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l'acide azotique , à chaud ou à froid , suivant l'affinité de la base pour l'acide.
AZOTE. Corps gazeux , découvert en I77ï par Priestley, qu. lui donna le nom li'uir p/ilftgistique. (iiiyton de Morveau substitua a ce nom celui U'tisofc (de à privatif, et i^tor, , vie), désignant ainsi une des propriétés négatives de ce gaz , celle d'être incapable d'entretenir la vie. On donne encore â ce gaz les noms de : Mtfogéne , Alcali'jéne, Seplone , Air vicié. A/o/etle atmosphérique. — L'azote est un gaz un peu plus léger que l'air; sa densité est o,07CO. Un litre de ce gaz à 0% et sous la pression de 0, m. 7C . pèse un gramme 21:71. C'est un fluide élastique permanent. 11 est complètement inodore , insipide, incolore. Son pouvoir réf^ logent est 1,010. Il est peu solublc dans l'eau : 100 litres d'eau dissolvent 2 litres \ d'azote. — liien différent de l'oxygène, qui se combine facilement avec la plupart dos autres corps simples , l'azote ne se combine avec aucun corps par voie directe. Il se distingue de l'oxygène par des propriétés négatives , quoiqu'il soit le congénère de ce gaz dans la constitution de l'air atmosphérique. L'azote se combine , à l'état de gaz naissant , c'est-à-dire au moment où il se dégage d'un corps en décomposition, avec l'hydrogène pour produire de l'ammoniaque , avec le carbone pour former le cyanogène , avec l'oxygène en différentes proportions pour former une série de composés acides ou indifférents. — L'azote, comme l'acide carbonique .éteint les corps en combustion ; mais il se distingue de ce dernier en ce qu'il ne rougit pas la teinture de tournesol , qu'il ne précipite pas l'eau de chaux , et qu'il a une densité moins grande. U est irrespirable comme l'hydrogène, et, comme ce dernier, il produit l'asphyxie , non pas en détruisant les tissus , mais en privant la respiration de son alinieut indispensable, l.'azo e existe dans l'air, à l'état de liberté. U eviste à l'état de combinaison dans l'ammoniaque , dans l'acide nitrique , dans presque toutes les substances animales et dans un grand nombre de substances végétales , telles que la farine (gluten) , les alcalis végétaux , comme la quinine , la morphine , la strychnine etc. — i:n enlevant à l'air l'oxygène , on obtient pour résidu l'azote. Il y a différents moyens denlever cet oxygène : - i" avec le phosphore qu'on brûle sous une cloche contenant de l'air atmosphérique. Use produit des vapeurs blanc'.ies et épaisses d'acWe pliosphorique , qui se dissolvent dans l'eau. L'eau monte au-dessus de son niveau , à mesure que l'oxygène est absorbé. L'azote qui reste est mêlé d'un peu d'acide carbonique , qu'on enlève facilement au moyen de la potasse caustique. 2^ Avec la limaille de fer, chauffée au rouge dans un tube de porcelaine. L'air qu'on y fait arriver perd son oxvgène , qui se porte sur le fer pour l'oxyder ; et l'azote peut être recueilli sous l'oaii à l'autre extrémité du tube. 3" Avec l'hydrogène ( lampe des pliilosophes | , qu'on
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enflamme sous une cloche contenant ilc Talr. I,c gaz qui reste est de l'azote , mêlé d'un peu d'acide carbonique. — Pour avoir l'a/.ote parfaitement pur, on remplit un long tube de verre avec parties égales de chlore et d'ammoniaque ; on l'agite un peu , en tenant les deu\ extrémités du tube hermétiquement fermées. Bientôt l'azote se dégage , pour venir occuper la partie supérieure du tube. — Dans cette action , le cldoie décompose \ine partie de l'ammoniaque ( NtP I, pour former avec l'hydrogène de celle-ci de l'acide chlorliydrique, qui, à son tour, se porte sur une partie d'ammoniaque non décomposée pour former du chlorhydrate d'ammoniaque. I/azote de l'ammoniaque décomposée se dégage. La formule de l'azote est: N | nitrogcne ) ou Az ' = I7o,08 (2 atomes) = i équivalent. — On se sert quelquefois de l'azote pour former des atmosphères artificielles , lorsqu'on veut opérer sur des corps qui pourraient se dénaturer dans l'air atmosphériq le.
