‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 116 sur 290 · SAPONIFICATION SULFURIQUE ET DISTILLATION · texte numérisé non relu

SAPONIFICATION SULFURIQUE ET DISTILLATION

Le procédé sur lequel nous devons maintenant fixer notre attention diffère essentiellement du précédent, et par la uatsie des réactions sur lesquelles il est basé, et par la composition des matières qu'il emploie; tandis que le premier, en effet, s'adreflse directement au suif des herbivores, le second se propose pourhat Tutilisation de produits de moindre valeur, plus fusibles, et aoiquels l'industrie ne saurait, avec avantage, appliquer le procédé de saponification calcaire. Ce sont principalement les huiles de palme et de coco, les suifs d'os, les graisses vertes, etc.

Vhuile de palme est une matière demi-concrète, de couleur jaune et d'une odeur agréable ; elle est fusible vers 30°, et renferme environ 31 pour 100 d'une matière grasse neutre, la palmitine, fusible à 48», et 69 pour JOG d'oléine. Cette matière est importée des côtes d'Afrique en Europe , où les naturels l'extraient pir expression du fruit du palmier, connu sous le nom à'elals gtàÊr nensis.

Vhuile de coco oUve une grande analogie avec l'huile de palme ; d'ailleurs elles sont souvent mélangées dans le conmieroe. rhuile de coco, plus fusible que la première, devient liquide à 2û*i et ne renferme qu^une faible quantité de matières grasses solides; elle est extraite du fruit desséché du cocos nudfera. Ses provenances les plus habituelles sont Tlle de Ceylan, la côte de Malabar et le Bengale.

Le suif d'os est le produit obtenu par les fabricants de noir

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animal, lorsqu avant de calciner les os, ils les font séjouirner quelque temps dans Teau bouillante; il est plus fusible, plus Jaune et moins pur que le suif de boeuf ordinaire.

Sous le nom de graisses vertes^ on désigne le mélange de graisses -communes et impures fournies par les étaux des bouchers, des tripiers, les résidus de cuisine, le graissage des cylindres, les ^aux de vaisselles, etc. Ces graisses mélangées fondent en général 4ie2l«à26«.

Si Ton joint à ces produits les corps gras provenant de la «décomposition par l'acide sulfurique des eaux savonneuses, employées au lavage des laines, et désignées sous le nom de graisses de Reims et de Turcoing, on aura passé en revue les substances diverses et de faible valeur qu'emploiç le procédé par -distillation.

L'introduction de ce procédé dans l'industrie est récenle; elle ne remonte pas à plus de seize années ; mais son origine est plus ^mcienne, et, s'il est vrai que c'est dans urne patente anglaise, prise en 1845 par MM. Gwynne et Wilson, qu'il se trouve pour la première fois développé d'une manière complète, on ne saurait nier, qu'appliqué en France presque à la même époque par !MM. Masse et Tribouillet, il a, pour l'un et Tautre cas, trouvé son point de départ, d'un côté dans les travaux de MM. Chevreul et Gay-Lussac, d'un autre, dans l'étude de l'action de l'acide sulfurique sur les graisses, signalée par Macquer et Chaptal, et complètement étudiée par M. Frémy, et enfin dans l'idée d'employer la vapeur à la distillation des corps gras, idée mise en avant dès 1825 par MM. Chevreul et Gay-Lussac, et reprise depuis avec succès par M. Dubrunfaut; de telle sorte que si les manufacturiers anglais ont pu faire les premiers des bougies par distillation, leur succès est uniquement dû aux découvertes des chimistes français.

Le procédé par distillation, tel qu'il est appliqué aujourd'hui, comprend trois phases distinctes : la saponification sulfurique, la décomposition et enfin la distillation proprement dite.

Saponification sulfurique et décomposition. — Les matières destinées à la fabrication sont d'abord , quelle que soit leur nature , refondues avec soin sur ime petite quantité d'eau ; dans ce but, on les place dans des cuves doublées de plomb ou dans des citernes cimentées, au fond desquelles circulent des serpentins à vapeur ouverte ; on laisse ensuite reposer quelque temps, de telle sorte que les grosses impuretés contenues par la matière puissent se déposer.

ÉCL KCLAIRAGE PAR LES CORPS GRAS. 216

Les graisses ôii les huiles ainsi i*efondues sont alors portées à la cuve de saponification. Celle-ci est formée, en général, d'une chaudière en forte tôle revêtue de plomb, et munie d'un double fond, dans lequel la vapeur surchauffée peut circuler à une température déterminée. Dans la chaudière est disposé un agitateur à palettes, qu'une bielle extérieure met en mouvement. En outre, l'appareil est surmonté d'une hausse en tôle et en bois, munieée |: volets à la partie supérieure et conmiuniquant avec une cheminée d'appel destinée à entraîner au dehors l'acide sulfureux produit par la décomposition partielle de l'acide sulfurique au contact des matières grasses. Dans cette chaudière , on verse de l'acide sulfurique à 66°; la proportion de réactif nécessaire varie avec la nature des matières employées ; pour les graisses vertes, elle est de 12 pour 100 environ ; pour l'huile de palme, 6 pour IM suffisent souvent. On ajoute ensuite le corps gras fondu, on met l'agitateur en mouvement, et Ton fait arriver par le double fond la vapeur surchauffée. La température que l'on communique ainsi au mélange varie beaucoup suivant les usines : chez MM. Price et C*, en Angleterre, on l'élève jusqu'à 177° C; dans les fabriques françaises , on ne lui laisse pas , en général , dépasser 110* ou lloo.

