PROCÉDÉS DB FABRICATION. MAT
oatore ne nous la présente pas ainsi, c'est une industrie spécîble, la chaufoumerie , qui s'occupe de réduire par le fen les pierre« calcaires et de les amener à l'étal de chaux vive.
Théoriquement, la tempéralure du ronge cerise, passant au rouge blanc, suffirait, si l'on traitait des fragments qui oe dépasseraient pas la grosseur d'une noisette ; mais comme l'économie veut qu'on jette dans le four les éclats de roche, tels qu'ils sortent de la carrière, on ne surmonte la résistance des blocs qu'avec ime chaleur qui dépasse la limite de la décomposition moléculaire, n n'y a pas grand inconvénient, tant qu'on exploite des calcaires purs, mais aussitôt qu'on a affaire à des roches mélangées d'alumine ou d'oxydes métalliques, on court risque d'atteindre le point de vitrification ; et en même temps, là où la chaleur ne pénètre pas assez , restent des incvits, produits inertes, qui s'éteignent mal et dénaturent les effets de la chaux. On voit que la difficulté de cuire également les gros et les petits fragments est le grand écueil de la fabrication.
Les premiers fours qui servirent à la cuisson de la chaux furent les fours à potier, espèce de chambres quadrangulairea eu briques, avec foyer par-dessous et cheminée par-dessus. On remplit
Fig. 377. — Four k ohaai ordinairo.
le vide de la chambre en pierres qu'on range par ordre décroissant de hauteur. Les plus fortes doivent subir l'action vive de la flamme ; les plus petites céderont à une température moindre ; on charge le foyer avec des fagots, et l'on maintient le feu pendant vingt-quatre heures environ avant de laisser éteindre.
Ce que l'on appel^ le four de campagne est quelque chose d'analogue : on forme un cylindre en briques et on le revêt d'ar-
MAT lUTiauux de constbdction. 50!
gilfl pour éviter les déperditioDS de chaleur ', on dispose on foyet duu le bas et l'on cuit au bois comme dans l'exemple précédent.
Fig. 378. — Fout de ctmpu-gbe pour la cuision de la chaux. L'installation coûte peu ; elle s'emploie sur les travaux ou dans les champs, quand, à portée d'un ouvrage à exécuter ou d'un domaine à amender, on veut, avec la pierre et le bois qu'on trouve sur place, fabriquer une quantité modérée de chaux. On peut ainsi ne pas dépasser un prix de revient de 8 francs pai mètre cube et obtenir des produits de bonne qualité.
Hais lorsqu'il s'agit d'opérer non plus pour un point isolé, mais pour l'approvisionnement d'un pays, quand la mise en charge doitdurer une saison, on cherche des formes meilleures ; on organise un travail continu, et l'on emploie ce que l'on nomme les
Fig. 379.— Four oToIile pour la cuisson de k chaux, fours coulants, qui consomment de la houille ou de l'anthracdle ; le combustible est jeté pêle-mêle avec la pierre; les couches mé-. langées descendent ensemble et lentement depuis le gueulard,
503 PROGÉniiS de FABBlCAtlON. MAT
où commence la cuisson, jusqu'à la bouche du four où elle est terminée ; le produit coule pour ainsi dire par éclusées et sans interruption.
Remarquons que la forme qui doit le mieiix utiliser la chaleur, c'est le cercle, qui nous présente le minimam de contour pour le maximum d*aire. La surface du four doit être une surface de révolution, et quant au profil générateur, il doit aller comme la flamme en s'épanouissant vers le tiers de la hauteur, et en se rétrécissant à mesure qujB la chaleur monte et perd de sa haute température. Le type général est, en effet, un système de deux troncs de cône à base commune et opposée. Si les formes sont essentielles à considérer, pour la bonne application de la chaleur, les mesures d'exploitation n'ont pas une moindre importance à l'égard de Téconomie générale du travail. Ne faire qu'une mise en feu au commencement de la campagne et une extinction à la fin, introduire la continuité, c'est tirer le meilleur parti du matériel et du combustible.
On y parvient en construisant d'abord avec soin de grands fours ovoïdes, du modèle dont nous parlions tout à Theure. On les charge d'abord jusqu'au milieu par des amas de fagots et de charbon, supportant des lits alternatifs de pierres et de charbon, sur 40 centimètres d'épaisseur moyenne. On met le feu et on le maintient pendant trente-six heures ; alors on commence à défourner, on s*arréte aux couches dont la réduction est incomplète et qui sont descendues à leur tour ; on nivelle à la gueule par de nouveaux lits qui comblent raffaissement, et l'on continue le mouvement d^entrée par en haut, de sortie par en bas, sans jamais éteindre.
