DISTILLATION DE LA HOUILLE
Le principe sur lequel repose la fabiication du gaz réside donc tout entier dans l'application de la chaleur à ime matière organique en vase clos.
Le premier appareil dont on ait fait usage se composait d'une espèce de fourneau portatif dans lequel on introduisait verticalement une cornue. Celle-ci se fermait au moyen d'un obturateur portant un tube à dégagement qui conduisait les gaz dans une caisse à trois compartiments. Le premier était à moitié rempli d eau et recevait le tube plongeur de la cornue; le second, destiné à absorber les acides sulfhydrique et carbonique, contenait ime solution d'alcali caustique : potasse ou lait de chaux ; le troisième recevait les produits liquides de la distillation. Des tubes à entonnoir placés sur chacun des compartiments permettaient de changer les liquides intérieurs ; la vidange se faisait par des robi- i nets fixés à la paroi inférieure. Le gaz sortant de cet appareil se
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rendait dans le gazomètre. Celui-ci, de forme carrée, consistait -en une grande caisse remplie d'eau dans laquelle s'enfonçait la cloche. Le tube d'arrivée du gaz, entrant à angle droit au centre ûe la caisse, venait affleurer le liquide. La cloche portait un tube vertical de petit diamètre ouvert dans toute sa longueur. Il en résultait que la cloche, arrivée au bout de sa course, laissait ^happer son excédant de gaz pour redescendre ensuite ; à ce moment, le tube plongeant dans le liquide interceptait toute «communication avec Tintérieur de la cloche et l'atmosphère. La distillation terminée, on laissait refroidir la cornue pour recommencer une nouvelle opération.
Clegg perfectionna bientôt ce procédé. Dans son système, le fourneau, au lieu d'être mobile, est fixe; il est construit en briques immédiatement exposées à l'action du feu et récrépies avec de la terre à four. La cornue, fixée à la maçonnerie, est horizontale et porte à la tête, qui est extérieure, un tube à dégagement vertical plongeant dans uu cylindre creux horizontal destiné à recevoir le goudron et Veau ammoniacale. Un trop-plein, placé aux deux tiers de la hauteur, permet aux liquides de s'écouler tout en assurant au tube plongeur un niveau constant. A la sortie de ce cylindre (barillet) le gaz va se refroidir dans un serpentin placé au sein de la cuve à eau du gazomètre, en abandonnant les produits liquides entraînés mécaniquement ; enfin il se dépouille, dans la caisse à compartiments citée plus haut, des acides carbonique et sulfhydrique , et de l'ammoniaque, pour passer au gazomètre. Du reste, dans ce cas encore, il faut laisser refroidir pour recharger après la distillation.
Les appareils employés aujourd'hui 'présentent peu de différences avec celui que nous venons de décrire; mais on s'est attaché à rendre le travail continu et, en multipliant dans chaque four lé nombre des cornues, à réaliser une plus grande économie de combustible.
Les fours sont adossés deux à deux. Ils contiennent cinq, le plus souvent sept cornues. Elles sont en fonte ou en terre ; l'emploi de ces dernières tend à se généraliser de plus en plus. Elles affectent différentes formes : elliptiques, circulaires, en tombeau; la plus habituelle est celle d'un p renversé dont les angles sont arrondis. Elles portent, à la partie antérieure qui est renflée, des ^chancrures destinées à recevoir, par l'intermédiaire de boulons, une tête en fonte de même forme que la cornue. Une tubuliu^e nciénagée dans la tête reçoit le tube abducteur. La fermeture de la
cornue se fait pai" un obturateur ou tampon luIé avec de la la à four et maintenu par une vis de pression.
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la fabrication du gaz.
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Daus le travail ordinaire de l'atelier, lorsqu'on opère la chugï de la cornue, cplle-ci est au rouge vif. Les premières portîoia df charbon qu'on y projette dislillent immédiatement et la temidissent de gaz, de sorte que lorsque l'ouvrier pose l'obturateur, la cornue ne con lient plus d'air. Mais l'introduction d'un corpsfroid en a abaisse considérablement la température ; aussi se passe-t-il pendant la première demi-heure ce que nous avons observé dans une cornue qu'on chaulTe graduellement : les gaz qui passent les premiers sont peu éclairants. Dans la seconde heure, le produil esttrès-riche et abondant, puis la production diminue rapidement, en même temps que la qualité du gaz. Autant que possible, la température doit être régulière, ne pas tomber au-dessous du rouge-cerise ni dépasser le rouge vif ; car, dans ce dernier cas, le gai! se décomposerait au contact des parois trop chauffées, et les huiles elles-mêmes se dédoubleraient en gaz léger et en naphtaline. Celle-ci, entraînée par le courant gazeux, obstruerait rapidement les conduites.
La durée de la distillation varie avec la nature des houilles,
KABllICATION DU CAZ.
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lie doit être déterminée par un essai préalable. Les signes d'une ODne distillation sont faciles à apprécier d'après l'aspect dii coke ; l'ouvei'ture de la cornue, celui-ci doit être blanc et ne laisser égager aucun gaz; s'il est bruu et fuligineux, la distillation est 1 complète.
L'introduction de la cornue en terre dans l'industrie du gaz, inovation due à MM. Wilson et Devèze, est l'une des plus heuiuses qu'on ait faites. Cependant cette nouvelle cornue n'est oint sans inconvénients. Elle est exposée à se fendre, et sa poroté permet au gaz de la traverser jusqu'à ce que le goudron, en
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in appareil, dit extracteur, qui permet de réduire de 15 ou 8 centimètres à moins de 1 centimètre la pression que le gaz ixerce sur la cornue. Celui que représente la figure 335, imaginé
ECL
parPailwelset M. ÂrsOD, l'habile ingénieui' de la Compagnie pansienne, fonctionne à l'usine d'Ivry. Il est remarquable par a filmplicité et sa précision.
La marclie de ces trois aspirateurs est organisée de telle mt nière que, lorsque le pi-cmier est au bout de sa course, le second se lève et le troisième est à moitié de sa hauteur. Leur capadté respective est d'environ 2 mètres cubes. On peut remplacer ce système par une pompe rotative qui a l'avantage d'occuper un volume lieaucoup moindre, mais qui laisse sur les cornues uoe pression de 1 centimètre, tandis qu'avec le système précédent, Il pression peut être réduite d I ou 2 millimètres.
Il est facile de suivre, sur la figure 336, la marche du gai dans les appareils : sortant de la cornue, il déplace la colonne de liquide (8 cenlim. environ) du barillet où ae condensent l'ean et le goudron, se rend après la sortie des extracteurs par la conduite 0 flans le jeu d'orgue, où le refroidissement et la condensation continuent à s'opérer ; il passe de là dans les cuves d'épu-
J.».»uydu
]pareils pourla fabrication du gai.
I O. O, O', toyani conititoant 1« jea d'orgi
ration ; enfin il arrive au gazomètre après avoir subi la série Je préparations qui le rendent prapre à Téclairage et qui constituent une des parties les plus imporlantes de la fabrication du gai : l'épuration. E'Ie se divise naturellement en deux parties dàtiucles : Pépuralion physique et l'épuration chimique.