COMP.OSITION DES PRODUITS DE LA HOUILLE. ÉCL
L'eau ammoniacale contient Talcali sous forme de carbonate, sulfhydrate, chlorhydrate, cyanhydrate et sulfocyanhydrate. Elle renferme en outre une certaine quantité de goudron, probablement Tacide phéniqne.
Le goudron renferme trois espèces de substances ; des acides, des alcaloïdes et des substances entièrement neutres. On n'v trouve point d'acide acétique, mais des corps d'une acidité faible, les acides phénique etrosolique. Les substances alcalines sont Tani- Hne, la quinoléine, le pyrrol, etc. Les matières neutres sont formées d'hydrocarbures liquides et solides : la benzine, le toluène, le cumène, la naphtaline, la paranaphtaline, le chrysène et le pyrène. Elles contiennent aussi des corps oxygénés peu connus qui ont une tendance à se transformer on naphtaline sous certaines influences.
On a constaté par l'analyse dans le gaz de la houille les principes suivants :
Hydrogène bicarboné (gaz oléfiant).
Hydrogène protocarboné (gaz des
marais).
Hydrogène.
Oxvde de carbone.
Azote.
Hydrocarbures liquides.
Sulfure de carbone.
Les hydrocarbures liquides sont : la benzine, le toluène, le cumène ; on y a également constaté , mais en faible quantité, des hydi:ogènes carbonés gazeux, homologues du gaz oléfiant, le propylène, C«H«, et le butylène, C*H*.
Gomme on le voit, le gaz se compose de deux espèces de principes. Les uns, comme l'hydrogène, Toxyde de carbone, l'hydrogène protocarboné, ne fournissent à la combustion que peu ou pas de carbone, et ne concourent pas par eux-mêmes à la production de la lumière. Ils forment la partie non éclairante. Leur quantité est variable, mais ils sont d'autant plus abondants que la distillation s'est effectuée à une température se rapprochant plus du rouge blanc. Les autres, comme le gaz oléfiant, la benzine, le toluène, le cumène, contenant un excès de carbone par rapport à Thydrogène, ont la propriété en brûlant de se décomposer pour ainsi dire en deux parties : Thydrogène, plus combustible que le carbone, s'élimine le premier en donnant de Feau avec l'oxygène de l'air; de sorte qu'il reste en liberté une grande quantité de carbone qui, chauffé au rouge blanc, reste dans la flamme sous forme de particules excessivement ténues ; c'est en un mot une poussière lumineuse répandue dans la flamme. Il s'ensuit que plus, «ous im même volume, il y aura de carbone dans le
gaz, plus celui-ci sera éclairant; de même, la valeur d'un hydrocarbure sera d'autant plus grande qu'il contiendra un plus grand excès de carbone, la quantité d'hydrogène ne changeant pas.
Ces principes forment la partie éclairante du gaz. Nous avons dit que Thydrogène, Thydrogène protocarboné et l'oxyde de carbone contenus dans le gaz ne concourent point par leurs éléments au pouvoir éclairant de la flamme. Us jouent cependant un rôle important.
Si Ton fait passer un de ces gaz privés de pouvoir éclairant, l'hydrogène par exemple, dans de Tessence de térébenthine ou de la benzine; si on lui fait traverser ensuite un flacon ou un tuhe contenant du coton cardé ou de la sciure pour arrêter Thuile entraînée mécaniquement, on obtient une belle flamme blanche lumineuse. C'est que l'hydrogène dissout l'hydrocarbure volatil, sans lequel il n'avait tout à l'heure qu'un pouvoir éclairant trèsfaible et presque nul.
Les gaz non éclairants remplissent envers les hydrocarbures de la houille le même rôle que l'hydrogène envers l'essence de térébenthine. En effet, ceux-ci sont tous liquides et le plus volatil, la benzine, ne bouillant que vers 80 degrés, ils ne pourraient arriver au bec, s'ils n'y étaient transportés à l'état de vapeurs.
Ce sont ces trois gaz qui leur servent de dissolvant. Ils remplissent encore un autre but non moins important, c'est de présenter ces hydrocarbures à Taction de l'air dans un grand état de dilution. Isolés, ils brûlent avec une flamme fuligineuse parce que, l'air n'ayant pas un assez grand accès, l'hydrogène et une partie du carbone seulement se trouvent brûlés. Dans le gax, ils n'arrivent qu'en proportion limitée au bec et permettent l'action complète de l'air sur toutes leurs parties.
S'il était permis dans la fabrication du gaz de choisir le corps non éclairant à employer, il n'est pas douteux qu'on ne s'arrêtât à l'hydrogène. Il est en effet des conditions qu'on n'est pas toujours maître de remplir, mais dont onMoit tenter de se rapprocher autant que possible. Ainsi un gaz sera d'autant meilleur qu'à pouvoir éclairant égal il brûlera moins d'oxygène, produira moins d'acide carbonique et développera moins de chaleur dans sa combustion.
L'hydrogène etToxyde de carbone brûlent, à volume égal, pour leur transformation complète, la même quantité d'oxygène. L'hydrogène protocarboné en exige quatre fois plus. Les deux premiers gaz développent sensiblement la même quantité de
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chaleur , Thydrogène prolocarboné en produit trois fois plus. L'hydrogène seul ne donne pas d'acide carbonique. Il est évident, d'après ces observations, qu'il doit être préféré aux deux autres gaz.