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jours dans la même direction, r.îais avec une vitesse moindre, il piraitra reculer dans la proportion de la diflerence des vitesses, et il paraîtra avancer dans la même proportion, s'il est animé d'une plus grande vitesse. Le lien apparent d'un objet est celui où il nous apparaît lorsqu'on le regarde ;i travers le verre, l'eau, l'air Ipour Ii'S astres |, ou à travers tout autre milieu réflecteur ou réfringent. Dans beaucoup de cas, ce lieu diffère beaucoup de la place véritable que l'objet occupe.

ALCALOÏDES, t.^/ea/is végétaux, Hasesorgattiqur's. l l'rincipes organiques, susceptibles de se combiner avec les acides pour former des sels. Ils existent naturellement combinés avec des acides organiques. I^ méthode de prépai-ation la plus générale consiste â traiter les tiges, feuilles , fleurs ou fruits d'un végétal par l'eau , à évaporer la liqueur, a reprendre l'extrait par l'eau, et à mélanger la solution liltrécavecdc la chaux, de la magué.sie ou de l'ammoniaque. Ces bases luinéralcs sont destinées;! enlèvera la b;isc V égétalc l'acide avec lequel clic se trouve combinée, la base végétale, étant en général insoluble dans l'eau , se précipite .souvent en më(ue temps (|ue leselcalcique, magnésien ou ammoniacal. .Mats, eu tr.iit;n)t le précipité par l'alcool, on dissjut l:i base végétale, tandis que le sel <le chauv reste iasoluble. — Les alcaloïdes présentent généralement l'aspect d'une matière blanche, pulvérulente, quelquefois cristalline. Ils ont une saveur aiuère , et sont d'ordinaii'e sans odeur. Ils sont peu solubles dans leau , et solubles dans l'alcool. Leur action sur l'éconouiic est souvent très-énergique. Leur composition est représentée par des proportions variables d'oxygène , d'hydrogène de carbone, et par des pro.iortions assez, constantes ( i ii 2 équivalents | d'a/.ote. Les nOLus des alcaloïJes sont terminés en ine; evcmples : quinin.;, morphine, strycimine. Les basL's organiques ne sont guère connues en chimie que depuis en\ iron trente ans. Elles ont été découvertes presipie en même temps liar Séguin en France et par Scrtucnier en Allemagne.

AKAUI.\E. Matière qui constitue la gouimc arabique puri'. Elle est incolore, insipide, inodore; elle se ramollit a i«2°, se laisse tirer eu lils, et S2 détruit à une température plus élevée. Sa deiLsité varie de 1,5 a l,l. L'arabinesi; dissout dans l'eau froide; sa solution concentrée présente un uiucilage gluant ; elle eat précipitée sous forme de flocons blancs par l'alcool concentré. Exposée a l'air, la solution aqueuse d'arabine se couvre de ujuisissurcs et acquiert une réaction acide. Maintenue pendant quelque temps en ébulUtion dans l'eau mèlee d'acide sulfurique, elle se convertit en sucre de raisin | liiot, lirugnatvlli, i'ersoz |. La guuimc arabique est un produit de sécrétion de plusieurs i-spèees.d'acacias ( ^. vera, A. arabica, A. seneyaleiisis, A. tortilis , etc. |. Suivant les analyses faites par MM. Cay-Lus.sac, Thénard et BcrzcUus , l'arabine, desséchée à luo', a pour

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loiiiposiCion : Cl- l!ii O". C'est aussi la coraliosition (lu siicro de canne.

ARBRE DR DiAXE. Un chimiste du quinzième siècle , Eck de Siil/.bacli, a fait le premier mention de celte espèce de cristallisation, connue sous le nom d'arbre de Diane. Voici le procédé indiqué par lui : <i Dissolvez «ne partie d'argent dans deus parties d'eau-forte | acide nitrique); mettez ce mélange dans une dissolution d'argent, et laissez le tout reposer dans un bain de cendres , froid ou cliauffé très-légèrcuicnt. Vous remarquerez des choses merveilleuses : vous verrez se produire des végétations très-charmantes , des uionticnlis et des arbustes. »( /^"oye; lIoEFER, llisloire de la Chimie, tom. I, pag. 4!6. )

ARC-cx-ciEi.. Météore demi-circulaire, formé de plusieurs arcs concentriques de couleurs diverses, rangées dans un oriire déterminé. Il apparaît dans les temps de pluie , lorsque les rayons du soleil frappent obliquement les gouttes d'eau qui tombent. I.a formation de l'arc-cn-ciel s'explique par les lois de la réfraction, de la réflexion et de la réfrangihi- /ité des rayons solaires. ( Poi/ez ces mots. | le phénomène se produit de la manière suivante : les rayons solaires pénétrant dans les gouttes de pluie, parviennent à la surface postérieure interne , et de la, par une ou plusieurs réflexions, sont transmis a l'teil. A leurémcrsion de la goutte d'eau , aussi bien qu'a leur incidence, ils subissent une réfraction, par laquelle ces rayons sont décomposé.s, et les couleurs qui les constituent apparaissent dans leur ordre de réfrangibilité , .savoir, rouge, orangé. jaune, vert, bleu, indigo, violet, (.'est ainsi que les choses se passent. Kt en effet, 1° on ne voit jamais d'arc-en-riel que lors(|u'it lilciit et que le soleil brille en même temps; s^ le sotfil et l'arc sont toujours dans des points opposés du ciel; z" on produit un arc-en-cicl iMlifieiel en jetant de l'eau en l'air pendant qu'on se place le dos loiu-né au soleil.

ARÉoMÈTiiE. lOeàpato:, léger, et jj.s'-rpov, mesure. | Instrument servant à mesurer la densité relative des liquides dans lesquels il ist plongé. On lui donne le nom de l'rse-li- (liiettr, l'ése-sirop, /'c^c-ucidr, l'èse-scl, etc., selon ses différents usages. I.a construction d'un aréomètre repose sur le principe hydrostatique suivant : Lu corps solide, plongé dans im liquide quelconque, perd une partie de son poids égal à celui du volume de ce liquide déplacé. Un mèmecorps .solide plonge d'a.itanl" jdus profondément que la densité du liquide est plus petite. On peut comparer les densités de deux liquides d'après les xolumes qu'en déplace un même corps, pour se maintenir noitant sur l'un et sur l'autre, .m nous désignons par I) et d les densités de deux corps tout les volumes sont représentés par V et v, et les poids par P dp, nous avons la relation sui\antc :

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Ainsi , lorsque les poids sont égaux , en faisant

P=;>, nous avons aussi i° D : rf : : v : V;

c'est-à-dire que les densités sont en raison inverse des volumes. C'est d'après cette formule qu'est construite la première classe des aréomètres. Mais si le corps descend à une égale profondeur dans les divers liquides , ce qu'on peut obtenir en faisant varier .son poids, alors les volumes déplacés sont les mêmes; on

aura V=!7, et par conséquent 2° D : (i : :

V: p; c'est-a-dire que les densités .sont en raison directe des poids. C'est sur cette formule que repo.se la construction de la .seconde cla.s.sc des aréomètres. Beauiné inventa un aréomètre qui porte son nom, et qui e.st le plus usité, malgré ses défauts. Pour point fixe de l'échelle, il choisit l'e;iu piu-e et une eau salée (faite avec une partie de sel de cuisine sec et neuf parties d'eau ). Il indiqua par 10° eto" les points de l'instrument plongeant; il divisa l'intervalle en 10 parties égales, et porta encore ■lo parties pareilles sur le restant de l'échelle; il crut ainsi pouvoir déterminer tout à la fois le degré de rectllicalion des liqueurs spiritueuses, et leur poids .spéeiliqiie.

J. B. Richter fonda la construction de .son aréomètre ( alcoolouKMre | sur le principe que des degrés égaux entre deux points trouvés pour le poids spi'ciflque exactement déterminé, donnent immédiatement la densité; les échelles différaient selon l'état de pureté de l'alcool. U désigna par 0° le point jusqu'où l'instnnnent plongeait dans l'eau pure, et il prit, pour la déteiiuin.ation du second point normal, de l'alcool, de o.ssi poids spécifique; il partagea rintervalle en 100 degrés, et détermina les derniers d'apri-s le tableau de I.oewitz sur les poids spécifiques des liquides spiritueux, l'alcool=o,79i à 16° R. ; puis, d'après ses propres déterminations, il établit l'alcool absolu = 0.792.

Pour l'usage pratique, on exige souvent que les éclieilcs aréoinétriques donnent par centièmes les parties d'une .substance renfermée dans un mélange, par exemple, de l'alcool dans l'eau-de-vie, du sel dans la saumure, etc. Mais les densitt-s des mélanges ne croissant pas d'après une loi générale , U faut connaître d'abord le rapport du poids spécifique aux parties constituantes d'un mélange. Comme on peut toujours entre deux points donm-s graduer des échelles aréoinétriques pour tout poids spécifique, il n'y a qu'à chercher ces points qui appartiennent aux centièmes indiqués, li\s marquer sur l'échelle, et écrire à cùté les tant pour cent. Soit, par exemple, le poids spécifique de l'eau à une température » déterminée, =1 ; celui d'un mélange d'eau et

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«te 0,03 d'alcool, = 0,9913, pour o,i alcool

= 0,08 j7, pour 0,13 alcool, = 0,9S02, etc., on tl -teniimera sur réchelle aréomètriqiie les degrés l; o,ooi9; 0,9837; 0,9S02.... et on écrira à côté o ; s ; u.... ca cxprimaot par ces nombres les centièmes. .A.-t-on trouvé de la sorte les centièmes defalcool dans l' eau-devie, il est facile dès lors de calculer les parties aliquotes du contenu; par exemple, les litres dans une mesure, ou les hectolitres dans une pipe, et de les indiquer sur Téchelle. Enfin il n'est pas difficile, d'après une division une (ois calculée, de partager toute autre échelle aréométrique, d'une longueur donnée.

