‹ Dictionnaire de chimie et de physiqueChapitre 83 sur 322 · CRO · texte numérisé non relu

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mais Jamais celles d'un système ne se coni binent avec celles d'un autre. Les parties que les cristaux présentent à l'observation sont des faces, des arêtes, des angles et des axes. I.es arêtes, les faces et les angles peuvent varier de nombre et de position ; mais les axes sont invariables. Chaque système cristallin reçoit son nom des formes principales qui lui appartiennent; mais comme ces formes ne sont pas toujours appréciables, il y a quelque Importance à fonder la nomenclature de ces systèmes sur la relation de leurs axes. Ln rejetant tout ce qui est étranger aux relations géométriques , les cristaux peuvent se disposer en trois groupes principaux, selon qu'ils possèdent des axes d'un .seul ordre, ou de deux ordres ou de trois ordres différents. Les deux derniers groupes peuvent se subdiviser eux-mêmes, selon le nombre des axes identiques , ou selon leur relation de position. Ces distinctions conduisent à établir six systèmes géométriques auxquels on peut donner les noms suivants , la première particule numérique étant relative â la nature des axes , et la seconde l'étant ;'i leur nombre : Cristaux dont les axes de j

même nature sont tous I

égaux , ou cristaux à une

seule sorte d'axes princi- I

paux. 1

Cristaux à deux 1 |

sortes d'a.xes J Diaxiques.

principaux. I |

Cristaux a trois j /

sor.i's axes j Triaxiques. j

principaux. ) '

( youez B.\LDRmo:«T , Traite de chimie générale, tome 11 , page ta. )

Davillon, vers le commencement du dix-septième siècle , parle le premier de la cristallographie sous un point de vue .scient i tique. L'auteur étend le principe de la cristallisation nonseulement aux sels et à des substances minérales , mais encore aux alvéoles dt-s ruches et à certaines parties des végétaux, telles que les feuilles et les pétales des fleurs. U ramène toutes les fo.MueS' cristallines à cinq figures géométriques, qui sont le cube, l'hexagone, le pentagone, l'octaèdre et le rhomboèdre. Un sujet aussi intéressant et nouveau devait naturellement ramener un esprit, d'aUleurs assez spéculatif, aux doctrines anciennes de Pythagorc et de Pbiton, suivant lesquelles toute l'harmonie de la création repose sur les nombres et les figures géométriques ( f-'otjez HoEFER , Histoire de la chimie, toiu. 11, pag. 2i5 ).

CROCOXIQIIE ( .\cide ). Corps cristallin, jaune , découvert par >L L. (inielin. 11 se produit en dissolvant dans l'eau la matière rougeatre qui se forme par l'action du gaz oxyde de carbone sur le potassium. Kn dèeoTTîposaut le sel de potasse par l'acide liydrofluosiliriiiuc , on obtient l'acide en question. Cet acide forme avec les bases des sels bien cristallisables

Monaxiques.

Isoaxiques.

I Didiaxiqurs 1 Ditriaxiqiics.

, Trihortaxiqucs.

; Tricliuhortaxiq.

Triclinaxiqiies.

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(croconatcs). Composition del'aciJc croconique anhydre : C-* O^.

CROTOMXE. Principe cnsfallin . non volatil , obtenu par ISraiides, en faisant bouillir l'huile de croton tiglium par l'eau et de la magnésie.

CROTOXIQCE ( Acide ). Synonyme : Acide jatrophique. Acide saponiliable , découvert par Pelletier et Cavcntou dans l'huile grasse des graines du croton tiglium. La formule n'en a pas été déterminée.

CBOWX GLASS. Nom que l'on donne en Angleterre au verre commun, appelé verre à couronne. On le tourne en plateaux ronds , par le moyen de la force centrifuge que produit le mouvement circulaire. Lé crownglass, combiné avec le flint ijlasx , fut employé avec succès , en J7S9, parIJollond, pour la construction des luiK^ttes achromatiques. 11 remédia ainsi à la dispersion des rayons colorés qui se forment au foyer des lunettes ortinaircs.

CL'BÉei^i. Corps blanc , cristallin , insipide et inodore, obtenu par JIM. Soulieiran et Capitaine en épu'usant par l'alcool la pulpe du piper cubeba. Il est coloré en rouge par l'acide sulfurique. Sa formule probable est : C'4H'7 O'o.

