RECETTE BE M. POTTER
Poussière d'os kil. 200
Sulfate de chaux 100
Sel marin 100
Sulfate de soude 75
Suif. d'am. délayé dans l'urine. 25
"5ÔÔ
C'est la dose pour la fumure d'une hectare ; et on assure que son effet égale l'effet de 400 kil. de guano.
Excréments d'herbivores, — Nous ne nous occuperons que des excréments des bêtes à cornes, du cheval, du porc et du mouton : on peut rapporter le mulet et Tâne au cheval ; la chèvre à peu de chose près au mouton.
Les excréments des bêtes à cornes, ou bouses, sont plus aqueux, plus frais, moins actifs que les autres : ils se décomposent plus lentement, et par conséquent leur action, quoique moins énergique, est plus continue, plus égale, et plus prolongée. C'est un engrais qui convient, plus que tout autre, aux terres légères, sablonneuses ou calcaires. Il est rare qu'on l'emploie seul ; on le destine à la formation du fumier d'étable.
Les excréments ou crottins de cheval constituent un engrais très-chaud, peu aqueux, d'une rapide fermentation, et d'une prompte décomposition : aussi convient-il aux terres fraîches, argileuses. On ne l'emploie presque jamais seul : on en fait le fumier d'écurie.
La fiente de porc est généralement regardée comme un engrais froid , bien inférieur à la^ bouse de vache ; mais c'est à tort. Schwertz a reconnu, par expérience, que le fumier des porcs produit un effet plus grand, dans les mêmes terres et sur les mêmes plantes, que celui des vaches; c'est un engrais frais. On ne l'emploie seul que sur les prairies, parce qu'il contient des semences de mauvaises herbes échappées à la digestion, qui infesteraient les terres arables. Ordinairement on l'ajoute au fumier d'écurie.
EN G ENGRAIS. ÎW
Les crottins de mouton, moins chauds que ceux de cheyal, moins froids que la bouse de vache, constituent un engrais plus substantiel que les autres excréments d'herbivores. Dans quelques pays, on les laisse mêlés à la litière jusqu'au moment de les tranfr porter aux champs : là ils sont foulés et tassés par les pieds des animaux, et comme ils sont naturellement secs, la fermentation ne s'y établit que très -lentement. Aussi, lorsqu'on veut les employer, il faut les tourner, les mêler à la paillé, et arroser le mélange pour hâter la fermentation. Dans les grandes bergeries du Midi, on balaye le sol uni de la bergerie, on fait des monceaux de crollin, et on les vend; mais la méthode plus commune de donner Tengrais de mouton est le parcage.
L'engrais de mouton profite à tous les sols; mais c'est aux argileux et compactes qu'il convient le plus. *Son action ne dépasse pas deux ans ; et il n'est vraiment efficace que dans la première année.
D'après M. Girardin, les excréments des herbivores possèdent la composition suivante :
Eau
Matières organiques
Matières minérales, salines ou autres
Vache.
Cheval.
Porc.
Mouton
Parcage. — Le parcage consiste à réunir sur un espace déterminé un nombre suffisant de moutons, à les y renfermer au moyen de claies, et à les y faire séjourner jusqu'à ce que la terre en soit convenablement fumée. Dans une partie de l'Auvergne, on fait parquer pêle-mêle les chevaux, les ânes, les bœufs, les porcs, les moutons, et on se trouve fort bien de cet usage.
Avant de parquer, il est bon de labourer la terre pour la disposer à mieux recevoir Tengrais : après le parcage on donne un autre labour pour enterrer l'engrais. Pour que la fumure soit égale, il faut que le troupeau soit resserré dans peu d'espace. On calcule, en géûéral, qu'un mouton peut fumer dans ime nuit un mètre carré, selon M. Boussingault un mètre et un tiers.
Urine, engrais liquide. — L'urine est un des engrais les plus prompts et les plus puissants : c'est sans doute par sa richesse en irincipes azotés et salins, et par la facilité avec laquelle ils se
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désagrégent pour servir à la nutrition. Voici la composition de -quelques urines.
Homme.
Cheval.
Bœaf.
Vache.
Veau.
Mouton.
Porc.
Eau
Matières organiq..
Matières minérales
Les matières organiques se composent de mucus, de substances animales indéterminées, des acides urique, lactique, hippurique, et surtout d'urée. Les matières minérales consistent en sulfates, phosphates, carbonates et lactates de potasse et de soude, chlorure de sodium, lactate et chlorhydrate d'ammoniaque, carbonates et phosphates de chaux et de magnésie, silice et traces de fer.