Plus récemment , Taréométrie a été traitée d'une manière très-developpée par Meissner. Ce physicien trouve les difficultés qui s'opposent à la construction d'un aréomètre exact, principalement dans la forme non complètement cvlindriqne des tubes de verre qu'on peut cependant obtenir d'un calibre exact, par un choix soigneux et réclamé pour la grandeur de l'échelle. Si les tubes à employer dans la construction de l'aréomètre ne sont pas exactement cylindriques , il faudra corriger l'erreur sur léclielle ; mais Meissner ne donne i>oint à cet égard d'indications spéciales.

Ij seconde formule D :«tf=P : p sert de principe à la construction de l'aréomè're avec poids. Ces aréomètres n'ont pas d'échelle fixe : le poids spécifique des liquides est déterminé par les différents poids d'im corps plongeant d'un égal volume. Nicholson a proposé, .sous le nom A'Iiiidromctre , un instrument qui exige, â volume égal , des poids variables.

Il consiste en un cylindre fermé en liaut et en bas par des surfaces arrondies, en fer blanc; à l'extrémité supérieure, dans la direction de l'axe, est fixée une verge de laiton trèsmince , sur laquelle se trouve, à un point déterminé, un petit anneau (^e fer blanc r :

le tout est surmonté par une coupe pUte 15; un fil d'archal, soudé à l'extrémité inférieure, porte un étricr, et celui-ci un c('ine renversé ou un godet a , dont l'extrémité d'en bas est surchargée d'un poids. .S'il doit servira trouver le poids spécifique des liquides, il faut déterminer son poids absolu et celui dont il est surchargé, pour le faire plonger jiLsqu'à l'anneau r du col; et alors il arrive que les poids spécifiques des ceux liquides se comportent comme les poids absolus de l'instrumeat, lorsqu'il plonge dans l'un et daiLs lautrejusquau point marqué. Lin-

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vcnteur ne voulait point l'employer uniquement pour ce but; car cet instrument devait servir en même temps à la détermination du poids spécifique des corps solides, etâ cet égard il est surtout recommandé par llaiiy pour la détermination du poids spécifique des minéraux. .S'il doit ser\'ir à cet usage , il n'est pas nécess,iire de connaître son poids absolu. Pour obtenir le poids absolu du corps, on n'a qu'à chercher le i>oids ajouté avec lequel il plonge jusqu'à la marque du col, mettre le minéral dans la petite coupe, et enlever ensuite as-sez de poids pou? que l'instrument plonge de nouveau jusqu'au point précédent. Mettant alors ci: corps daas le petit godet , et le plongeant dans l'eau, il déplacera de l'eau un volinue égal au .sien. Le poids du dernier doit être rerais dans la petite coupe pour rétablir h: point normal jusqu'où plonge l'instruinenf ; ce poids. divi.sé par le poids absolu, donne 1': poids spécifique du corps. Ainsi, l'aréonièlie plongeant jusqu'au trait , avec 40o gr. de poids ajoutés, si l'on met un morceau de spalli calcaire dans la coupe, et qu'on retire, à .s» place, 230 gr. pour rétabUr l'équIUbrc, qu'ensuite on mette le morceau de spath calcaire dans le petit godet, en y ajoutant 92 gr., pour faire de nouveau plonger l'mstrument jusqu'au trait, on aura ^=2,-|73 pourlepoiilsspéeifique du .spath calcaire à l'égard de l'eau , prise comme unité, à La température pendant l'expérience. Quand on connaît le volume de l'appareil et la fines.se du fil d'archal, on peut, par un calcul semblable à celui de Fahrenheit , dèterndner l'exactitude qu'il est possible d'obtenir. Ces aréomètres sont pour la plupart construits avec des lames de laiton; mais il s'y attache facilement, par le poli, une couche grasse qui empêche l'adhésion de l'eau, et les rend bien moins délicats. Pour que ces instruments soient d'une grande précision, il faut les faire en argent, ou mieux encore eu verre. Ou .se sert quelquefois , par économie, d'un moyen très-incertain pour connaître, par exemple, la valeur d'une eau salée , en concentrant cette eau au point qu'un œuf de poule n'y plonge pas au fond ; le résultat qu'on obtient ainsi est très- incertain. Un procédé analogueet plus sur est celui dont on se sert à Londres pour éprouver les saumures pour saler les harengs : il consiste à faire nager dans cette saumure de petites boules de verre dont on connaît le poids.

Grœning détermine la valeur de l'alcool dans l'eau-de-Aie , par la température delà liqueur. L'instrument auquel il donne le nom d'alcoolomètre est fondé sur les principes connus de la vaporisation et de l'ébullition.

Knfin M. Gay-Lussac est venu mettre un terme à toutes les difficultés qui s'élevaient chaque jour pour l'appréciation exacte des eaux-de-vie du commerce. Voici le principe dont M. Gay-Lussac est parti pour faire l'alcoomètre qui porte .son nom : « La force d'un liquide oji.-itiuux est le nombre de ccn-

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tiéines, en volume, d'alcool pur que ce litliiide contient à lu température de u" twnlirjrades. » 1,'instriimcnt que M. Gay-Itus- .s.-ic désigne sous le noui lïahooinctre centésimal , est, quant à la forme, un aréoniétrc ordinaire; il est gradué à la température de luu" ccntif;rades. Son échelle est divisée en loo parties ou degrés, dont chacun représente un centième d'aleool : la division o' correspond à l'eau pure, et la division lOO à l'alcool. Plongé dans un liquide spiritueux à la température de 13°, il en fait connaître immédiat ciucnt la force. Des tables calculées avec le plus grand soin par M. CoUardeau accou)pagnent ces alcoomètres, et font connaître le degré réel à tontes les températures; elles donnent le rapport des degrés correspondants de l'échelle de Cartier et de celle de Beaumé.

ARCF.XT. |Ue àpfô;, blanc] Métal connu dés la plus haute antiquité. Les alchimistes le désignent par le symbole de la Lune ou de Diane, par allusion à l'éclat de ce métal. L'argent est d'un blanc très-pur; il réflécliit fortement la lumière lorsqu'il a été poli. <Jbtenu par voie de précipitation, il se présente sous forme de petits grains cristallins d'un blanc mat, (lui prennent un grand éclat sous le brunissoir. 11 est un peu plus élastique, conséqucmuicnt plus sonore , que l'or. Après l'or, c'est le plus malléable et le plus ductile des métaux. On peut le réduire en feuilles .si minces, qu'il en faudrait 100,000 pour faire ime épaisseur de 2 centimètres; avec un grain d'argent, on peut faire un Ql de 2b'00 mètres de longueur. 11 est plus tenace que l'or; un fil de 2 luillimètrcs de diamètre exige un poids de sj kilog. pour se rompre. Quant à la densité de l'argent , les auteurs varient depuis le nombre 10,471 jusqu'au nombre 10,312, ce qui tient probablement à l'état de pureté plus ou moins grand dans lequel ils l'ont obtenu. La densité de l'argent parfaitement pur est io,:;io | (iay- Liissaci. L'argent se dilate de 3^ en longueur, de 0° a 100°. il fond à la température rouge tirant sur le blanc cerise , ou vers 330° ; il est, cou)me beaucoup d'autres métaux, susceptible de cristalliser, par le refroidissement , en octaèdres ou en cubes. 11 est peu volatil à la température ordinaire de nos fourneaux.

Chauffé dans un four à porcelaine, au miUcu d'une brasque de charbon , il perd env iron 0,003 de son poids : mais, exposé au foyer d'une lentille ou à la température du chalumeau, il se volatilise promptcment, et ses vapeurs brûlent avec une flamme verdàtre scintillante. L'argent est inaltérable a l'air et dans l'eau , ce qui lui a valu , de la part des anciens, l'épithètc de noble. S'il se ternit à l'air, ce n'est pas qu'il s'y oxyde : il se sulfure alors au contact de l'acide sulfhydrique, qui peut se trouver accidentellement mêlé à l'air. L'argent présente , pendant sa fusion, un siuf^ilicr phénomène : il absorbe une quantité prodigieuse d'oxygène ( au inoins jusqu'à 22 fois SOT volume ) ; cette absorption est coinpa-

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rable à une véritable dissolution de ce gaz dans l'argent liquide. .Dès qu'on vient à refroidir l'ùFgent en le plongeant dans l'eau , l'oxygène se dégage aussitôt avec une effervescence tumultueuse ( Gay-Lussac). Les anciens cliinii.stes paraissent avoir eu connaissance de ce phénomène. Sam. Lucas dit expressément que, au moment où l'argent fondu se lige sous l'eau , il se produit un mou\eiucnt d'effervescence remarquable; mais il ne donne aucune explication positive à cet égard. Ui présence d'une petite quantité d'or sullit pour faire perdre a l'argent la propriété d'absorber ainsi l'oxygenc à une température élevée. Chauffé avec du phosphore, l'argent présente le môme phénomène qu'avec l'oxygène : par un rcfroidisseluent brusjjue, il abandonne le phosphore CD répandant une très-belle gerbe de feu. Cn alliage d'argent et de cuivre soumis au grillage éprouve une perte notable ; car le cuivre entraine, CD soxydant, une certaine quantité d'argent. Le seul acide qui attaque et dissolve bien l'argen , même â froid , c'est l'acide azotique. L'acide .sulfuriqiie ne l'attaque qu'autant qu'il est concentré et bouillant : il y a alors dégagement d'acide sulfureux et foriualion de sulfate d'argent. L'aide chlorhydrique l'attaque trè.s-peu, même à chaud. L'eau régale attaque très-bien l'argent , en le transformant en chlorure insoluble. — L'argent se dissout , à chaud , dans une dissolution de sulfate de fer au viinimum : il s'y oxyde à la faveur de l'oxygène de l'air qu'absorbe le .sel de fer; mais l'argent se précipite à mesure que la liqueur se refroidit.