AZOTE ( Oxydes d"). 11 existe deux oxydes indifférents d'azote : le protnxyde et le liioxijde [ deutoxyde ). Le protoxydc d'azote ( gaz hilarant ] est un gaz incolore et inodore. Sa densité est i ,so ; à la température de 7°, et sous une pression de uo atmosphères, il devient liquide , et réfracte la lumière moins que l'eau, loo volumes d'eau dissolvent 90 volumes de ce gaz , à la température de lo". Cette dissolution a un goût douce.Ure.
I,c protoxyde d'azote est un gaz indifférent. Il est peu stable ; ses cléments cèdent ficilement à l'affinité d'autres corps. H rallume les corps en ignition comme l'oxygène, avec lequel on pourrait le confondre sous ce rapport. Le fer, le phosphore , le charbon , y brûlent à peu près comme dans l'oxygène. Il entretient même la combustion du soufre, qui ne brûle pas dans le deutoxyde d'azote. Il se décompose dans un tube chauffé au rouge , en donnant naissance à de l'azote et A de l'acide h>'poazotique. Mêlé avec de l'hydrogène , il forme un mélange explosif qui détone par l'approche d'un corps allumé; avec de l'Iiydrogène phosphore , l'explosion a lieu spontanément à l'air.
Le protoxyde d'azote peut être respiré impunément pendant quelque temps seulement : il asphyxie comme l'Iiydrogène et l'azote , par privation d'oxygène. Suivant quelques chimistes anglais , ce gaz produirait , en le respirant, «ne sensation délicieuse , accompagnée d'un rire insolite ; de là son nom de naz hilarant. r.ctte expérience ne s'est pas conlirmée sur d'autres chimistes , qui Tout répétée depuis.
Le protoxyde d'azote allume , comme l'oxygène , les corps en ignition. Comme celui ci , il forme un mélange explosif .avec l'hydrogène ; mais il se distingue de l'oxygène en ce qu'il n'est pas respirable , et en ce (lue, brûlé avec de l'hydrogène { i vol. de ce gaz + 2 vol. d'hydrogène ) , il donne un résidu gazeux qui n'est absorbé ni par la potasse , ni par le potassium , et qui est de l'azote pur.
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On peut obtenir le protoxyde d'azote en faisant séjourner du bioxyde d'azote sur de la limaille de fer humectée. Dans cette expérience I qui peut servir de moyen d'analyse | , le bioxyde d'azote diminue de la moitié de son volume , et se convertit en protoxyde d'azote, en cédant une moitié de son oxygène au fer qui s'oxyde. On l'obtient également , mais impur, en faisant agir de l'acide azotique étendu, sur du zinc. Le meilleur procédé pour préparer le protoxyde d'azote consiste à chauffer dans une cornue de l'azotate d'ammoniaque. Si ce dernier sel est pur , il disparait sans résidu , et se transforme complètement en eau et en protoxyde d'azote. En faisant l'analyse au moyen du potassium , on trouve que loo volumes de protoxyde d'azote donnent un résidu de 100 volumes d'azote , c'est-à-dire que le volume ne change pas .après l'opération. Le potassium s'est transformé en potasse par l'absorption complète de l'oxygène. En retranchant de la densité du protoxyde d'azote, trouvée par l'expérience directe , la densité de l'azote , on a la différence qui indique la quantité d'oxygène combinée avec l'azote pour former du protoxyde d'azote.
I ,jjo I poids de I vol. de protoxyde d'azote ).
0,071! (poids de i vol. d'a/.otc).
o,:;jl Ce nombre représente sensiblement le
poids de i/2 vol. d'oxygène = -î-'iLk-
De là N 1/2 O 1 vol. de protoxyde d'azote ; ou
N= O ou NO, = 2 vol., analogue à
11^ O ou IIO= 2 vol. d-;; vapeur d'eau.
Le protoxyde d'azote a été découvert en J7S2 par Priestley, qui l'obtint pour la premièie fois en traitant le zinc par l'acide nitrique faible.
Dans ces derniers temps , M. Natterer est parvenu à liquéfier le gaz protoxyde d'azote sous une pression de i^o atmosphères et à une température de — un". Ainsi liquéfié, le protoxyde d'azote présente un .aspect laiteux, diï à iiiie portion de ga/. solidifié, en suspension dans le liquide. Versé sur un filtre, à l'air libre, il se prend en une masse solide, blanche, non poreuse.
