ABE
aberhatiox. ( astronomie. ) Mouvement apparent par lequel les astres paraissent décrire des ellipses autour du point qu'ils occupent. Ce mouvement apparent des étoiles a été dérouvcrt en I7ï8 par Bradley. Cet astronome nous en a donné l'explication : d'un côté , la lumière, ainsi que Ro-mer Ta démontré en M,T3 et 1676, met un certain temps à parcourir l'espace qui nous sépare des corps lumineux, et pendant ce temps notre «lobe avance toujours dans son orbite; d'un autre côté, nous ne voyons les objets que dans la direction du dernier rayon qui frappe notre ccil. 11 en résulte que les astres n'occupent pas réellement le point oii ils apparaissent â l'observateur placé sur la terre et emporté par celle-ci dans son mouvement annuel. Le rayon de lumière iinis cbange aussi de direction, à mesure que la terre parcourt son orbite et s'incline sur l'écliptiqne. Cet orbite étant une ellipse, l'étoile observée doit paraître décrire aussi une ellipse. On a calculé que le plus grand angle d'aberration ne dépasse pas ïn" j.
ABERRATION. ( Optique. 1 Oisprrsion des rayons de lumière dans les limettes , et en général dans tous les instruments d'optique. Il y a deux causes d'aberration : la sphéricité, et i;i rcfrangibilité. Il y a aberration de .sphéricité lorsque les rayons, partis d'un objet éclairé , sont reçus par un verre d'une courbure sphérique ; ce verre ne réunit pas en un seul point tous les rayons qu'il reçoit : plus l'ouverture du verre est considérable, plus l'aberration est grande. Pour que l'aberration soit nulle , en se servant d'un miroir concave, il faut que l'ouverture de ce miroir ne dépasse pas s ou 10°. Quant aux lentilles, il Importe de déterminer exactement la limite de la grandeur de l'ouverture de ces verres, afin d'obtenir la plus grande netteté possible des images. i;n général , cette limite ne doit pas dépasser lo ou lï".
Les couleurs qui composent un rayon de lumière, n'étant p;is toutes également réfr.in-
gibles, occasionnent l'abcmtion de réfranglbilité. Lorsque ce rayon traverse une lentille, la décomposition delà luiniére nuit à la netteté des images, qui paraissent entourées des couleurs de l'iris. Ce phénomène n'aurait pas lieu si les rayons colorés se réunissaient au même point , après leur sortie du verre. Pour remédier à cette aberration , on fait usage de verres achromatiques, qui ont li propriété de dévier les rayons, tout en donnant a leur foyer des images incolores, l'oyez
ACUROMATISMF.
ABSixTiiiQiF. ( Acide). Suivant SI. Braconnot, les tiges et les feuilles de l'absinthe I «rteinisia absinlhium , L. ) renferment un acide particulier, susceptible de donner avec l'ammoniaque un sel cristallisable. Pour obtenir cet acide pur, on traite le décoctuni des tiges et des feuilles d'absinthe par l'acétate de ploiqb en excès : le précipité volumineux, d'un jaune sale, qui se furme , est mélangé avec quatre fois son volume d'eau et décomposé par l'hydrogène sulfuré, sous l'influence d'une températiue de eo à 70'. Le sulfure de plomb, insoluble. e*t séparé par le filtre; et la liqueur, filtrée, est évaporée jusqu'à consistance strnpeus?. T>e résidu de l'évaporation e.st tj-aité par i'éther, qui enlève une matière résineuse colorante. Lnlin la solution éthérée laisse, après l'évaporation, une matière cristalline et sublimable sans altération. C'est là ce que M. lîraconuot avait appelé aeide ahshnthique. M. Zwenger a repris récemment l'examen de cette matière ( Jnnalcn dcr Chemle vnd Phannncie , octobre 1813 ); il est parvenu à constater que l'acide absinthique de .M. Braconnot n'est que àcVacide snceiniqtie , Tfprésenfé par la forumie C4 II» O^ -|- HO. I/équivaUnt de cet acide, qui sature l équivalent de base, est i;27,r,7. — L'acide succinique n'existe qu'en très petite quantité dans l'absinthe : qu.irante livres de feuilles et de tiges sèches en ont fourni à peine un gramme. Il se trouve dans celte pl.LUte à l'état de suc-
•iiiate acide de potasse. I.eiisfcnce de cet acide dans rubsinllie, et sans doute dans beaucoup d'autres végétaux, pourra Jeter quelque lumière sur la formation du succin.