L'argent se combine directement , à l'aide delà chaleur, avec le soufre, le sélénium, l'arsenic et le phosphor/-. Le chlore , le brome, l'iode et le Jhior, attaquent l'argent par voie directe, soit à chaud, soit à froid.

L'argent s'allie avec presque tous les métaux, à l'exception du fer et du cobalt.

L'argent est abondaniuient répandu dans la nature. Il se rencontre qiiL-lqnefois à l'état natif; mais le plus souvent on le trouve minera- . Usé par le soufre ou par le sélénium. Il accompagne un grand nombre de minéraux, 1. U que les pyrites arsenicales, la galène, le cuivre pyriteux, la blende, le sulfure d'antiuioinc, lé mispikel, etc. Les minerais d'arg.-nt appartiennent aux terrains primitifs ou aux terrains de transition. On en trouve ('•galemeàt dans les terrains secondaires; car les mineras terreux que l'on exploite au Pérou , sous le nom de pacos , ont leur gisement dans des bancs calcaires.

L'argent s'extrait facilement du sulfure double d'i.rgent et de plomb. .\ cet effet , ou soumet d'abord le minerai au grillage, et on le traite comme s'il s'airissait d'en extraire le plomb. On calcine ensuite le plomb argentifère dans d'immenses coupelles faites avec des cendres mouillées. Le plomb s'oxyde et s'écoule vers les bords de la coupelle. Il reste au fonl de la coupelle un culot d'argent renfermant

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une certaine quantité de plomb. On enlève celui-ci par une nouvelle eoupellation, en se servant de coupelles faites avec des os calcinés et pulvérisés. <Ja reconnaît que l'opération est terminée lorsque la surface de la uias,se est bien unie, étincelante , et qu'elle présente les (iliénoniènes connus sous les noms d'iris et li'eclair.

Les sulfures multiples l/uhlerze) (qui ne contiennent pas de plomb) ne soi.*; pas a.sse/. riclies pour être traités avec avantage par la eoupellation, connue le sulfure de ploiub argentifère. On se sert alors du procédé connu sous le nom d'umalgamotioii. A cet effet, on grille le minerai aune température modtTée, après l'avoir mêlé avec le dixième de son poids de sel marin : le fer et le cuivre , qui s'y trouvent , se changent en sulfates ou en oxydes |si la température est très élevée), tandis que l'argent se transforme en chlorure. Après ce grillage, on réduit la masse en poudre Une, et on l'agite pendant «« à I8 heures avec 30 parties de mercure, 10 parties d'eau et 6 parties de fer, dans des tonneaux. Par cette action, les sulfates se dissolvent ainsi que le fer, qui se change en chlorure en s'emparant du chlore du chlorure d'argent; l'argent, mis en liberté, s'amalgame avec le mercure, linfm cet amalgame est soumis à de fortes pressions et â une lempérature sufflsaiument élevée, aQn d'en séparer tout le mercure et d'obtenir l'argent uu'talliquc.

Les minerais traités par amalgamation .sont, en général, peu abondants; c'est a peine si la quantité d'argent qu'on en retire couipense la ipiantitéde mercure qu'on perd, y compris le combustible, le temps et la main «l'oruvre. La mine de Freyberg, où on emploie le procédé que nous venons d'indiquer, ne donne guère que 100 grammes d'argent pour «0 kilograuuues de minerai. Dansées cas, on mélange ordinairement les minerais pauvres avec les minerais plus riches.

L'argent obtenu par l'un ou par l'autre procédé n'est jamais pur. Il contient toujours des traces de métaux étrangers , le plus sauvent du cuivre et du plomb. Voici le procédé indiqué par M. Gay-Lussac, pour obtenir de l'argent chimiquement pur |au titre de |°^° ). On fait un mélange de 100 parties de chlorure d'argent si'C ( I équivalent ), de 1, 2 p. de charbon ( 1 équiv. ) de 70, 4 p. de craie ( 2 équiv.). On chauffe d'abord ce mélangea une chaleur modérée. Lorsque l'effervescence | due au dégagement d'acide carbonique ) a cessé , on porte la chaleur jusqu'au rouge blanc ; l'argent entre en fusion, et se sépare sous forme de culot parfaitement pur.

Jl. Becquerel a entrepris une série de travaux sur l'application des forces électro-chimiques â l'extraction de l'argent, du cuivre et du plomb, sans l'intermédiaire du mercure. Les rechercnes de ce savant ont surtout porté sur la sép iratiou de l'argent du plomb dans la galène •

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" L'opération, dit l'auteur, est tellement ral>i(le, que 2 Kilog. d'argent peuvent être aujourd'hui retirés A l'état métallique d'un minerai d'argent , dans l'espace de six heures. »

Composes oxyijénes. L'argent a, comme tous les métaux nobles, très-peu d'affinité pour l'oxygène. On ne connaît qu'un oxyde d'argent rigoureusement déUni; l'existence d'un peroxyde d'argent à proportions définies, obtenu par lutter sous forme de longues aiguilles, en décomposant, par la pile, une dissolution étendue d'azotate d'argent, est au moins douteuse.

Oxyde. Il est pulvérulent et de couleur olive foncée. H est un peu soluble dans l'ejiu , sa di.ssolution a une réaction légèrement alcaline, L'o.xyde d'argent est une base puissante; il se rapproche, sous ce rapport, des alcalis et du protoxyde de plomb. Il est fusible, et attaque, connue lalittiarge, les silicates et les vases de grès. Ij simple chaleur suffit pour le réduire. Déjà la lumière du soleil le noircit, et le change en partie en argent métallique avec dégagement d'oxygène, ce qui prouve que l'oxyde d'argent est peu stable à l'état isolé. 11 est très-solubledans l'acide azotique et dans l'ammoniaque. Sa dissolution ammoniacale, abandonnée pendant plusieurs mois à eUe-méme, laisse déposer de l'argent métaUique, avec dégagement d'une certaine quantité d'azote provenant de la décomposition de l'ammoniaque. L'acide chlorliydrique décompose l'oxyde d'argent, et le transforme partiellement en chlorure d'argent insoluble. L'oxyde d'argent .se combine avec plusieurs oxydes métalliques, tels que les oxydes de cuivre, de fer, de tnanganèse; il devient alors très-stable et cesse d'être complètement réductible par la chaleur. Composition : As O = i5im,c6 (Ag) 100 (O)

t449,e6 =1 équiv. d'ox.

d'argent.

On le prépare en précipitant l'azotate d'argent par la potasse ou la soude. On dessèche le précipité avec beaucoup de précaution, au-dessous de la chaleur rouge.

Composes chlorés. Comme tous les métaux nobles, l'argent a beaucoup d'affinité pour le chlore. 11 forme avec ce gaz un chlorure correspondant à l'oxyde.

Chlorure. Obtenu par voie de précipitation, il est blanc, caillebotté et très-lourd. Quand on agite, pendant quelques minutes, le vase contenant le précipité de chlorure d'argent, il se forme bientôt, pendant le repos, deux couches bien distinctes, dont l'inférieure est formée par tout le chlorure d'argent qui s'y trouve, et que l'on peut ainsi séparer sans avoir recours au filtre (Gay-Lus.sac). Celte circonstance a été mise à profit dans les essais des monnaies d'argent par voie humide. Le chlorure d'argent , exposé à h lumière directe ou diffuse du soleil, bleuit, devient violet et même noir. Ij présence

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d'une trds-pf tite quantité de cliloriirc de mercure s'oppose à la production de ce phénomène. I,e chlorure d'argent est' le plus insoluble de tons les composés métalliques ;il faut peut-être plus de cent millions de parties d'eau pour en dissoudre une partie (Gay-Lussac |. Cette circonstance est émineu>ment précieuse dans les analyses, en ce quVlle permet de doser l'argent, à l'état de chlorure , avec une trèsgrande exactitude. Exposé à une température élevée, le chlorure d'argent fond avant la chaleur rouge, et donne, par le refroidissement, une masse demi-transparente, perlée et flexible comme de la corne , ce qui lui a valu le nom d'argent corné. La chaleur blanche ne l'altère point , il ne .se décompose même pas lorsqu'on le calcine avec du charbon ; mais il est facilement réduit par un courant d'hydrogène , ainsi que par toutes les substances organiques hydrogénées : il y a formation d'acide chlorhydrique. Il se réduit encore trèsfacilement quand on le chauffe avec de la cliaux ou de la potasse; c'est par ce moyen qu'on peut préparer de l'argent chimiquement pur. l'rcsque tous les métaux, et particulièrement le cuivre, le fer et le zinc, peuvent servir à réduire le chlorure d'argent.

Le fer et le cuivre le réduisent à sec et à la température ordinaire. Ij réduction est beaucoup plus prompte lorsqu'on le mouille avec une dissolution de sel marin. Si l'argent est allié avec un métalétranger, la lame de cuivre ou de fer ne préeipit<u-a d'abord que l'argent parfaitement pur, et sans aucun mélange de métal étranger. Le chlorure d'argent est insoluble dans les acides azotique, chlorhydrique et sulfurique. 11 est insoluble dans les alcalis fixes et trè.s-soluble dans l'ammoniaque. .Sa dis.solution ammoniacale, exposée à l'air, laisse déposer, à la longue, de petits cristaux cubiques de chlorure d'argent, à mesure que l'ammoniaque s'évapore; à la température de l'ébuUition, elle laisse déposer un produit fulminant. Le chlorure d'argent est trè.s-fusible avec la litharge, la galène, et avec beaucoup d'autres sulfures.

