‹ Dictionnaire de chimie et de physiqueChapitre 49 sur 322 · BIO · texte numérisé non relu

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oxysi-nc. L'action a suuvcnt lieu avec explosion, l.e peroxyde de manganèse ne se réduit pas par le contact de l'eau oxygénée ; mais l'action est très-> ive , et il se produit une chaleur considérable. Avec l'oxyde d'argent . l'action est instantanée ; le métal se léduit sur-le-champ , avec production de chaleur. D'après les idées généralement reçues , il de- %Tait , daas cette expérience , y avoir production de froid ; car l'oxygène , de solide qu'il était dans sa combinaison avec le métal , redevient gazeux. Ces faits sont curieux et non expliqués. Ce sont des phénomènes de ce genre que M. Gay-I.ussac appelle actions de présence, et M. Bcr/.élius, phénomènes ctrtalytiques. Certains oxydes se suroxydent par le contact de l'eau oxygénée. C'est ainsi que M. Thénard est parvenu à découv rir une série «le peroxydes . qu'on ne peut produire autrement que par le moyen du bioxyde d'hydrogène. 1-es dissolutions de chaux , de strontiane et de baryte donnent avec l'eau oxygénée un précipité de peroxyde de calcium, de strontium , de baryum; car ecs peroxydes sont luoius solubles que leurs protoxydcs. l.e contact de certaines substances organiques détermine également la décomposition du bioxyde d'hydrogène. Ainsi, la fibrine .se décompose , sans s'altérer, avec dégagement d'oxygène , tandis que l'albumine , qui a tant d'analogie avec la fibrine , que certains chimistes les ont considérées comme une seule et même substance , ne décompose point l'eau oxygénée.

Le peroxyde dliydrogène ressemble an pcrsulfurc d'hydrogène. Comme ce dernier, on ne le coaserve bien que dans une liqueur acidulée ; car les acides le rendent plus .stalile. Les bases, au contraire , nuisent à sa stabilité. Formule du bioxyde d'hydrogène : MO'

l^orsqu'ou traite le bioxyde de baryum par l'acide chlorhydrique ou par un acide quelconque , tout se dissout , rien ne .se dégage , et le sel qui .se produit a toutes les propriétés d'un sel de baryte. Que s'est-il passé? qu'est devenu l'oxygène? Tout préoccupé de cette question, M. Thénard avait d'abord pensé que , dans ce cas , les acides se suroxygénaient; et il avait établi, en conséquence, une série d'aeides siiroxijyéncs. Quelque temps après, Tillustre chimiste reconnut que ces acides n'existaient pas, et que l'oxygèue du bioxyde de baryum était entré en combinaison avec l'eau ; ce fut là l'origine de la découverte de l'eau oxygénée. Comme le peroxyde d'hydrogène est peu stable , et que son existence est , pour ainsi dh-c , éphémère , il iaut beaucoup de précautions et une longue série d'opérations pour parvenir à l'obtenir en quantité un peu notable. A cet effet, on broie le bioxyde de baryum ( obtenu en chauffant la baryte avec de l'oxygène , au rouge ob.scur) avec de l'eau, dans un mortier d'agate ou de verre ; ensuite , on y verse çoutle à goutte de l'acide chlorhydriquc fai-

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ble; 11 se forme du chlorure de baryum soluble. et de l'eau combinée avec une certaine quantité d'oxygène. En versant dans la liqueur de l'acide suUurique , on enlève la baryte à l'état de sulfate insoluble ; et en y versant du nitrate d'argent , on enlève le chlore à l'état de chlorure d'argent également insoluble. Di-s lors , la liqueur ne contient plus que de l'eau oxygénée faible. On recommence ainsi l'opération un certain nombre de fois. Enfin . on concentre l'eau oxygénée dans le vide , en lui faisant perdre une certaine quantité d'eau à l'état de vapeur, et on la conserve en y ajoutant quelques gouttes d'acide chlorhydriqne ou fluorhydrique.

