsi, si le pol.vsulfrire est un trisulfure , il se déposera deux èi|uivalents de soufre ; si c'est un pcntasulfirre il s'en déposera quatre équivalents, etc. Il est important, dans les analyses, de ne pas .se sei-vir d'un polysulfure au lieu d'un monosulfure ; car l'excès de soufre du polysulfure s'ajoutaut au précipité d'un su fure siiu ■ l)le, ferait commettre une erreiu' considérable,

Les polysulfiu-es se conservent plus longtemps à l'air que les sulfui'cs simples. Mais ils finissent, à la longue, par devenir incolores, et laissent déposer du soufre , ce qui les distingue (les monosulfures et des sulthydralc? de sulfures, qui se décolorent sans déposer de soufre. Dans la décoloration dos polysulfurcs , l'air n'intervient que par son oxygène. Le polysulfure passe successivement par les états intermédiaires û'/ii/posnlfite, de sulfite, pont arriver finalement à l'état de sulfate.

On obtient les polysulfurcs directement p;u voie sèche, en calcinant un alcali (ixe ( potasse, soude ) ou une terre alcaline ( chaux, baryte , stiontiane ) avec du soufr-e en excès.

su i.FUREL'x ( Acide ). .Synonyme : Gaz sulfureux. L'acide .sulfureux est un gaz incoloie, doué d'une odeur suffocante, rappelaut l'odeur du .soufre. Sa densité est 2,îo, Soumis à une pression de 3 à j atmasphères dans un appareil de iMariolte , il pa.sse à l'état liquide ( Faraday ). Ce qu'il y a de remarquable datis celte expérience , c'est que la diminution du volume du gaz acide sulfirreux n!cst pas exactement propoitioriiielle a la pression à la quelle il est soumis ; tandis que les antres gaz, (l'après la loi de Muriotte, se réduisent à la moitié de leur volume, sous une pres.sion double ; au tiers, sous une pression triple, et aiubi de suite. L'acide sulfureux te réuuii

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tout d'abord au quart environ de son volume sous une pression double. I.e ga/. acide sulfureux est donc plus compressible que les autres gaz. Itcvenu liquide par suite d'une forte pression ou d'un abaissement de température à — 2.!=, il est incolore , très-mobile , et sa densité est 2.212 à — .^o'. A la température de 10», il reprend a\ ec effervescence l'état de gaz, en produisant un abaissement de température qui va jusqu'à— iJT". et dans le vide, ius<|ii'a— 6a». Aussi peut-on congeler,à l'aide de l'acide snlfiu-eux liquide anhydre, les liquides dont le point de congélation est très-bas , tels que l'alronl , le mercure , etc. Le pouvoir réfringent du gaz acide sulfureux est 2,2Ç0. l.'cau , à la teuipérature de 20', dissout environ a fois son volume de gaz acide suKiu-cux. L'alcool dissout IIG fois son volume de gaz dans les circonstances ordinaires. Ces quantités varient suivant la température et suivant la pression. L'acide sulfureux dissous dans l'eau perd sa stabilité , et tend à se transformer en un autre composé.

De tous les acides du soufre, l'acide sulfureux est le plus stable. Prenant nai>smce a une température élevée, il n'est point déeoiiiposable par la chaleur. Le gaz acide sulfureux , dissous dans l'eau et abandonné au contact de l'air, se transforme peu à peu en acide sulfurique. Voici comment : l'eau dissout l'oxygène de l'air ; cet oxygène se combine avec l'acide sulfureux , qui se change eu acide sulfurique ; et alors l'eau, n'ayant plus d'oxygène en dissolution , est apte à en aljsorber de nouveau. Cette action , lente à la vérité , se continue jusqu'à ce que tout l'acide sulfureux soit changé en acide sulfurique. Le chlore et l'acide sulfureux n'exercent aucune action l'un sur l'autre, iors(|u'ils sont tons deux à l'état de gaz secs ; mais en ajoutant un peu d'eau, la réaction a lieu aussitôt; If chlore disparaît ; il se forme de l'acide chlorliydrique et de l'acide sulfurique aux dépens de I hydrogène et de l'oxygène de l'eau, qui se décompose. L'iode, le brome, le fluor, agissent comme le chlore. L'acide sulfureux et l'acide chlorbydri(|ue, tous les deux étant très-stables, ne réagissent pas l'un sur l'autre. L'acide sulfureux, mis en contact avec l'acide sulfliydiique, donne naissance à de l'eau, et a du soufre qui se dépose. Les oxacides peu stables , c'est-à-dire ceux qui cèdent facilement leur oxygène , tels que les acides chlorique , bromi<|ue, iodique, nitrique, transforment l'acide sulfureux en acide sulfurique. L'aciJe sulfureux forme avec les oxybases des sulfites.

