IL— DE LA TOURBE
La tourbe est une agrégation de débris de plantes étouffées sous les eaux. C'est une matière brunâtre, légère, terne, spongieuse, dans laquelle on distingue un reste d'organisation végétale et à laquelle de la terre est venue se mêler.
La tourbe constitue des couches plus ou moins épaisses dans des terrains marécageux. Elle est quelquefois à nu, d'autres fois elle est couverte d'un lit de sable ou de terre végétale de quelques pieds d'épaisseur. La masse tourbeuse contient parfois elle-même de minces dépôts de limon, de sable ou de coquilles fluviatiles. Dans les montagnes, les tourbières sont souvent restreintes à 7 ou 10 mètres de diamètre, tandis que dan? certaines contrées, telles que les Pays-Bas, elles présentent ime énorme étendue. Leur épaisseur est souvent très-faible, cependant en Hollande elle atteint jusqu'à 10 mètres.
Lorsque la tourbière n'est pas inondée, on coupe la tourbe en briques au moyen d'une espèce de bêche appelée louchet. Ces briques d'assez fortes dismensions sont séchées au soleil.
La première couche , nommée bouzin, n'est pas à beaucoup près aussi estimée que la tourbe limonneuse qui se trouve audessous d'elle, et qui est formée de végétaux presque entièrement décomposés, au point d'être méconnaissables.
Si la tourbière est inondée, on exploite la. tourbe au moyen d'une drague. La drague française est un seau en fer à bords coupants ; la drague hollandaise est bien préférable : c'est un simple anneau de fer à bords tranchants, dans la paroi duquel sont percés des trous recevant les cordes principales du filet ou sac appelé paiise de la drague. La tourbe, au sortir de la drague, est placée sur un sol faiblement incliné afin qu'elle puisse s'y res-