CCI VR E Le cuivre est d'un beau rougeéclatant. cristallisable en cubes par la voie humide, et en rhomboïdes par la voie sèche. 1* titane présente seul une couleur analogue à celle du cuivre. Le cuivre est donc d'une saveur et d'une odeur particulières , qui deviennent sensibles par le frottement. Sa densité est 8,85«. 11 est très-ductible et malléable. Après le fer, c'est le plus tenace de tous les métaux : un Cl de 2 millimètres ne se rompt que sous un poids de 157,4 kilog. Pur, il est très- peu sonore ; allié avec l'étain , il acquiert ime grande sonorité. C'est dans cet état qu'on l'emploie dans la fabrication des instruments à cordes, tels que pianos, harpes, etc. Il est assez mou, comparé au fer; il est cependant plus dur que l'or et l'argent. X:n peu plus fusible que l'argent, il fond environ à aoo' (27" Wedg. ) En se refroidissant , il roclK^iuelquefois comme 5'argent, ce qui tient peut-être, connue pour ce dernier métal , a l'absorption de l'oxygène en proportions indéfinies , â une température élevée. Il communique à la flamme une belle couleur verte, ce qui ne veut pas dire que le cuivre soit bien volatil; car, maintenu longtemps à la teni[)érature d'un four à porcelaine, il n'a perdu ( dans une expérience faite a Sèvres par M. Berthlcr) que rzi de son poids. Le cuivre est donc très-peu volatil.

I^ cuivre se conserve indéfiniment à l'air .sec. A l'air humide , il se recouvre d'une couche verte ( carbonate de cuivre hydrate i appelée vert de gris. Par l'effet du simiile grillage , il se recouvre d'une pellicule grise ( protoxydel quisedetaclie [Kirleclioc ( battitures|, ou lorsqu'on plou^:c le cuivre dans l'eau ( par l'effet de riuéj,'aUté de dilatation des couches

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internes et des couches externes ). Le cuivre, comme le mercure, dissout, pendant la fusion, une partie de son protoxyde , ce qui. fait qu'il s'établit dans l'intérieur du lingot des points de solution de continuité, qui rendent le métal cassant. Aussi le cuivre du Commerce est-il généralement cassant. Pour lui rendre ses qualités premières, on le fait fondre avec du ctiarbon, afin de réduire l'oxyde ; mais un autre inconvénient .se présente : le cuivre se carbure, et le carbone, tout connue l'oxyde, forme dans l'intérieur du métal des solutions de continuité. I)'aprùs cela , il est facile de concevoir combien le cuivre pur doit être difficile â préparer. Le cuivre ne décompose l'eau à aucune température, pas même sous l'induence des acides. L'acide sulfurique étendu deau est sans action sur le cuivre ; concentré, il l'attaque à chaud ; il se dégage de l'acide sulfureux , et il se produit du sulfate de cuivre. Ou re.sle , l'acide sulfurique concentré et bouillant attaque non-seulement le cuivre , mais à peu près tous les métaux. L'acide azotique jaune ( trèsconcentré I n'attaque point le cuivre. Jjn y ajoutant de l'eau , l'action a lieu aussitôt tumultueusement : il .se dégage des vapeurs rutilantes ; gaz nitreux | , si l'on opère au contact de l'air, et des vapeurs incolores ( bioxyde d'azote | , si l'on opère à l'abri du contact de l'air. Lorsque l'action est très-vive, on recueille un mélange de protoxyde et de bioxyde d'azote; si l'action est , au contraire, lente, on n'obtient que du bioxyde d'azote. M. .Millon a montré que c'est à la présence de ijuel(|ucs traces de gaz nitreux que l'acide nitri(iue doit sa propriété d'attaquer les métaux. L'eau régale dissout le cuivre rapidement ( formation d'un cliloride). L'acide cblorhydrique n'attaque le cuivre qu'à l'état d'extrême division , et tel qu'on l'obtient en le précipitant de ses dissolutions an moyen d'une lame de fer. Les huiles grasses, à cause des acides qu'elles contiennent , oxydent le cuivre au contact de l'air comme les acides végétaux. La plupart des composés de cuivre sont vénéneux. Il .s'allie avec tous les métaux , escepte avec le fer et le plomb.

I.e cuivre se rencontre, dans la nature, quelquefois à l'état natif , mais le plus .souvent a l'état de sulfure , d'arséniure et de carbonate. Ces minerais existent dans les terrains anciens et dans les terrains secondaires, et particulièrement dans le grès rouge. On trouve encore le cuivre dans les cendres de quelques végétaux , dans le thé | ce qui tient probablement â la préparation de cette plante), dans le quinquina, dans la garance, dans le café , et en général dans les plantes de la famille des rubiacées. La gelée de veau, de mouton ( gélatine ) en contient des quantité» assez notables. Pour en constater la pré.seoce dans le sang, il faut opérer sur une quantité tré.s-considérablc de ce liquide. Enfin on rencontre le cuivre ( oxyde ) mêlé d'oxyde de

eut

ilnc, dans certaines eaux minérales qui parcourent des terrains volcaniques.