Le peroxyde de manganèse absorbe le gaz acide sulfureux d'une manière complète . (lay- Lussac ). Le borax est dans le même cas. Cette propriété est précieuse dans les analyses.

L'eau , tenant en dissolution de l'acide sulfureux , abandonne i)ar la chaleur tout l'acide .dont elle est chargée, et il ne reste plus que de l'eau pure; tandis qu'en traitant de la même manière une dissolution d'acide clilor-

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hydrique, il arrive lui degré où l'e.iu ueti abandonne plus; elle reste acidulée.

L'acide sulfureux décolore certaines couleurs végétales. La violette , les roses rouges , sur lesquelles on fait arriver du gaz acide sulfnrenx, deviennent blanches: mais la cou leur n'est que masquée , car on la rétablit au moyen de l'acide sulfurique. Il rongit la teinture de tournesol, qui, bientôt après, se détruit en devenant d'un jaune paille.

On rencontre l'acide sulfureux à l'état dn liberté aux environs des volcans , des sulfa ■ tares, et partout où il y a du soufre en combustion. On ne le rencontre point à l'état de combinaison ; car, outre que l'acide sulfureux a peu de tendance à s'unir aux bases, il ne tarderait pasà se changer de sulfite en sulfate.

Lorsqu'on brûle du soufre sous une cloche contenant de l'air ou de l'oxygène, il .se forme du ga/ acide sulfureux, facile à reconnaître par son odenr caractéristique. Cet acide s'obtient donc directement. Kn biùlant le soufre dans l'oxygène , la température qui se produit est excessivement élevée, tandis que dans l'air la présence de l'azote s'oppose à ime élévation trop grande de température Cette remarque est, du reste, applicable à tous les corps qui se combinent directement, soit avec l'oxygène pur, soit avec l'oxygène de lair. — On prépare l'acide sulfureux ))lus commodément en chauffant l'acide sulfiuique concentré, en contact avec un métal tel que le cuivre, le mercure ou le zinc. L'acide sulfurique, en se décomposant, oxyde le métal, et l'acide sulfureux se dégage, et peut étie recueilli sur le mercure. Lorsqu'on chaufle lacide sulfurique avec de la sciure de bois ou avec du charbon en poudre, on obtient également un dégagement d'acide sulfureux ; mais celui-ci est impur, car il est mélè avec de l'acide carbonique et avec des vapeurs d'acide sulfurique anhydre.

L'odeur et la propriété d'être absorbé par le peroxyde de manganèse et le borax sont des caractères suffisants pour distinguer l'acide sulfureux de tous les autres corps.

Composition : de 100 p. de ga/. acide SLilfnreux 30,1 1 i sont du soufre , 49,SJG — de l'oxygène.

La formule est donc : SO'. 100 parties rie cet acide neutralisent une quantité telle d'oxybase, que l'oxygène de celle-ci est 2i,i)2u. c'est-à-dire la moitié de la quantité de l'oxygène contenu dans l'acide.

On emploie souvent l'acide sulfureux pour faire des fumigations, pour purifier les lettres qui viennent des pays où règne la peste. Ou s'en sert pour blanchir des étoffes animales telles que la soie , la laine, que le chlore pourrait détruiie.

SCLFURIQUE ( .Vcide). Synonymes: Hui/n de ritriol ; Acide vitrioliqiie ; iLsprit rfi? f-'ciins. Il y a deux espèces bien dislincte* d'acide sulfurique : 1= Vacide sulfurviue 01^

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dinaire ou du commerce ; i" l'acide mlfurique anhydre ( glacial).

