‹ Dictionnaire de chimie et de physiqueChapitre 58 sur 322 · CA.L · texte numérisé non relu

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nées. Ce jour fut ajouté par iutercalation à la quatrième année ; il fut placé immédiatement avant le 21 février. C'était là l'année intercalaire ou bissextile de 3C6 jours. Cette réforme^ faite par Jules-César 4fi avant Jésus-Clirist , fut appelée Comput Julien. Ce eomput , que l'on appelle vieux style . est suivi encore à présent en Russie , en Grèce , en un mot dans les pays où l'on professe la religion grecque. Le calendrier de Jules-César avait deux défauts considérables. Premièrement , il supposait l'année de 30^ jours c heures, tandis qu'elle n'est réellement que de 3Go jours ;i heures ■18 minutes is secondes. On employait donc tous les ans, environ il minutes de trop. Cette quantité quoique très-pelite, étant répétée pendant un grand nombre d'années , devenait enlin très-considérable ; de sorte que vers la fin du seizième siècle , sous le poutilicat de Grégoire Xlll , les équinoxes se trouvaient avancés de 10 jours , c'est-à-dire que l'énuinoxe du printemps , au lieu de tomber au 20 mars , tombait au 10 du même mois. Grégoire Xlll , après avoir consulté d'habiles astronomes , fit retrancher 10 jours du calendrier de Jules- César, en ordonnant , par une bulle du 24 février iaB2, que le j octobre suivant fut compté pour le is du même mois. Après avoir supputé que les 11 minutes (ou environ) que l'on employait de trop chaque année formaient ua jour entier au bout de 133 ans, on convint d'omettre trois bissextes dans le cours de 400 ans. Cet arrangement a déjà reçu son exécution, puisque les années 1700 et laoo n'ont point élc bissextiles; l'année 1000 ne le sera pas non plus ; mais l'année 2000 le sera . et ainsi de suite. Le second défaut du calendrier de Jules-César était que les nouvelles lunes précédaient d'un grand nombre de jours celui auquel elles étaient marquées par le nombre d'or ; cette erreur avait pour cause roi)inion ancienne , que les nouvelles lunes revenaient , après l'j ans écoulés , précisément à la même heure à laquelle elles s'étaient trouvées 19 ans auparavant. Cependant il y a une différence d'environ une heure et demie , dont le mouvement de la lune anticipe sur celui du soleil ; et cette différence forme un jour, à peu de chose près, au bout de 30J ans , c'est-à-dire au bout de IG cycles lunaires. Le cycle lunaire au nombre d'or n'indique donc plus exactement les nouvelles lunes. C'est pourquoi on ne s'en sert point , pour en fixer le jour, dans le calendrier grégorien. Mais on a imaginé d'autres nombres, qu'on appelle épactes , qui servent à trouver l'âge de la lune avec plus de préci.sion. Pour faire un calendrier, il ne s'agit que de trouver quel jour on doit célébrer la fête de Pâques. Ce jour étant miefois déterminé, les fétesmobiles sont connues et déterminées. Le concile de Nicéc a ordonné qu'on célébrerait la fête de Pâques le premier dimanche qui suit la pleine lune, ai>rès l'équinoxe du printemps ; c'est-àdire , le premier dimanche après la pleine lune qui arri^e passé le 21 mars. Pour savoir

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«jHcl est ce dimancUe, il faut clierclier, par le moyen des epcictcs ,'Và^c de la lune pour le premier mars. Cet âge troux é , en fuiissaut la lunaison ou le jour de la nouvelle lune , et en y ajoutant t jours , on a le jour de la pleine lune. Si ce jour tombe le 21 mars ou après le 21 mars . le dimanche su vant est le jour de P;U)uesiniais si ce jour de la pleine lune tombe avant le 21 mars, ce n'est que le dimanche après la pleine lune suivante qu'on doit célébrer la iéte de Pâques. La fcte de Pâques peut être célébrée dans l'intervalle compris entre le 22 mars et le 23 avril. Si la pleine lune arrive le 21 mars, et que ce jour-la soit luisamedi, le lendemain dimanche sera le jour de Pâques. Mais si la pleine lune arrive le 21 mars, la fête de Pùques sera renvoyée au dimanche après la pleine lune suivante , qui tombera le la avril : et si ce jour est un dimanche, Piques ne sera que le dimanche sui- A ant , c'csf-a-dire le 23 avril. Le jour de Pàf|ues une fois û\é, les fêtes mobiles se rangent dans l'ordre suivant : 36 jours après P.^qucs . viennent les llnriations ; le jeudi suivant est l'Ascension ; 10 jours après V Ascension , vient la l'cntecAfe ; le dimanche suivant est la l'rinité, le jeudi qui suit immmédiatement la Trinité e^l la Fite-Dieii. Les Quatre-tcmpsse règlent ainsi : le premier est le mercredi que suit immédiatement le jour des Cendres, lequel précède Pâques de w jours. Le second est le mercredi après la Pentecôte. Le troisième est le mercredi qui suit le i\ septembre , jour de l'Exallation de la sainte croix. Le quatrième est le mercredi après le 1; décembre , jour de la féf c de Sainte-Luce. X ces détails du calendrier, on ajoute encore le Cycle solaire , le Cycle lunaire ou Nombre d'or, l'indiction romaine , l'Lpaete , la lettre Dominicale ; une Table des lieux du soleil et de la lune pour chaque jour ; l'heure du lever et du coucher de ces deux astres ; l'âge de la lune et ses différentes phases. On fait encore mention dans le calendrier des jours des équinoxes et des solstices , des éclipses de soleil et de lune.