On emploie généralement la pyrite cuivreuse ( sulfure de fer et de cuivre ) pour extraire le cuivre. Voici comment on procède : On grille d'abord la pyrite, alin d'en expulser la plus grande quantité possible de soufre. Puis on cliauffe la matière grillée avec du charbon et nn fondant siliceux. I.c produit de cette opération ( irxittc I est du cuivre souillé d'une certaine quantité de sulfure : pres(|ue tout le fer a passé dans les scories. Ce produit est de nouveau grillé à différentes reprises , et , après chaque grillage, on le calcine avec du charbon et du quartz. Le soufre et tous les métaux étrangers finissent par être entrainés dans les scories. Le produit obtenu après plusieurs grillages répétés s'appelle cuivre noir; il rcnfenue environ lo,90 de cuivre. On l'affine en le fondant dans un fourneau découvert , dont le sol est tapissé d'une brasque de charbon et d'argile. De forts soufflets amènent coutiuuclleinent l'oxygène de l'air sur la surface du métal , pour entraîner les substances étrangères susceptibles de s'oxyder. On fait ensuite couler le cuivre dans des bassins chauds, où on l'arrose avec de l'eau froide. A mesure que le métal se refroidit, on l'enlève sous forme de plaques. Le cuivre porte alors le nom de rosette. 11 renferme une quantité notable de protoxyde que le cuivre a absorbé pendant sa fusion. Conuue il est cassant et peu propre au travail , on le fait fondre de nou\eau ; enfin on le réduit en lames, sous le marteau ou sous un grand cylindre de fer. Les minerais antimonifèrcs, argentifères, ploinbifères, exigent des opérations plus compliquées pour en retirer le cuivre à l'état de pureté. Formule du cuivre : Cu = 393,60.

Le cuivre est peut-être le métal le plus anciennement connu. Le yjxKv.ôz, dont parle Homère , et avec lequel "Culcain fabriquait , d'après la mythologie, les armes des dieux et des héros , était probablement du cuivre , sinon métallique, du moins allié à un certain métal (l'élainl dont les Phéniciens faisaient depuis longtemps un commerce considérable. Suivant Pline, l'usage de l'frs | cuivre pur ou allié ) remonte à la fondation de Rome. Le ciÔTipoç des Grecs, que les traducteurs rendent par fer, n'était le plus souvent qu'un alliage de cuivre, kn moyen âge, le cuivre a joué un grand rôle dans la recherche de la pierre pliilosophale des alchimistes, c'està-dire dans la transformation des métaux vils en métaux nobles. Le cuivre était autrefois désigné par le symbole de la planète frémis Q .

Composés oxijnénés. Il existe trois degrés d'oxydation du cuivre , dans lesquels les proportions d'oxygène sont comme les nombres I ,ï , 4. 1° l.k protoxyde {oxtjdiile], d'un rouge de foie pulvérulent. A l'état d'hydrate , il est de couleur orange ; chauffé à l'air, U se change en bioxyde. 11 est facUc à réduire. Les acides

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faibles le convertissent en cuitre métallique et en hioxyde, qui se dissout dans la plupart des acides. L'acide muriatique le dissout complètement; au moyen d'un alcali on précipite de cette dissolution le protoxyde de cuivre hydraté. Fondu avec le borax , U donne un verre rouge. C'est une base faible. \jc protoxyde de cuivre est un véritable sous-oxyde, dont la formule est Cu^ O ( CuO de quelques chimistes K On l'obtient soit en calcinant un mélange de bioxyde et de cui\re métallique, soit en calcinant du chlorure de cuivre avec du cai"bonate de soude, et en lavant la masse avec de l'eau qui dissout tout , excepté le protoxyde de cuivre. C'est ce raème oxyde qui .se forme quelquefois sur les statues ou médailles dé bron/e qui sont restées longtemps enfouies sous terre. Ainsi formé, il présente quelquefois de beaux cristaux rouges recouverts d'une couche de vert-de-gris. Ixi couleur b'runrttrc du cuivre conservé longtemps est due à la présence d'une légère couche do cet oxyde. On peut produire cette couche artificiellement , en frottant une lame de cuivre avec du peroxyde de fer humecté d'eau , et en l'expo- .sant â une douce chaleur. 2° Hioxyde , ( deutoxijde , oxi/dc). Anhudre, il est d'u.n giis foncé; hydraté, il est d'un beau bleu. 11 est éminemment stable. Les matières organiques le réduisent facilement, à l'aide de la chaleur. Il est soluble dans l'amumniaque, qui le colore en bleu céleste. A l'état d'hydrate , il absorbe prou)ptement raci<le carbonique de l'air et devient vert; mêlé avec de l'argile, de la colle forte, de la silice, etc. , il conserve sa couleur bleue. La potasse caustique , en lui enlevant .sou eau , lui enlève sa couleur bleue. Il perd de l'eau déjà à la température de l'ébullition. Fondu avec le borax , U donne des verres bleus ou verts. Les verres bleus qu'on remarque dans la peinture ancienne contiennent de loxyde de cuivre. Le bioxyde de cuivre est une forte base, et forme les sels de cuivre proprements dits. Le bioxyde de cuivre peut être considéré comme un lyroloxyde , isomorplie avec le protoxyde de zinc ( Zn O ) , avec le protoxyde de fer ( Fe O i etc. Sa- formule est Cu O = Cu 0^ de quelques chimistes.