Les chlorures alcalins dissolvent, à chaud, une certaine quantité de chlorure d'argent, et donnent, parle refroidissement, des composés cristallins. Le chlorure d'argent , récemment pn'paré jiar la voie humide, se dissout dans tous les hyposu lûtes soliiblcs.

On peut employer le chlorure d'argent pour argenter certains métaux. Avec 8 parties de ce thlorure, 5 p. dépotasse ordinaire, i p. de craie et l p. de .sel marin, on fait une poudre propre à argenter le cuivre et le laiton. On frotte le métal avec le doigt ou avec un bouchon de liège. L'opération se fait â froid.

Formule : Ag Cl.

Le meilleur moyen de préparer le chlorure d'argent consiste à précipiter l'azotate d'argent par une dissolution de sel marin.

Bromure. 11 est tout à fait analogue au cldprurc. Comme celui-ci, il noircit à la lu-

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mi?re, il est Insoluble dans l'eau et dans l'acide azotique; cependant il est un peu moins solnble dans l'aunnoniaque que le chlorure.

lodure. Il est analogue au précédent. 11 est insoluble dans l'eau, et exige 2300 fois son poids d'ammoniaque pour se dissoudre. 11 noircit égalen)ent au contact de la lumière. C'est l'iodure d'argent qu'on emploie dans le procédé photographique de M. Uaguerre. Le clilorure et le bromure peuvent, jusqu'à un certain point, remplacer l'iodure.

tluoriire. Il est déliquescent et soluble dans l'eau.

Composes sulfurés. Le soufre .se combine très-f.icileuient avec l'argent : la vaisselle d'argent noircit au contact de l'iiydrogène sulfuré, ou de toutes les substances qui, comme les cpufs, les choux, les cheveux , contiennent du soufre.

Sulfure. Il est d'un gris noinMre et trèsfusible. Chauffé au contact de l'air, il .se réduit en argent métallique avec dégagement d'acide sulfureux. Beaucoup de métaux le réduisent à l'aide de la clialeur; le mercure le réduit par trituration à la température ordinaire, l'ondu, il s'unit avec l'argent en toutes proportions.

Composition : Ag S, analogue à celle de l'oxyde (AgO).

On peut l'obtenir en combinant directe ment , à l'aide de la chaleur, le soufre avec l'argent.

Scléniure. Il est d'un gris blanc, fusible, et du reste entièrement semblable au sulfure.

Le phosphore peut.se combiner directement avec l'argent, à l'aide de la chaleur; mais à. mesure que la température s'abai.sse, l'argent abandonne presque la totalité du phospliore.

^rséniiirc. H est d'un gris foncé, et premi, par le frottement, l'éclat de l'argent. Il est trèsfusible et stable. On l'obtient en faisant fondre un mélange d'argent réduit en poudre, d'acide arsénieux et de flux noir.

Sets d'argent, caractères fjénéraux. Us sont incolores lorsque l'acide est lui-même incolore. Ils sont en général parfaitemcnl neutres; leur saveur est astringente et métallique. I.a lifînière les noircit en les réduisant en partie.

1° Les alcalis y produisent un préciiiitébrun olivâtre | oxyde |, soluble dans l"anunonia(|ue.

2° Le cyanoferrure les précipite ea blanc ( I équivalent de cyanure de fer + 2 éqiiiv. de cyanure d'argent ).

s" L'acide chlorhydrique et les chlorures solubles y forment un précipité blanc, caillebotté, insoluble dans l'eau et dans les acides ( l'acide chlorhydrique très-conceniré en dissout une petite quantité), et éminemment soluble dans l'ammoniaque. Le précipité exposé à la lumière devient d'un violet foncé. L'hyposulfite d'argent seul n'est pas précipité par le chlorure de sodium, car l'hyposulfite de soude qui se forme dissout le chlorure d'argent.

i" Les arséniates alcalins les précipitent ca brun chocolat , et les arsemtes en jaune.

ARG

n" I.cs phosphates alcalins les précipitent en aune serin, et les pyrophosphates en blanc;

6° Les chromâtes alcalins les précipitent en rouge intense.

Le fer, lecni\Te, l'étain, le plomb, etc., précipitent l'argent de ses dissolutions. — Les principales espèces de sels d'argent sont :

Azotate. Il cristallise en lames ininces, rhoiiiboïdalcs, transparentes, complètement anhydres. Il est soluble dans son poids d'eau froide et dans une proportion moindre d'eau chaude. 11 fond très-facilement , et se prend , par le refroidissement, en une masse cristalline à laquelle on a donné le nom de pierre infernale. Dans cet état il est journellement employé comme caustique. Cet azotate d'argent , destiné aux usages de la médecine, est ordinairement noir, particulièrement à sa surface; ceci tient à ce qu'une partie de l'azotate a été réduite par le métal | fer ) de la petite lingoticre dans laquelle on coule la pierre infernale. }Ji coloration grisâtre de la pierre infernale tient surtout à ce qu'on préparc celleci avec l'argent du conunerce, qui n'est jamais pur et qui contient le plus ordinairement du cuivre. Pendant la fusion, l'azotate de cuivre se réduit en oxyde de cuivre d'un bj'un foncé, qui est entraîné par l'azotate d'argent fondu. Pour faire de la pierre infernale blanche et de bonne qualité, il faut chauffer lazotat^ d'argent fait avec de l'argent ordinaire, puis le laisser refroidir lentement; de cette manière l'oxyde de cuivre gagne le fond du va.se et s'y dépo.se. On reprend l'azotate d'argent qui se trouve au-dessus de l'oxyde de cuivre, et on le fait fondre et refroidir de nouveau. L'azotate d'argent déflagre sur les charbons ardents; raèlé avec du soufre et du phosphore , il détonne sous le choc du marteau. Lorsqu'on verse du protochlorure d'étain dans une dissolution étendue d'azotate d'argent, on obtient, après l'addition de quelques gouttes d'acide sulluriqucaffaibli, unpréci|)ité pourpre, mais qui n'a pas, comme le pourpre de Cassius, la propriété de colorer les verres. En précipitant l'azotate d'argent par l'eau de cjiaax, exempte de chlorure, on obtient un précipité brun qui, repris par l'ammoniaque, donne, après la dessiccation, une poudre fulminante ( argent fulminant ).

I.'azotate d'argent noircit à la lumière. 11 tache la peau en violet foncé. Cette coloration ne disparait qu'après la destruction complète de l'épidermc. Appliqué sur les étoffes de nature organique, il les noircit également. Cette propriété a été mise à profit pour teindre ou marquer le Imge ; la tache est ineffaçable. L'azotate d'argent se réduit, quand on le fait bouillir avec du charbon ou du phosphore.

Formule: .\gO, NO'.

tin le prépare en dissolvant l'argent par l'acide azotique, en évaporant et en reprenant l'azotate par l'eau bouillante; les cri.staux se déposent par le refroidissement.

Sulfate. Il cristallise en prismes blancs et

ARG 43

brillants. Il est anhydre et soluble dans loo parties d'eau. Il est très-soluble dans l'acide sulfurique concentré; c'est ce qui permet de séparer de l'argent des quantités dor trè-spetites. Les anciennes monnaies d'argent, les monnaies de la république et de l'empire, contiennent environ un millième d'or. On ne connaissait alors aucun moyen propre a séparer complètement l'argent de l'or. On sait aujourd'hui qu'en attaquant l'alliage d'argent aurifèrK par l'acide sulfurique concentré en excé.s et à chaud , on dissout tout l'argent ; lorsque la liqueur est très-étendue, le sulfate d'argent reste seul en dissolution , tandis que l'or se dépose.

Phosphate. Il est d'un beau jaune serin, noircissant promptenient à la lumière. Il est insoluble dans l'eau, et soluble dans un excès de son propre acide. On l'obtient par voie de double décomposition.

Chlorate. Il cristallise en prismes carré.s qui noircissent ;i la lumière. Il dédagre sur les charbons ardents et se transforme en chlorure. Il détonne facilement par le choc. I.a détonation est des plus terribles, lorsqu'on uiéle préal.ablemeùt le chlorate avec du soufre ou avec du phosphore.

l.'lodate et le brotnate d'argent sont à peu près analogues au chlorate.

ARGENT ( .Alliages ). L'argent fournit de nombreux alliages. Le chrome, le fer et le cobalt ne paraissent pas pouvoir .s'allier avec l'argent ; car lorsqu'on les chauffe avec ce métal , quelle qu'en soit la proportion , on obtient une masse hétérogène, dans liquelle l'argent se trouve disséminé sous forme de grenailles.

Le nickel a plus d'affinité pour l'argent que le cobalt. L'alliage composé de 0,863 d'argent et de o,iô3 de nickel est d'un blanc gri.s:'ilre et tiès-magnéti(iue. Ix zinc donne des alliages d'un blanc bleuâtre, ductiles et malléables. Lorsqu'on les soumet à l'action de la chaleur, le zinc se volatilise, et entraîne avec Uii une quantité très-notable d'argent.

Les alliages de platine et d'argentsontmoins. bhncs et moins ductibU'-s que l'argent luimême; l'acide azotique les attaque et <lis.sout presque tout le pbtine en même temps que l'argent, tandis que cet acide n'attaque point le pbtine isolément.

