ICÉTHODES DIVERSES PROPOSÉES POUR LE DURCISSEMENT DES SUIFS
Le suif et les corps gras en général doiveot, ainsi que Pont ippris les Notions de chimie , leur facile fusibilité à ce fait qu^ils le sont que des mélanges de différentes substances, les unes •olides comme la stéarine et la margarine, les autres liquides îomme Toléine. Tantôt les unes prédominent, et le corps gras est keu fusible; tantôt, au contraire, la proportion d^oléine augaente, et la matière est molle, fusible, onctueuse au toucher. Test à cette fusibilité du suif qu'il faut rapporter la plupart des nconvénients que présentent les chandelles ; sous l'influence de a combustion qui a lieu autour de la mèche, le suif fond, coule it se répand sur les objets environnants, ou, s'il parvient à s'éle- rer, ne rencontrant pas ime quantité d'air suffisante pourétfe brûlé empiétement, il donne naissance à des produits charbonneux jui font, suivant l'expression vulgaire, fumer la chandelle. Aussi, ivant même que la fabrication des bougies stéariques eût vu le jour, divers auteurs s'étadent-ils efforcé de transformer le suif en une matière plus dure et moins fusible.
Stéarine pressée. — Le moyen le plus simple qui s'offre à l'esprit est celui qui consiste à séparer par la pression la matière hquide ou oléine. W. Boltz, en Angleterre, s'est, le premier, occupé de ce sujet. Braconnot, en France, suivit plus tard son exemple, et réussit, en 1826, en opérant de la manière suivante. Le suif fondu
ÉCL ECLAIRAGB PAR LES iCORPS .GBAS. SOS
était mélangé par lui avec une petite quantité dHine huile volatile,, d'essence de térébenthine, par exemple; la masse pâteuse fotiniie par le refroidissement était soumise à ime pression modérée, qd entraînait au dehors Toléine dissoute par ressence^ et laissaitun résidu solide et dur de stéarine, qu'il suffisait de faire bouillir avec de Feau pour lui enlever l'odeur de l'essence.
Aujourd'hui, Ton obtient des chandelles supérieures aux produits ordinaires et moins fusibles que ceux-ci, en pressant simplement, d'après le système préconisé par W. Boltz, le suif lentement refroidi et constamment agité pendant sa cristallisation. Li matière ainsi obtenue, ou stéarine pressée^ donne des produits tort beaux, mais dont la fabrication est très-limitée, d cause de ladif» Acuité que présente dans le conunerce le placement de l'huile de suif.
Suif durci. — Les recettes en usage pour obtenir un prétendu durcissement du suif sont excessivement nombreuses^ mais élki paraissent, à priori, bien peu efficaces. La plupai*t consistenti ajouter au suif fondu différentes substances, telles que l'eau de chaux, l'alun, la crème de tartre, le borax, etc.
Mais, à côté de ces recettes, il est un procédé véritable, souvent essayé dans le même but, et qui doit fixer ^otre attentiqn. Onsait que l'oléine liquide, soumise à Taction de l'acide nitrique, ou mieux des vapeurs nitreuses, se transforme en un corpS'gias solide, par suite moins fusible qu'elle, et que la chimie désigne sous le nom à'élaidine. On conçoit dès lors qu'il soit possible d'améhorer la qualité du suif et de lui enlever ime partie de aa fusibihté, en le traitant par le même procédé. Le premier qui se soit occupé de cette question avec succès parait être M. Héraid, en Angleterre. Son procédé consistait à ajouter au suif fondu de 4 à 60 grammes d'acide azotique (D=i ,500) par kilogrspnme de matière^plus ou moins dure; à maintenir le tout à une température peu élevée, à laver à Teau aussitôt qu'une teinte orangée se manifestait, puis à presser. Depuis ces premiers travaiix, de nombreuses tentatives ont été faites pour rendre industrielle la transformation de Voléine en élaldine par les mêmes moyens; malheureusement elles ont toutes échoué. Cependant , ce problème ne parait pas insoluble ; une étude plus approfondie de la question conduira sans doute à sa solution, et Tinsuccès n'est peutêtre dû qu'à im mode d'opérer défectueux. A Tappui de cette opinion, nous ne pouvons négliger de citer les expériences par lesquelles M. Boutigny a montré, il y a quelques années, la supé-