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COLLES. GEL

les tranches sont épaisses, le produit est la colle-forte proprement dite.

La dessiccation de la colle se fait à Tair sur des filets placés horizontalement et superposés ; chacun est isolé de celui de dessous par quatre pieds. Les colonnes des filets sont disposées dans des séchoirs bien aérés, défendus des coups de vent et des ardeurs du soleil. La dessiccation est possible dans notre climat pendant huit à neuf mois environ ; elle se fait plus ou moins bien selon le temps, mais il faut y renoncer pendant trois ou quatre mois.

Si le temps est trop humide, la colle ne sèche pas ; s'il fait trop froid , elle gèle ; s'il fait trop chaud , elle passe à travers les châssis. La colle gelée n'est pas perdue ; la qualité n'eu est pas diminuée, mais son aspect la rend invendable ; la cristallisation de la glace lui a fait perdre toute son homogénéité, elle est opaque et graveleuse ; la colle en fondant salit les filets, est en partie perdue, et il sort de cette perte une main-d'œuvre considérable.

On peut se défendre, jusqu'à un certain point, des effets du chaud et du froid en ressuyant la colle et provoquant le départ d'une certaine quantité d'eau, ce qui la rend plus résistante aux écarts de température.

Divers moyens ont été proposés pour consolider la colle ; entre autres, on a conseillé de placer les filets dans des chambres closes dont on renouvelle Tair par l'action d'un ventilateur ou d'une cheminée d'appel chaque fois que Thygromètre indique que l'air est saturé. Quelquefois on maintient un courant régulier d'air, froid d'abord, puis régulièrement échauffé à mesure que la dessiccation s'accompUt; dans ce cas, on peut opérer toute l'année.

On a tenté, dans ce but, d'employer le système de ventilation rapide de M. Gannal, décrit à l'article Conservation ; mais le succès n'a pas répondu à l'attente : il est arrivé que lorsqu'on faisait des collettes, la surface se desséchait plus vite que le centre, et la masse se crispait, se contournait, et que, quand on desséchait des colles, le même effet se produisant, la colle se brisait, ou la surface extérieure des morceaux devenait bientôt très-dure et l'intérieur ne séchait qu'avec une peine extrême.

Les emplois de la colle-forte sont très-nombreux ; elle sert aux menuisiers, aux ébénistes pour coller le bois ; auxTelieurs, etc. Les colles sont en feuilles épaisses de i centimètre et de 15 à 20 centimètres de côté; les colles de Cologne sont en feuilles épaisses de 9 à 10 centimètres de largeur.

La meilleure colle est, toutes choses égales, la plus pure ; elle

est la plus tenace. On apprécie certaines gélatines au goût, à l'odorat, à la couleur, à la transparence ; mais ce qui constitue la valeur de la colle-forte, c'est surtout la ténacité. Pour apprécier la qualité des colles, à ce point de vue, on en fait une dissolution sous un poids déterminé, et, avec Teau de colle, on imprègne des petits prismes de craie, sorte de pastels, de grossemrégulière; la craie imprégnée de colle fondue acquiert, après dessiccation , une ténacité d'autant plus grande que la colle est meilleure, et le poids sous lequel le prisme encollé se rompt est le point de comparaison pour juger la qualité des colles.

Lorsque la colle doit être consommée précipitamment, et qu'on peut la fabriquer pour ainsi dire au jour le jour, on ne la fait pas sécher, on la vend à l'état de gelée ; c'est ce qu'on appelle la colle au baquet, que Ton prépare principalement avec des rognures obtenues par les coupeurs de poils par procédé mécanique *.

Ces rognures appelées vermicelles sont facilement réduites en bouillon ; on les traite par Teau à feu nu, ou mieux par la vapeur. Une partie de rognures fournit 10 parties de colle environ; Faddition d'un peu d'alun ajoute à la fermeté du produit, et quelque peu de sulfate de zinc en retarde la putréfaction. Ce réactif a surtout pour effet d'empêcher la colle de tourner, principalement par les temps d'orage, c'est-à-dire de se liquéfier et de perdre en partie la propriété de se prendre en gelée. No6 fabricants estiment surtout les peaux de lapins du pays ; ces peaux donnent une colle ferme, blanche, très-abondante; les lièvres donnent une colle plus liquide, mais plus molle, qui toutefois devient assez ferme au bout de quelques jours. Cette colle est aussi plus colorée que

4 Les peaux de lapin, de lièvre, de ragondin, rat musqué, etc., sont d'abord passées au secret, c'est-à-dire traitées par une dissolution de nitrate de mercure et soumises à la chaleur de l'étuve. Le but de cette préparation, longtemps tenue secrète, est de donner au poil la propriété de le feutrer. Après cette opération, la peau est coupée mécaniquement par lanières, au moyen d'un tranchant qui en détache le poil; ce travail est si net, si précis, que la toison reste entière. Il n'y plus qu'à livrer cette dépouille à l'action d'un ventilateur qui fait la séparation entre le poil et le duvet.

Un vif courant d'air introduit dans une longue caisse à l'entrée de laquelle est placé le poil tel qu'il est séparé de la peau, assortit les deux qualités; les poils sont lancés à peu de distance, comme le seraient des flèches, tandis que le duvet est entraîné au loin ; c'est avec celui-ci que Ton confectionne les chapeaux.

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