Le ?ii^rc!/)'e s'amalgame trés-iien avec l'argent, mieux à chaud qu'à froid. Les amalgames qui contiennent un excès de mercui'e ont une consistance butyreuse; l'excès de mercure s'écoule quand on comprime ces amalgames dans une peau de chamois ou dans des vase.s de bois poreux. Lorsqu'on mêle ensemble dans un vase s p. d'une dissolution saturée d'azotate d'argent et 2 p. d'une dissolution saturée d'azotate de mercure, et que l'on place au fond du vase un amalgame fait avec 7 p. do mercure et i p. d'argent, on remarque qu'au bout de 2 â 3 jours, tout l'argent est précipite à l'état d'amalgame solide, composé de petit» grains cristallins groupés en forme de ramiû-

ARS

utiiins. I.rs anciens connaissent cet ainalsaine siiiis le nom û'arhre de IXiane. ( ^'0'J^'Z ce iiiot.l (hiani aux alliages de cuivre et d'argent, ruiji z MoKNAirs.

ARGli.ic ( Terre argileu c ; Terre rilaise). (rest de Taluiiiine impure, telle qu'on la ren- •.Diilre dans la nature. l.'ar!,'ile est presquetou- )ours mêlée de peroxyde de fer |Fe ^ ()* |, isomorphe avec Talnmine | Al - O^ ). Les Grecs et les Romains confondaient souvent l'argile avec la terre calcaire. L'argile est d'un grand \isage dans l'art du potier, du faïencier, etc.

Aiiici.vc. Alcaloïde extrait du quinquina d'Arieaen 1828, par Pelletier et Coiiol. lise pri'pare par le même procédé que la qiiinquine et la clnchonine. L'aricine cristallise en aiguilles blanches et brillantes; clie est inaltérable à l'air, fusible et fixe. .Sa saveur est un peu a mère et acre. Insoluble dans l'eau /l'aricine se dissout facilement dans l'alcool et dans l'éttier ; elle est colorée <'n vert foncé par l'acide nitrique. l.a quinine et la cinchonine ne prOsenlent pas cette coloration. Les sels d'.iricine, insolubles dans l'étlier, .sont Irés-solubles dans l'alcool et dans l'éther. Pelletier considère l'aricine comme le tritoxyde d'unradicalcoiumun û la quinine et à la cinclionine :

IC" H'^Ni +0^ = aricinc ^i:"- H'^N) -f- 0-= quinine (C" H'^ NU- O = cinchonine.

ARSÉMATES. Lcs arséniatessont beaucoup plus stables quelesarsénites. Cependant on les obtient rarement neutrea. Ixs arséniates .sont pres(|ne toujours basiques on acides, ayant la ivéme composition et .souvent la même forme de erist.illisalion qne les phosphates. Les arséniates alcalins sont seuls solnbles dans l'eau. («Hume les phosphates, les arséniates insolubles se dissolvent dans un excès d'acide (arséniates aeide.s). Les acides ne les troublent pas, quel(|ue concentrées que soient les dissolutions. L'acide sulfhydrique ne les précipite en jaune qu'après l'addition de quelques gouttes d'acide chlorhydrique.

Ix^s arséniates alcahns précipitent les sel.'» d'argent en ratifie brique (arséniate d'argen1|. — Ils précipitent les .sels de cuivre en hleu (arséniate de cuivre). Chauffésavec le charbon, ils se comportent comme les arsénitcs. La présence des matières organiques masque, pendant un temps plus ou moins long, l'action des réactifs sur les arsénitcs et les arséniates.

ARSEXIC. L'arsenic est un corps solide, d'un gris d'acier brillant, lorsqu'il est récemment préparé. Il est friable, à texture écailleu.se et d'une densité de s, 7. Il est sans saveur, et développe, par le frottement, une légère odeur d'ail. L'arsenic se sublime rapidement sous l'influence de la chaleur, parce que la température de sa volatilisation diffère trèspeu de la température de sa fusion. On ne liquéfie l'arsenic qu'en l'exposant à une cha^ Ieurrouge,cn mèmetempsqu'à une forte pression dans un vase bien fermé. L'arsenic se ter^ nit à l'air, se recouvre d'une poussière grisAUc

ARS

qui n'est autre cliose qu'un mélange d'acide arsénieux et d'arsenic. Uaris certains jjoints de .sa surface , on remarque des taches blanelK> très, composées presque entièrement d'acide arsénieux. Mis en contact avec un corps en ignition, il brûle à l'air comme de l'amadou , en répandant une lumière bleuâtre, à peine visible pendant le jour, mais qui, dans l'obscurité, ressemble exactement a la lumière du phosphore. En brûlant ainsi , à 180» environ , il répand une odeur particulière, rappelant celle de r«t/ ou du phnsphore. Cette odeur se dé- ■ veloppc I comme l'odeur de beaucoup d'autres substances ) au moment même du ixis.sage de l'arsenic à l'état d'acide arsénieux , ou , vir« versa , au moment du pas.sage de l'acide arsé^ nieux à l'état d'arsenic. De cette manière, l'odeur alliacée de l'arsenic n'appartient ni à l'arsenic ( en vapeur | ni à l'acide arsénieux : elle appartient a l'intervalle, pour ain.si dire insaisis-sable, qui constitue le pa&sage d'un étal à l'autre. Lorsqu'on lient au-dessus de l'arsenic chauffé une capsule de parcclaine ou tout autre corps solide, on remarque que les vapeurs qui .se condensent le plus près de l'ar.sc^ nie forment une couclic miroitante d'un gris plus ou moins foncé (arsenic métalUquc|, tandis qu'à une plus grande distance, cette couche est blanche | acide arsénieux ).

Etat. L'arsenic accompagne , avec le sfftfre et le sélénium , un grand nombre de métaux , tels que le fer, le cuivre, le plomb , le cobalt , le nickel et l'antimoine ( arseninres |. On rencontre l'arsenic à l'état d'ar.'-éniate de chaux dans beaucoup d'endroits où se trouve le phosphate de chaux, isomorphe avec l'arséniate.

Lorsqu'on calcine à l'air un arseniure de cobalt ou de fer, en obtient un dégagement d'acide arsénieux, lit celui-ci, engagé dans une ba.se et chauffé avec du charbon , donne de l'arsenic qui vient se condenser dans des récipients froids.

yirsenivres | alliages. ). L'arsenic, comme l'antimoine , rend les métaux très-ca.s.sants. Il suffit pour cela d'une très-petite quantité d'arsenic. Avec Iccuivre, il donne unarseniiire blanc, connu autrefois s.ous le nom de cuivre bliinc. On emploie un arseniure de plomb, contenant très-pfu d'arsenic, pour couler les dragées de plomb. Quelques-uns de ces arscniu-i res. métalliques peuvent se combiner avec les, arseninres alcalins, pour former des arseniures doubles iarsenin^.<tels ). Soumis au grillage les arseninres exhalent une odeur d'ail; il s'en dégage de l'acide arsénieux qui se dépose, sous forme de cristaux blancs, sur les corps froids, et il se produit des sous-arséniates. L'acide azotique concentré et bouillant change, si l'acide est en excès, les arseninres en arséniates ; et les change en arsénitcs, si l'acide n'est pas en excès.

Formule de l'arsenic = As ou .\s^ ( atomes)

Composes oxij'jr-iics de l'arsenic : Acidç

ARS

ARSFNIEUX, acide ARSÉSIQUE ( VOyCZ CPS IllUtS |.

Composes sii//urcs de l'arsenic. Les sulfures correspondant aux deuv deyrés d'oxydaliun de l'arsenic sont :

1" l.e sesauisiil/iire | orpiment, anripisnientuui |. On le rencontre cristallisé en masses feuilletées, jaune, d'un éclat nacré, en Hongrie, en Transylvanie, en 'Valachie, et dans toutes les mines riches en arsenic. On le prépare eu chauffant un mélange d'acide arsénieux et de soufre, au-dessous de la tenipéralaire de fusion de ces corps. Ainsi obtcnn, il est d'un jaune orangé, d'un aspect de porcelaine, demi-transparent, non cristallisé, et presque toujours mêlé d'une certaine quantité il'aeidc arsénienx. Kniin on l'obtient par \oic hmiiide, en précipitant une (hssolution d'acide arsenieux par l'hjdrQgéne sulfuré. H est vénéneux, lormule : AsS*. analogue a l'acide arsenieux.

On emploie l'orpiment dans les manufactures de toiles peintes. Il entre dans hi composition dn collyre de Lanfranc.

ï" Milftire correspondant à l'acide arséliiiie. 11 est pulvérulent, d'un jaune clair, lusiblc, volatil et trés-.soUible dans les sulfures alcalins , avec lesquels il forme des sulfo-sels , absolument comme l'acide arsénique produit lies oxy-sels avec les oxy-buses.

< ompositton : AsS^, analogue à l'acide arsénique. On l'obtient en précipitant une dissolulion d'acide arsénique par 1 hydrogène sulfuré.

Outre ces sulfures, on connaît :

Leprotosuljure | réalgar, arsenic rouge, soufre de rubis). On le trouve en cristaux deiiii-tran.spaients, couleur d'aurore, en Chine, au Japon, en Bohême, dans des produits volcaniques, etc. Il est fusible et volatil. A prés avoir été fondu , il se prend, par le refroidissement, en une nia.sse vitreuse, transparente, et à ca.ssureconchoide. On le prépare en distillant un mélange d'acide arsénieux et de soufre. Formule : As S'".

iMélé avec trois fois et demi son poids de Teurs de soufre, et I2 parties de salpêtre, Il sert à produire les/ei/x blancs.