On l'obtient pur en calcinant l'azotate de cuivre. On le prépare également en chauffant de la planure de cuivre au contact de l'air. Ce procédé est mauvais: il ne donne qu'un mélange de protoxyde et de peroxyde. Le bioxyde de cuivre est employé , préférablenient à d'autres oxydes métalliques, dans l'ahalysê des matières organiques, pour doser l'hydrogène à l'état d'eau et le carbone à l'état d'acide carbonique.— 3° Peroxyde [qtindrûxyde). Cet oxyde a été obtenu par iM. Thenard , en traitant par l'eau oxygénée du cuivre trèsdivisé. 11 est d'un jaune olivâtre et très-peu stable. Le contact d'un acide le décompose en oxygène et en oxyde de cuivre. Le peroxyde de cui\ re peut être regardé comme un bioxyde. Sa formule est ; Cu 0= 1 Cu Oi de quel-

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qiics chimistes ). Il ne joue ni le rùle de base, ni celui d'acide.

Comjmscs sulfurés. Il existe deux degri's de siilfuration correspondant aux diMix oxydes stables de cuivre. 1° l'rotosuifure. Ilesttl'un ^ris noirâtre, fu.sible et indécomposable par la clialeur. Briiléau contact de l'air, il dégage de l'acide sulfureux et donne du bioxydc mêlé de beaucoup de sulfate , si la température n'est pas élevée. A une température élevée, il donne du peroxyde pur. L'Iiydrogène ne le réduit pas , et le cliarbon lui-même ne le réduit qu'a une température trés-élevée. Il se (•ond)ine avec beaucoup d'autres sulfures métalliques, tels que le sulfure de fer, de plomb , d'étain , d'antimoine, d'arsenic, etc. Ces composés sont de véritables su/foscls.et I)our la plupart se rencontrent cristallisés dans la nature ( pjTitcs ). Kormule:(;u S , analogue au protoxyde ( sous-oxyde). On le pré- ))arc directement en cliauffant le cuivre avec du soufre. l'eu importe que le soufre soit en excès ; car, par la voie sèelie , il ne se forme jamais qu'un protosulfure, l équiv. de cuivre ne prend jamais qu'un 1/2 éq. de soufre; l'excès de soufre se vaporise, et l'action est accompagnée d'une vive lumière. 2° Bisulfure ( ileutostilfiire |. n est pulvénilcnt , noir, et insoluble dans les sulfures alcalins. Il se convertit par la chaleur en protosulfure, en dégageant la moitié de son soufre. Korunilc : Cu S, analogue au bioxyde ( protoxyde ). On l'oblieut p:ir voie humide, en précipitant un sel de cuivre par l'iiydrogèue suliuré. Pendant qu'on le lave sur le filtre, il se produit une certaine (luantité de .sulfate ; car ce sulfure très-divisé et humide .se sulfafise rapidement au contact de l'air. Pour prévenir cet inconvénient , il faut laver le sulfure avec de l'eau aiguisée d'acide snUhydrique. Le sélénium forme, avec le cuivre, des composés analogues à ceux que donne le soufre. 11 existe un protoscléniure d'un gris d'acier, fusible au-dessus de la chaleur rouge, et un deutosélc'niiire noir, qui prend un éclat inélallique par le frotternent. La chaleur en dégage la moitié du sélénium.