CALOMÉLAS, !\ferciire doux. Panacée inercuriclle. Précipite blanc. /'oy. Mercure.

cAi.ORi.MÉTRiE. Lavoisler et Laplace ( Mémoires de l'Académie des sciences, année 1780 ) tirent les premiers des expériences dans le but de mesurer la quantité de calorique que renferment des corps différents. C'est cette quanlité de clialeur, contenue naturellement dans les corps , qui a reçu le nom de c/ialeiir spécifique. Pour la mesurer, Lavoisier et Laplace avaient imaginé un appareil particulier ( Calorimètre ). Cet appareil consistait en un vase cylindrique dans l'inlérieiuduquel étaient placés les corps soumis à l'expérience ; ce vase élait entouré d'un autre vase rempli de glace , laquelle était elle-même garantie de la chaleur atmosphérique par un autre entourage de glace contenue dans im troisième vase qui entourait le second, i.eca-

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lorique qui se dégage du corps soumis à l'expérience fait fondre une paitie de la glace contenue dans le second vase ; et cette partie de glace fondue s'écoule dans un vase placé au-dessous de l'appareil. Or, la quantité de calorique nécessaire pour faire fondre la glace est égale à celle qui est nécessaire pour faire monter l'eau de 0» à eo^. La quantité de glace fondue indique donc la quantité de calorique qui s'est dégagée du corps soumis à l'expérience. Dans le passage d'un corps solide à l'état liquide , il y a une quantité considérable de chaleur qui disparait , et qui reste combinée avec le corps liquide ; il en est de même du passage des corps liquides à l'état gazeux. Black observa ( en i762 ) le premier ce phénomène. Il se demanda d'abord pourquoi la glace fond si lentement sous l'influence de la chaleur. Dans la première expérience qu'il lit pour éclaircir cette question, il trouva que , pendant que l'eau à 0° s'élève à la température de 7° , la même quantité de glace , également à 0° , quoique soumise à la même chaleur que l'eau , exige un temps 21 fois plus long pour arriver à la même température de 7° ( 7X21=147 ) , et qu'il y a par conséquent 140= ( Kahr. ) de chaleur d'absorbés, que le thermomètre n'indique pas. Cette quantité considérable de chaleur qui disparait et que 'le theriuoiiiètre n'indique pas, Black l'appela chaleur latente. Black observa également le même phénomène de la chaleur latente pendant la vaporisation de l'eau. {I^oijcz Hoefer, Histoire de la cliimie, tome il , pag. 539.) — Une substance a plus ou moins de capacité pour la chaleur, suivant qu'elle exige plus ou moins de chaleur pour éprouver un changement de température donné , par exemple, pour passer de 0= a 1». Deux corps auront donc la même capacité de chaleur spéciflque , si , à poids égal , ils exigent la même quantité de chaleur pour passer de 1,'^ à i= ; l'un aura, au contraire , une capacité double , triple , s'il exige deux ou trois fois plus de chaleur. Les corps qui , comme l'eau, exigent toujours la même quantité de chaleur pour passer d'un degré a un autre , ont une capacité constante ; tandis que d'autres qui , tels que le platine , absorbent des quantités de chaleur différentes pour passer de 0° à i' , ou de 100» à 101°, etc., ont une capacité variable. Poul déterminer les chaleurs spécifiques , on .se sert en général de trois méthodes , savoir, la méthode du calorimètre , dont nous venons de parler, la méthodedes mélanges, et la méthode du refroidissement. Dans la métliode des mélanges , la chaleur perdue par un corps qui se refroidit se transmet à un second corps qui se réchauffe ; et si l'on connaît les poids de ces corps, il suffit d'observer les températures perdues et gagnées, pour en déduire le rapport de leuis capacités. Des recherches entreprises à ce sujet par Dulono et Petit, et plus récemment p.ir M. lieiinatilt. on est arrive aux lois suivantes : p Pour 1rs corps simples, les

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chnlnir^ spécifiqtirs sont en raison invrrxe des équivalents chimiques; 2° Dans tous trs corps composés , de même composition atomique et de constitution chimique semblable, les chaleurs spécifiques sont en raison inverse des poids atomiques.