Ucxa-sulfiire. Ce sulfure s'oblient en traitant le réalgar par la potasse caustique. Dans celte action, la potasse s'empare d'une partie de l'arsenic qu'elle dissout, tandis que l'antre partie se combine avec l'excès de soufre. Il est de couleur noirâtre, d'un éclat métallique, et, soumis à la distillation, il donne d'abord du réalgar, puis de l'arsenie. l'orimile : As S''.

Ennea sulfure. O sulfure est de couleur noire comme le précédent, l'orimile : AsS9.

l.e soufre parait être susceptible de se combiner en toutes proportions avec l'arsenic. Les sulfures d'arsenie .se combinent, A leur tour, avec un grand nombre de .sulfures métallic|ues, tels que les sulfures de cuivre, de plomb, d'antjmoine , de cobalt , etc. Il n'est donc pas rionnant qu'on rencontre l'arsenic dans beaucoup de produits chiiuiques impur»

ARS 45

Composés chlorés. Le clilore gazeux se combine directement avec l'arsenic en poudre, pour produire un chlorure d'arsenic. L'action est accompagnée rie chaleur et de lumière.

Chlorure | Beurre d'ar.senie |. 11 se présente sous forme de fumée blanche , qui se conden.se en un liquide incolore , dune densité de e,ôoo et se congèle à ï9°. Uans l'eau il se décompose en acide ehlorhydriquc et en acide ar.sénieux qui se précipite d'abord, mais qui linit bienlùt p ir se dissoudre dans l'eau , ainsi chargée d'acide chlorhydrique.

Formule : As Cl ^,2, on As^ CP, analogue à l'acide arsenieux. Si le chlore prédomine, on aura un chlorure {chloride ) très-volatil, qui , par sa composition ( As CP ) , correspond à l'acide arsénique.

Le brome se comporte comme le chlore.

\.e fluor et XfOde donnent naissance à des composés analogues a ceux que produit le chlore.

Hydrogène arsénié I Hydrure d'arsenic , ar- .seniure d'hydrogène |. L'hydrogène forme avec l'arsenic un composé gazeux acide, insoluble et innammable. Ce compo.sé brûle à l'air avec une flammejanneen se transformant en eau , et en un mélange grisâtre d'arsenic et d'aride arsenieux, qui se dépo.se sur les objetsfroids. L'hydrogène arsénié est d'une odeur nauséabonde rappelant l'odeur du pho.sjiborc. Sa densité est 2,6 à l'état de pureté. Il est d'une densité moindre, lorsqu'il est mêlé d'hydrogène ce qui arrive presque toujours. 11 a beaucoup de ressemblance avec l'hydrogène antimonié. A tme température bas.se, l'hydrogène arsénié prend l'état liquide. En traversant nii tube incandescent , il se décompose en hydrogène et en arsenic. C'est un gaz extrêmement vénéneux. Uespiré, même en petite quantité, il produit une assez vivcconstriction il la gorge et une constipation opiniâtre du bas-ventre.

Composition : loo parties d'hydrogène arsénié se composent de 2 p. d'hydrogène et de 93 p. d'arsenie. .Sa formule est As 11', analogue à celle de l'acide arsenieux ( As O^ i.

On prépare l'hydrogène arsénié en traitant nne combinaison d'arsenic et de zinc par l'acide sulfurlque étendu d'eau. L'appareil dans lequel on le prépare porte le nom d'appareil de Marsh. Cet appareil, au fond, n'est autre chose qu'im flacon auquel s'adapte un tube effilé, par lequel s'échappe le gaz hydrogène arsénié. Lorsqu'on allume ce gaz et qu'on présente a une distance convenable de la flamme une capsule de porcelaine, on obtient des taches brunes, miroitantes, non volatiles ;i froid , solubles dans l'acide nitrique , et colorant ( ainsi dissoutes | le nitrate d'argent en rouge brique | arséniatc d'argent ). C'est à l'aide de la llamme du gaz hydrogène arsénié , qu'on est parvenu à constater dans les cadavres les nmindres traces d'arsenic, cause d'ua empoisonnement.

AHSKMKi;x ( Aride |. L'acide arsenieux ( Uuyac d'uncnic, .Irunic blanc. Mort aux

46 ARS

rats I se vend dans le commerce sous le nom d'arsenic. On Tobtient en grand, par le grillage des arscniures, dans les fabriques de verres blancs de cubait; les vapeurs blanclics d'acide a r^ senieux , qui se dégagent , viennent se condenser dans de longs tuyaux de cbciuinée, appelés un allemand (iififœnne. On l'oblient encore en grillant directement l'arsenic au contact de l";iir. Dans l'un comme dans l'autre cas, l'acide arseniciix a l'aspect d'une poudre blanche , sem^ blable à de la farine. Exposé à la chaleur rouge dans des vases clos, l'acide arsenieux en poudre se sublime et se condense à la partie supérieure des vases, sous forme d'une niasse vitreuse, transparente, jaimàtre, d'une den^ site = 3,73. Il perd bientôt sa transparence, et devient opaque, d'un blanc laiteux, en même temps qu'il diminue de densité; car, de r.,73, celte densité est réduite a 3,69, sans qu'il ait pour cela change de composition, l.'acide arsenieux est dimorphe. U cristallise en tétraèdres ( par voie sèche ), et en octaèdres ( par voie humide .|. I/acide arsenieux est assez, peu soluble dans l'eau à la tcinp.jrature ordinaire : loo parties d'eau en dissolvent i p. à froid, et lo p. à chaud. L'addition d'un acide, comme l'acide chlorhydrique, augmente .sa solubilité dans l'eau. Une dissolution saturée et bouillante d'acide arsanieux fondu et transparent , laisse, par le refroidissement, déposer des cristaux, dont chacun est accompagné d'un jet de lumière assez intense | dans l'obscurité ) pour pouvoir lire liieure d'une montre. Les cri.staux ainsi formés étant redissous, ne prodiiisi^nt plus ce phénomène lumineux. — I,a dissolution aqueuse d'acide arsenieux a une saveur astringente, métallique, d'un arrièregoùl douceâtre. Klle rougit faiblement la teinture de tournesol. — L'acide arsenieux, exposé à la chaleur, se volatilise sans passer par l'état liquide intermédiaire. Les vapeurs d'acide arsenieux ont une odeur alliacée plus ou moins forte, ce qui tient, non pas, connue on le prétend, à U présence de quelques parcelles d'arsenic non oxydées, mais à ce que l'acide arsenieux se réduit en partie en rencontrant dans l'air des molécules de substances organiques. — r.onune l'acide arsenieux prend naissance à une température élevée, il est indécomposable à celte même température. C'est donc tni composé stable. Cependant lorsqu'on consi'rve cet acide pulveri.se, enveloppé ibns du papier, on remarque sur ce papier, au bout d'un certain temps, des taches brunâtres, provenant de quelques parcelles d'acide arsenieux réduit. Ainsi , de même que l'arsenic s'oxyde à la longue dans l'air humide, de même auasi, par un effet inverse, l'arsenic oxydé se desoxyde au contact d'une substance réductive ( rielie en carbone ), par l'effet du temps et sous l'influence de l'air Inunidc. Kn chauffant , avec du charbon très-divisé : de l'acide arsenieux en poudre dans un petit tube de verre, on voit l'arsenic se déposer sous forme de couelics noirâtres sur les parois du tube, en même temps

ARS

qu'on sent l'odeur d'ail caractéristique. Slals l)ourque tout l'acide arsenieux soit décompose par le charbon , il faut retarder la volatilité du premier en l'engageant dans de ia potas.se ou de la soude, absolument de la même manière qu'on fixe l'acide phosphorique dans une base, afin d'en retirer le phosphore par lacaleination avec le charbon. L'acide arsenieux est très-.soluble dans l'acide chlorhydrique. L'eau de chaux est troublée par l'acide arsenieux ; le précipité blanc d'arsénite de chaux est .soluble sans effervescence dans les acides azotique et chlorhydrique. |

L'acide snlfliydriquc ne produit pas d'abord ! de précipité dans une dissolution simplement • aqueuse d'acide arsenieux. Le précipité jauïie ( orpiment] ne .se forme qu'au bout de plusieurs heures ou même de plusieurs jours. Une ébuUilion prolongée le fait naitre beaucoup plus tôt. Mais, en ajoutant à la dis.solution aqueuse quelques gouttes d'acide chlorhydrique, le précipité jaune de sulfure d'arsenic se forme sur-le-champ. Ce précipité est insoluble dans l'eau , et très-.soluble dans l'ammoniaque. L'acide arsenieux ne produit point de précipité dans une dissolution d'azotate d'argent neutre; il faut y ajouter préalablement de la potas,se, pour obtenir le précipité rougeàtre d'arsénite d'argent. Uni à la potasse, l'acide arsenieux donne avec les sels de cuivre un précipité vert , connu sous le nom de rert de Scheele. Au contact du chlore humide il .se convei-tit en acide arsénique, par suite de la décomposition de l'eau, qui cède son oxygène à l'acide arsenieux et .son hydrogène au ehl.ire. — l.'acide arsenieux est un acide faible qui neutralise mal les bases. — Formule : As OJ i= i équiv. d'acide arsenieux. 938,80 ( .\ ) 500 ( 03 )

1233.80 As O^

Cet acide donne souvent lien à des accidents d'empoisonnement. Uni à l'oxyde de cuivre ( vert de Schéelc) , il est employé en pcintuFC.

AR.sÉMOvi.vioi'E I .\cide ). Suivant Darcet, l'acide arsénique concentré, chauffé avec l'alcool, donne un acide composé de i équivalent d'éther et de i équivalent d'eau, remplaçable par un oxyde métallique. C'est l'acide arséniovinique ou l'arséniate d'éther, ayant pour formule : As^ O^, C4 IV 0+HO.