Les produits sont ici mélangés de cendres, et la chaux ne vaut pas celle des fours à cuisson périodique. Mais on arrive facilement à une fabrication journaKère de 100 à* 150 métrés qu'on livre, au prix de 6 à 8 francs, aux voitures qui chargent à la bouche même des fours.
C'est surtout pour les amendements agricoles que ces procédés rapides et puissants ont été utilisés. Dans la Mayenne, des fours gigantesques de 12 mètres de hauteur et de 12 mètres de plateforme sont appuyés par trois contre-forts sur l'escarpement de marbre où s'exploite la pierre. Souvent la mine d'anthracite qui sert à la combustion est directement en dessous comme par une prévoyance généreuse de la nature. La chaux, emportée en automne et au printemps par des milliers de voitures, a converti
HAT HATÉBiADX VB COH^TBtlCTlOM. SOJ
en riches pâturages ou en terres à froment de premier ordie h
Fig. 380.— Four à chKux de k Majei
argiles fortes qui, du temps des guerres de la Vendée, n'étaient que des landes désertes.
Fig. 381.— Fout h chaux de U Ha?!
Chaux hydraulique. — La cuisson des chaux hydrauliques naturelles est semblable à celle des chaux grasses ; mais quand on veut les obtenir artificielles, la fabrication est plus compliquée ; elle comprend alffrs toutes les maniptdations des terres cuites. Ainsi, aux environs de Paris, àBougival, où celte industrie a pris un grand développement, on extrait séparément la craie de Meu-
505 P&OCÉDiS DZ FABRICATION. MAT
doa et l'ai^ile de la coUine de VaDves, on les brise à la masse en fragments de la grosseur du poing, pnis on les mélange dans les proportions de 4 à I , et on les réduit en bouillie claire, en les faisant passer sous des meules verticales HM. Un âlet d'eau R coule, en
Fig, 383.— MélBDge des matériaui i chauï liydraulique artificielle.
même temps que des herses T ramènent constamment la pâte sous les broyeurs-ûuand le mélange est intime, on fait écouler vers des bassins de dépAt H. Là, on décante, soit en pompant directement l'eau, soit en la faisant écouler par la superScie. On reprend à la bêche la boue qui s'est amassée dans le fond, et on la livre au mouleur qui en façonne des briquettes comme s'il travaillait la terre à briques. On sècbe à l'air libre, puis on cuit au bois dans un four conique. On fait dans un même jour plusieurs tirages, et l'on a soin de garder au feu ce qui n'a reçu encore qu'une cuisson incomplète. On arrive à établir desprix de revient qui ne dépassent pas 16 francs. *■
Ciments. — Pour les ciments naturels ou artificiels, les opérations qui précèdent sont complétées par la mouture, et l'on voit reparaître presque toutes les machines d'une minoterie ordinaire, les meules horizontales, les tamis et les blutoirs. Une dernière précaution après l'embarillage est de laisser les fûts ouverts dans un magasin où l'air soit un peu humide.. 11 se fait par l'extinction lente une première hydratation favorable à la prise au jour d'emploi.
Pouzzolanes. — Pour imiter les pouzzolanes d'Italie ou le traaa de Hollande, on prend les argiles les plus pures, on les grille dans un fourneau à réverbère en plaçant les matières sur la sole, en poussant le feu progressivement jusqu'à ce que la masse prenne un aspect de neige et avant qu'on n'atteigne le point de vîtrifl-
Ukt UATttUlDX DB CONCTHDCnOM BU
cation. L'opération est difficile à condaire, et U Yicat a propari de faire la torràîactiou en vases clos
■Voui L poaziolatte*.
Le plâtra se cuit comme la chaux. On retrouve les deux sortes de fours. Le plus employé, le petit four, est une chambre carrte qui peut contenir 1 00 mètres cubes de pierre environ ; on niéna^ des cameaux que l'on forme souvent avec la pierre elle-même et que l'on charge avec des bourrées. Le feu est maintenu pendant vingt-quatre heures. Au défoumeœent succède le broyage, qui s'exécute par des meules verticales et qui est complété par le ta-
On trouve aux environs de Paris, à Vaujours, des usines fort
Fig. 381.— Usine de Vi
bien montées. Le plâtre est apporté sur des chemins de fer par des wagons jusqu'à la plate-forme des fours. A l'étage inférieur