On peut se servir de l'eau oxygénée pour rcstam-er et blanchir les peintures à l'huile ; car elle ramène à l'état de sulfate blanc le sulfure noir de plomb, provenant du carbonate dont le peintre s'était servi. Le bioxyde d'hydrogène a été découvert par M. Thénard en

nisMCTn. Le bismuth est un métal d'un blanc tirant sur le rouge. Il est cas.sant , insipide et inodore. Son poids spécifique est 9,822. Sa structure est lamcllcuse. Le bismuth est , de tous les métaux , celui qui cristallise le plus facilement : il cristallise en trémies pyramidales qui dérivent du cube. A l'état de pureté il e.st un peu ductile ; et lors^u■on le ploie , il fait entendre un cri semblable à celui de l'étain ( Cfiatidet ). Il fond à la température de 217'" : on peut le couler sur du papier. Il est volatil à une température élevée ; cependant il ne l'est pas assez, pour qu'on puis.se le distiller. Le bismuth se ternit à l'air humide , et se recouvre d'une pellicule d'un brun rougcàtre. Tar le grillage , il se change en une poudre brun;Ure ( cendredc bismuth ), qui parait être un mélange de protoxyde et de bismuth métallique. A la chaleur, rouge , il brûle, au contact de l'air, avec une légère flamme bleue, en répandant des vapeurs jaunes. Il ne décompose l'eau à aucune température. L'acide sulfuri.|ue concentré l'attaque à chaud , et le dissout avec dégagement d'acide sulfureux. L'acide chlorhydriqne et l'acide sulfurique faible ne l'attaquent pas sensiblement. L'acide az.oti(iue et l'eau régale sont les véritables dissolvants du bismuth. Le bismuth se combine diflicilemcnt avec le phosphore et l'arsenic. II se combine directement avec le soufre et le sélénium , à l'aide de la chaleur. 11 bn'ile avec flamme dans le chlore gaz.eux. U s'aille avec la plupart des métaux. Le bismuth se rencontre, comme l'or, presque toujours à l'état natif, en m.isses lamellaires , ou cristallisé en cubes. Il n'existe que dans les terrains anciens , où H accompagne les minerais de plomb , de cuivre et d'argent. Il contient presque toujours un peu d'argent et d'arsenic. On le trouve en Saxe , en Bohème , en Carinihie , en Suéde et en Korv\ége.

Comme le bismuth se rencontre le plus or-

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dinairemcnf à lY-tat natif, on n'a qn'à te di'baiTasser de sa gangue pour le Ihrcr au commerce. Pour l'avoir ctiimiquemcnt pur, on traite le bismuth du commerce par différents procèdes :

j=> On le dissout dans de l'acide az.otitiue ; on ajoute ensuite à l'azotate de bismuth une quantité d'eau suflisante pour précipiter le bismuth à l'état de sous-a/.otatc blanc ; enfin , en calcinant le précipité avec du charbon et un fondant , on oùtient le bismuth sensiblement pur.

î« On concasse le bismuth du commerce en petits morceaux , et on le fait fondre dans un creuset , après l'avoir préalablement mélangé avec environ un dixième de son poids de salpêtre. Tous les métaux étrangers sont oxydés par le salpêtre, ainsi qu'une portion de bismuth, le résidu est du bismuth renfermant une certaine quantité d'oxvde. Pour avoir le bismuth pur, on le fait refondre dans un creuset brasqué.

Mais aucun de ces procédés n'enlève au bismuth tout l'argent qu'il peut contenir, et il en contient jusqu'à 0,0013. Il est encore plus difficile de séparer l'argent du bismuth . au moyen de la coupcllation , que de le séparer du plomb, par ce même procédé. Comme le bismuth fond a une température peu élevée , on pourrait se servir de la fusion pour amener la séparation de ces métaux. Agricola ( vers 1320 ) fait déjà mention du bismuth comme d'un métal particulier. Avant cette époque le bismuth avait été probablement confondu avec le plomb.