ARSÉMQtE (Acide |. Cet acide diffère de l'acide arsenieux , d'abord parce qu'il est trèsr soluble dans l'eau , et ensuite parce qu'il rou^ git assez fortement la teinture de tournesol. Il aut six parties d'eau froide et deux parties d'eau chaude pour dissoudre une partie d'acide arsénique. Sa densité est —ô,i. \ la température rouge sombre, il fond en une masse vitreuse, qui a beaucoup de ressemblance avec l'acide phosphorique fondu. En dépassant un peu les limites de cette température, il ne se volatiUse pas, mais il se décompose ( à la chaleur rouge ) en oxygène et en acide arsenieux. Chauffé avec du cliarbon en poudre, il se

ART

(Irroiniiose coinincraciiJearsonipiix ; les hyilrariilrs iViMit pas d'action sur lui à friiid. (.'acide siilfhvdriqiie n'y produit de prccipité qu'an li:mt (le ij à ïO heures. L'addition d'une petite (jiianlitt' d'acide chlodiydrique rend cette précipitation instantanée. L'acide arsénique étant beaucoup plus solublc que l'acide arsenieux , parait être plus vénéneus que ce dernier. Il uputrali.se bien les bases. Foruuile : .As O^, analogue à l'acide phcsphorique | Ph O^ |. — < >n le préparc , .wit en traitant une dissolution (l'acide arsenieux avec 12 parties d'acide azoti(iiu'et une partie d'acide clilorliydrique, et en évaporant, pour chasser l'excès de ces acides. MRSiixiTF.s. Ce sont des combinaisons peu stables : l'acide arsenieux y est faiblement uni à la base, l^s arsénites sont généralement insolubles dans l'eau; ceux de potasse, de soudé et d'anunouiaque sont seuls assez soluble.s. Les acides le.s décomposent et en précipilent l'acide arsenieux, si les dissolutions sont trèsconcentrées.

L'acide sulfliydriquene les précipite en jaune qu'autant q\ie la liqueur a été préalablement acidulée. — Les arsénites alcalins précipitent l'a/.olate d'arfçent en rouge pâle ( arsénite d'argent). — Us précipitent les stls de cuivre en vert I vert de Scliéele, ar.sénite de cuivre |. — Chauffes avec du cliarbon , ile donnent de l'arsenic qui répand une odeur d'ail. Le résidu ('e la calcina lion est un oxyde , si la base est irréductible par le charbon | arsénite alcalin | , ou «n sou.s-arseniure , si la base est réductible I arsénites métalliques ).

ART s.vciiÉ. On peut attribuer aux prêtres de l'Egypte, aux initiés de Thcbes et de Memplris , la connaissance de l'art sacré. C'est dans les temples que les prêtres pratiquaient lart sacré , c'est là .qu'ils avaient établi leurs laboratoires. — .Autant le domaine des faits bien appréciés e.st restreint, autant le champ de l'imagination e.st vaste et illimité. I.es anciens , dans l'établissement de leurs croyancc^s cosinogoniques et symboliques , étaient partis de quelques faits réels, naturels ; mais bientôt ce petit nombre de faits fut enveloppé de tous les nuages des doctrines spéculatives et mystiques. Le laboratoire du temple avait fourni le fait, l'imagination du prêtre la théorie. Voilà, selon moi, en partie la source véritable de toute la sagesse hiéroglyphique des prêtres de l'Egypte. — Le chimiste agrège et désagrège , combine et décompose la matière sur laquelle il opère. L'initié de l'art sacré était persuadé de pouvoir faire en petit ce que le Dt-miurge ou le Dieu créateur avait fait en grand. Et aux yeux du vulgaire le pri^tre n'était pas seulement le représentant , mais en quelque sorte un abrégé de la Divinité. L'opinion que Je \1cns d'émettre sera , j'ose l'espérer, confirmée par les documents que je fournirai à son appui. — Dans l'antiquité et même au moyen fige , toutes les connaissances étaient réunies et confondues ensemble sous la dénomination générale de philosophie. Mais ce qui était fa-

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cile il y a trois mille ans serait aujourd'hui presque impossible.

Effaçons un instant de notre mémoire toutes les découvertes faites pendant le laps de temps qui nous sépare du lègne de Constantin ou de Théodose le Grand ; transportons-nous un moment par la pensée dans le laboratoire de Zosime, ou d'un des grands maîtres de l'art .sacré ; assistons en initiés à quelques-unes des opérations de l'art sacré. — i" On chauffe de l'eau ordinaire dans un vase ouvert. L'eau bout , elle se réduit en un corps aèriforme |va peur ) , et laisse au fond du vase une terre pulvérulente , blanche. Conclusion : L'eau se change en eau et en terre. Supposez que nous n'eussions aucune idée de l'existence des matières que l'eau tient en dis.solution , et qui , après la vaporisation, se déposent au fond du vase : qu'aurions-nous à objecter contre cette concUi.sion, qui a certainement prêté .son appui à la fameuse théorie de la transmutation des éléments? — Il ne manquait plus que le feu pour que la transmutation fut complète. — ï° On porte un fer rougi au feu sous une cloche maintenue sur une cuvette pleine d'eau : le volume d'eau diminue ; une bougie portée sous la cloche allume aussitôt l'air qui s'y trouve. — Conclusion : l'eau se change en feu. Cette conclusion était toute naturelle à luie époque où l'on ne savait pas encore que l'eau se compose de deux corps aèriformes (oxygène et hydrogène); que l'un ( oxygène ) est absorbé par le fer, et que l'autre 1 hydrogène 1 s'échappe sous la cloche en prenant la place de l'air atmosphérique qui s'y trouve, et que c'est l'hydrogène qui s'allume au contjct d'une flamme. — 2° On brille | calcine ) du plomb ou tout autre métal | excepté l'or et l'argent ) au contact de l'air ; il perd au.ssitot ses propriétés pnifiitives, et se transforme en une substance pulvérulente , en une espèce de cendre ou de chaux. En reprenant ces cendres, qui sont le résultat de la mort du métal, et en les chauffant dans un creuset avec des grains de froment, on voit bientôt le métal renaître de ses cendres, et reprendre .sa forme et ses propriétés premières. — Conclusion : le métal que le feu détruit, est revivifié par les grains de froment et par l'action de la chaleur. — îi'est-ce pas là opérer le miracle de la résurrection sur une petite échelle? Il n'y avait rien à objecter contre cette conclusion , puisqu'on ignorait complètement le phénomène de l'oxydation et la réduction des oxydes au moyen du charbon ou d'un corps organique riche en carbone , tel que le sucre , la farine , les semences, etc. Les grains de froment étaient le symbole de la vie , et , par extension , le symbole de la résurrection et de la vie éternelle , non pas tant parce qu'ils servaient de principale nourriture à l'homme, mais plutôt parce qu'ils étaient employés pour ressusciter et revivifier les métaux morts ou réduits en cendres. — 3° On calcine du plomb argentifère dans des coupelles faites avec des cendres ou des os

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piilvéï'isi^s. I,c plomb se rrdiiit en ronilrc, il ilispanit dans la siibsfanrp de la cniipellp; et, à la fin de l'opçration, il reste au lond de la coupelle un bouton d"att,'ent pur. I,e plouib ayant disparu sans que l'operateur sût pourquoi ni comment, quoi déplus naturel r\m: de conclure qu'il sï'tait transformé en argent? — Celte opération n"a certainement pas peu contribué à faire accréditer ime opinion ancienne , que le plomb peut se transformer en argent. — Les phénomènes si remarquables de Viris et de Veclnir, que présente l'argent soumis à la coupcllation, devaient aussi singulièrement occuper l'imagination de l'artiste saeré. — 1» On verse un acide fort sur du cuivre; le métal est attaqué, et finit, au bout de quelque temps, par disparaître, en donnant naissance à une liqueur verte, aussi transparente que l'eau pure. F.n plongeant dans cette liqueur une lamelle de fer, on observe que le cuivre réparait avec son aspect ordinaire, en uièmc teiups que le fer se dissout à son tour. — Quoi de plus simple que de conclure que le fer s'est transformé en cuivre? — -Si, à la pliice de la dissolution de cuivre, on avait employé une dissolution de i)lomb , d'argent ou d'or, on aurait dit que le fer s'est transformé en plomb, en argent ou en or.

Ainsi, la fameuse théorie delà transmutation des métauï, adoptée par les aleliiuiistes, est foiidce sur quelques faits réels, mais non couipris et mal interprétés. Au reste, cette théorie, considérée au point de vue de la science d'alors , n'était pas aussi irrationnelle qu'elle nous le parait aujourd'hui. I.c point de départ de tout raisonnement était l'observation et l'imitation de la nature. Les métaux étaient assimilés à de véritables êtres animés , ayant , couune les végétaux et les animau.x , leur vie propre ; car la division des corps en organiques et en inorganiques, division qui n'a aucune valeur philosophique, est d'une date a.sse/. récente. — Que voit-on dans la nature? des transformations. l,cs écrits des chimistes anciens sont pleins d'allusions mystiques et allégoriques sur la germination, sur la génération, sur la transformation de la graine en plante, des fleurs en fruits, etc. — Faut-il donc leur en vouloir d'avoir établi la théorie de la transunitation sur un simple phénomène d'échange ou de substitution qu'on explique à présent, mais qu'il était alors impossible de comprendre de la même manière qu'aujourd'hui?