Composés chlores. Il existe des chlorures nirrospondant aux deux sulfures, t" l'roloclthirure. Il est d'un blanc sale , demi-transparent , fusible au-dessus de la chaleur rouge, cl presque insoluble dans l'eau. II se dissout dans l'acide chlorhydrique; celte dissolution est un désoxydant presque aussi énergique que le protociilorure d'étain. Cliauffé, il devient brun ; exposé à l'air, il se colore en vert. Formule : Cu^ Cl ou Cu^ CI^. On l'obtient, soit en traitant le cuivre métallique très-divisé par l'acide chlorhydrique bouillant , soit en faisant passer du clilore gazeux sur du cuivre chauffé au rouge. Le protochlorure donne dan» l'eau un précipité blanc , pulvérulent. Ce précipité est un oxijchlorui-e de cuivre , composé de trois éq. de métal , de 1 éq. de chlore et de I cq. d'oxygène; l'oxygène étant ici complémentaire du eblore qui se sépare. Cet oxyclilo-

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rure, qui se colore en vert , à l'air était autrefois employé en peinture , sous le nom de vert de Ilrunswick. Ce qu'on vend aujourd'hui sous ce nom est du carbonate impur. t° liichlorure ( deutochlorure ). Il est anhydre, d'un brun jaunâtre. Par l'action de la elialeur, il perd la moitié de son clilore pour se transformer en protochlorure. Sa dissolution aqueuse est verte quand elle est concentrée , et blanclie lorsqu'elle est étendue. Il cristallise en prismes allongés hydratés. l'oruuile : Cu CI ou Cu= CI4. On l'obtient en trait.nnt l'oxyde de cuivre par de l'acide chlorhydrique. — Le brome, l'iode et le fluor forment avec le cuivre des composés analogues à ceux que donnent le chlore. \,cprotobroinurecX. le protoiodure sont insolubles, et se décoEuposent dans l'eau comme le protocblorm-e. Le deutobromure et le deuto-iodure se convertissent, par la chaleur, en protobromurc et en protoiodure, absolument comme le deutochlorure. l.cpliosphorc rend le cuivre dur. On connaît environ trois phosphurcs de cuivre, dont la composition n'a pas été suffisamment déterminée. On les obtient, pour la plupart, à l'aide delà chaleur, par l'action directe du phospliorc sur le cuivre. L'arsenic se combine , comme le phosphore, en plusieurs proportions avec le cuivre. Les arséniurcs de cuivre .se coiubincnl avec les arséniurcs et les sulfures des autres métaux. I^ plupart de ces combinaisons existent dans la nature.

Sels de bioxijde de cuivre ( Cu 0 , A ). Ce sont les sels de cuivre par excellence. Ils .sont colorés en bleu ou en vert. A l'état anhydre, ils sont d'un bleu sale. Leur .saveur est astrln» gente , styptiqiic, extrêmement désagréable, et persiste longtemps dans la bnuche. Ces sels sont tous vénéneux. Us ont une réaction légèrement acide. Partout où le cuivre se trouve en contact avec des acides végétaux ou minéraux , faibles ou puissants, il peut y avoir formation d'un sel de cuivre vénéneux. Caractères de ces sels :

f La potasse ou la soude produisent , dans les sels de cuivre, un précipité blanc verdûtre, qui est un sous-sel, si l'alcali n'est pas employé en excès. Ce précipité devient brun par l'ébullition.

2° L'ammoniaque en petite quantité produit le même précipité ; mais un excès d'ammoniaque le dissout ( sel double), et cette dissolution est d'un beau bleu céleste, et douée d'uno grande puissance tinctoriale : il suffit d'une très-petite quantité pour colorer une énorme quantité d'eau. Le nickel se comporte, sous ce rapport , comme le cuivre ; mais le bleu céleste du nickel a une légère teinte purpurine.

5° L'acide sullhydrique précipite les sels de cuivTC en brun marron. Le précipité est complet , lors même que le sel est acide : c'est ce qui permet de séparer les sels de cuivre des sels de fer et des sels de zinc.

4° Le cyanoferiure de potassium les précipite en brun foncé.

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«o (,c fer, le zinc et le cailmUim procipitonf le cuivre de ses dissolutions. I.e zinc le précipite sons forme de poudre noire qui ne prend l'éclat et la couleur du cuivre que par le frottement , tandis que le fer précipite le cuivre avec sa couleur ordinaire. Le précipité par le frr est complet, si la dissolution cuivreuse est un sulfate ou un chlorure ; le précipité est, au contraire , incomplet , si la dissolution est un azotate de cuivre; car alors le cuivre qui se dépose s'oxyde en partie et donne un résultat inexact.

c° Fondus au chalumeau avec le borax , les sels de cuivre donnent un verre vert à la flamme extérieure, et rouge à la flamme intérieure. Voici quelques uns de ces sels :

