CHAPITRE II.— * CHLOROFORME. ÉTH
« On met dans la eucurbite 40 litres d*eau; on y délaye 20 kilo-
ammes de chlorure de chaux et 6 kilogrammes de chaux éteinte ; on ajoute 6 litres d'alcool à 86" cent. On adapte le chapi- "teau BT, et le serpentin S. On lute les jointures et Ton introduit ;par la tubulure de Talambic un thermomètre t dont la tige traverse un bouchon, et qui est construit de telle manière que le 60* degré se trouve hors de Talambic.
« On chauffe, et dès que le thermomètre marque 60**, on se hâte de retirer le feu. La température n'en continue pas moins à monter, et bientôt la distillation commence; à ce moment, elle demande toute l'attention de l'opérateur. Si elle s'active trop, il faut se hâter d'appliquer sur le chapiteau une toile mouillée que Ton arrose avec de Teau froide et que l'on enlève quand la distillation se ralentit. Sans cette précaution, l'effervescence qui se produit dans l'appareil serait assez vive pour faire passer la matière dans le serpentin. Un peu plus tard, on remet le fourneau sous lalambic et l'on distille jusqu'à ce que le produit, recueilli dans le ballon M, additionné d'eau, ne laisse plus déposer une couche lourde et insoluble de chloroforme. »
L'appareil employé dans l'industrie offre, avec celui qui vient d'être décrit, une grande analogie, mais les dimensions considérables qu'il est facile de lui donner permettent de faire varier, dans une certaine limite, les proportions relatives de Falcool et du chlorure de chaux. Il se compose d'une chaudière en tôle rivée M de 2 mètres de hauteur environ, et formée de deux troncs de cône opposés base à base. Des clavettes permettent de serrer énergiquement l'un contre l'autre les rebords de chacun de ces troncs de cône, et de rendre, par suite, la fermeture hermétique. A la partie inférieure de cette sorte d'alambic pénètre un tuyau en plomb V formant serpentin de vapeur; un autre tuyau D est employé à la vidange de Tappareil. Dans le tronc de cône supérieur formant chapiteau est ménagé un trou d'homme H qui permet l'introduction et le mélange des matières. Un tuyau de plomb T, partant du sommet de ce chapiteau, entraine les produits volatils dans un serpentin S, et de là dans un manchon R où le chloroforme, mélangé d'eau et d'alcool, vient se déposer après sa condensation en S. Ce manchon R porte un tube latéral en verre P destiné à permettre d'apprécier la hauteur du liquide qu'il renferme ; un tube de caoutchouc placé à la partie inférieure, et facile à relever au-dessus du niveau du liquide en R, permet de recueillir celui-ci en F. Enfin des tuyaux en plomb T font commu-
ÉTH
ÉTHER ET CHLOnOFORUE.
niquer ce manchon R avec une série de trois ou quatre ttmrillei f en grès K, K' destinées à condenser les dernières portions At f chloroforme qui auraient pu échapper à l'action réfrigérante da f serpentin S.
Les proportions employées pour la production industrielle do f
chloroforme diffèrent de celles conseillées par Soubeiran. périence démontre qu'il est possible, en opérant en grand, transformer en chloroforme, au moyen du chlorure de chain, une quantité d'alcool double environ de celle qu'il soumetlail à l'action de ce réactif. En effet, on réduit en pâte épaisse 40 kilogrammes de chlorure de chaux du degré chlorométrique le plos élevé possible, et pour délayer ce chlorure, au lieu de prendre de Teau ordinaire, on emploie des liquides résidus provenant d'opérations précédentes et renfermant encore des traces de chloroforme ou d'alcool. Aces 40 kilogrammesde chlorure de chaux, on ajoute 30 kilogrammes de chaux éteinte sèche ; celle-ci est destinée à saturer autant que possible l'acide carbonique qui se dégage avec violence au moment de la réaction, et par suite à diminuer l'effervescence. Cette pâle, une fois faite, on la verse dans l'alambic M, par le trou d'homme, puis on y ajoute 25 htres d'alcool à 95" cent. Au moyen d'une longue spatule en bois, on agite vive- . ment le mélange jusqu'à ce qu'il soit aussi parfait que possible et, ce résultat une fois atteint, on bouche cet orifice avec beaucoup do soin. On ouvi-e alors le robinet du tuyau V et l'on fait arriver la vapeur non point peu à peu, comme on pourrait le croire, mais en plein du premier coup. Plus la réaction est vive,