L — FABRICATION DES HOUILLES AGGLOMEREES
OU PÉRAS ARTIFICIELS.
L'accumulation des menus fragments de houille apporte dans l'exploitation des houillères un assez grand embarras. Il y a quinze ans, M. Marsais, ingénieur, directeur des mines de Saint- Étienne, leur a trouvé un emploi lucratif en les mélangeant avec des goudrons et soumettant le mélange à une calcination modérée, de manière à souder les divers éléments qui le composent et à en former im combustible nouveau, désigné aujourd'hui sous le nom de houilles agglomérées ou paras artificiels, et dont la fabrication a pris, dans les divers centres houillers, une très-grande importance.
Les menus de houille destinés à cette fabrication, soumis d'abord à un lavage hydraulique, comme il a été dit pour la fabrication du coke, sont ensuite mélangés à la matière agglutimative.
La première méthode suivie pour obtenir ce combustible, consistait à introduire les menus de houille dans un four à sole tournante et surmonté d'un râteau fixe ; dans ce four, on mélangeait à chaud le charbon avec 7 à 8 pour 100 de brai à l'état de fusion; lorsque le mélange était complet, on le moulait, par
CBAPITRG IT. — CHABBONB ABTIFICIELS.
COM
pression, sous fonne de briquettes, auxquelles le refroidissement ne tardait pas à donner de la consistance. Ce système présentait des inconvénients graves qui l'ont fait abandonner d'une manière presque générale ; en effet, sous la pression des gaz produits par la combustion du brai, on voyait quelquefois les huiles suinter à travers les briques du four; et, d'un autre calé, l'introduction du brai, à chaud, pouvait donner lieu à des explosions.
Une méthode préférable consiste à mélanger les menus de houille lavés, ou même directement des houilles maigres impropres à la fabrication du coke avec 10 pour 100 de goudron de gaz. On obtient ainsi une masse pâteuse qu'il est facile de mouler sous la forme de briquettes au moyen de l'une quelconque des machines employées pour le moulage des briques par pression. Les briquettes encore molles ainsi obtenues sont placées avec précaution dans des chariots en tôle V, que l'on introduit ensuite dans des fours de forme spéciale. Ceux-ci sont formés de grandes capacités en briques, entièrement closes, et placées sur un foyer F dont ils sont séparés par une forte plaque de fonte ou par une
votile en briques. Ces capacités sont elles-mêmes disposées dans une enveloppe en briques très-solidement construite. Entre ces feusenveloppes règne un espace libre G, C, dans lequel circulent lea gaz du foyer F avant de se rendre à la cheminée d'appel.
Cette disposition permet de chauffer les capacités V comme on chaufferait un moufle, et de les maintenir entièrement à Tabri des gaz du foyer.
Dans ces capacités on introduit des wagons en tôle roulant au moyen de galets sur les rails que porte la plaque en fonte qui surmonte le foyer F. Les briquettes placées dans ces wagons soumis à la température élevée du four, ne tardent pas à se carboniser sur place et sans changer de forme. Les gaz et produits volatils se dégagent par les tuyaux T qui communiquent exclusivement avec rintérieur des capacités V, et se rendent dans les appareils condensateurs ordinaires.
Enfin, la dernière et la plus simple des méthodes usitées aujourd'hui pour la fabrication des péras est la suivante : Les goudrons fournis par la fabrication du gaz de Féclairage sont d'abord distillés et séparés en huiles légères employées à la production de la benzine, de Taniline, etc. (Voy. Essences pyrogénées. ESS); en huiles lourdes utilisées pour la production du noir de fumée, pour rinjection des traverses de chemin de fer, etc., et enfin en brai solide. Ce brai est pulvérisé sous des meules, puis mélangé à sec avec des menus de houille, dans la proportion de 10 parties de brai pour 90 de charbon. Lorsque le mélange est intime, on l'introduit dans des cylindres en fonte où on le soumet à Taction de la vapeur d'eau surchauffée. Sous Tinfluence de la température élevée que celle-ci fournit, la masse devient pâteuse, et il sufiit alors de la mouler sous pression pour la transformer en briquettes constituant un très-bon combustible.
Les moules des péras sont en fonte et de forme rectangulaire; ils ont 32 centimètres de longueur, 16 centimètres de largeur et 16 centimètres de profondeur.