‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 242 sur 290 · GÉLATINES PROPREMENT DITES. GEL · texte numérisé non relu

GÉLATINES PROPREMENT DITES. GEL

ce phosphate de chaux à la fabrication des poteries ou à la confection des engrais.

Les os recueillis, rincés, sont trempés dans im lait de chaux, puis mis à sécher et conservés en un heu sec jusqu'au moment où ils entrent en fabrication. L'addition de la chaux a pour effet de neutraliser entièrement l'acide que n'enlève pas le lavage ; la dessiccation a sans doute pour but d'augmenter la durée du contact, d'amener par Teffet de l'osmose toutes les parties du liquide contenu dans les tissus de l'os au contact de la chaux qui sature l'acide, et sans doute aussi de carbonater la chaux d'une manière complète, peut-être de coaguler définitivement certaines matières albuminoïdes qui louchiraient la colle.

Les os prêts pour l'emploi sont jetés dans une chaudière à double fond, analogue à une chaudière à laverie linge, où ils sont peu après attaqués et dissous par l'action de l'eau bouillante. Lorsque la dissolution est complète, le hquide marque 2 degrés environ de l'aiéomètre Baume pour la température de 1 S© centésimaux ; à cet état, le liquide présente un indice que les ouvriers savent apprécier et qui les guide comme le fil de sucre guide le cuiseur dans les raffineries; un cristal d'alun, que l'on trempe dans la chaudière et qui s'imprègne de la liqueur gélatineuse, laisse, lorsqu'on le retire, s'écouler une matière filante qui résulte de l'action de l'alun sur la gélatine à ce degré de concentration. Tant que ce caractère manque, il y a lieu de poursuivre la cuite et de renouveler l'épreuve de l'alun : au bout de quelque temps d'ébullition, quand le degré des cuites est atteint, on filtre à travers une toile métallique de fil de laiton qui présente des interstices à peu près semblables à ceux du canevas dont on se sert pour broder.

On verse le liquide dans des caisses en bois rectangulaires de 1 mètre 40 centimètres de longueur, sur 20 centimètres de largeur, 12 centimètres de hauteur et on l'abandonne au refroidissement.

Lorsqu'elle est descendue à la température ordinaire, la gélatine se prend en gelée, on dépote en renversant les caisses sur un plan et on divise la gelée par tranches minces au moyen d'un fil, de la même manière que l'on coupe le beurre, ou bien on dispose un outil marchant entre des rainures et portant plusieurs fils ou rubans d'acier solidairement et parallèlement disposés.

Dans ce cas, la masse de gelée est poussée contre les fils qui la traversent et la séparent en feuillets plus o:i moins épais, selon la quantité*

Ainsi découpée, la gélatine est étendue sur des filets tendus sur des châssis et,placés au grand air sous un angle de 35 degrés environ.

Ces filets soiit de fil de chanvre, le diamètre des mailles est de 2 centimètres, la grosseur des fils de 2 millimètres. Par Tactioii de l'air, Teau de cristillation de la gelée s'évapore, la matière solide se séchant, se ramasse sur elle-même, son épaisseur diminue progressivement à mesure que sa dureté augmente ; lorsque les tranches sont suffisamment consolidées, on les détache du filet ; si elles sont coupées assez épaisses, on les retourne avant l'entière dessiccation; si elles sont minces cette opération est superflue. Les feuillets de gélatine emportent la trace de leur séjour sur le filet ; ils sont quadrillés et souvent on y voit des fragments de fils qui y restent adhérents.

Il faut, tant que la gélatine reste exposée à Tair, éviter la pluie, et tant qu'elfe est encore mouillée craindre l'ardeur du soleil qu'elle ne peut supporter avant qu'elle ait pris imç certaine consistance. Pour ces raisons, il convient d'avoir sur Tétendage (le pré) un hangar où les filets sont réunis au besoin, et d'ailleurs remisés chaque nuit afin d'éviter la rosée ; on les y rentre en grande hâte lorsque le temps est menaçant; on y dépose également les gelées tremblantes pour qu'elles y subissent la première phase de la dessiccation. La gélatine est sèche, quand elle a perdu les 83 centièmes de son poids.

Les caractères d'une bonne gélatine sont :

lo D'être parfaitement inodore, même lorsqu'on soufQe dessus l'humidité de l'haleine ;

2o D'être incolore ou faiblement colorée en jaune ambré s'il s'agit de la gélatiile alimentaire ; quant aux gélatines servant aux apprêts, elles sont assez colorées, quoique très-bonnes d'ailleurs.

La qualité de la gélatine s'apprécie, selon M. Schatenmann de Bouxviller, par la quantité d'eau absorbée : plus la gélatine absorbe d'eau, plus sa quaUté est supérieure.

La belle colle d'os, premier blanc, est destinée aux applications culinaires; les sortes inférieures, avec les. mêmes qualités mais colorées, servent pour l'apprêt de la laine pour mérinos et de la paille à chapeaux, aussi pour le collage des vins, etc.

On prépare de la gélatine de couleurs diverses en ajoutant des matières colorées solubles au bouillon de gélatine avant de la couler dans les caisses. Ces diverses couleurs sont celles de l'aniline, l'acide picrique, l'indigo soluble, le vert de Chine, etc.

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