Sulfate. [ f-'itriol bleu; Couperose bleue ; vitriol de Chypre. ) H cristallise en parallélipipédes à base oblique , contenant 3 équivalents d'eau. Tant qu'il contient de l'eau, il est coloré en bleu. Déshydraté par l'effet de la calein.ition , il est blanc, et se colore aussitôt en bleu par l'addition de l'eau. Exposé à l'air, il s'effleurit en perdant une partie de son eau de cristallisation. X une température élevée , il .se décompose en acide sulfureux et en oxygène qui se dégagent ( 2 volumes d'acide sulfureux pour i vol. d'oxygène | . et en bioxyde de cuivre qui reste. Le sulfate de cuivre du commerce contient presque toujours du sulfate de fer; or, ce sulfate ferrugineux ne peut être employé en teinture sur papier, car il donne une couleur moins belle et peu stable : elle s'allérc et lire sur le jaune d'ocre. Il y a donc grand intérêt à séparer le fer du cuivre. Or, le protoxyde de cuivre étant isomorphe avec le protoxyde de fer, il est impossible de les séparer dans cet état l'un de l'autre ; et le protoxyde de fer est une ba.sc qui neutralise les acides aussi bien que le fait le protoxyde de cuivre ; donc l'un ne peut pas chasser l'autre. Il en est de même pour l'oxyde de zinc. Mais le fer peut se suroxyder; et comme a l'état de peroxyde ( Ke^ OJ 1 il cesse d'être isomorphe avec l'oxyde de cuivre, et qu'il neutralise alors beaucoup moins bien les acides, il est facile de séparer le fer du cuivre par la suroxydalion. Formule : Cu O, S^ O, 4- s HO = 1 équiv. de sulfate de cuivre cristallisé.

On le prépare en traitant le cuivre métallique par l'acide sulfurique bouillant. Lorsqu'on mouille une lame de cuivre avec l'acide sulfurique étendu d'eau , on détermine une prompte absorption de l'oxygène ; le cuivre s'oxyde et se sulfatise. Ce moyen peut être employé dans les arts. Ce qui est vrai ici pour le cuivre est vrai pour tous les métaux , excepté les métaux nobles ; car toutes les fois qu'un métal est mouillé pur un ucideétcndii d'eau , il absorbe l'oxygène de l'air, et se transforme en un sous-sél ou en un sel neutre.

Dans les arts, on prépare le .sulfate de cuivre en cliauffanl le métal avec du soufre , et en

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arrosant avec de l'eau , au contact de l'air, le sulfure qui en résulte. Dans ces circonstances, tout le sulfure finit par se changer en sulfate qu'on enlève par le l.ivage. On évapore la dissolution ( eau de v'ilriot | et le sel, se dépose sous forme de cristaux bleus. Lorsque l'eau de vitriol contient une trop grande quantité .de fer, on ne l'emploie que pour en extraire le cuiire de eémentation. A cet effet , on y plonge des barres de fer sur lesquelles le cuivre ne tarde pas à se déposer dans un état de pureté parfait. C'est ainsi qu'on obtient, en Suède et en Hongrie , le cuivre de cénumlation. Le sulfate de cuivre est employé dans la teinture sur papier. On s'en sert quebiuefois en médecine dans le traitement de l'épilepsie, de la chorée , etc. 11 suflit d'une quantité minime de sulfate de zinc ou de cuivre pour rendre à la farine avariée des propriétés que les boulangers recherchent dans la panification. Fn décomposant incomplètement le sulfate de cuivre par la potasse, il se forme un snus-sel vert, pulvérulent {sulfate de cuivre tribasique ). Ce sulfate se rencontre dans la nature (au .^lexique ).

Carbonates. { Vert-<le-gris). Lorsqu'on verse dans un sel cuivre soluble un carbonate alcilin neutre, on obtient un précipité de sous-ciirbonate de cuivre. Dans cette action il se dégage un peu d'acide carbonique , le précipité diminue peu à peu de volume , ses molécules s'agrègent en pas.sant du bleu au vert. Ce souscarbonate se compose de 2 équiv. de bioxyde de cuivre , de i équival. d'acide carbonique et de I équiv. d'eau. C'est donc un carbonate bibasiquc. C'est le seul carbonate de cuivre que nous puissions préparer dans nos biboratoires. En admettant que i équival. d'eau remplace I equiv. d'acide carbonique, on peut consiilérer ce carbonate comme formé de I équiv. de carbonate neutre et de i équiv. d'hydrate dosyde de cuivre ( Cu O, CO^-j-Cii O, HO ). Cette combinaison existe dans la nature sous le nom de malachite. Ce sel devient noir par l'ébullition : il se sépare un peu d'oxyde brun de cuivre. 11 existe dans la nature une autre variété de carbonate basique de cuivre qui se compose de 3 équiv. d'oxyde, de 2 équiv. d'acide et de l équiv. d'eau ; c'est lui qui colore les cendres bleues et les produits fossiles appelés turquoises. Les cendres bleues. ( employées dans la teinture du papier ) sont fabriquées depuis longtemps en Angleterre Ces cendres contiennent une certaine quantité de sulfate de chaux.

