‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 241 sur 290 · I.— GELATINES PROPREMENT DITES · texte numérisé non relu

I.— GELATINES PROPREMENT DITES

On donne, scientifiquement parlant, le nom de gélatine à une ~ matière animale dont la dissolution aqueuse, fluide lorsqu'elle " est chaude, se prend en gelée par le refroidissement. Cette ma- ' tière, appliquée à de nombreux besoins, provenant de diverees ' origines, présentée sous des formes variées et à des états de pu- ^ raté inégaux, reçoit plusieurs noms , ceux entre autres de colle

* d*os ou gélatine proprement dite, colle de nerfs, colle de peau, '* colle de bouillon, colle au baquet, colle liquide, ichthyocoUe ou ' colle de poisson ; la colle à bouche est une gélatine préparée et ^ mélangée.

On connaît depuis longtemps la colle de peau et richthyocoUe. - Pline, pour ne pas remonter plus loin, parle d'une colle employée

* par les menuisiers, dite colle de peau de taureau ; il cite aussi sous le même nom colle^ mais en la distinguant parfaitement de

^ la colle de peau, richthyocoUe, et il a soin de dire que celle-ci ne parait pas être une colle de peau, comme est la colle de taureau,

* mais q[u'elle est retirée du ventre du poisson {Pesturgeon). Quidam

* ex ventre non e corio fieri discunt ichthyocollam ut glutinum tau- ' rinum.

' La gélatine des os est connue seulement depuis la fin du siècle ■ dernier, et ce n'est que dans ces trente dernières années qu'elle est devenue un produit important : cependant Papin avait offert à Charles II le moyen de préparer en vingt-quatre heures 150 livres de gelée, extraite des os, dans sa marmite, en brûlant seulement 11 livres de charbon de bois. Berzélius rapporte que cette expérience, dont le roi avait été séduit, fut ajournée par une mauvaise plaisanterie. « On avait suspendu au cou d'un des chiens de la meute royale une requête par laquelle ils priaient le roi de ne pas les priver d'une nourriture qui leur revenait de droit. C'en fut assez pour que ce prince léger écartât le projet. » Duhamel, à qui Ton doit le premier document sérieux sur la préparation des colles, dit : « La colle forte est une dissolution dans l'eau des parties membraneuses, cartilagineuses et tendineuses des animaux , desséchée ensuite et fondue en tablettes-, et il ajoute : les gelées

de cornes de cerf, celles de pieds de veau seraient de la colle si on les desséchait. Les rognures des peaux et des cuirs, les pieds, la peau de la tête et de la queue de plusieurs animaux, les os même, si on se servait de la marmite de Papin pour les dissoudre, pourraient fournir de la colle. » L'auteur indique qu'il a fait des essais mais qu'il ne les a pas poussés très-loin ; qu'il a pu obtenir avec les os une colle qui était, il est vrai, très-noire, mais qui paraissait trèsforte et qui aurait été meilleure sHl eût commencé par ôter la moelle et la graisse^ et par enlever au moyen d'un acide la substance terreuse des os pour n'avoir à dissoudre que la partie cartilagineuse. Une seule considération Ta arrêté, il a craint que la dépense n'emportât le profit.

Grenet, de Rouen, reprit les expériences de Papin, et ses recherches le conduisirent à voir que les os divisés, notamment les sciures des boutonniers, donnaient directement de la gélatine par la seule ébullition de l'eau sous la pression ordinaire.

C'est à Darcet père et fils que nous devons les bases certaines de l'industrie actuelle de la gélatine paf le traitement des os au moyen de Tacide hydrochlorique. C'est le procédé né de leurs persévérantes recherches que nous allons décrire, tel qu'il est suivi dans la fabrique de M. Riess, de Dieuze, la première que nous ayons en ce genre.

Pour préparer la gélatine d'os par l'acide, on se procure des os sains et propres ; on les choisit moyennement durs et spongieux (les os trop durs renferment trop de phosphates e't exigent trop d'acide et trop de temps pour leur préparation). Les meilleurs os, en ce sens qu'ils donnent le produit le plus blanc, sont les dentelles des fabricants de boutons : ces os ont été blanchis sur le pré. Les cornillons, les tôles de bœuf, donnent une gélatine plus colorée ; les têtes de cheval donnent encore plus de couleur. Ces os sont mis à macérer dans Teau acidulée avec 250 litres d'acide hydrochlorique à 22° Baume pour 650 litres d'eau. Cette macération, qui s'opère dans des baquets de bois, dans des auges de pierre siliceuse ou dans des auges de bois doublées de plomb, dure de douze à quinze jours; après ce temps, les os devenus mous sont changés d'eau et rincés avec soin.

Les eaux de dissolution sont évaporées pour en retirer le hïphosphate de chaux ou précipitées par un lait de chaux pour en retirer le phosphate.de chaux basique.

Le premier mode de traitement est employé quand on a en vue la fabrication du phosphore \ le second, quand on destine

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