Le bioryde (deutoxyde) d'azote est un gaz incolore comme le protoxyde d'.izote. H est impossible d'en apprécier l'odeur , parce qu'il se convertit iinméiliatement , au contact de l'air, en un autre composé ( acide liypoazotique ). Sa densité est 1,03;». I lest beaucoup moins soluble dans l'eau que le protoxyde d'azote. lOO volumes d'eau n'en dissolvent que s volumes. Le bioxyde d'azote est un composé indifférent, comme le protoxyde d'azote. En évitant soigneusement tout contact de l'air , on constate qu'il ne rougit pas la teinture de tournesol ; mais à peine a-t-il le contact de l'air, i|u'il passe , en absorbant la moitié de son voliunc d'oxygène, à l'état d'acide hypoazotique coloré en jaune orangé , lequel rougit la teinture de tournesol. A cause de celte faculté absorbante, on s'est servi quelquefois du bioxyde d'azote
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dans l'analyse de l'air ; mais ce moyen est peu exact, car, dans certaines circonstances , le bioxyde d'azote peut absorber une bien plus prande quantité d'oxygène , en formant un mcianse d'acide azotique et d'acide hypoazotique. I,e phosphore brûle dans le bioxyde d'azote avec un vif éclat , comme dans le protoxyde d'azote. I.e soufre n'y bnile pas. Le bioxyde d'azote ne forme pas de mélange explosif avec l'iiydro- Réne. I.e mélange de bioxyde d'azote et d'iiydrogène briile avec une fiamme d'un vert pâle, qu'on pourrait confondre avec la flanimc du chlore. Lorsqu'on fait arriver du bioxyde d'azote dans de l'acide azotique à différents degrés de concentration , on obtient des colorations Tertes, bleues, jaunes, et les différentes nuances de ces colorations ; en même temps le bioxyde d'azote est absorbé par l'acide nitrique. Une dissolution de sulfate de fer absorbe une trèsgrande quantité de bioxyde d'azote ; et la dissolution , qui perd sa transparence , devient d'un brun très-foncé. Cette liqueur foncée , exposée à l'air, absorbe beaucoup d'oxygène , et se colore en Jaune d'ocre. I.a dissolution de .sulfate de cuivre , dans laquelle on fait arri\cr un courant de bioxyde d'azote , se colore en beau vert plus ou moins foncé. Cette dls-iolntion , abandonnée à l'air, laisse un dépôt noir. I.e bioxyde d'azote étant chauffé dans im tube de porcelaine contenant du fer, se décompose en protoxyde d'azote et en oxygène, qui se porte sur le fer pour l'oxyder. Kn traitant des rognures de cuivre par de l'acide a'olique étendu d'eau , on obtient le bioxyde d'azote , qui se dégage avec effervescence. Les premières portions qui se dégagent .sont colorées en jaune | acide hypoazotique | ; on ne les recueille point. Il faut recevoir le gaz sur le mercure ou sur de l'eau bouillie (privée d'air ). En faisant la même expérience avec le fer ou le zinc , l'action est extrêmement vive , et le bioxyde d'azote est toujours mêlé d'un peu de protoxyde d azote. Uans tous les cas . l'acide azotique se décompose , oxyde le métal à ses dépens , et se réduit en un composé d'azote et d'oxygène , contenant moins d'oxygène que l'acide azotique. On a pour résidu un azotate du métal qu'on a employé.
Analy.se au moyen du potassium : loo volumes de bioxyde d'azote donnent un lésidu de ao volumes ( azote | ; m volumes ont été absorbés par le potassium , et ces 30 voluuies sont de l'oxygène. Donc , 1 volume de bioxyde d'azote se compose de 1/2 volume d'azote et de i/ï volume d'oxygène. Formule : NO- = volumes de bioxyde d'azote.