1' Acide siitfuriquc ordinaire (SO^, HO). Cet acide est d'une saveur cxtrciiiement caustique, produisant s<ir la l-anjjue ia sensation d'une température élevée -, il est inodore et incolore quand il est pur ; il est coloré en jaune, quand il contient de l'acide hyponilrique ; il a l'odeur du soufre qui brûle, lorsqu'il contient de l'acide sulfureux. Par la distillarion , ces deux acides, qui rendent l'acide sulfurique impur, s'en vont les premiers, et on obtient de l'acide sulfurique à peu prés pur, surtout si l'on élève la température de manière à distiller l'acide suUurique lui-même, et à laisser pour résidu les sulfates de plomb ou de fer, de potasse , de cliaux , qui peuvent s'y trouver dissous. L'acide sulfiuique bien concentré est de consistance oléagineuse : il coule comme une huile grasse jde là son nom ancien tïhvile de vitriol , parce qu'on le préparait par la distillation du vitriol vert (sulfate 4le protovydc de fer). Sa densité est i,r42I7. U bouta la température de;2j°,et peut être distillé. Il X congèle à o — :^i"'. Son ébuUilion est brusque, et produit des soubresauts qui peuvent projeter le liquide au loin ; on évite cet inconvénient en y ajoutant de la limaille de platine, nu tout autre corps étranger non attaquable par l'acide. Il est soluble dans l'eau en toute proportion. .Sa dissolution aqueuse trèsétendue bout trcs-piès de loo^ietà mesure que la propoiliond'acidc augmente, la dissolulion ne bout plus qu'a i:«)-,â 2oo^,à ôOo°,etc.; de manière qu'on peut en f.iire varier le point d'ébullition suJ\ant la quantité plus ou moins grande d'eau dont l'acide se trouve chargé.

I.'acide sulfurique colore la teintrire de tournesol en couleur pelure d'oignon, comme tous les acides puissants. Il suflit d'une trèspetite quantité d'acide pour produire cet effet. J.'acidesuUur'Kpie ordinaire, le plus conceniré, renferme toujours téquivalfut d'eau dont il est impossible de le débarrasser. Son affinité pour l'eau est signuidc, qu'il parait former avec celle-ci de véritables combinaisons. La température qui se manifeste r,\i contact de l'eau et de raci<le sulfurique en excès , peut s'élever jusqu'à 00°. L'acide sulfurique contenant 2 équivalents d'eau ( S(>3 -f- stUO ) est susceptible de iTistalliser en prismes, à 7° ou 8" du thermomètre centigrade. Lorsqu'il contient trois équivalents d'eau et au delà, toute crislallisalion est impossible. L'acide sulfurique concentré est trés-hygromctrique; a'uandonné longtemps a l'air, il en absorbe peu à peu l'Iuunidlté , et alors il peut doubler, tripler de volmne, ïi l'air est suffisauuuent saturé de sapeurs d'eau. 11 esta remarquer que l'adûil ion brusque d'une certaine quantité d'eau fait , au contraire, ilitninuer le volume de l'acide sulfurique. L'acide sulfurique . exjiosé à l'air, absorbe non-seulement rhumitrité , mais encore les parcelles de matières or^-aniqucs sans cesse suspendues dau.s l'air, tt , dan» ce dernier

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cas, n se colore en brun de plus en plus foncé, jusqu'à ce qu'au bout d'un à deux ans il devienne complètement noir comme de l'encre. Ce phénomène tient encore à la grande affinité de l'acide sulfurique pour l'eau; car ces parcelles de matières organiques se composent, en dernière analyse , d'une certaine quantité de carbone, puis d'oxygène et d'hydrogène, dans les proportions convenables potu- former de l'eau. Or, l'acide sulfurique , après avoir enlevé à ces molécules organiques l'oxygène et lliydrogènc à l'état d'eau, ne laisse plus que du carbone, qui colore alors l'aeide co noir. En plongeant un petit fragment de bois ou une allumette daas l'aeide sulfurique concentré , le phénomèoc de carbonisation a lieu presque sur-le-cliamp.

L'acide sulfiu-ique se combine directemeat avec les oxydes pour former des sulfates neutres, acides ou basiques, l'n métal noa ovydé, mis en contact avec l'acide sulfurique , peut s'oxyder de deux manières différentes : 1" Par la décomposition de l'eau de l'acide sulfurique ; dans ce cas , il y a toujours dégagement dliydrogène ; le zine et le fer peuvent servir pour constater ce fait : la décomposition a déjà lieu à la température ordinaire. 2» Par la décomposition de l'acide suLfuiique luimême. Dans cette expérience, un équivalent d'oxygène de l'acide se porte sur le métal pour l'oxyder, et il y a dégagement d'acide sulfureux ( SO^ ). .Mais ici l'action n'a plus lieu à froid ; il faut élever un peu la température. Le cuivre et le mercure sont dans co cas. Le carbone décompose l'acide sulfurique à la température de ïoc : il se produit de l'acide sulfureux et de l'acide carbonique ; a une température plus éle\ ée ( vers ;;oo a coo" ), l'acide sulfureux lui-même se dieompose, et il se produit du suUide de carbooe, de l'oxyde de carbone et de l'aeide carbonique. L'hydrogène décompose l'acide sulfurique pbcé dans im tube cliaulié au rouge; tl y a formation d'eau et d'acide sulfureux. L'aeide sulfhydrique gazeux et l'acide sulfurique concentré se décomposent réciproquement en donnant naissauce à de l'eau , à de l'acide sulfureux et u du soufre qui se dépose. Les acides sulfhydrique et sulfurique dilués n'ont aucime actioji l'un sur l'autre. L'acide sulfurique et l'acide azoteux forment un composé cristallin particulier. L'acide sulfurique est isomorphe avec l'acide chromique, et avec l'acide pcrmanganique dans le permanganate de baryte. L'aeiile sulfurique précipite en blanc les sels de baryte . et le précipité (sulfate de baryte) est tout à fait insoluble dans Veau et dans les acides. Le sulfate de baryte est un des corps les moins solubles de la diiniie : sous ce rapport, il se place a c-oté du chlorure d'argent. Cependant , un excès d'acide sulfurique peut dissoudre un peu de sulfate de baryte, circonstance qu'il ne faut pas négliger dans les analyses.