Formule : Bi = i5ôo,.-.77.

Composés oxygènes du bismuth. On connaît deux degrés d'oxydation du bismuth : 1" le protoxyde , 2° le peroxyde. Le premier seul fait fonction de base. I.e prétendu sous-oryde. qui se forme lentement par l'exposition du métal au contact d'un air humide, n'est autre chose qu'un mélange de protoxyde et de bismuth métallique. A l'état anhydre , le protoxyde est jaunâtre , pulvérulent , se colorant passagèrement enbrun pendant la calcinatiou. Il fond à la chaleur rouge, et, comme la litharge, il traverse les coupelles et les vases de grès. ]i est facilement réductible par le charbon, il se comporte au chalumeau à peu près comme le tellure et l'antimoine. Il se réduit instantanément sur le charbon ; en continuant à l'exposer à la flamme du chalumeau, il se volatilise sensiblement, et s'entoure d'une auréole à fond rouge ou orangé. A l'état d'hydrate , le protoxyde de bismuth est blanc, et perd facilement son eau par la chaleur. Il se combine bien avec les acides. Parmi les alcalis , l'ammoniaque seule en dissout une petite quantité. Il est sensiblement solublc dans les huiles. Chauffé avec du sel ammoniac, il donne naissance .'i une poudre blanche volatile qui porte le nom de fleurs argentines de l>isniut/i ( chlorure double de bismuth et d'ammonium ). Formule : Bi 0. On le prèpai'? en calcinant

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l'azotate de bismuth. I.e peroxyde est de couleur puce foncé , semblable au peroxyde de I)lomb. A la tcnipèrature de r,.;o' environ . il se transforme en protoxyde jaune. Il est facilement réduit par le charbon. Les acides sulfuri(|ue , azotique et phospliorique l'attaquent en dégageant de l'oxygène ; sous ce rapport, le peroxyde de bismuth se comporte absolument comme le peroxyde de plomb. Formule : Bi= O'. ( Strohmeyer ). On l'obtient en faisant bouillir le protoxyde hydraté avec un chlorite alcalin.

Composes sulfurés du bismuth. Le sulfure est d'un gris bleuAtre , semblable au sulfure d'antimoine. 11 cristallise en prismes acieulairc» entrelacés. Il est fusible et volatil. Il est réduit par le fer. Chauffé au contact de l'air, il bouil. lonne , et répand des vapeurs mêlées de gax acide sulfureux. On le rencontre naturelle» ment en Saxe, en Bohème, etc. Formule : Bi^S'. analogue au peroxyde ( Bi' O^ 1. Il existe probablement un sulfure de bismuth IBiSj.analogue au protoxyde.

Composes chlores du bismuth. \.trhlorure, est blanc , déliquescent , de consistance butyren^e [beurre de bismuth], il est très-volatil. Il se décompose dans l'eau en oxi/chlorure blanc qui se précipite . et en acide clilorhydrique qi« reste en dissolution avec une petite quantité de chlorure. (;et oïvclilonirc est quelquefois employé comme fard , sous le nom de blujuc d'Espagne. Formule : lîi Cl, analogue au protoxyde. On peut lot/tenir directement en projetant du bismuth en poudre dans du chlore gazeux. La combinaison est accompagnée de chaleur et de lumière.

\.e brome , r/0(/« et probablement le fluor donnent avec le bismuth des composés analogues. Le phosphore a. très-peu d'afllnitê pour le bismuth. X.'arsenivre. de bismuth est peu stable , et complètement décomposable par la chaleur. L'arsenic rend le bismuth trcs-conibustible.

Le bismuth forme avec l'éfain , le plomb et le mercure, un alliage fusible à la température de l'eau bouillante. Avec l'argent , il donne un alliage d'un blanc éclatant , connu sous le nom à'argent moussif.

Les.îc/s (/(7 6/sm?(//( sont blancs ou incolo- ' res. Ceux d'entre eux qui sont sohibles se décomposent dans l'eau en sous-sels blancs tièipeu .solubles , et en sur-sels très-solubles.

