‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 3 sur 290 · CHAPITRE I.— COMBUSTIBLES VÉGÉTAUX. COM · texte numérisé non relu

CHAPITRE I.— COMBUSTIBLES VÉGÉTAUX. COM

^suyer. Les Hollandais lui font subir une préparation de jjlus ; ils la pétrissent dans un baquet pour en extraire les parties les plus grossières avant de la mettre à ressuyer. Ce n'est qu'après avoir pris de la consistance qu'elle est moulée en briques. On peut même la piétiner avec des planches de 38 centimètres de longueur, portées en guise de semelles, et la frapper avec des battes pour hâter le moment où, suffisamment consistante, elle pourra être coupée en briques. Ces briques sont ensuite superposées à jour comme les mottes que Ton veut sécher.

Quand on essaye de comprimer la tourbe en bouillie pour la dessécher, elle passe par les trous destinés à l'émission de l'eau dont elle est gorgée. On a cependant réussi à opérer cette compression : la perméabilité du bois, relativement aux liquides, a permis de résoudre ce problème. Pour cela on comprime la tourbe dans des moules en fer très-épais, dont les parois sont percées de trous très-rapprochés, ayant 2 centimètres de diamètre et feimés par des bouchons coniques en bois de hêtre. On se sert comme moyen de compression d'une petite machine à vapeur. L'humidité transsude à travers les bouchons de hêtre, et on obtient ainsi des morceaux de tourbe de la consistance de la houille.

M. de Marsilly, ingénieur des mines, distingue quatre variétés de tourbe : la tourbe noire de première qualité ; la tourbe mousseuse; la tourbe grise, compacte ou mousseuse, et la tourbe blanche : celle-ci contient beaucoup de terre.

La combustion a quelque peine à s'établir dans la tourbe, même façonnée en briques; mais lorsque celle-ci a pris feu, elle brûle tranquillement, en donnant peu de flamme. L'odeur nauséabonde qui s'exhale de la tourbe en feu limite beaucoup son emploi : cependant avec un foyer bien fait on peut éviter cet inconvénient. C'est le combustible qui donne la température la plus égale; il n'a pas besoin d'être attisé comme la houille, et si sa flamme n'est pas aussi vive que celle du bois, d'un autre côté il donne à poids égal autant de chaleur que lui, et sa combustion produit un rayonnement plus considérable.

D'après le rapport de M. de Marsilly, la tourbe (abstraction faite de l'eau et des cendres) donne, par sa combustion, moitié moins de calories que les houilles grasses et demi-grasses. Un pouvoir calorifique de 3,500 calories est celui de la tourbe de première qualité employée dans l'industrie ou dans .le chauffage domestique. Il n'y aurait donc avantage à V^ttl-

ployer dans les foyers des machines à vapeur qu'autant qu'elle coûterait, à poids égal, moitié mcdns que la houille.

Klaproth, en distillant la tourbe de Mansfeld, a trouvé que les produits de sa distillation sont, aux proportions près, les mêmes que ceux du bois.

Les cendres de la tourbe sont alcalines : elles doivent cette propriété, non à la potasse, mais à la chaux. On doit aussi attribuer l'abondance des cendres de la tourbe au limon des marais où elle a été puisée.

Ce combustible est précieux pour les classes pauvres, pour les manufacturiers et surtout pour les habitants des pays peu boisés.

Ses principaux gisements en Europe sont en Hollande , en Westphalie, dans le Hanovre, en Prusse, en Silésie, en Suède et en Ecosse, pays où elle forme d'immenses dépôts. La France, moins bien pourvue sous ce rapport, possède néanmoins de grandes tourbières dans les vallées de la Somme, entre Amiens et Abbeville, dans celles du Pas-de-Calais, de l'Oise et de l'Aisne, et aussi dans les environs d'Essonne, département de Seine-et- Oise.

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