Les sels solubles de chaux , de stroulione

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«t de plomb , sont également précipites par l'acîdc sulfuriqiip; mais ces précipités sont ticaiicoup moins insolubles que le snlfate de bar.Nte Kn chauffant l'acide su' furique avec du charbon , avec de la sciure de bois , avec <lu cuivre, du mercure, etc.. on obtient un dégagement d'acide sulfureux , dont l'odeur suffit pour faire reconnaître l'existence d'un oxacide rie soufre. Versé suV des charbons incandescents , il répand des vapeurs blanches, épaisses , d'une odeur suffocante , et excitant une toux et un larmoiement incommodes.

L'acide sulfurique parait exi.ster à l'état de liberté dans quelques lacs du Japon et de J'Amérique méridionale. 11 est prob.ible que c'était originairement de Facidc sulfureux qui , au contact de l'eau cl de l'air, est passé successivement a l'état d'acide sulfurique. C'est ainsi , du moins, qu'il faut s'expliquer la présence de l'acide sulfiuique libre qu'on rencontre quelquefois dans les environs des volcans. Mais c est surtout à l'état de sulfate que l'acide sulfurique est répandu avec profusion dans la n.iture. Les sulfates les plus communs sont ceux de chaux Iplàt.'-e), de baryte, de strontiane, de magnésie, de soude et de potasse.

L'n nioven très-simple de préparer l'aride sulfurique consiste à chauffer dans un matras du soufre et de l'acide nitrique. Celui-ci se déeompo.sc, cède son oxygène au soufre, pour le faire pn.sscr à l'état d'acide sulfureux et d'acide sulfurique. Ln cliauff.int davantage, on drisse l'acide sulfureux et Tcxcès d'acide nitrique; et, arrêtant à temps l'action de l.i chaleur, on obtient dans le matras de l'acide suffuriciuc concentre, .sensiblement pur.

L'n moyen eu apparence plus compliqué, pour préparer l'acide sulfurique, consiste à faire aiT^vcr dans un grand ballon en verre, au moyen de tubes recourbés . îles vapeurs d'acide sulfureux obtenues en brillant du soufre et du gaz bioxyde d'a/otc (en faisant agir de l'acide nitrique trés-étcndu sur des planiuTis de cuivre) ; le ballon contient un ppii d'eau et de l'air. Le bioxyde ( N= O- ). en y arrivant, se colore aussitôt en jaune, et passe, par l'absorption d'une certaine quantité d'oxygène, à l'état d'acide hyponitrique |N= O-i ). Les vapeurs jaunes d'acide hyponitrique cèdent au gaz acide sulfureux un équivalent de leur oxygène ( O ) , et fcmt ainsi passer l'acide sulfureux ( .S^ 04 ) à l'état d'acide sulfurique (S 03) ; et l'acide hyponitrique ( IS'= 04 ) ayant perdu un équivalent d'oxygène, s'est transformé en acide azoteux ( N= O' |. Cet acide forme avec l'eau, et avec Tacide sulfurique qui s'est produit, des cristaux blancs, inodores, qui, suivant M. Gauthier de Claubry, paraissent être le résultat d'une véritable combinaison de.; atomes d'aciiK: sulfurique, 4 atomes d'eau et «atomes d'acide azoteux. Iji melt.int ces cristaux en contact avec lui peu d'eau de manière à les dissoudre, le b.illon ^e C(dore de Il iiiMaii ( u jiune p ir la picscucc de l'acide

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