Se moquer, comme on l'a fait, delà théorie de la transuuitation, cela est nou-SfUleriient injuste, mais ridicule et absurde. Il est une considération qui devrait nous rendre cxtréuiemeut prudents et circonspects dans nos jugcmeuts. I.a voici : si nous somuics à même d'apprécier l'insuflisancc ou la fausseté des doctrines de nos prédécesseurs, c'est grâce aux découvertes qui ont été faites pendant tout l'espace de tcuqjs qui nous en sépare. Et nous, ne faison.s-nous pas tous les jours des théories auxquelles nous tenons probablement autant que les anciens

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aux leurs? F.t, A moins que le monde nefmisic demain, personne, j'espère, n'a la prétention de croire (pie nos contemporains aient donné le dernier mot de la science, et que ceux qui viendraient après nous n'auraient plus aucun fait à découvrir, aucune erreur à rectifier, aucune théorie à redresser.

Je reviens à ce que j'ai dit plus haut : si nous voulons juger nos prédécesseurs, il faut nous placer à leur point de vue, et bien nous garder de les condamner en les jugeant à travers le prisme de nos connaissances actuelles. C'est avec ce principe qu'il faut aborder l'histoire des sciences, comme du reste l'histoire en générai.

Ce que je viens de dire à propos de la thcoriOi delà transmutation des métaux peut également s'appliquer à beaucoup d'autres théories (|ui avaient eu pour point de départ des faits réels, mais mal compris, faute d'autres découvertes qui restaient encore à faire, et qu'il était alors presque impossible de prévoir. — ts° 1-es vapeurs d'arsenic blanchissent le cuivre. Ce fait , connu depuis longtemps, avait donné naissance à une multitude d'allégories obseurcs.et d'énigmes my.stiques sur le umyen de transformer le cuivre en argent. — Le soufre, qui attaque les métaux, qui les noircit et les transforme en des produits ordinairement noirs, pulvérulents, était un corps tout aussi mystérieux que l'arsenic. C'est avec le soufre qu'on coagulait | solidifiait | le mercure. — «° Lorsqu'on fait tomber le mercure en pluie fine lea le pressant à travers une peau ou un linge ■serré I sur du soufre fondu, on obtient une matière HOi're. Cette matière, chauffée dans des vaisseaux fermés, se volatiUse sans s'altérer, et se transforme en une belle matière rouge. On croirait à peine que ces deux corps sont identiques, si l'on ne savait pas qu'ils sont constitués exactement des mêmes éléments, de la même quantité de soufre et de la même quantité de mercure. — Combien un phénomène si étrange, qui parait à nous-méme encore aujourd'hui inexplicable | car le mot isomerie n'explique rien ) , ne devait-il pas frapper l'imagination des chimistes anciens, déjà si accessibles à tout ce qui semblait merveilleux et surnaturel? — le noir et le rouge ne sont rien nminsque les symboles des ténèbres et de la lumière, du mauvais et du bon principe; et la réunion de ces deux principes représentait, dans l'ordre moral, l'Univcrs- Dieu , celte idée panthéislique, quia sans doute beaucoup contribué à établir ce fameux principe adopté par les alchimistes, que tous Im corps, et principalement les métaux . ont pour éléments le soufre et le mercure. — 7° Lorsqu'on analyse Us substances organiques en les chauffant dans un appareil distiUatoirc, on obtient un résidu .solide, des liquides qui passent à la distillation, et des esprits qui se dégagent. — Ces résultats venaient à l'appui de l'ancienne théorie, d'après laquelle la terre l'eau , l'air et le/eu formaient les quatre éle-

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mcnts an inonde. Le résidu solide ( charbon ) représentait la terre; les liquides de la distillation représentaient rmu.rt les esprits, i'air. Quant au feu , il était considéré , tantôt counne un moyen de purilieation , tantôt coininc l'Aine ou le lien invisible de tous les corps. — I,e.s expériences et les opérations que je viens d'indiquer, et dont il .serait inutile de multiplier le nombre, étaient connues depuis longtemps; les prêtres d'isis et les Initiés de l'art sacré devaient avoir journellement occasion de les exécuter dans les laboratoires de leurs tetuples. Mais gardons-nous bien de croire que les maîtres de l'art sacré aient exposé et décrit leurs expériences, comme le ferait un professeur de chimie de nos jours. Tout était enveloppé de ravstér>^'S, et leur langage symbolique, qui avait probablement une grande an.ilogie avec le langage hiéroglyphique, n'était compris que des initiés; car il était défendu, sous peine de mort , de révéler les mystères aux profanes.

ARTlIAMTlîVE. ( Cyclainine. ] Matii'recristalline, blanche, découverte par Saludin dans la racine du Cyclamen europœtim. Pour la préparer, on épuise l'extrait alcoolique de la racine fraîche d'abord par l'éther, puis par l'eau froide ; le résidu In.soluble, c'est Vartkuiii.tine. •Sa saveur est acre et styptiqiie. Trés-peu soliible dans l'eau et dans l'éther, l'arthanitine .se dissent facilement dans l'alcool. i;ile s'altère à la température de l'eau bouillante; elle est colorée d'un beau violet par l'action de l'acide sulfurique concentré. Sa composition n'a pas encore été déterminée.

ASAniN'E. Matière cristalline, d'un blanc nacré , retirée de la distillation de la racine .sécha du cabaret ( Âsariim europœum | avec s parties d'eau. Klle a tine odeur et une .saveur camphrée, fond dans l'eau bouillante, et peut se pétrir co i me de la cire molle. UUe bout vers 280°. Ses vapeurs excitent l4.toiix. Insoluble dans l'eau, elle se dùssout facilement dans l'ai ool. .Sa composition a été représ;^ntée par la formule : C^ H' > O^ ( lllanchel et Selt).

AS"ARACi:vE. (Synonymes: Asparamide , y/lthëine , Agedoile.) L'asparagine est une substance que l'on trouve dans les tiges d'asperge. On la rencontre aussi dans le bois de réglisse, la racine de guimauve, les pommes de terre, etc., et, suivant M. Bossignon, dans le suc de betterave. L'asparaginc obtenue à l'état de pureté cristallise en prisuies transparents, droits , rhomboïdaux , ou raccourcis et à six pans. Elle est inodore. Sa saveur est fraîche, un peu nauséabonde. Sa densité = i.ijio. Elle est dure , friable et croquant sous la dent. Les cristaux chauffés deviennent opaques, et abandonnent une certaine quantité d'eau, l.'asparagine est soluble dans as parties d'eau. .Sa solubilité est plus grande à chaud. Elle est insoluble dans l'alcool absolu , l'éther et les huiles. — Soumise à l'action des alcalis et des acides, l'asparagini; est décomposée à cliaud , en ammoniaque et en acide aspartique. Les ferments

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agissent sur elle de la même manière. Eile n'exerce pas de réaction sur les dissolutions salines. L'asparaginc a été découverte en laoj par Vauquelin et I\obiquct. Ces chimistes l'obtinrent en faisant bouillir le suc des asperges, qui, convenablement concentré, laissait, par le refroiilisseinent, déposer l'asparagine .sous forme cristalline. On la représente, à l'état cristallisé, par la formule ; C^ JS^ H» Q'-f- 2 110.

ASi'ARTiQlE |.4cide). Cet acide, également connu .sous le nom d'acide asparaiiiiqiie, .se produit par l'action de la potasse sur l'asparaginc. L'aspartate de potas.se traité, par l'acide chlorhydrique, donne, après l'évaporation, l'acide aspartique sous forme de lamelles blanches, micacées. Cet acide, insoluble dans l'alcool, .se dissout dans 128 parties d'eau à M°. Chauffé dans une solution de potasse très-concentrée, il se décompose en ammoniaque, et en un acide qui n'a pas encore été examiné. A l'état cristallisé, il renferme deux équivalents d'eau , remplaçables par des oxydes inétalliciues. Sa composition est représentée par la formule : C^ MV O' -|- 2 110. On explique sa formation par l'élimination de l équivalent d'ammoniaque que perd l'asparaginc.

CSN2H.o{)S -MiJ = es N 117 08.

(asparagine) (aminoniaquel (ac. aspartique).

ASPHALTE. ( Bitume. ) Substance, noire, résiniforme, friable, cassantccomme la poix, et composée de quantités variables de carbone, d'hydrogène et d'oxygène. Son origine est obscure. Peut-être est-elle un proJiiit de transformation des végétaux résineux antédiluviens. L'asptialte se rencontre quelquefois en couches puissantes dans certains terrains d'alliivion, comme a l'Ile de la Trinité, où il est répandu sur une surface considérable et forme ce qu'on appelle, dans le pays, le lac de po'iT minérale. Des masses prodigieuses d'asphalte émergent du fond de la mer Morte {lac Asphaltite] ^ et constituent , depuis la plus haute antiquité, une branche de commerce considérable. Les anciens Égyptiens employaient annuellement des ma.sses énormes d'asphalte pour rembaiimement de leurs morts. IJ densité de l'asphalte varie dei,07 à «,s.. L'asphalte fond à ioo°, et brûle avec une flamme éclairante, trés-fuligineuse. SouUiis à la distillation, il donne une huile bitumineuse particulière, des gaz co'ubustibles, des traces d'hydrogène sulfuré et d'ammoniaque. L'asphalte entre dans la composition des ciments hydrauliques et dans celle du vernis noir, avec lequel on recouvre les objets de tùle. T^s vernis d'asphalte garantissent les bois contre l'action destructive de l'air et de l'humidité. Depuis environ trente ans, on exploite en France les mines d'asphalte, découvertes dans les départements de l'Ain, du Bas-Rhin et du Rhùne. Avec un mélange d'asphalte pur et de sable on fabrique un mastic pour faire des dallages en mosaïque d'un très-bel effet. Ces dallages ne sont pas aussi solides qu'on l'uvail

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