Ordinairement les urines se mêlent aux fumiers dans les étables, €t c'est à elles qu'ils doivent une grande partie de leur efficacité : mais une partie de leurs principes les plus énergiques se dissipent et se perdent par évaporation. En Flandre, en Belgique et en Suisse, on les recueille, et on en fait l'engrais liquide, qu'on répand sur les champs au moyen de chariots-arrosoirs.
On a l'habitude d'attendre un commencement de putréfaction : on la rend ainsi plus applicable, mais il y a toujours une perte de principes fertilisants dans les gaz qui s'évaporent. Quand on peut l'employer fraîche, on l'étend de quatre fois son volume d'eau : s'il faut attendre, on peut éviter les pertes en y mêlant par chaque hectolitre d'urine 40 à 50 grammes de plâtre ou de sulfate de •soude, ou 35 à 40 de sulfate de fer ou couperose, ou enfin 12 à 15 d'acide sulfurique.
C'est im engrais qui profite à tous les sols, mais de préférence aux sols légers, sablonneux ou calcaires. Il n'y a pas de culture qui ne s'en ressente fort bien. Il est précieux au printemps pour les céréales qui ont souffert de l'hiver : pour les prairies artificielles, alterné avec le plâtre, il donne des récoltes magnifiques, même dans les sables les plus stériles : Dickenson, avec 125 hectolitres d'urine de cheval étendue de 250 hectolitres d'eàji, a obtenu sur un hectare de prairiejusqu'à neuf coupes de fourrage vert. "Son action ne se prolonge pas au delà d'un an ; mais les prairies «'en ressentent pendant deux ou trois ans.
Débris d'animaux morts, sang. — Pour concevoir la valeiir du sang comme engrais, il faut en examiner la composition :
Eau 79.0ÎI
Matières grasses, matières extractives solubles; matières salines
solubles et insolubles 1.096
Albumine 19.343
Fibrine 0.235
Matière colorante rouge 0.327
C'est donc un engrais très-riche en azote, mais renfermant trop peu de substances salines.
En Belgique, d'après Schwerz, quand on doit tuer im animal malade, on le mène aux champs; on lui ouvre les veines, et on lui fait répandre son sang, en marchant jusqu'à ce qu'il tombe; c'est là une, pratique barbare.
M. Derone fait coaguler Je sang par Tébullition, puis le dessèche à Tétuve ou à l'air; on peut ainsi le conserver, et, à son temps, le répandre en poudre : mais il est devenu encore plus pauvre en substances salines, parce que ses sels ont été emportés parle sérum. La pratique de M. Niviére paraît préférable; on jette le sang sur de la terre fortement chauffée au four, on broie et mélange le tout avec soin ; puis on saupoudre de plâtre et de poussière de charbon de bois pour fixer les gaz qui se développent. C'est un composé qui ajoute au sang, par le plâtre et la i)oussière de charbon de bois, les principes minéraux dont il manque. 11 faut 750 kilogrammes de sang sec par hectare ; quant au compost de M. Nivière, qui mêle une partie de sang à trois parties de terre, il en faut 30 hectoUtres par hectare.
Chairs, issues. — Voici la composition de la chair musculaire et de quelques-uns des viscères principaux.
Chair.
Foie.
Rate.
Eau
Matières organiques
Graisse
Substances salines
On peut donc en faire un engrais plus riche, même que celui du sang. En effet, dans les abattoirs, après avoir fait bouillir les cadavres des chevaux dans de grandes cuves en bois chauffées à la
.jeur, on débarrasse la chair des os, on fait dessécher au soleil, :iis on termine cette dessiccation dans une étuve à courant d'air fcc. Réduite en poudre grossière, cette matière constitue im scellent engrais, qui soutient pendant longtemps la fertilité du 3l. n en faut environ 500 kilogr. par hectare. En Belgique, on ceuse une fosse peu profonde; on y place l'animal écorché ; on a saupoudre de chaux, et on le recouvre de terre. Après une "ninzaine de jours, on le déterre, on sépare des os les débris, Ti'on mêle avec 3 ou 6 fois leur poids de bonne terre. Un mois Jus tard, le compost est parfait, et on peut remployer à la dose IjB 4,000 kilogr. par hectare.