AZOTEUX I Acide ). .Synonyme : Acide hypoiizotcux. L'acide azoteux est un liquide incolore à — 20", et coloré en jaune foncé à la température ordinaire. Sa densité est i,4S. 11 répand des vapeurs rutilantc-s, qui, une fois mêlées à l'air, ne se condensent que très-diflicilement. L'eau lui fait subir différents phénomènes de coloration : une petite quantité d'tau le colore en vert ; une quantité d'eau pius
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grande, en bleu, jusqu'à ccque l'acide devienne incolore dans son plus grand état d'affaiblissement. L'.icidc azotique fumant du commerce présente les mêmes phénomènes au contact de l'eau. L'acide azoteux se décompose au contact de l'eau : il se dégage du bioxyde d'azote, et l'eau qui reste tient en dissolution un mélange d'acide azotique et d'acide azoteux. Il éprouve une décompo.sition analogue au contact des alcalis. L'acide azoteux cède plus facilement son oxygène aux corps oxydables que l'acide nitrique. L'acide azoteux existe dans l'acide nitrique fumant , obtenu par la distillation du .s.alpètre avec une quantité d'acide sulfurique équivalente à la potasse du salpêtre employé. On obtient l'acide azoteux pur, en condensant du gaz bioxyde d'azote avec le quart de son volume d'oxygène à — 20°, et à l'abri du contact de l'air. On l'obtient également pur et anhydre par la distillation de l'azotate de plomb desséché. Dans cette opération , il faut avoir soin d'entourer le récipient d'un mélange réfrigérant. L'acide azoteux se compose , eu centièmes, de 57,11 d'oxygène, 62,83 d'a/ote , ou de 2 vol. d'azote et de s vol. d'oxygène = JNO^ ou Az^ 05. Les vapciu-s rutilantes qui prennent naissance pendant la décomposition de l'acide azotique, ont été regardées, par quelques chimistes, couune appartenant à un acide particulier, appelé acide hypoazotique par les uns et uciilc azoteux par les autres. Cet acide , auquel on a donné la formule de N04 ( 2 vol. d'azote combinés avec 4 volumes d'oxygène ) , ne se combine avec les bases ni directement ni indirectement ; et il faut le considérer comme une combinaison de I éqniv. d'acide azoteux avec 1 équiv. d'acide azotique. Kn effet?
K05 = I équiv. d'acide azotique , KO^ = I équiv. d'acide azoteux .
Cet acide . auquel M. Baudrimont a donné le nom d'acide azntosiqne, parait être analogue à ces acides coujiniurs dont la chimie organique offre de nombreux exemples.
AZOTiDE henzo'ii-iqif.. Corps pulvénilent, blanc, cristallin , qui s'obtient comme résidu insoluble dans l'alcool bouillant , pendant la préparation dcrf/;o6rn:o;/e. Il se décompose à une température élevée. M. Laurent , qui l'a découvert , lui donne la formule . C'4 IPN.
AZOTIDE iiV.cn\.ov.T.. f Chlorure d'azote.) Composé liquide , d'une couleur fauve . d'une odeur piquante , particulière. .Sa densité est l,r,;;3. Il est si peu stable , qu'il se décompose déjà à la température de 3° ; sa décomposition est accompagnée d'une explosion terrible. Comme les deux éléments de ce corps sont des (Inides élasli(|MCs ( chlore et azote ) trèscondensés , on conçoit que leur séparation doit avoir pour effet une détonation violente
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et souvent dangcrcuso. Aii^îsi faut-il manlpuliT o(! corps avec une i^'rando (le\.li'iilé , et se mettre à l'abri dn danger d'être blessé. Le clilorure d'azote ne parait jouer ni le rôle d'aride ni celui de base. Des quantités minimes de phospliore , d'huile grasse , d'oxyde de plomb, de siiccin, produisent une détonation \ iolente , quand on les met en contact avec le chlorure d'a/.ote : l'azote et le chlore reprennent leur état élastique. D'autres corps, comme le sucre, la gomme, quelques résines, et plusieurs métaux, ne produisent rien de semblable. Le cuivre et le mercure le décomposent sans détonation. Une goutte de chlorure d'azote, versée sur un morceau de papier, et exposée à la lumière, détone comme un \ iolent coup de fusil. Pour l'obtenir, on fait arriver un courant de chlore gazeux dans une dissolution de sel ammoniac ( clilorure d'ammonium ). U se forme bicntùt de petites bulles oléagineuses qui se rassemblent au fond du vase, et qu'il faut séparer à mesure qu'elles se produisent. Cette réaction s'explique facilement : L'auunoniaque se compose d'hydrogène et d'azote ( NH^ ) ; le chlore se substitue à l'hydrogène ( de l'ammoniaque ) , et , en se combinant avec l'azote qui reste, il donne naissance au composé en question. On ne connaît pas la composition exacte du chlorure il''/otc. Il est probablement composé de s équivalents de chlore et de i équiv. d'azote , composition analogue à celle de l'ammoniaque. Sa formule serait donc N(.l 5.
Ce corps , si dangereux à manier , a été découvert par Dulong. Cette découverte lui a coûté un œil et un doigt. L'explosion eut lieu avec tant de violence, que la table sur laquelle se trouvait l'appareil de l'opérateur fut enfoncée.