/izntate. Il cristallise en prismes quadrangulaires , hydratés et déliquescents. A la chaleur. il se concentre, et devient d'un beau vert \ sou.'t-azotate \. .\ une chaleur plus élevée, il se convertit en bioxyde de cuivre brun.

Phosphate. Obtenu par voie de double décomposition , il est d'un vert bleuâtre. Par la caleinalion , il perd de l'eau, sans changer de couleur. Il est très-peu soluble dans l'eau , et soluble dans un excès d'acide. Sa coinpo-

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silion est j Cii O , Th' O^ ; c'est donc un scsqui-phosphate. Il y a plusieurs variétés de phosphates qui existent dans la nature.

Varséniatc de cuivre est analogue au phosphate.

Jrscnitc. On l'obtient par voie de double décomposition, en précipitant un sol de cuivre par l'arsénite de potasse. 11 est d'un beau vert pré, connu sous le nom de vert de Scheele. Le modi- de préparation et la température ont quelque influence sur si coloration. 11 est fréquemment euiplo.vé en peinture. Quant à l'acefate de cuivre, l'oyez Acétates.

Sels de protoxyde de autre. Ces sels sont peu connus, incristallisables, à proportions généralement mal définies , de sorte qu'on en peut, jusqu'à certain point, nier l'existence. Ils sont tous insolubles , ou du moins très-peu .solubles dans l'eau. Ils sont solubles dans l'ammoniaque et dans l'acide clilorhydriqne. Us sont différemment colorés et peu stables. Caractères de ces sels :

1° I^ potasse ou la soude y forment un précipité couleur de foie, insoluble dans un e.xcès de précipitant.

2° I/ammoniaque donne le môme précipité, qui se dissout dans un excès de précipitant. La dissolution n'est point colorée t^ reste longtemps sans se colorer, si l'on évite le contact de l'air. Au contact de l'air, la dissolution se colore peu ù peu, et finit par se changer en bleu céleste.

Sulfite. Anhydre, il est blanc ; hydraté, il est d'un beau rouge , insoluble dans l'eau. Lorsqu'on traite du bio\yde de cuivre par l'acide sulfuriquc , on obtient du sulfate de cuivre .soluble et du suHite qui reste insoluble au fond de la dissolution, sous forme d'une belle matière rouge. Hans cette action , une portion de l'acide sulfureux devient acide sulfuriquc en ramenant une partie de bioxyde de cuivre à l'état de protoxydc , lequel protoxyde pro.hilt , avec la portion d'acide s-illureux qui ne s'est pas suroxydée, vn sulfite de proto.cijde de cuivre insoluble.

Le protoxyde traité par l'acide sulfuriqne ne donne que du sulfate de bioxyde et du cuivre métallique.

Ci:!V"iiE ( JUiaries ]. Le cuivre forme avec les autres métaux , et notamment avec le zinc et l'étain, les alliages les plus importants du commerce. Le zinc peut s'allier avec le cuivre en proportions indéfinies. Kn faisant fondre ensemble directement 2/5 de cuivre et i/ô de zinc, on obtient le laiton. Mais comme ce laiton n'est pas encore assez sec et qu'il graisse la lime , il faut y ajouter -~ environ de plomb ( alliage de Stolbcrrj). On préparait anciennement cet alliage en faisant fùndrc ensemble un mélange de cuivre, de cadiuie et de charbon. Le laiton a une belle couleur jaune d'or; il est parfaitement ductile, et se laisse bien travailler à la température ordinaire. Mais à la chaleur rouge il devient cassant , et