Os, — Quoique variable dans les différentes conditions d'espèce, l'âge et de nourriture, la composition des os en général comporte wi moyenne, sur 100 parties, 33 à 40 de substances organiques *t 67 à 60 de matières salines. C'est donc un engrais très-précieux ; *t si ses principes n'étaient pas si difficiles à désagréger , il l'aurait peut-être pas d'égal. Aussi le premier soin du cultivacur est-il de les préparer de manière à les rendre plus facilement attaquables par les agents décomposants : c'est pourquoi on les 'x*oie, soit à l'aide du moulin à râpe, soit avec le moulin à cylini'es dentés. En général, plus les morceaux sont minces, moins
en faut sur la terre, et plus prompts en sont les effets. On les iauffe, pour avoir moins de peine à les concasser.
« Voici comment les os se comportent quand on les répand Ir le sol comme engrais : la graisse qu'ils contiennent, liquéfiée Xr la chaleur du soleil , est en partie absorbée par la terre : land ils sont ainsi dégraissés mécaniquement, les os deviennent .us facilement attaquables par l'action combinée de l'air et de îau, et c'est alors que les réactions chimiques commencent. Le jsu cellulaire azoté se décompose et fournit beaucoup de car- >nate d'ammoniaque et d'autres sels ammonicaux : une partie X carbonate d'ammoniaque saponifie la graisse , et forme une ipëce de savon, que l'eau des pluies entraîne dans le sol, où oi>ére comme engrais : le restant des sels ammoniacaux est renu par les os pulvérisés, qui agissent comme corps poreux en Dsorbant sept volumes et demi de gaz ammoniac. » (Ghiardin et
UBREUIL.)
Le duc de Richmond a introduit en Angleterre une méthode 'emploi des os comme engrais, qui a le précieux avantage d'en âter la décomposition, et de rendre l'assimilation des phosphates resque aussi facile que celle des sels solubles. Il mêle 20 kilo-
ENG
grammes d'os pulvérisés avec 10 kilogr. d'acide sulfurique déhjé dans 30 d'eau, et agite le mélange : après vingt-quatre heures, toi se réduit en une bouillie épaisse. On y ajoute 1 ,000 litres d'eaa, et on la répand sur les champs. Les expériences, qu'on a faites tt Angleterre tendent à prouver que ce mélange profite auli mieux encore que le fumier et le guano.
On a observé, en Angleterre, que les os ne conviennent pas an sols compactes, humides, argileux , calcaires ; mais qu'ils îoà très-avantageux sur les terrains légers, et même surlesioll tourbeux, pourvu qu'ils ne soient pas marécageux. Ordinairemol on les mêle au fumier. Lorsque la poudre est assez fine, il soft d'en ajouter 700 à 800 kilogr. par hectare; il en faut 1,2001 1,500 kilogr., lorsqu'ils sont grossièrement concassés :. dans k premiers cas, le sol s'en ressent pendant quatre ou cinq ans; dan Tautre, jusqu'à huit ou dix ans.
Tissus cornés. — Les cornes, les ongles, les sabots, les cheveux,ta plumes, la laine, Tépiderme, le cuir ont une composition presque identique. Voici l'analyse de quelques-uns d'entre eux :
Yoi
car]
Pi •*'
Carbone.. .
Hydrogène
Azote ,
Oxygène. .
Soufre ....
Épiderme.
Sabot de cheral.
Cornes de yache.
Cherenx.
D'où Ton voit qu'il y a très-peu de substances organique^ qm soient aussi riches en azote que les débris dont nous venons de parler; mais la proportion des matières salines est par contre excessivement faible. Ces débris sont très-difficiles à décomposer. Aussi ne convient-il de les employer qu'en morceaux trèsminces ou en poudre, dans les sols légers, sablonneux, calcaires ; et faut-il en attendre les effets pendant une longue série d'années.
Restes de poissons, — Sur toutes les côtes où l'on pêche, et dans toutes les villes où l'on prépare des poissons, on se sert de leurs débris pour engrais, en faisant des composts avec de la terre. M. Gautier présenta en 1853, au gouvernement anglais, une note où il proposait de réduire en engrais pulvérulent les résidus des pêches de Terre-Neuve. A Belle-Isle en mer, on prépare cet engrais en faisant réagir la chaux sur le poisson frais.
Voici l'analyse de quelques échantillons de ces engrais :
Poudre
Poudre
Poudre
Poudre
Poudre
préparée
de choix
de résidus
de morue
par
de
de
de
salée*
Af.Gautier.
poissons.
poissons.
morue.
avariée.
jk
VVatièreorganiq. azotée
Blel8 8oluble8. cnlorures.