AZOTIQUE (Acide). Cet acide, également connu sous les noms d'acide nitrique, d'etiiiforte à'e.iprit de niire , d'acide du sa ctie, d'azotate hydrique ( liaudrimont ) , a été découvert par (jeber, au neuvième siècle ( Voy. Iloefer. Histoire de la Cimie , tome I, pag. 521 ). L'acide azotique est liquide , incolore , inodore , d'une saveur brûlante, et fortement acide. Sa densité est i.ss. Il se congèle à — 40". Il bout à »«•=. Ltant bien concentré, il fume il l'air. La lumière le décompose, en donnant naissance à de l'acide hypoazotique coloré en jaune, et il de l'oxygène. 11 peut être mêlé d'eau en toutes proportions. Affaibli, il ne fume plus , et ne se décompose plus sous l'influence de la lumière ; de plus , u bout à une température plus élevée , et on ne peut plus le décomposer que dans un tube de porcelaine chauffé au rouge. La dissolution aqueuse, qui ne contient que quelques traces d'acide , bout il 100° comme l'eau. Entre l'acide le plus étendu et l'acide le plus concentré ( qui bout à 86" ), il y a un acide intermédiaire qui ne bout qu'à 120°. Ce faifremarquablc prouve que l'eau joue ici comme partout un rôle important. Le poids spécilique de l'acide diminue en propor-
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tion de l'eau qu'il contient. L'acide azotique rougit la teinture du tournesol en couleur pelure d'oignon. Dans son plus grand état de concentration , il contient au moins un équivalent d'eau, lin le combinant avec une base, on peut en éliminer toute l'eau, dont on évalue exactement la quantité en pesant l'azotate avant et après la ealcination. C'est un acide peu stable ; il se décompose facilement , en cédant son oxygène à d'autres corps. Aussi ses éléments ( oxygène et azote ) ne se combinent-ils pas par >oie directe ; il faut au moins un équivalent d'eau pour les maintenir en état de combinaison. L'acide azotique est aussi utile pour oxyder les corps que le charbon pour les désoxyder. L'azote , le protoxyde ou le bioxyde d'a/.ote, résultant de la décomposition de l'acide azotique , ne se combinent pas avec les corps qu'on veut oxyder ; c'est ce qui donne à l'acide azotique , comme corps oxygénant,un grand avantage sur les acides chlorique, iodique et bromique. L'acide azotique, mis en contact avec les corps auxquels il cède son oxygène , soit à froid , soit à cliaud , peut donner naissance au moins à quatre produits différents, suivant que l'aflinite de ces corps pour l'oxygène est plus ou moins grande.
1° Le potassium , le sodium , le fer à la température rouge , rais en contact avec l'acide azotique , donnent de l'azote.
2" Le cuivre , le plomb et le zinc , donnent du bioxyde d'azote , mêlé d'un peu de protoxyde d'azote.
3° Le fer à froid et l'azotate d'ammoniaque à chaud donnent du protoxyde d'azote.
i" Le mercure , le soufre , le phosphore et beaucoup d'autres corps , donnent de l'acide hypoazotique , mêlé de bioxyde d'azote ; une partie d'acide azotique se décompose , oxyde le métal employé , lequel se dissout dans la partie d'acide azoti(iue non décomposé, pour former un azotate. Le plomb , le cuivre , le zinc , le fer, sont dans ce cas ; pour ces deux derniers métaux , l'action est .si vive , même à froid , que non-seulement l'acide azotique . mais une partie de l'eau de l'acide se décom pose pour former de l'ammoniaque. L'acide azotique le plus concentré possible n'attaque ni le fer, ni le zinc. On peut préserver ces métaux de l'oxydation , en les conservant dans do l'acide azotique bien concentré ; mais , dés qu'on y ajoute un peu d'eau, la réaction a lieu instantanément avec beaucoup de violence. Ici se place une observation très-importante , qui a été récemment faite par M. Mil- Ion. L'acide azotique ne doit sa propriété d'ataquer les métaux qu'à des traces de gaz nitreux qui , en raison de sa petite quantité , jouerait ici un rôle analogue à celui du ferment.
L'acide azotique forme des azotates avec les oxy-bases. Il détruit les étoffes de nature organique. U perce le drap avec facilité , et cautérise la peau.- L'acide ayotique tache la peau en jaune. Cette tache , sans odeur, per-