ne se laisse plus travailler. Le laiton avec lequel on fabrique des chaudrons, des marmites et d'autres ustensiles , se compose de 70 ix. de cuivre et de r,o p. de zinc. L'alliage appelé Chrysocale (de j^puorôç, or, et xaXô;, beau ) imite la couleur de l'or. Il se fait avec 90 p. de cuivre, '7,1. p. de zinc, 1 p. deplomb. L'aH(«ffe de Kcller s'obtient avec si p. de cuivre , s à e p. de zinc, 1 , 2, p. d'étain, et 0,01 p. de plomb. Les statues de "Versailles sont faites avec cet alliage. Allié avec Xctain , le cuivre doime le bronze , le rnctal des rayions et des cloches. L'étain rend le cuivre dur, et lui fait perdre .sa couleur. Avec 3u p. de cuivre et 14 p. d'étain on obtient un alliage employé dans la fabrication des miroirs réflecteurs. Le métal des cloches se compose de bo p. de cuivre et de 20 p. d'étain. Cet alliage, fondu à une cbaleurpeu élevée, laisse couler l'étain, et donne pour résidu une carcas,se de cuivre. Quand on le fait fondre dans un four, l'étain se sépare en partie à l'état d'oxyde, et on obtient un alliage plus riche en cuivre, et propre à la fabrication des canons. Pendant la révolution francai.se , on préparait le métal des canons en faisant fondre à l'air libre le métal des cloches. Le métal des cloches est ca.ssant ; mais il po.sscde une propriété remarquable , que les Chinois connaissent depuis longtemps : cet alliage, rougi et subitement refroidi ( en le trempant dans l'eau contenant des sels| , au lieu de se durcir, devient très-malléable et ductile; de manière qu'on peut le travailler avec la plus grande facilité. Ce même alliage ( métal des cloches I, ainsi trempé, devient très-sonore lorsqu'on le recuit dans un four et qu'on le refroidit lentement. C'est probablement dans cet état que les Chinois et les Turcs l'emploient pour en faire des cymbales, des tamtaiMS, etc., qu'on fabrique aujourd'hui dans tous les pays de l'Kurope.

La trempe des alliages de cuivre et d'étain était connue des anciens Grecs et Romains. La plupart des instruments que nous fabriquons auiourd'hui avec le fer et l'acier, les anciens les fabriquaient avec le bronze, ou avec des alliages de cuivre et do zinc.

Le cuivre existe comme alliage dans l'or et l'argent des bijoutiers, ainsi que dans l'or et l'argent monnayés ( f^oi/. Monnaies ). Il forme avec le platine un alliage qui imite la couleur, la densité et jusqu'à un certain point l'inoxydabilité de l'or.

c^JMÈ^•E. H.vdrure de carbone, analogue au benzol. Obtenu par MM. (Jcrhardt et Cahovrs, en distillant l'acide cuminique avec un excès de baryte caustique.

cuMiiMQUE ( Acide ). Acide découvert par MM. Gerhardt et Cahours. Il .s'obtient par l'action des .substances oxygénantes sur l'essence de cumin ( cuminitm cyininHm.].U cristallise en tables prismatiques , très-blanches. Son odeur rappelle celle des punaises. Il fond à 92°, et peut être distillé sans altération. Les sels ( cuminates ) sont en général bien eristal-

CYA

llsabics. Formule de l'acide cuminique : C-" }l ■ ■ O^ + Hl).

ci)Mi\oi,. Huile jaunâtre , d'une odeur de cuuiin très-forte , d'une saveur brûlante. Klle bout à 22:i° ; sa densité est 0,969 à n°. Vne solution bouillante de potasse caustique change le cuminol en acide cuminique. Pour obtenir le cuminol , on maintient l'essence de cumin ( ciiininidn ctjiiiiHum ) dans un bain d'iuiile à 200=. Le résidu , distillé dans un courant d'aride carbonique , donne le cuminol parfaitement pur. .MM. ficriiitrdt et Calioiirs assignent au cuminol laforuiulc : C^' Il'= O^.

Ctn.tr.i.XE. Matière amorphe, jaunâtre, découverte par MM. Boussinijaiilt et Uoiilin dans le cnriirl, espèce d'extrait végétal (d'un strycbnéc), dont les Indiens de l'Amérique méridionale se servent pour empoisonner leurs flèches. Insoluble dans l'éther, elle .se dissout très-bien dans l'eau et dans l'alcool. Sa saveur est très-amère. Sa formule n'a pas été déterminée.

Cl]RCl].vil\E(/a!(U(;r/cc!nT!<)»a). Matière résinoïde , fusible , à 40° et très-peu soluble dans l'eau. On l'obtient en épuisant par l'alrool bouillant la racine sèche de Curcuma Inni/a. Le curcuma est employé dans la teinture des laines et de la soie.

Cl si>AUi\E. Piincipe cristallin trouvé par Pf. 5'(f/«rfi« dans la vraie angusture {ciisparia fcbrifiicja ]. On l'obtient en épuisant l'écorce par l'alcool froid et absolu. La cusparine est insoluble dans l'éther. (;omposition inconnue.

CYAviÉMDE I ^ciJc ci/aïuirique insoluble). L'hydrate d'acide cyanique se cliange, au bout de qucjiiue temps , en une masse compacte , blanche , semblable à de la porcelaine ; c'est l'acide cyanurique insoluble. Il ne se dissout que dans les alcalis caustiques, en se décomposant en ammoniaque , en acides cyanioue et cyanurique. Formule probable : C^

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