I^L carbonates, sulfates.
Hfilice etsels insolubles.
H. phosphates et carbo-
H nates de chaux et de
^ff maffTl^sie .
"^ On voit que "c'est un engrais très-riche ; mais on ne sait pas encore ce qu*il coûte au cultivateur.
Coquilles. — Les coquilles d'huîtres, démoules, d'oursins et autres se composent de carbonate de chaux, dans la proportion de neuf Sixièmes environ; mais dansTautre dixième on trouve des sels solubles et de la matière organique azotée. C'est donc un engrais amendement assez énergique.
Résidus de fabriques. — Dans toutes les fabriques, où Ton emploie une certaine quantité de substances animales , on obtient des résidus qui peuvent être employés avec profit comme engrais.
Dans les fabriques de suif, on a les pains de creton^ qui se composent en grande partie de tissu cellulaire , de graisse, de sang, de chair et d'os. Ainsi l'analyse y a découvert 11 à 12 pour 100 d'azote : c'est donc un bon engrais, qu'on donne à la dose de 1,000 kilogrammes par hectare.
Dans les fabriques de colle-forte , il reste dans les chaudières une masse qui diffère, dans sa composition , selon • la nature des substances employées, et qu'on appelle marcs de colle. On en distingue deux espèces : l'une, qui vient des rognures de peaux et détendons; l'autre qui dérive des os et des déchets de tabletiers. Celle-ci est plus riche en substances salines , celle-là plus riche en azote, et on a raison de la préférer. Il en faut de 500 à 700 kilogrammes. On s'en sert plus souvent pour en faire des composts.
Mais le plus important de tous les résidus de fabriques est le noir des rafiBneries : et c'est un titre à la reconnaissance du pays qu'ont acquis MM. Favre et Payen, qui en firent les premiers essais de 1819 à 1820. Avant cette époque, les rafiRneurs payaient pour porter les noirs à la décharge ; maintenant il le vendent au
ENG ENaKAïa. 3K
prix de 12 à 14 fr. l'hectolitre. On en consomme en France a lement 12 millions de kilogrammes environ, c'est-à-âiie 126^11
hectolitres.
Pour coDcevoir la valeur de cet engrais, il faut se rappeler» composition . Le noir animal employé dans les lafBnerieB se coupose de 1 5 à 20 de sang coagulé, et de 85 à 80 d'os calcinés et pdvérisés ; api'ës avoir servi à la clariUcation et à la décoloration du airop,il contient en outreunpeudesucre, qui, par sa décompositicni, donne naissance à de l'alcool et aux acides lactique et acétiçM, et par cela devient nuisiile à la végétation. On évite cetinconrtnient, en laissant subir à ces matières en tas une pteimiie fermentation, qui a pour effet de faire volatiliser l'alcool, elAe faire saturer les acides acétique et lactique par l'ammoniaque qm se dégage de la putréfaction du sang. C'est alors qu'on a dausk noir animal un engrais parfait, parce qu'il réunit les prindpa azotés du sang et les principes salins des os; et, en effet, oni constaté par l'expérience que le noir animal produit sur la lécdk quatre fois plus d'effet que la quantité de sang qu'il renferme.
Cependant il faut convenir qu'il y a dans l'action des noirs de raffinerie une différence qui correspond à la diversité de proportion des principes organiques et inorganiques. En voici nu tableau, d'après les analyses de MM. Moride et Bobierre :
N«nte»
UineillB
Bordeaux ....
Yalen oie nues Duakerque. . .
Lille
Paris
OrlfiEB
nambourg. ..
RuEBie
Trieste
On en distingue trois qualités : le noÎT gros grain, le noir groin et le noir fin : c'est ce dernier qui est le plus esUmé, Mais, quelle qu'en soit la qualité et la composition, toujouts est-il que le noir
1 * ^ ENGRAIS ORGANIQUES. ENQ-
al est un des engrais les plus précieux. Il n'y a pas de sol
quel il ne soit très-avantageux ; mais c'est sur les sols argileux
ids et humides qu'il opère des merveilles. Toutes les cultures,
céréales, les tumeps, le colza, etc., s'en trouvent très-bien.
en donne 4 à 5 hectolitres par hectare sur les terres argileuses,
à 4 sur les siliceuses ou calcaires.