1" Les alcalis les prèeipite.nt en blanc. Le précipité est insoluble dans un eices de précipitant.

20 Le carbonate de potasse les précipite en blanc ; ce précipité est complet ; il retient seu- ' lement un peu de potasse. Le précipité pi oduit par le carbonate de soude est moins complet. Le carbonate d'ammoniaque en excès y donne un précipité complet. Par la chaleur, on rhasse tout le carbonate d'ammoniaque , et on obtient l'oxyde de bismuth pur.

-," L'acide sulfhydrique précipite tout le bismuth à l'état de sulfure noir.

72 Bf.A

4° I.a noiK (le galle précipite les sels de bisiiiulli en jaune clair.

i" l.'aclile io.ihvdrique et les iodnres alcalins }• produisent un prOcipité brun très-solnble dans un excès d'icKlure alcalin.

G° I,e cyauofcrrure de potassium les précipite en blanc.

7" le fer, le zinc , le cuivre et IVtain précipitent le bisroutli de ses dissolutions.

Sels de hismiit/i. \,'uz,olate cristallise en prismes blancs contenant i équivalent d'eau. Il a une réaction acide. Il est soluble dans une petite quantité d'eau. Dans une p-ande masse d'eau, il se décompose en xoiis-tizo'iite. Ce sousazotate porle les noms de hliinc de fard, de inwjister de bismuth. Il est quelquefois usité en médecine. On peut employer l'a/.otate de bismiilli comme encre sympatliiqne , en exposant au contact de l'bydrotiène sulfuré les caractères tracés avec une dissolution de ce sel. Kormule : IîiO,N05 4- 110 = i équiv. d'azotate de bismuth cristallisé. On le prépare en dissolvant le bismuth pur par l'acide azotique. A la température ordinaire l'action est extrêmement vive , si le niélal est en poudre.

Le SHifiitc s'obtient diflicilement a l'état neiitiV. Mis dans l'eau , il se partage en sulfate triL'asique et en sulfate acide, susceptible de cristalliser en aiguilles ,par l'évaporation. l£ sulfate acide se décompose, à son tour, dans une grande quantité d'eau , en sulfate basique et en sulfate acide; en répétant celte dissolution un certain nombre de fois, on linit par séparer a peu prés tout le bisnuith.

BisicciN.VJiiDE. Produit cristallin, volatil, obtenu . par voie de sublimation, en chauffant de l'acide sueclnii|ue anhydre dans du fîaz ammoniac. Sa composition est : C* 11^ O* f M1-.

nisi LinvDit/iMiDii:. [Stilfiie acide d'iiminonicKjiie anhydre de H. Uose. ) Corps cristallin jaune . formt^ par la combinaison de \olumes égaux de ga/. acide sulfureux et de ♦;az ammoniac 11 est déliquescent et s'altère a l'air humide, en se décomposant en acide ^ulfurcux avec dépôt de soufre. Traitée par un excès de solution de potasse , la bisulfhydramide se décompose en sulfate et en hypo- .sullite de potasse. Sa composition est repié- M'.'nléc par la formule : S-04. Nil'.

lii.w»; m; vf.mse, lti..\>c de Hollande, l!i,A>c de Hambourg. I /'oyz l'i.oMn, sels, i

Bi,\\(: n'OEiF. la clariljcation des liquides troubles , au moyen du blanc d'crnf, remonte au moins au onzième siècle de l'éjc chrétienne. | (''oyez Ai.niTMiNE. )

lii.A\cilEi;it. Qualité qui distingue les coi-ps blancs , en ce qu'ils n'excitent en nous la sensation d'aucune couleur. Newton a trouvé , par l'expérience , que la blancheur consiste dans le mélange bien pr-oportionné et la réunion parfaite de toutes les couleurs primitives. Un disque sur lequel sont peintes les couleurs du spectre solaire donne, étant

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