Capacités déterminées par la méthode de refroidissement :

JYoms Capacités, Poids atomiq.,

des substances, celle de l'eau celui de l'oxy-

étant = I . gène étant— i.

Bismutll, 0, 0288 13, 30

Plomb, 0, 0295 12, 8j

Or, 0, 0298 12, 43

Platine, 0, 03U ii, te

l-^tain , 0, oju 7, 3S

Argent , 0, 03J7 6, 73

Zinc, O, 0927 4, 03

Cuivre, 0, 0919 3, 9,;7

Fer, 0, 1100 s, 382

Soufre, 0, 1080 2, 011

TS'ous avons dit que les combinaisons chimiques offrent également une source de chaleur importante. MM. .4ndrewi et Graham ont fait à ce sujet une série d'expériences qui tendraient à établir les lois sui\antes : »° Loi des acides : Un équivalent de divers acides, combiné avec la méiiLe base, produit à peu prés la même «iiuntité de chaleur ; 2° Loi des bases : Vn équivalent de dif/érentes bases, combiné avec le même acide, produit des quantités de chale jrs différentes; 3° Loi des sets acides : Lorsqu'un sel neutre se convertit en sel acide , en se combinant avec un ou plusieurs éléments d'acide, on n'observe aucun changement de température ; 4° Loi des sels basiques : Lorsqu'un sel neutre se convertit en sel basique, la combinaison est arcompagnée d'un dégagement de chaleur. - Chaleur animale. Cette chaleur a une source propre et encore inconnue ; car ceux qui l'attribuent soit à la respiration ( combustion du carbone du sang ), soit à l'innervation ou à la circulation du sang , s'égarent dans le labyrinthe des hypothèses. Cette chaleur échappe aux lois ordinaires de la physique ; elle se maintient à peu prés constante chez les animaux qui habitent les pays' arctiques, aussi bien que chez, ceux qui habitent les pays tropicaux. Ainsi, chez, l'homme, la température du j.ing se maintient sensiblement à 37° ; l'âge et le climat ne prcduisent que de légères différences. J. Davy a mesuré la température du sang de nègres de Madagascar e' de Mozambique , de llottentots, de naturels de Ceylan , d'albinos , de Malais , de Cipayes , de prêtres de Rouddha , qui se nourrissent exclusivement de légumes, de Vaids qui ne vivent que de viandes , et il a trouvé que la température de leur sang variait très-peu ; la plus basse température était de 33,8 : elle appartenait à deux Hottenlots du cap de Bonne-Espérance ; la plus élevée était de 38,9 : elle appartenait à deux enfants d'.Européens , nés à Colombo , l'un de huit et l'autre de douze ans. Chez les

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mammifères , surtout chez, ceux de l'ordre des carnassiers, la température du sang est sensiblement la même que chez l'homme. Chez les oiseaux , elle est de io" à 43<^, c'est-à-dire de plusieurs degrés plus élevée que chez l'hoinme. Chez quelques reptiles, elle a été trouvée de w à 32° ; chez les poissons , les mollusques et les crustacés, de 14 à 27° : la temp^-ature de l'air ambiant était à peu près la même que celle du sang de ces animaux.