La réaction est d'ailleurs la même dans tous les cas; la matière se boursoufle, se colore; ime partie de la glycérine se décompose et réduit une certaine quantité d'acide sulfurique à l'état d'acide sulfureux, tandis que la graisse neutre se convertit en une masse formée du mélange des acides sulfogras avec l'acide sulfoglycérique. Quinze à vingt heures de ^chauffe et d'agitation presque constante sont nécessaires pour que la saponification soit complète.

Lorsque ce résultat est atteint, on procède à la décomposition; dans ce but, les matières saponifiées sont d'abord abandonsées deux où trois heures au refroidissement, puis portées dans de grandes cuves rectangulaires en bois doublées de plomb, et remplies d'eau jusqu'au tiers de leur hauteur. Dans ces cuves circulent des serpentins de vapeur qui bientôt im portent le-clinteiin à la** température de 100». Les acides sulfogras et snlfoglycérique se décomposent alors ; la glycérine et l'acide sulfurique, mis en liberté, se dissolvent dans Teau, tandis que les acides gras, séparés de la combinaison où ils étaient engagés, viennent former au-dessus de l'eau une couche que la température maintient à l'état de fusion. Au moyen de robinets convenablement placés.

?17 DOUGIE» ST^ItlOrES. ECL

>n décante lea addes gras d'une part, la solution glycérique d'une Lutre. Celle-ci est conduite dans de vastes citernes, où on l'abanlonne au repos, a&n de laisser remonter à la surface les dernières portioua d'acides gras qu'elle peut tenir en suspension. Quant ftox acides gras décantés, on les soumet à deux lavages successifs, fan avec de l'acide sulfurique à 16°, l'autie avec de l'eau ordinaire; dans l'un et l'autre cas, la température est maintenue à L'ébullition , comme lorsqu'on emploie la saponification calcaire. .

La marche que nous venons de décrire offre des inconvénients, dont les principaux sont la longueur de l'opération et une formation conaidërable d'acide sulfureux due à la cause précédente, Bt entraînant une perte correspondante de matière qui dépasse 10 pour 100. M. Knah a réussi à parer à ces inconvénients, et il 7 est parvenu en montrant que par l'emploi d'un excès d'acide Kilfurique, un contact de quelques instants, accompagné d'un mélange parfait , suffisait pour opérer la saponification. Sa méthode, désignée sous le nom de méthode par fraclionvement, est «mployée avec succès par quelques usines et pratiquée de la manière suivante :

Près de la cuve à décomposer sont placi'S deux réservoirs ; l'un

Fig. 3ie.— SaponiScation eulfurique par fia d'eux S renferme l'acide sulfurique à 66', qu'un serpentin de va-

ÈCh liCLAtB.W£ PAS LES CX«P8 GR.IS. i

peur maintient constamment à 90* C. ; Tautre P contient Itu nibe de palme ou les graisses dont la température est également par spir> Â 90°. A la partie supérieure de la cuve à décomposer est dispa oxe une caisse oblongue doublée de plomb G, dans laquelle un ouTh er^^ placé sur le banc B, lai^e couler 50 kilogr. dliuile de palme ou ien graisse fondue à 90° ; d'un autre côté, dans un aeau en plomb, !ai recueille 15 kilogr. d'acide sulfurique (soit 30 pour 100).. vereei 15 kilogr. sur les^O kilogr. de matière grasse, agite vivement mélange au moyen d'un râteau ; puis, au bout d'une minute i viron de contact, lorsque lamasse s'est déjà colorée, il fait base 1er la caisse G. Les acides sulfogras, ainsi foimés d^une maoiâ presque instautanée, tombent dans la cuve de décomposition, ( ils rencontrent de l'eau bouillante ; là ils ne tardent pas séparer, comme par le procédé ordinaire, de telle sorte que cuve renferme bientôt trois couches : la supérieure L, d'acides gras, l'intermédiaire 1/ renfermant l'eau, l'acide rique et la glycérine, rinférieure enfin L" formée des substances salies par des matières charbonneuses.

Les acides ainsi obtenus sont , comme ceux fournis par méthode ordinaire, soumis à deux lavages, puis portés à l'apptl reilde distillation.

DistiUaliott. — La distillalion des acides gras exige des pcécantions particulières; en effet, chauffés à feu nu, ils se décor posent partiellement en laissant un résidu considérable charbon et une grande quantité de goudron et de gaj comhiu-^ tlbles.

Mais si l'on opère dans des conditions spéciales, si l'on règle lil température d'une manière plus convenaUe , si l'on place H matière à l'abri du contact direct du feu, si surtout l'on exclut l'air des appareils d^une manière ahaolue, la distillation devient régulière, et les acides se subliment pour la jibis ^wide partie sans altération.

On réalise habituellement ces conditions en emjflcïjwat comme intermédiaire la vapeor surchaufTée, dont HM. Thossfts et Laureas <urï, les prenûeis, introduit l'emploi dans Industrie. Les acides gnts sont placée dans une vaste comoe, «hîm esta une construction solide en maçoimerie; cette cornue est traversée pv un tube amenant la vaj>eur aurchauCâe,et communique avec un serpentin ordinaire. La fig. 329 indique avec détails cette disposition .

Au-dessus de la voûte d'un foyer est disposé un serpentin toratè

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