ABSORPTiox. On donne le nom d'absorption A la pénétration intime et successive d'un liquide ou d'un gaz soit dans une matière inorganique, soit dans une matière vivante. Ainsi, dans le monde inoiganique, l'oxygène, le chlore, l'hydrogène et beaucoup d'antres gaz sont absorbés par les métaux . par le cliarbon, par la pierre ponce, etc. Pour les métaux, ïctte absorption est une véritable combinaison chimique, tandis que pour le charbon et la pierre ponce c'est une simple condensation ♦les gaz dans les intervalles d'une substance poreuse. Cette condensation est souvent si intime, qu'une température même assez Élevée ne suffit pas pour expulser tout le gaz. I-'air, qui se trouve souvent très-fortement tondensé dans certaines substances poreuses, peut devenir une des principales causes d'erreur dans les analyses chimiques. — Pour trouver la quantité de gaz qu'un certain poids de charbon est capable d'absorber, il faut d'abord que celui-ci soit privé de tous les gaz qu'il absorbe à l'air. On y arrive, soit en plaçant le cliarbon dans le vide, soit ea le faisant rougir en vase clos. I,c charbon qui a été rougi absorbe toujours une quantité de gaz sensiblcjuent plus grande que celui qui a été soumis au Tide dans la machine pneumatique; ceci lieut à ce que cette machine ne produit qu'un vide imparfait.
Saussure remarqua que le charbon réeeminent rougi , exposé d'abord à l'air, puis au vide de la machine pneumatique, absorbe inoins de gaz que le cliarbon siinpleuient rougi, laiis plus que le charbon ordinaire, qui, bien que privé d'air, conserve toujours quelque humidité.
1j plupart des appareils, imaginés pour mesurer exactement le degré d'absorption du charbon, ont linconvénient de ne pas laisser échapper complètement l'air; dans quelques-uns, les gaz sont en contact avec l'eau, qui est en partie absorbée par le charbon et entrave ainsi l'absorption.
J<e3 quantités de gaz absorbées dépendent : i" De la nature du gaz ; ï" IJe la nature du charbon ; s^ Uc la pression extérieure ; •4° De la température; »° Du mélange d'autres gaz; 6° De la présence de matières non gazeuses dans le charbon.
D'après Saussure, une mesure de charbon de buis de 11 à 15" c, et sons une pression atmosphérique de o,m. 72), absojbc :
Gaz ammoniac , 90 mesures.
— chiurbydrique, s.-;
— sulfureux, r..i
— hydrosiilfuré , «s
— protoxyde d'azote, 40
— acide carbonique, yi
Oa/ ûléfiant , js
— oxyde de carbone, o.u
— oxygène, 9,2J
— azote, 7, 3 - hydrogène, i,7i.
D'après les expériences de .Saussure, la pulvérisation du charlion diminue la force d'absorption : 4,D2 centimètres cubes de charbon de buis pesant 2,91 grammes, et privé d'air par la machine pneumatique, absorbent ss,» centimètres cubes d'air atmosphérique. Réduit en une poudre impalpable, pa.ssée au tamis, le mènje charbon de buis n'absorbe que ïo,8 centimètres cubes d'air, c'est-à-dire 4,ïj fois le volume qu'il avait à l'état solide ; ei comme par la pulvérisation il est réduit à occuper un espace de 7,5 centimètres cubes, le volume de l'air absorbé n'est que le triple de celui du charbon com|iacte. Ainsi, l'absorptiou parait être diminuée par la destruction des cellules du charbon : elle parait être en proportion inverse avec le diamètre Interne des cellules du charbon.
I.a présence d'un gaz dans le charbon favorise éminemment l'absorption d'un autre gaz. D'après les expériences de Saussure , un charbon saturé d'azote, porté dans le gaz oxygène, retient une plus grande quantité d'a/.ote et absorbe plusde gaz oxygène qu'il n'en faudrait selon les .simples lois de l'absorption, appUcablesaucharbon. Le charbon, saturé de gaz oxygène, se comporte de la même manière à l'égard de l'hydrogène, et celui, saturé d'hydrogène, est de nièmeà l'égard de l'azote, tandis que l'azote n'admet pas, d'après Saussure, l'absorption du gaz acide carbonique. I^ loi que Dalton assigne;! l'absorption par l'eau des gaz mélangés ne trouve donc point ici son application. Cependan t , il est possible que ces divergences que présente l'absorption par le charbon proviennent de ce que le gaz oxygène , ainsi conden.sé, a éprouvé, dans quelque cas, une véritable combinaison chimique , en donnant naissance à du gaz acide carbonique. La magnésie, l'ardoise huppante. Vasbeste, V/iydrophane, le quartz et le plâtre, absorbent plus de gaz azote que d'hydrogène ; au contraire, toutes les matières organiques absorbent plus d'hydrogène que de gaz azote.