CALOiiiQLE. [Clialeur.] Ce nom fut appliqué pour la première fois par Lavoisier au principe impondérable de la chaleur. U'après la théorie de Lavoisier, le calorique doit être rangé au nombre des substances simples ; tous les corps sont composés de calorique, élément impondérable, et d'un ou de plusieurs radicaux pondérables. U'après cette théorie, les corps solides sont ceux qui renferment le moins de calorique, et les gaz en renferment le plus; ce calorique est logé dans les interstices qui séparent les atomes les uns des autres , et il dexient libre par un rapprochement brusque de ces mêmes atomes. C'est ce qui expliquerait la production de chaleur qui accompas^ne l'oxygène au moment de sa combinaison avec un autre corps, c'est-â-dire , au moment oii il perd son état de fluide élastique. Cette théorie si ingénieuse de Lavoisier a prévalu jusqu'à nos jours , après avoir subi différentes modifications. — Faisant abstraction de tout ce que les philosophes ont dit touchant l'origine obscure et la cause de la chaleur, nous nous bornerons à signaler les lois générales tirées des nombreux effets de cet agent mystérieux , auquel Lavoisier a donné le nom de calorique. Les principales sources du calorique sont le soleil et les combustions ou combinaisons chiii»iques. Le mode de propagation du calorique, c'est le rayonnement. Tous les corps chauffés ont un pouvoir cmissi/oa rayonnant, c'està-dire qu'ils ont la propriété d'émettre autour d'eux, dans toutes les directions, de la chaleur, qui traverse l'air comme la lumière traverse les milieux translucides. C'est pourquoi on dit rayons calorifiques, comme on dtt rayons lumineux. Cette analogie est démontrée au moyen de deux miroirs paraboliques de métal poli, disposés de manière que leurs axes soient coïncidents : .\près avoir placé un corps incandescent au foyer du premier miroir , on remarque qu'un corps combustible, par exemple, un morceau d'amadou, peut s'allumer au foyer du second, éloigné du premier déplusieurs mètres. Les rayons caloriflques se réunissent donc en un foyer, absolument comme le feraient les rayons lumineux. Le pouvoir émissif suppose naturellement le pouvoir absorbant; l'amadou qui s'allume au foyer du miroir ardent suppose qu'il possède la faculté d'absorber le calorique. Il en est de même de tous les corps qui s'échauffent au soleil, ou par toute autre source de calorique. Mais les corps n'absorbent pas toute la chaleur provenant d'un foyer quelconque : une

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partie de cette chaleur est réfléchie comme la lumière, c'est-à-dire en faisant l'angle de réflexion éyal à l'anyle d'incidence. C'est ce que démontre encore l'expérience des miroirs , car les {oyers de chaleur coïncident avec les foyers de lumière. \.e poucoir réfléchissant doit être nécessairement complémentaire du pouvoir absorbant , car la somme des quantités de chaleur absorbées et réfléchies représente exactement la totalité de la chaleur incidente ; conséquemment l'un de ces pouvoirs augmente quand l'autre diminue , et le pouvoir réfiéchissant est nul , dans le cas où le pouvoir absorbant serait total ; c'est ce (ji:i arrive pour les surfaces recouvertes de noir de fumée : au contraire , le pouvoir réfléchissant est d'autant plus grand, que les surfaces métalliques sont plus polies.

L'équilibre de température dans une enceinte quelconque s'établit par un échange mutuel : chaque corps perd autant de chaleur qu'il en absorbe. Aucun coi'ps ne peut éprouver une modification de température, sans que tous les autres qui l'entourent ne participent à l'instant à cette raodilication ; mais dans des rapports variables à raison de leur grandeur, de leur distance et de leur intensité calorifique. Le pouvoir calorifique, comme l'attraction , est en raison in\ erse du carré de la distance. D'après la loi du ccinus, l'intensité des rayons calorifiques est proportionnelle au cosinus de l'angle que ces rayons font a\cc la .lormale de l'élément rayonnant. Quant aux lois du refroidissement et au\ phénomènes du calorique rayonnant dans les substances diaphanes, voyez Dl.iTBERMAS.'E et REFRO.'DIS- SEMt>T. X l'article Ci>>DLCTiBiHTÉ, il est question de la propagation de la chaleur dans les corps. Tour la capacité spécifique de la chaleur, et la chaleur latente, voyez C.u.o-

RIMÉTRfE.

On a beaucoup discuté pour savoir si le calorique ne serait pas au fond le même principe que la lumière, dans deux états différents. Ce qu'il y a de certain, c'est que toutes les lois de réflexion et de réfraction de la lumières'appliquent également au c;ilorique. M. Melloni est un des physiciens qui ont , sous ce rapport , le plus contribué aux progrès de La science. Herschel avait déjà fait voir, en isoo, qu'en décomposant la lumière du soleil au moyen d'un prisme , on remarque qu'un thermomètre placé au delà du rouge du spectre solaire accuse une température sensible. Ce point , au delà du rouge, fut dès lors appelé spectre calorifique , par opposition au .spectre lumineux ou coloré. Seebcck démontra plus tard que la position du maximum de la chaleur du spectre solaire change a^ec la nature de la composition du prisme : le flint-glass le fait paraître un peu en dehors du rouge ; le crownglass, un peu en dedans; l'alcool et l'acide sulfurique, dans l'orangé; et l'eau dans le jaune. M. Melloni , qui s'était occupé de «cttc question depuis 1832, a publié récemment

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