D'après Saussure, la pression de l'air a la même influence sur l'écume de mer ( mugiitsite I que sur le charbon ; c^r, ir..87 centimètres cubes d'écume île mer absorbent, à 0, m. 723 de pression, ■42,s centim. cub. de gaz azote; et, à 0, m. Ï7.8 de pre.ssion, so,3 cent. cub. Si des corps solides sont, d'après ce que nous venons de dire, susceptibles d'absorber des gaz, nous pouvons admettre que l'absorption est encore plu.i forte pour les vapeurs, puisque celles-ti perdent plus facilement leur élasticité.
■fout corps solide parait attirer l'humidité de l'atmosphère, môme /orsque l'air n'en parait pas saturé. I^ quantité de vapeur ai/i'^t absorbée varie selon l'état et la nature des coriw, ainsi que selon l'état hygroraétriqtic de
l air. I^ilie a dciuODtré avec qiu-llc aviditc le (rapp en diîCQmposition , la balle d'avoinp , etc., absorbent la vapeur d'eau ; pour faire congeler l'eau sous le réeipient de la machine pneumatique , il avait disposé de la poudre de trapp sèche, de manière à (aire absorber la vapeur d'eau, à mesure qu'elle se formait par l'action du vide.
D'après /<um/o>-d, loo parties en poids de iiois de sapin seclié absorbent à l'air, en été, 10 parties d'eau, et 2j en liivcr. Il est reconnu que des minéraux, pulvérisés, l'oxyde de cuivre, etc., peuvent absorber une forte proportion d'eau , eu restant peu de temps exposés à l'air, t'nlin, il est facile de s'assurer que plus l'air est saturé de vapeur d'eau à une température donnée, plus les corps absorbent d'humidité; et comme la quantité de vapeur absorbée peut se reconnailre par le poids, ainsi que par diverses modilieations dans la forme , ces corps peuvent servir dliygromètres. C'est ce qui leur a valu le nom tX'hygrometrtiincs. Bucliuer a observé que du papier humecté d'une liuile volatile , ou même que des fleurs , comme les roses, le sureau, le verbascum, etc., perdent leur odeur après avoir été fortement sécbés , mais la recouvrent aussitôt, si on les expose à l'air humide , ou qu'on les ariosc.
C'est ce qui explique une expérience curieuse A' Engelhard, d'après laquelle I2,7j livres de semence danis , qui étiiient exposées à l'air depuis vingt ans et n'avaient plus qu'une faible odeur, fournirent, lorsqu'on les eut arrosées, 3 5/8 onces d'huile volatile, à la distillation. Saussure présumait dej.i qwe les i)arfums des fleurs ne s'évaporent qu'avec l'iiuiuidité qui les entraine.
Absorption par les liquides. On doit ranger ilans cette classe :
1° L'absorption des gaz oxygène et chlore par le phosphore liquéUé tt par des métiiux en fusion, ou d'autres combinaisons de corps simples , dans lesquelles disparait la foriue de gaz ou de vapeur ;
4° L'absorption du gaz oxygène par des solutions salines et celle du gaz umiuouiac par des acides liquides ;
5° L'absorplion de la xapeur d'eju par l'acide suKurique et par quelques autres Uuides, avides d'eau ;
4= L'absorption de toute espèce de gaz par l'eau, parl'esprit-de-vin, par l'huile oud'autres Uuides, soit acides, soit neutres.
Les trois premières divisions sont évidemment du ressort de la cliimie : la combinaison est toujours accompagnée de dégagement de calorique. Plusieurs cas d'absorption du n'' 4 sont également chimiques; pour les autres, la question n'est pas encoi^e résolue.
L'eau, mise en contact a\ec un gaz, n'en peut absorber qu'une portion déterminée; quand elle est arrivée à ce point, elle en est Mturée et laisse sans l'absorber tout l'excédant.
Pour savoir qucUc quantité de sai l'eau
ABS 1t
absorbe , dans différentes circonstan«cs rtterieures , il faut employer de l'eau parfaltcmeut pure, c'est-à-dire de l'eau non-seulement débarrassée, par la distillation, des sels qu'elle pourrait contenir, mais encore qui ne renferme plus rien des gaz que s'assimile toute caa exposée a l'air. liUe est privée de ces gaz par l'ébullilion, ou par le vide , ou par ces deux moyens à la fois.
I>a quantité de gaz que l'eau absorbe dépend :■
1° De la nature du ga^ ,
2° De la pression extérieure,
i" De la température ,
4" De la présence d'autres espèces de gar.
lue mesure d'eau absorbe en voliime». :
Gaz fluoborique. 700. J. Davy.
— ammoniac. 780. Thomson.
— chlorhydriquc. «ig. Thomson.
fluo-silicique, sulfureux, oxyde de chlore, cyanogène, hydrogène sèlénié
ïRô. J. Davy,
ô5. rhomson.